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FAN STORY : Charlotte, une fan au grand coeur sang et or

Dans le cadre de notre série Fan Story qui met en avant les fans de sport, nous avons rencontré Charlotte, une jeune maman au coeur sang et or.

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Dans le cadre de notre série Fan Story qui met en avant les fans de sport, nous sommes allés à la rencontre d’une nordiste, Charlotte, une jeune maman au coeur sang et or. Cette jeune femme est complètement fan du Racing Club de Lens. Rencontre.

Bonjour Charlotte, peux-tu te présenter à nos fans ?

Bonjour ! Je viens du Nord, de Sin-le-Noble, proche de Douai plus précisément. Je suis une jeune maman au foyer de 21 ans, fan de sport en tout genre depuis toujours. Je pratique le football depuis quelques mois à Salomé, jeune équipe du district Flandre. Après 8 ans de basket, 5 ans d’arrêt et un bébé j’ai eu envie de pratiquer mon sport favori, ma plus grande passion.

@Chagru59

Charlotte avec John BOSTOCK (joueur lensois)

Quel genre de fan es-tu ?

Extravagante. Passer un match assis sur mon siège, ce n’est pas moi ! Il me faut des chants, des cris, du bruit ! Je vis ma passion à 100%, au risque d’y perdre la voix.

@RCLens

Les supporters du Racing Club de Lens

Tu supportes une équipe en particulier ?

Oui ! Je suis tombé dans l’engrenage familial très jeune. Le racing club de Lens est en moi, au risque de faire passer ma phrase pour un cliché. Mon grand-père mineur était déjà abonné avec les houillères du pas de calais (NDLR : Les houillères est le nom donné aux mines du nord après la seconde guerre mondiale). C’est générationnel chez nous. Quand je demandais à mes copines en école primaire ce qu’elles avaient fait du week-end j’entendais des histoires banales. Moi je racontais qu’on m’avait vu sur France 3 quand John Utaka avait célébré son but. 😉

Est-ce que tu suis régulièrement ton ou tes équipes préférées sur les réseaux sociaux ?

Oui ! Je fais part de mes impressions sur twitter. C’est un endroit merveilleux pour les fans de sport, on peut y rire y râler et tout critiquer sans problèmes. Avec les autres supporters on se refait le match à chaque fois, ça permet d’avoir plusieurs points de vue différents. En tribune on ne voit pas tout ..

En tant que fan de sport, as-tu un souvenir fabuleux à partager avec nous ? 

J’en ai plein ! Mon premier match à Lens par exemple. Mon frère ainé voulait m’y emmener depuis longtemps, j’en mourrais d’envie et je suppliais mes parents de m’y laisser y aller ! Puis contre leur accord, il m’a fait la surprise 3h avant Lens-Monaco en 2003. Première vu du stade, les supporters qui chantent sur le parking, ceux qu’on appelaient les mexicains, qui arrivaient en groupe et en musique ! J’étais en extase. Je me rappelle avoir mangé un américain pour 3-4 €, être rentré dans cet endroit mythique et avoir eu les larmes aux yeux. Puis ma première lensoise (NDLR : l’hymne du club lensois) que j’ai gueulé, excusez moi du terme, ce match de folie, cet ambiance qui me faisait tant rêver ! D’ailleurs à chaque fois que je rentre dans ce stade, c’est cette gamine de 8 ans qui revient là, je laisse ma vie de femme dehors, dedans c’est la supportrice. Je pense que tous les lensois seront d’accord avec moi.

La lensoise en vidéo

On aimerait en savoir un peu plus sur ton comportement et tes habitudes en tant que fan et spectateur. 

Pourquoi as-tu l’envie d’aller voir un match dans le stade au lieu de le vivre chez toi devant ta télé ou dans un bar avec des amis ?

