Suis-nous
Lorsque l'expérience d'un fan tourne au vinaigre Lorsque l'expérience d'un fan tourne au vinaigre

Fan expérience en France

Lorsque l’expérience fan tourne au vinaigre

Parfois les actions pour enrichir l’expérience des fans et spectateurs peuvent engendrer des causes et réactions que le club n’avait pas vraiment anticipé.

Publié

le

L’expérience fan est un sujet qui est aujourd’hui considéré par de nombreux clubs et organisateurs d’événements. Parfois, c’est cette volonté d’améliorer l’expérience des fans qui peut générer une insatisfaction ou pire causer du tort au club. 

 

Les efforts consentis par les clubs pour satisfaire leurs fans et spectateurs peuvent parfois faire naitre un sentiment totalement opposé à celui espéré initialement.

Régulièrement, nous observons des mécontentements des fans sur les réseaux sociaux et particulièrement sur Twitter.
Dernièrement, nos amis de PKFoot nous ont interpellé sur un retour d’expérience publié par une fan abonnée du FC Nantes qui avait gagné un accès privilégié en bord de pelouse avant une rencontre au stade de la Beaujoire (une opération proposée toute la saison aux abonnés par le club nantais). Malheureusement, l’expérience vécue par cette fan ne semblait pas être celle promise. Elle a donc tweeté son mécontentement en mentionnant une “belle publicité mensongère du club”.

Encore plus récemment, nous avons pris connaissance de deux faits marquants qui ont concerné l’expérience de fans dans des événements sportifs.

Elle vient voir la Ryder Cup et repart aveugle d’un oeil

C’était il y a un mois, à l’occasion de la Ryder Cup 2018 qui s’est déroulée en France (pour la première fois de l’histoire) du 25 au 30 septembre au Golf National de Guyancourt, une spectatrice a vécu un très mauvais moment. 

Malgré une très grosse organisation, l’édition 2018 de la Ryder Cup aura été marquée par un fait très triste. Le golfeur Brooks Koepka (Team USA) a grièvement blessé une spectatrice lors d’un tir qui a terminé sa course dans la foule. La balle est arrivée dans l’oeil d’une fan française de 49 ans. Un accident dramatique qui lui a fait perdre l’usage de son œil droit.
Le golfeur américain auteur de ce tir s’est montré très touché et attristé pour cette personne en indiquant que c’était l’un des pires jours de sa vie. 

La spectatrice blessée d’origine lyonnaise a souhaité porter plainte contre l’organisation et souhaite sensibiliser aux dangers que peut représenter ce sport pour le public. Notamment sur les risques liés aux balles qui peuvent toucher les spectateurs comme cela s’est produit pour elle.
Une revendication qui fait débat sur les réseaux sociaux. De nombreuses réactions mettant en avant le fait que cette personne a souhaité être au plus prêt de l’action, ce qui a ensuite été un élément essentiel de sa grave blessure.

Tirée au sort pour réaliser un shoot du milieu du terrain, elle évite le pire après une chute

Dimanche dernier, à la mi-temps du match entre l’Elan Béarnais et l’ASVEL au palais des Sports de Pau une jeune femme enceinte s’apprête à tenter le défi Amazon Shoot. Un shoot du milieu du terrain pour remporter un chèque de 1 000 €. Elle s’élance pour sa première tentative et rate le panier puis se laisse entrainer par son élan pour ensuite chuter le ventre face au sol. Plus de peur que de mal, elle se relève et tente le second shoot sans succès.

La fan (enceinte de plus de 8 mois et à quelques jours du terme) et son mari rejoignent ensuite l’hôpital pour contrôler l’état de santé de l’enfant. La chute semble avoir déclenchée le travail. Elle accouchera quelques heures plus tard d’un petit garçon.

Après cette belle frayeur qui se termine heureusement très bien, des joueurs de l’Elan Béarnais sont venus la voir à l’hôpital pour lui remettre tout de même le bon d’achat de 1 000 € sur le site Amazon.fr initialement prévu pour les gagnants de l’animation Amazon Shoot à la mi-temps. 

Cependant, parmi les 6 500 spectateurs présents ce soir là, quelques-uns ont exprimé leur inquiétude sur les réseaux sociaux en déplorant la folie du club d’avoir laissé shooter cette femme. Mais aussi la folie de cette supportrice d’avoir pris un tel risque. 
Le club aurait pourtant déconseillé à cette fan enceinte de réaliser le défi, mais cette dernière a estimée qu’il n’y avait pas de risque pour sa santé et celle de son bébé. 

