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Le digital est-il l’avenir de l’expérience fan ?

Une obsession pour certains, une évidence pour d’autres, le stade connecté est aujourd’hui dans toutes les bouches, mais est-ce la solution ?

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Cela résonne comme une obsession dans l’esprit des personnes qui travaillent dans les clubs de sport, et comme une douce chanson dans la bouche des spécialistes : Il faut faire de son stade, un stade ultra connecté !  

 

On est favorable à la connexion, nous sommes nous même très connectés et reconnaissons pleinement les avantages de l’utilisation du digital lié à l’internet pour beaucoup de choses. Mais nous aimons aussi et surtout les connexions humaines, le relationnel, les échanges physiques. 
Alors, nous avons voulu ouvrir le débat sur une question majeure et complètement d’actualité : Le digital est-il l’avenir de l’expérience du fan ?

Nous n’avons pas la prétention de déterminer une bonne et une mauvaise réponse, mais plutôt d’orienter vers un axe plus plausible. Tous les éléments sont recevables tant qu’ils sont argumentés. Nous déclarons le débat ouvert. 

@PSV

La protestation des fans du PSV Eindhoven contre le Wifi

Qu’est ce qu’un stade connecté ? 

Il nous semblait nécessaire de rappeler brièvement la définition d’un stade dit “connecté” et pour cela rien de tel que l’explication d’un spécialiste. Celle de Sébastien Audra, responsable communication chez Orange, qui a travaillé sur le stade Ernest-Wallon, enceinte du Stade Toulousain Rugby qui a répondu à une interview en octobre dernier. 

“Un stade connecté, c’est un stade qui combine deux éléments. Une infrastructure réseau Wi-Fi reliée à la fibre optique et qui peut toucher simultanément un quart du public du stade et la création d’une application mobile dédiée.” 

Dans cette définition, il y a quelque chose qui a particulièrement retenu notre attention. En effet, Sébastien Audra indique qu’un stade connecté peut toucher simultanément un quart du public. Très bien, c’est une bonne chose. Mais alors, que fait-on des trois quarts restants ? 
Si la digitalisation du stade touche uniquement qu’une partie mineure de l’enceinte, l’impact peut être rapidement négatif et créé un sentiment d’injustice envers ceux qui n’y ont pas accès. 

Et les français dans tout ça ? 

Les français sont-ils prêts à vivre le sport de manière connectée ? C’est une question à soulever. 
D’après une étude de BNP Paribas et CSA Research en 2016, les Français passent 6h30 par jour sur internet en moyenne. Entre 80% et 90% d’entre eux sont équipés d’un smartphone avec accès à internet. C’est devenu une vraie révolution établie à présent au cœur de leur quotidien. 
Selon une autre étude réalisée par BVA en septembre 2016, 66% des français estiment que l’utilisation du mobile empêche de s’ennuyer. Mais aussi, ils aimeraient déconnecter pour 80% d’entre eux (et voudraient s’imposer des temps de déconnexion chaque jour ou chaque semaine) mais seulement 41% le mettent en place.

Application mobile, faire vivre l’expérience ou la manquer ?

Où voulons nous en venir ? Si l’on en croit les sondages précédemment cités, les français et donc les fans de sport sont connectés régulièrement, mais ils éprouvent le besoin de lâcher prise. 

N’existe t-il pas un risque pour un club de miser sur le digital en dépit de la vraie ambiance dans son stade ? Car si le spectateur est incité à suivre la rencontre sur son smartphone via des services additionnels offerts par une application, celui-ci sera peut-être moins concentré sur le match en lui même. Et par conséquent, sera également confronté à certaines tentations (propres à sa navigation sur son smartphone). Des tentations qui risqueraient de le dérouter de l’objectif primaire du club, à savoir offrir une expérience supérieure.

A l’image de la réaction des supporters du PSV Eindhoven il y a quelques saisons. Les fans hollandais protestaient contre la mise à disposition de bornes wifi gratuites au Philips Stadion (voir tweet ci-dessous).

De plus, miser sur le digital représente un réel risque s’il n’est pas maitrisé. Car si nous reprenons l’exemple de notre fan distrait par son téléphone pendant un match, il est fort probable que ce dernier ne trouve plus de réel intérêt à se déplacer directement au stade. S’il peut profiter des mêmes avantages sans les inconvénients (météo, attente, confort, etc.) directement de chez lui dans son fauteuil. 

 

Lire cet article

A LIRE ÉGALEMENT : INTERVIEW : BENJAMIN ROUMEGOUX, RESPONSABLE COMMERCIAL DES CHAMOIS NIORTAIS

 

Comme le dit si bien David Banget, responsable de la stratégie digitale de l’Olympique Lyonnais dans une longue interview pour Rue89Lyon :

” Le match en live doit être complémentaire. Si les gens paient c’est pour avoir mieux. Chez lui, le spectateur a chaud, peut boire et manger facilement et il a des sanitaires propres. Au stade il doit pouvoir accéder facilement et en sécurité au match. “

Le digital, un levier mais pas LE levier

Dans cette dernière partie, nous vous livrons notre vision du sujet abordé.
Il est clair que le digital doit être développé, et doit permettre une amélioration des conditions de vie d’un fan dans le stade. Mais cela s’applique essentiellement à des clubs en particulier. Pensez-vous que Monaco et Bourg en Bresse, respectivement plus faibles affluences de Ligue 1 et de Ligue 2 de football, ont l’utilité d’une digitalisation rapide et complète de leur stade ? Pas certain.  