Pour l’ambiance. Passer un match devant ma TV ce n’est pas la peine, sauf quand je n’ai pas le choix, je me sens inutile. Je vais au stade pour pousser mon équipe, chanter, rencontrer des gens. A chaque but on sert une personne différente dans nos bras et ça ça n’a pas de prix ! Puis dans un stade on peut hurler sans problèmes, dans un salon c’est plus compliqué.

À quelle fréquence vas-tu dans un stade ?

Autant que je peux. Depuis la naissance de mon fils j’essaye d’y aller une fois par mois, ce n’est pas évident avec un bébé, surtout quand on est une femme. Un papa, ou tout simplement un amoureux du foot, peut s’arranger et laisser son enfant à sa femme. Une grande majorité des filles d’aujourd’hui gardent les enfants pendant que les hommes vont au stade, et pour elle le foot se résume à « le foot c’est débile, ce sont des mecs qui courent après un ballon », même si cela évolue un peu avec le sport féminin. Pour moi et mon conjoint, aller au stade ensemble est un plaisir et puis c’est notre moment rien qu’à deux, enfin + 28 000 personnes (NDLR : le stade compte environ 38 000 places). Je suis fière de partager ces moments avec lui.

Comment fais-tu pour te rendre au stade habituellement ?

En voiture ! De toute façon même quand il y a des bouchons c’est agréable. Les supportes à pied nous tapent dans la main et on continue de chanter même si on a perdu. 

Milieu des années 2000 je me rappelle que le club avait gagné contre saint Etienne, une folie dans Lens. Deux hommes sont montés avec nous en voiture juste pour chanter, puis sont repartis en disant « Ce club va nous faire crever ». Bienvenue à Lens !

 As-tu l’habitude d’acheter des choses une fois entrée dans le stade ?

Il y a encore de ça 10 ans oui. Maintenant 7€ un américain avec des frites toutes blanches non merci. Je trouve les prix excessifs, mais le temps qu’il y aura des gens pour acheter ça ne changera pas.

Est-ce qu’il y a des choses qui t’ont marquées dans tes différentes expériences en tant que spectateur (de bons ou mauvais souvenirs) ?

Beaucoup. Les hommages qu’on peut faire pour nos supporters disparus me laissent sans voix par exemple. Des montées en L1, des descentes également. Les rencontres qu’on peut y faire, ces moments où on change de place dans le stade s’en même s’en rendre compte dans le kop lensois. Je ne veux jamais perdre ces moments là. Mon premier maillot porté que j’ai eu grâce à Jordan Ikoko. J’ai eu la chance de participer au canapé PMU également en novembre dernier, place à côté du banc lensois c’était merveilleux.

Pour parler basket aussi, il y a les all star game 2013 à Bercy qui m’ont marqué. Surtout le panier à 100.000 € de Thomas. Moment de folie.

 Que penses-tu de l’ambiance dans les stades en France ?

Des clubs comme Lens, St Etienne, Strasbourg peut-être Marseille et Paris me font rêver. Mais comparé aux clubs allemands ou anglais de d3, ce n’est rien. J’ai aussi une haine envers les préfectures qui interdisent les déplacements. Puis ces grilles et ces sièges en kop je trouve ça idiot, ce n’est pas du tout pratique pour nous et ce n’est pas de la sécurité. D’ailleurs en tribunes Marek les sièges se cassent facilement, c’est logique, les supporters sont debout. Je ne pense pas que les ingénieurs vont au stade.

Y-a-t ‘il un évènement sportif majeur qui te fait envie ? 

J’aimerais vivre un Euro ou une Coupe du monde de foot pleinement. Je n’ai pas pu profiter de notre Euro en 2016 chez nous, mais après tout, mon enfant est ma priorité. A part ça j’aimerais revivre un jour une Europa League avec le racing !

Avant de terminer notre entretien, nous voulons te demander de partager avec nous des idées pour améliorer l’expérience que les spectateurs pourraient vivre prochainement dans un stade.

Si tu étais en charge de l’expérience des spectateurs, quelles idées pourrais-tu apporter ?

