Suis-nous

Fan expérience dans LE MONDE

10 conseils pour remplir son stade en 2018 par Mark Bradley

Comment remplir son stade en 2018 ? Une question importante à laquelle Mark Bradley répond en quelques idées.

Publié

le

Temps de lecture environ 5 minutes

Remplir son stade est la volonté ultime de nombreux présidents, stadium managers ou encore responsables billetterie. Mais comment faire pour remplir une enceinte lorsque les résultats ne suivent pas ? Ou même lorsque les résultats suivent. 

L’expert anglais du fan engagement et créateur de The Fan Experience Company, Mark Bradley a dévoilé 10 conseils pour remplir son stade en 2018.
Selon lui, il existe 10 éléments essentiels que les clubs doivent saisir :

1. Faire de l’engagement des supporters une priorité

2. Parler aux supporteurs

3. Mesurer l’engagement des supporters

4. Reconnaître que la composition de votre base de fans évolue

5. Reconnaitre ses réussites

6. Tirer le maximum de vos équipes en charge des relations avec les supporters

7. Se mettre dans la peau d’un fan

8. Chercher à être différent

9. Ne pas se laisser distancer

10. Demander pourquoi (chercher l’interaction)

Dix conseils que nous analysons ci-dessous

Sa réflexion est très intéressante puisqu’elle est basée en très grande partie sur l’expérience et le ressenti du fan.
Selon lui, tous les experts sont d’accords pour affirmer que l’engagement de sa communauté est important mais aucun ou presque ne le mesure. C’est quelque chose que l’on dit mais que l’on n’applique pas.
Les fans ont un besoin de comprendre le club et ses dirigeants. Ils ont ce besoin de savoir qui ils suivent et pourquoi. C’est assez logique finalement.

Il met en lumière un fait réel et assez étonnant dans l’atmosphère qui règne dans le football : « Si un président de club s’avance vers les supporters pour dialoguer, vous verrez très rapidement les stewards du club approcher. Ceci participera à la création d’une ambiance conflictuelle« .

Autre idée évoquée que nous retrouvons également en entreprise : la passion de travailler pour son club. Mark Bradley propose de faire voter les supporters pour élire le steward ou l’agent du mois. Dans un objectif de créer du lien humain entre les fans et le club. Car si la relation entre les équipes du stade et les fans est positive, il est fort probable que ces derniers auront une tendance à revenir plus fréquemment. Ils auront plus de facilité à revoir les membres du club avec qui ils sont en bon terme.

@AP

Les fans aux couleurs de leur club

Pas de fan typique d’un club, mais différentes profils

Il n’y a pas de fan typique d’un club. Il y a différents groupes. Alors, quelles sont leurs caractéristiques ? Qu’est-ce qui représente la valeur pour chacun d’entre eux ? C’est un signe de l’attitude propre à chacun clubs. Beaucoup d’entre eux se félicitent de l’augmentation de leur communauté sur les réseaux sociaux mais très peu ont utilisé ces médias sociaux pour demander à leurs fans ce qu’ils pensent ou ce qu’ils ressentent.

L’objectif est de connaitre par exemple la raison du non-renouvellement des abonnements, la raison pour laquelle un fan irrégulier a commencé à venir plus souvent. Ou encore dans quelle mesure les supporters recommanderaient-ils le club à des personnes qui n’ont jamais mis les pieds au stade. Ce sont de grandes étapes vers la durabilité et la croissance.

Vous souhaitez voir des femmes dans votre stade ? 

Concernant la féminisation du public, là encore, l’expert anglais possède une logique affûtée. Les clubs veulent séduire les femmes mais n’ont pour la plupart aucune femme qui s’exprime pour le club. L’idée est là de construire un personnage féminin à mettre en avant qui s’adresserait à des femmes. D’ailleurs, il ne me semble pas qu’une mascotte soit de « sexe » féminin dans nos clubs français.  

@Youtube

Des fans du PSG Hand

Le résultat sportif ne doit pas être la promesse faite au supporter

Il faut dissocier dans l’esprit du fan, l’expérience liée au résultat de son équipe et l’expérience au stade. Cette dernière n’a aucune variable incontrôlable, le résultat du match si. L’expérience stade passe par un accueil chaleureux du personnel, une courtoisie omniprésente, une surprise avec la rencontre d’un joueur ou d’un membre du club, une personnalisation des fans les plus assidus et plus encore.