Pour des problématiques fortes comme celles des deux lanternes rouge de l’affluence, le digital ne représente pas la solution indispensable. 
Pour Fanstriker, il est plus judicieux pour ces clubs d’innover via des animations et des expériences à moindre coûts, proche du zéro investissement et ainsi revenir à des valeurs saines.

Souvenez-vous de votre enfance et de vos passages réguliers (ou pas) chez McDonald. Vous étiez incroyablement joyeux à l’idée de pouvoir choisir un menu Happy Meal. Car l’expérience proposée par l’enseigne de Fast-food est forte. Offrir un jouet pour marquer votre esprit de l’empreinte du grand M pour que plus tard, avec un peu d’âge vous gardiez ce souvenir en tête et reproduisez cela à l’identique avec vos enfants. Encore aujourd’hui cette technique fonctionne à l’identique (et presque sans digital).
Dans cette idée, les clubs doivent former les fans de demain. Penser aux enfants qui deviendront les adultes de demain qui payeront pour assister aux matchs et ainsi revivre ou faire revivre leur expérience d’enfant.

Il est donc essentiel de faire vivre l’expérience, réellement et de manière forte.
Enfin, pour obtenir de nouveaux éléments de réponse, il pourrait être intéressant d’examiner le taux de remplissage du stade Ernest-Wallon et évaluer des retombées marquées ou non pour le Stade Toulousain Rugby. 

Réagissez à cet article article et poursuivez l’échange avec nous via twitter Follow @fanstriker

 

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

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Fan expérience en France

TooGoal, un nouveau réseau social pour une expérience 100% football

Créé par des journalistes et chroniqueurs sportifs, TooGoal est un nouveau réseau social qui propose des contenus éditoriaux aux fans de football.

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TooGoal, le réseau social 100% football

Il y a quelques jours, plusieurs acteurs médias du ballon rond se sont alliés pour créer un réseau social français dédié au football : TooGoal. Un projet ambitieux qui vise à offrir du contenu de qualité aux utilisateurs de la plateforme. 

 

L’expérience fan ne se joue pas uniquement dans les stades. Sur les supports digitaux, elle a aussi son importance pour créer du contenu toujours plus personnalisé et orignal à destination des fans.

Que retrouve-t-on sur le réseau social TooGoal ?

Tout d’abord, ce sont des journalistes et chroniqueurs connus dans le milieu que l’on retrouve à l’origine de ce projet. Bruno Constant, spécialiste du foot anglais pour RTL et RFI, Philippe Auclair, également expert du foot anglais, Julien Cazarre, l’humoriste préféré des footballeurs, ainsi que d’autres journalistes fondent le désormais TooGoal FC.

Pour accompagner ces connaisseurs, on retrouve deux partenaires de renom. Le premier est The Guardian, le célèbre quotidien britannique qui propose sur l’application de nombreux articles traduits. Le second est OptaJean, le compte français du leader mondial des statistiques sportives qui donne du sens aux chiffres.

Application disponible sur Android et iOS, TooGoal offre à ses utilisateurs différents types de contenus avec des podcasts, des chroniques écrites et les résultats des matchs en temps réel. Lorsque l’on est passionné de football, on peut facilement y passer plusieurs minutes pour consulter les différents contenus.

En tant que réseau social, on y retrouve bien évidemment des caractéristiques propres aux médias sociaux. Les utilisateurs ont la possibilité de commenter une publication ou bien de publier des messages eux-mêmes.

Encore tout jeune, TooGoal a forcément des zones d’améliorations comme un flux d’actualité un peu plus compréhensible pour l’utilisateur par exemple. Néanmoins, le réseau ressemble fortement à un Twitter ou Facebook dédié au football ce qui facilite la prise en main.

En mettant l’accent sur la qualité de ses contenus éditoriaux et la spécialisation de sa plateforme, TooGoal veut être “the place to be” pour les fans de foot. Un lieu où les utilisateurs ont tous une passion commune sur laquelle ils peuvent débattre et échanger ensemble.

Avec cette orientation 100% football, TooGoal met peut-être le doigt sur l’avenir des médias sociaux dans le sport et en général : des médias sociaux de niche.

Une personnalisation toujours plus forte pour toujours plus d’engagement ?

TooGoal n’est pas le seul réseau social à être dédié uniquement au football. On peut également parler de Dugout, une plateforme sur laquelle les clubs de foot sont les principaux créateurs de contenus. Des contenus qui peuvent même parfois être exclusifs. L’été dernier, Dugout revendiquait plus de 10 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde.

Le modèle des plateformes sociales dédiées à un centre d’intérêt précis semble donc trouver sa place. Ce qui n’est pas étonnant car même si le football, ou un autre sport, est un domaine bien large, on peut parler d’une expérience personnalisée.

En effet, lorsque l’on est sur un réseau où les contenus, les interactions et même les annonces concernent un seul et unique sport que l’on aime, on peut rapidement se sentir concerné. Un sentiment d’appartenance qui facilite et encourage la prise de parole car le public est à l’aise avec le sujet. L’utilisateur a une certaine connaissance et un point de vue qu’il a envie de partager.

Comme nous avons pu le voir avec les différents modèles de chatbots dans le sport, il est primordial qu’un fan se sente accueilli. Une plateforme sociale dédiée à son sport, voire à son club, peut être un autre canal pour personnaliser son expérience. A l’image d’un forum sur lequel on retrouve les supporters d’une même équipe.

Même si ici la relation entre le fan et le club n’est pas individuelle, on peut imaginer une expérience collective. Un club, un sponsor, un média ou un autre acteur peut concevoir un espace digital dédié pour y faire interagir des fans engagés.

C’est peut-être ce que va réussir à créer TooGoal, en devenant un réseau social référence pour les fans de football dans les mois à venir. A suivre donc. 

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