Ce serait pas mal d’avoir des moments d’échanges avec des hauts placés ou membres du staff technique. Avoir une interview sans langue de bois. Ce qu’ils pensent de nous, ce qu’ils font pour nous. Pouvoir dialoguer avec eux également. Puisque finalement on fait aussi vivre le club, si demain nous décidions de ne plus venir, que se passerait-il ? Bonne question.
Quand on a un arrêté des préfectures qui interdit les supporters de se déplacer, on ne peut pas contester on n’a plus qu’à subir je trouve ça injuste.
Puis, le staff, on ne sait pas vraiment comment ils bossent. Personnellement ça m’intéresse.

Et pour conclure, dans quel stade pourra-t-on te croiser prochainement ?

Bollaert évidemment !

 

@RCLens

Le stade Bollaert de Lens

Merci Charlotte pour ce récit de ta vie de fan absolue du club lensois, nous observerons un peu plus les célébrations de but des joueurs nordistes pour voir si tu ne passes pas à nouveau sur le petit écran 😉 

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Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

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FAN STORY : Loïc (Perfettu) : “Cela m’a mené dans 56 stades différents”

Supporter du club corse de l’ACA, Loïc parcourt la France dans sa 106 pour suivre les matchs de son équipe préférée. Une passion qu’il place au centre de sa vie.

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Loïc est un fan du club de football de l’AC Ajaccio qui joue actuellement en Ligue 2. Il est sur les routes de France une grande partie de l’année pour suivre l’ACA en déplacement. Il nous raconte son aventure de supporter. 

 

Dans le cadre de nos interviews #FanStory, nous aimons donner la parole aux supporters, aux fans, aux personnes qui ont un peu moins souvent l’opportunité de s’exprimer, à ceux à qui les clubs et les partenaires souhaitent parler à travers les diverses opérations.
Aujourd’hui, nous allons parcourir la France entière avec Loïc qui utilise comme surnom Perfettu, un fan de football qui suit son club chaque weekend ou presque et qui partage ses aventures sur les réseaux sociaux.

Bonjour Loïc, avant de partager ta folle histoire de fan, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Loïc Durand, j’ai 27 ans, je suis journaliste pigiste. J’habite à Montluçon, dans l’Allier et accessoirement, je suis fan de l’AC Ajaccio !

Le 24 décembre 2018, l’un de nos abonnés nous tag sur Twitter pour nous partager un tweet. Il s’agissait de ton tweet bilan de l’année 2018. Tu peux nous en dire plus sur ton personnage, ces histoires autour de ta passion ?
Encore merci à Fabrice Rolland pour ce partage au passage.

Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis un personnage, mais j’ai une histoire particulière. Depuis huit ans maintenant, je parcours la France pour suivre l’AC Ajaccio. Aujourd’hui, j’en suis à 133 déplacements, de Lille à Anglet, en passant par Strasbourg, Brest et Marseille. Cela m’a mené dans 56 stades différents en France. J’approche même les 100 000 km rien que pour suivre l’ACA. Etant très actif sur les réseaux sociaux, je fais vivre mes péripéties sur Twitter, dans des compte-rendus écrits et maintenant sur Youtube et les gens semblent apprécier. Mais ce qui fait que je sors du lot par rapport aux nombreux autres supporters qui suivent leur équipe partout, c’est que je fais tout dans ma vieille 106 de 1993, qui est devenue connue un peu partout.

Tu habites à Montluçon sur le continent, alors pourquoi suivre l’AC Ajaccio sur l’île Corse ?

C’est une question que l’on me pose très souvent. Et c’est le genre de question que l’on ne pose pas à un habitant de Lille qui supporte l’OM, par exemple. La proximité géographique n’est pas, selon moi, un critère dans le supportérisme. J’ai toujours eu l’habitude d’aller à Ajaccio, depuis tout jeune, et cela a été un coup de foudre lorsque je suis allé pour la première fois au stade François-Coty, quand j’avais une dizaine d’années. Depuis, cette passion pour l’ACA ne m’a pas lâché.