Dans le club de NBA américain Oklahoma Thunder, lorsque les employés du club sont aperçus en train de véhiculer les bonnes pratiques de savoir-vivre, ils sont immédiatement récompensés par des superviseurs qui leur offre des jetons qui peuvent être échangés ensuite contre réductions dans les magasins locaux ou des cadeaux à la fin de leur temps de travail. Il est fort probable que cette approche particulière pourrait être perçu comme étant trop « américaine » et trop surveillée pour certains.

 

“ Le prix ne doit pas être un obstacle pour les fans, mais c’est l’engagement qui a le plus d’influence sur leur retour ou non. Bien sûr, gagner va les faire revenir aussi, mais vous ne pouvez pas contrôler cela. “

Mark Bradley

 

Créer un lien fort et humain entre le club et les supporters

Les clubs ont tout intérêt à dédier une ressource humaine pour les relations avec les fans. Par conséquent, cette personne sera plus susceptible de comprendre comment le club est perçu et où sont les lacunes. Ce rôle est primordial pour la conduite du changement.

Imagineriez-vous un instant préparer un plat pour vos convives sans jamais le gouter en amont ? Inconcevable n’est-ce pas. Et bien pour l’expérience proposée dans un stade c’est tout à fait pareil. En NBA, les hauts fonctionnaires testent l’ensemble du parcours du fan, en commençant par la navigation sur le site et les réseaux sociaux en passant par l’accessibilité et ce jusqu’au stade et au match.

Bien sûr tout cela demande un investissement incroyable, mais pour séduire, il faut être différent. Les clubs ont intérêt à développer chez eux ce que l’on ne trouve nul par ailleurs. À essayer des choses nouvelles, inédites, loufoques. Il faut créer la rareté et rendre son club unique en son genre (sans même parler des résultats sportifs).

Le digital, vraie opportunité mais attention

La digitalisation des stades est une étape importante de l’expérience du fan, même si ce qui le transcende n’est pas entre ses mains mais devant ses yeux. Cela dit, le monde change rapidement et les clubs ne peuvent pas se permettre d’être laissés pour compte. Plus de 50% des gens naviguent maintenant sur des smartphones ou des tablettes et s’attendent toutefois à pouvoir trouver tout ce dont ils ont besoin.
Un club connecté communique plus efficacement. Les millennials réduisent peu à peu leur fréquentation sur Facebook en faveur d’Instagram et de Snapchat. Egalement, de plus en plus de clubs forment des équipes eSport, il y a là une opportunité à saisir.

Comme expliqué plus haut, les clubs doivent réfléchir à la façon dont ils vont construire une stratégie qui va au-delà de la victoire car n’étant pas un élément maitrisable.

Des conseils intéressants à associer aux pratiques communes 

Toutes ces idées évoquées par Mark Bradley peuvent s’ajouter à des techniques déjà utilisées par les clubs tels que le Yield management qui régule le montant des places en fonction de la demande. Mais cependant, plusieurs experts indiquent qu’il peut être dangereux de faire d’une offre ticketing une semblable offre d’une compagnie aérienne.
L’offre proposée et sa segmentation restent des valeurs sûres et obligatoires pour être attractif en 2018.

Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces conseils dans l’article du fcbusiness.co.uk.

Passionné de foot, puis passionné des sports avec un S, je suis devenu petit à petit un fan des gens qui vont au stade tous les weekends avec écharpe et maillot sur les épaules. J'admire leur investissement et je pense vraiment que les clubs doivent encore leur donner tant. Pour finir cette présentation, on a ajouté des phrases motivantes parce que nous sommes des personnes motivées, voici la mienne : "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

Continuer la lecture
Publicité
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Fan expérience dans LE MONDE

La mascotte, une animation négligée ?

La mascotte, cet emblème humain ou animal qui représente un club ou un évènement. Pour ou contre, elle ne fait malgré tout pas l’unanimité dans le monde du sport.

Publié

le

Temps de lecture environ 6 minutes

La mascotte, cet emblème humain ou animal qui représente un club ou un évènement. Pour ou contre, elle ne fait malgré tout pas l’unanimité dans le monde du sport. Est ce réellement un outil qui participe à l’expérience d’un spectateur ou d’un fan ?

Par définition, la mascotte est le plus souvent représentée sous une forme d’animal servant de symbole, d’emblème ou de porte-bonheur à un groupe de personnes, une institution ou une entreprise. Les clubs en France ou ailleurs ont parfois recours à ce type d’animation mais ne la mettent pas en valeur, la dévalorisent involontairement parfois. Ceci, sans doute par manque d’idée, d’imagination, ou ne mesurant pas le potentiel que celle-ci peut avoir pour réveiller, animer et faire vivre un événement.

La petite histoire mignonne des mascottes

L’origine de la mascotte provient d’un opéra intitulé « La mascotte » en 1867. Autrefois synonyme de sorcellerie, la mascotte est devenue aujourd’hui un réel symbole « porte bonheur ».
Poursuivons chronologiquement l’évolution de ce phénomène : en 1932 lors des Jeux Olympiques de Los Angeles, apparut Smoky, un chien, en chair et en os. Smoky fut la première mascotte officielle pour un événement sportif. C’est seulement dans les années 60 que se répandirent les mascottes « en peluche » telles que nous les connaissons. Celles-ci ont d’abord été visibles aux Etats Unis, qui aujourd’hui excellent dans ce type d’animation, et plus tard en Europe.

Les premières grandes apparitions marquantes des mascottes furent lors d’événements sportifs tels que la Coupe du Monde de Football en 1966 avec Willy et ensuite Waldi, un chien multicolore lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972. N’est-elle pas mignonne cette mascotte ?

Waldi, la première mascotte officielle des Jeux olympiques pour Munich en 1972.

Symbole d’un club ou d’un événement sportif

Régulièrement associées à des animaux, les mascottes incarnent l’histoire, les valeurs et l’esprit d’un club ou la culture d’un pays. C’est pour cette raison qu’il est important que cet axe de communication et d’animation soit travaillé minutieusement en prenant en compte la taille, les formes, les couleurs, les messages véhiculés et bien sur le prénom de celle-ci. Une mascotte est le porte-parole d’une équipe mais plus encore d’un groupe de supporters, d’un public, d’un stade, d’un événement. C’est un élément proche des fans, elle a un côté amical, convivial, comique même. Par conséquent, une bonne mascotte se doit d’être identifiable et attachante de par sa personnalité et ses traits de caractères.

En 2006, comprenant l’enjeu qu’un tel symbole peut avoir sur l’expérience spectateur, le Milan AC a même investi auprès de designers de chez Warner Bros, pour créer leur mascotte Milanello.

Milanello le petit diablotin, mascotte du Milan AC

La mascotte au cœur des animations match day

Aujourd’hui en France, les clubs ne profitent pas réellement du potentiel d’une mascotte. Elle est trop souvent cantonnée à faire des  photos avec les supporters, à distribuer des goodies ou encore à saluer le public. Elle ne joue pas un rôle majeur. Une mascotte se fait une réputation, qui évolue avec le temps, qui lui permettra de se faire connaître et de faire parler d’elle.

@Youtube

Benny the Bull, la mascotte des Chicago Bulls

Aux Etats Unis, la mascotte est placée au centre d’une mise en scène. Un show est créé autour d’elle afin de la rendre plus vivante qu’elle ne l’est déjà. Elle devient la star de l’événement (après les joueurs), l’élément incontournable d’une animation réussie. Elle se doit d’amuser et d’animer un public avant le match, pendant les temps morts et les mi-temps. C’est pour cette raison que la personne qui porte ce costume doit être un réel animateur, comédien et même sportif à l’image de ces fameuses mascottes de NBA qui réalisent des Dunks et se mesurent parfois aux athlètes à  l’image de Benny the Bull, la célèbre mascotte des Chicago Bulls.

Selon nous, chaque événement peut être enrichi grâce à une mascotte. La façon dont elle est présentée et jouée peut être une réelle valeur ajoutée. Pourquoi ne pas proposer lors des événements des animations innovantes telles que : des défis en 1 contre 1 face au but avec les mascottes des deux équipes ou bien contre des supporters à la mi-temps. Benny the Bull, la mascotte légendaire des Chicago Bulls, ne manque pas d’imagination et se renouvelle à chaque match. Entre glissades dans les gradins, jets de popcorns, danses improvisées, son humour parfois spontané, il affole tant les foules de l’Arena que les réseaux sociaux.