Tu es également président de l’association “I Sanguinari”, qu’est-ce que c’est exactement ? Un groupe de supporters ?

L’association a été créée en 2002 par la diaspora corse sur Paris. En fait, I Sanguinari est l’association qui regroupe les supporters de l’AC Ajaccio qui vivent sur le continent. Le nom d’I Sanguinari vient des “îles Sanguinaires”, qui se situent au large d’Ajaccio. Et j’en suis devenu le président à la fin de la saison 2013/2014, si mes souvenirs sont bons.

Tu n’en es pas à ta première interview, on peut dire que tu n’es pas un novice des médias puisque tu as été nommé parmi les 30 qui font le foot français en 2018 par L’Équipe, c’est fou quand même. Tu peux nous raconter cette histoire géniale ?

C’était complètement fou et inattendu. À la fin de l’année 2017, L’Équipe me contacte pour m’annoncer qu’ils veulent faire un portrait de moi et que je serais dans le classement des 30 qui font le foot français. Donc forcément, j’ai été très surpris mais j’ai accepté. J’ai eu droit à un vrai shooting de pro, à plus d’une heure d’interview. En fait, ce n’est pas seulement moi que L’Equipe voulait mettre en avant mais plutôt ce que je représentais, ces supporters prêts à tout pour suivre leur équipe. La parution de mon portrait dans L’Equipe a déclenché une véritable vague. De nombreux médias m’ont ensuite contacté pour faire des reportages sur moi, comme La Montagne, France Info et France 3.

Tu es passé ensuite sur France 3 et Tout le sport qui te suivait le temps d’un déplacement au Paris FC. Comment s’est fait ce coup de projecteur et quels ont été les retours du club et des autres supporters ?

Tout a été déclenché par le portrait dans L’Equipe vraiment, les médias semblent bien aimer raconter mon histoire, qui est peu banale au final. Encore aujourd’hui, dans tous les stades où je vais, il y a au moins une personne qui me dit “Ah, c’est toi, je t’ai vu à la télé, respect pour tout ce que tu fais !”. Que ce soit au club ou à l’extérieur, je n’ai eu que des réactions bienveillantes, qui font chaud au coeur, c’est une forme de récompense pour moi.

Récemment, dans un de tes tweets, tu disais avoir connu les pires chiottes de Ligue 2. Tu peux nous raconter cette histoire ?

J’ai commencé par noter les buvettes de Ligue 2. Et depuis cette saison, j’ai décidé de faire la même chose avec les toilettes des stades de Ligue 2. Et c’est vrai que dans certains stades, on voit des choses pas très reluisantes. On va passer sur les détails mais entre deux stades de Ligue 2, on peut passer du pire au meilleur !

“En fait, ce n’est pas seulement moi que L’Equipe voulait mettre en avant mais plutôt ce que je représentais, ces supporters prêts à tout pour suivre leur équipe.”

Avec les nombreux stades que tu as pu visiter, ne penses-tu pas que tu pourrais donner des conseils ou offrir une veille intéressante aux clubs ? D’ailleurs, quels sont tes souvenirs marquants dans les stades ou lors de tes déplacements ?

Sans que cela ne soit présomptueux, je commence à avoir une petite expérience des stades qui pourrait être utile aux clubs pour faciliter et surtout améliorer l’accueil des supporters visiteurs dans les stades. Dans les stades, je retiens surtout l’accueil. Il avait été parfait à Quimperlé, lors d’un déplacement en Coupe de France. Il faisait froid, il pleuvait et les locaux nous avaient offert à boire et à manger. On nous avait même proposé de rester dormir sur place. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs. J’apprécie tout particulièrement la proximité avec la pelouse et avec les gens rencontrés.

On a été faire un tour sur ton compte Instagram. Il n’y a que des contenus sur l’ACA. Cela représente vraiment toute ta vie aujourd’hui ?

L’ACA représente 90% de ma vie, on va dire. Tout ce que je fais actuellement est dicté par le calendrier de l’ACA et je fais tout en fonction des matchs et des déplacements. J’ai choisi un travail qui fait que je peux bosser quand je veux et d’où je veux pour pouvoir continuer mes activités de supporters. Je mets également souvent de côté les amis, la famille et ma copine pour pouvoir vivre ma passion à fond. Ce ne sont pas des sacrifices puisque c’est moi qui les choisit et c’est ce qui me fait vibrer, mais il est vrai que c’est une véritable organisation.

Il semble que tu sois aussi un gros collectionneur, tu peux nous en dire plus ?

Si les matchs de l’ACA me prennent du temps, tout ce qu’il y a autour m’en prend également beaucoup. J’ai 90 maillots portés de l’ACA dans ma collection, des shorts, des vêtements d’entraînement, des magazines, des journaux, des coupures de journaux, des billets de match, des programmes de match, des photos des matchs… Pour archiver tout ça, il faut du temps. Et pour acheter tout ça, il faut de l’argent !

Quelles sont tes pièces de collection dont tu es le plus fier ?

Je tiens à mes maillots comme à la prunelle de mes yeux, c’est ce que j’ai de plus précieux. Forcément, les maillots de Memo Ochoa (ndlr : ex gardien de but mexicain de l’ACA) ont une saveur toute particulière, tellement il était une idole chez nous.

Tu pourrais carrément faire une exposition de tout ce que tu as pu récupérer ou encore écrire un livre de tes expérience.

Ecrire un livre sur mes pérégrinations, sur mes péripéties et sur mes expériences vis-à-vis de l’ACA est un rêve, qui deviendra certainement réalité un jour. Mais pas tout de suite, j’attends d’avoir un peu plus de matière pour l’écrire ! Mais promis, ça viendra un jour !

Tu roules sur les départementales françaises avec ta Peugeot 106 dans laquelle tu as cumulé plus de 21 023 km en 2018. Combien a-t-elle de kilomètres au compteur maintenant ?

Elle a plus de 320 000 km au compteur et au total, j’approche les 100 000 km parcourus en voiture juste pour l’ACA. D’ailleurs, si un jour je crée une exposition ou un musée autour de l’ACA, la 106 sera la pièce maîtresse, il est hors de question qu’elle termine à la casse !

On a aussi appris dans l’une de tes vidéos sur YouTube que Red Bull t’avait envoyé non pas des ailes pour te déplacer mais 52 kilos de canettes de boissons. Encore une folle histoire non ?!  

Tout est parti de l’article dans L’Equipe encore une fois. Le journaliste m’avait demandé comment je faisais pour tenir sur la route du retour et j’ai répondu que j’avais toujours une canette de Red Bull avec moi. Red Bull a lu ce portrait, m’a contacté et m’a dit “on va t’envoyer un petit quelque chose”. Et un matin je me suis réveillé avec un camion devant chez moi, avec une palette de 52kg de Red Bull à l’intérieur !

De façon générale, quels sont tes liens avec des marques, des sponsors potentiels ?   

Aucun lien, je suis totalement indépendant. Mes followers et moi avons bien essayé de contacter Peugeot pour qu’ils me financent une nouvelle voiture mais je n’ai eu aucune réponse.

Tu viens tout juste de lancer ta chaine Youtube, tu es très actif sur les réseaux sociaux, quel est ton projet ?

Ma volonté est seulement de faire vivre un maximum ce que je fais aux internautes, qui sont nombreux à aimer et à suivre ce que je fais. Mais je veux surtout donner envie aux amoureux de foot de faire comme moi, les pousser à suivre leur club, leur montrer que c’est possible.