Le sport français est pourtant bien capable d’être original, voir même spectaculaire dans ses animations : nous avons vu une piste d’athlétisme sur la Seine pour Paris 2024 ou encore une rampe de Roller depuis la Tour Eiffel. Il serait donc grand temps de redonner leur juste valeur à nos mascottes.

 

Un moyen d’impliquer le fan

Et le fan, dans tout ça, a t-il son mot à dire ? De plus en plus d’événements sportifs proposent aux fans de participer au choix de la mascotte. Par exemple, pour l’Euro 2016, le public français a pu choisir entre trois noms : Goalix, Super Victor et Driblou. Finalement, le nom retenu a été Super Victor.

En aout dernier, la Fédération Belge de Football a impliqué également les fans en proposant aux artistes en herbe de dessiner la nouvelle mascotte des Diables Rouges. Ainsi, 3000 créations ont été envoyées à la Fédération qui a ensuite demandé au public de voter selon trois propositions. Le vote a mobilisé plus de 20000 personnes. Un coup de com’ réussi pour la sélection belge.

Nantes, également innovant quand il s’agit de ses fans, a frôlé la catastrophe. Le club Jaune et Vert avait proposé le même principe à ses supporters avec « Pimp my Mascotte ». Cependant, le vainqueur initial avait plagié le canari d’un dessin animé. Heureusement, le club a découvert le plagiat. Un deuxième vainqueur a donc été élu.

Un merchandising et une communication valorisée

La mascotte est devenue une source de revenus non négligeable dans l’écosystème du sport business. Elle est à la base de nombreux produits dérivés : peluche, t-shirts,  casquettes, portes clefs, etc. Et la mascotte rapporte ; pour l’Euro 2016, les retombées en produits dérivés étaient estimées à 250 millions d’euros. De quoi se frotter les mains si une stratégie 360 autour de la mascotte est réfléchie.

Au-delà du profit, les mascottes peuvent participer aux actions sociétales des clubs par exemple auprès d’enfants hospitalisés, dans les écoles et les quartiers défavorisées et offrir ainsi une visibilité supplémentaire au club et participer à sa communication hors jour de match.

La communication autour de la mascotte n’est d’ailleurs pas à négliger. Une mascotte qui fait le buzz peut apporter beaucoup de visibilité à un club ou un événement. Prenons encore l’exemple de Benny the Bull : on peut trouver sur Youtube des compilations d’animations de cette mascotte qui dénombrent des millions de vues. Elle a des comptes Facebook, Twitter et Instagram. Ses vidéos sont vues et partagées sur les réseaux sociaux, ce qui permet au club d’avoir une publicité « gratuite » des animations jour de match. Un excellent moyen d’attirer les spectateurs. De plus, aux États-Unis, la meilleure mascotte du championnat  possède sa propre récompense. Ainsi, la meilleure mascotte de la saison apporte une certaine légitimité et visibilité aux animations du club, prouvant bien leur importance.

Mais ça marche aussi en France, Rucky, la mascotte du Stade Français Paris possède son propre compte Twitter par exemple. Un lieu où elle enchaine entre taquineries d’avant matchs, punchlines et autres originalités.

Encore un autre exemple qui fonctionne en France avec la mascotte du club de Handball de Chambéry, Alpy le Yéti qui a été pensée avec un vrai story telling.
Cette belle réussite est à retrouver dans notre article dédié sur le club il y a tout juste un an : Alpy le Yéti, la mascotte du Chambéry Savoie Handball

Alpy, le yéti du Chambéry Handball

 

Et qui aujourd’hui ne se souvient pas de Footix, la célèbre mascotte de la coupe du monde de football en 1998 ? Bon d’accord, aujourd’hui le terme Footix n’est pas réellement signe de valorisation d’un supporter mais elle a marqué les esprits.

@Topito

Footix, la mascotte de la coupe du monde de football 1998

 

 

Si vous aussi, vous êtes fans des mascottes, n’hésitez pas à nous partager les meilleurs exemples mais aussi les pires, on se fera un plaisir de les partager sur les réseaux sociaux. 

Continuer la lecture

Nouveautés