Dans l’interview que tu donnes à L’Équipe en 2018, tu fais référence à une embrouille avec le capitaine de l’ACA lors d’un déplacement à Orléans. Quelles sont tes relations avec les joueurs, le staff, le club de façon générale ?

C’est comme une histoire d’amour, il y a des hauts et des bas. Mais depuis plusieurs saisons, ce n’est que de l’amour. J’ai une très bonne relation avec le staff, les dirigeants et les joueurs, qui semblent tous abasourdis parce que je fais.

À ce sujet, le club fait-il des choses pour te remercier ou t’aider ?
Selon toi, les clubs ne devraient-ils pas avoir une action envers ces ultras fans qui bravent vents et marées pour suivre l’équipe ?  Tu as des idées ?

Ce n’est pas au club de m’aider. C’est une démarche personnelle que je fais, les clubs n’ont pas vocation à financer les déplacements de leurs supporters, surtout à notre niveau. Faciliter les déplacements en Coupe d’Europe, affréter des avions pour les clubs européens, ok, pour les autres, c’est une passion que l’on peut se financer seul. Après, il arrive que l’ACA nous offre les places de matchs ou des maillots.

Quels sont tes relations avec les autres fans ? Tu es une star/un exemple ou un fou pour eux ?

Un peu des deux sans doute, il faudrait leur demander ! En tout cas, j’ai une excellente relation avec tous les supporters de l’ACA et même ceux des autres clubs. J’essaie d’en motiver le plus possible à me suivre dans mes folies. Et ça semble marcher. De nombreux autres supporters de l’ACA tentent aujourd’hui de faire le plus de déplacements possibles. Et j’aime me dire que c’est un peu grâce à moi, c’est comme une petite fierté ahah.

Quels sont tes objectifs pour cette année 2019 ?

Continuer à faire tous les déplacements, ne pas en rater un seul, y compris les matchs amicaux. Dans un futur plus lointain, je voudrais réaliser un vrai grand chelem, c’est à dire voir tous les matchs à domicile et à l’extérieur dans une saison. Mais en habitant sur le continent, cela est un véritable défi logistique et financier.

En tant que fan, est-ce que tu as un souvenir particulier que tu souhaites partager ?

Je n’ai pas de mauvais souvenirs dans tous mes 133 déplacements, que des bons. Donc il est difficile de choisir. Une chose m’a marqué : mon retour d’Annecy, où j’étais allé voir ETG-ACA en plein hiver. La neige avait interrompu le match, qui a repris juste à temps avant qu’il ne soit définitivement arrêté et en plus, on l’avait gagné ! En revanche, le retour sur l’autoroute derrière la déneigeuse avait été long, très long.

Tu prends toujours ta voiture pour te déplacer, tu as un retour à faire sur l’accessibilité des stades que tu as visité ?

En général, les stades de Ligue 2 sont assez accessibles, même si je ne comprends pas que, dans certains stades, il n’existe pas de parkings dédiés aux supporters visiteurs. En parallèle, j’ai remarqué la détérioration de l’accueil des supporters visiteurs dans les stades de Ligue 2. Certains clubs ne font plus l’effort d’ouvrir le parcage visiteurs et nous ouvrent des contre-parcages pas très pratiques. Tout ça parce que les clubs ne veulent pas “s’emmerder” à ouvrir une tribune rien que pour nous. Alors que cela est normalement obligatoire et plus sécuritaire.

“J’ai remarqué la détérioration de l’accueil des supporters visiteurs dans les stades de Ligue 2.”

De façon générale, que penses-tu de l’ambiance et des animations dans les stades où tu as pu aller ?

En Ligue 2, l’ambiance est assez terne, sauf à Lens, Nîmes ou Strasbourg (à l’époque de la L2) en gros. Les autres stades sont la plupart du temps vides. Il faut dire que les horaires des matchs décidés par la LFP, les vendredis soir, n’arrangent personne. Il faudrait décaler les matchs à un horaire plus adéquat – comme cela va bientôt être le cas -, améliorer l’accueil et faire des tarifs plus avantageux. Quant aux animations, elles sont assez rares, mis à part les pom-pom girls à la mi-temps ou le challenge des enfants. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse dans le football, je ne suis pas un partisan du football-spectacle.

“En Ligue 2, l’ambiance est assez terne, les stades sont la plupart du temps vides.”

Tu fais quoi toi pendant la mi-temps d’un match ? Et à la fin ?

Je file à la buvette dès le coup de sifflet de la mi-temps, ou même un peu avant. Le sandwich du stade est une tradition immanquable pour moi à la pause. À la fin du match, on ne s’attarde pas : on salue les joueurs, on débâche et on file. En général, les stadiers nous poussent à sortir rapidement du stade pour des questions de sécurité.

Quand tu arrives au stade, sur place, tu consommes (achat de boissons, restauration, produits dérivés, etc.) ?

Les produits dérivés jamais mais pour le reste, oui. J’ai d’ailleurs remarqué que les clubs se gavent un peu trop sur le prix des boissons et des sandwichs : payer 12 euros pour 33cl d’une boisson et un sandwich généralement dégueulasse, c’est un peu trop. Là aussi, il y a des progrès à faire, sur la qualité des produits vendus. Et puis merde, on veut de la bière avec alcool dans les stades nous !

Les prix et les offres proposées sont suffisamment “locales” et variés selon toi ?

Pour les prix, en Ligue 2, nous avons de la chance : les ¾ des clubs vendent les places en parcage à 5 euros, ce qui est très accessible. Si le prix des mets est un peu trop élevé, on remarque quand même que certains clubs proposent de la nourriture locale : par exemple, à Valenciennes, on nous a proposé un sandwich au maroilles. Il faudrait plus de choses comme ça, locales et fraîches.

Tu suis régulièrement les actualités de ton club sur les réseaux sociaux ou sur le site du club j’imagine ?

Bien évidemment. Toute la journée ou presque je suis l’actualité de l’ACA sur le site officiel, sur les forums ou sur les réseaux sociaux. Etre supporter est presque un emploi à part entière !

On parle beaucoup du cas des femmes dans les stades de football (ou des autres sports). Toi tu as croisé beaucoup de femmes dans les stades ? Tu penses que le système est adapté pour leur donner envie de venir plus souvent ?

Je croise peu de femmes dans les parcages, ou alors ce sont les copines des supporters, que l’on a “forcé” à venir, comme je l’ai déjà fait avec ma copine. De son côté, l’ACA est un club très porté sur la cause féminine. Tous les ans, le club organise des événements pour que les femmes se déplacent plus au stade. Par exemple, cette saison, pour la journée de la femme, le club a vendu les places de match à 1 euro pour toutes les femmes et des roses ont été offertes. C’est avec ce genre de chose que les femmes peuvent venir au stade et surtout y revenir !

Si tu étais en charge de l’expérience des fans au Stade François-Coty, quelles idées pourrais-tu proposer au public ?

Malgré les apparences, l’ACA est un club à la pointe. L’abonnement à la saison est vraiment très accessible, l’accueil des supporters visiteurs est parfait selon les nombreux témoignages que j’ai eus, les buvettes utilisent un système de cashless très pratique donc il n’y a pas grand chose à changer. Mais si l’ACA veut quand même m’embaucher, je suis disponible !

Enfin, si tu pouvais vivre un événement sportif, lequel serait-il et pourquoi ?

Mon rêve serait que l’AC Ajaccio participe à une coupe d’Europe. Et mon rêve ultime serait de suivre l’équipe sur un déplacement européen, en Lituanie, ou dans un lointain pays. Et bien évidemment, je le vivrais dans le parcage visiteurs !

Merci à Loïc pour ce partage d’expérience. Vous pouvez le retrouver sur Twitter et sur YouTube où il raconte ses déplacements en images. 

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