Ces trois expériences démontrent que vouloir enrichir l’expérience des spectateurs peut parfois avoir un effet totalement contraire à ce que le club souhaitait. Il peut par la même occasion perdre le total contrôle de son action. C’est pour cette raison qu’évaluer les risques des actions entreprises et surveiller la communication de ses fans peut permettre d’anticiper ces problématiques. 

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

Fan expérience en France

Un policier référent dans les groupes de supporters en déplacement ?

Après un référent supporter dans les clubs, une expérimentation est en cours pour permettre la présence d’un policier référent dans les groupes de supporters visiteurs.

Publié

le

Lors du match de Ligue 1 Conforama entre le RC Strasbourg Alsace et l’Olympique Lyonnais le 9 mars dernier, plusieurs acteurs dont les instances du football français ont réalisé une expérimentation auprès des supporters. 

 

L’encadrement des supporters adverses est un sujet sensible, dans une époque où le nombre d’arrêtés préfectoraux se multiplie et ne choque presque plus personne. Cette semaine, le média l’Équipe rapporte que depuis le début de la saison, les préfets ont publié plus de 70 arrêtés limitant la liberté d’aller et venir des supporters de football français. Un chiffre (trop) important.

Des arrêtés abusifs ?

Les préfectures se posent-elles de moins en moins de questions lorsqu’il s’agit de l’organisation d’un match de football ? Au regard du nombre d’arrêtés publiés, la question est légitime.
L’Équipe a d’ailleurs publié cette semaine un article qui présente les motifs d’arrêtés préfectoraux les plus originaux (ou ridicules selon la position que l’on adopte). Un article que nous vous invitons à lire.

@Lequipe

Une banderole de mécontentement des supporters face aux tribunes vides

Alors, il est vrai que le pays connait une longue période d’instabilité et d’inquiétude, entre les précédentes attaques terroristes, les manifestations régulières devenues dorénavant quotidiennes sur tout le territoire. Cette situation mobilise donc les ressources humaines dédiées à la sécurité du public. Par conséquent, l’organisation des événements sportifs passe au second plan. La sécurité du public étant un élément essentiel d’une organisation, cela complexifie l’équation.

Les préfectures ne se cacheraient-elles pas derrière ces événements qui touchent le pays pour répondre avec trop de facilité en refusant à un groupe de supporters de se déplacer pour soutenir leur équipe ?
Cette attitude ne risque pas d’améliorer l’entente entre ces deux mondes (l’administration et le supporterisme). Ni même de bonifier l’image des supporters vis à vis du grand public.
La situation est donc pénible pour tous le monde. Les clubs ne remplissent pas leur stade, le public présent ne bénéficie pas d’une ambiance stade optimale, les supporters ne peuvent pas assouvir leur passion et la préfecture ne laisse pas les meilleurs souvenirs.

Mais, il existe des solutions. L’une d’elle est actuellement en phase de test dans nos championnats de football professionnel.

Un policier parmi les fans adverses

Le 9 mars, c’était donc la date choisie par les différents acteurs qui soutiennent cette démarche. Le match de Ligue 1 Strasbourg RC vs O.Lyon a marqué le début d’une expérimentation innovante en matière de prévention, d’anticipation et de dialogue avec les supporters.

Plusieurs organismes portent ce projet important : la Fondation Nivel, la préfecture, la DNLH (division nationale de lutte contre le hooliganisme), la FFF, la LFP et les clubs concernés par les tests. La Fondation Daniel Nivel, fondée en 2000 à l’initiative de la fédération allemande de football, a pour objet de soutenir des actions de prévention des incidents autour des matchs de football, particulièrement ceux opposant des supporters aux forces de l’ordre.

Pour ce premier test inédit, c’est le RC Strasbourg en tant que club accueillant qui a collaboré pour développer le concept avec les supporters visiteurs pour ce match face à Lyon.
Ainsi, le groupe de supporters visiteurs comptait dans ses rang un “policier référent” désigné pour suivre le foule dès leur arrivée dans le Bas-Rhin jusqu’à leur départ post-match. Ce référent a pour rôle de dialoguer avec les supporters visiteurs, de les informer des mesures de sécurité applicables au stade à l’occasion de leur déplacement, et de faire le lien avec le chef du dispositif d’ordre public de la DDSP.

Cette opération sera dans un second temps envisagée dans plusieurs autres stades de Ligue 1 et de Ligue 2. Une évaluation du dispositif sera réalisée en fin de saison et au cours de la saison 2019/2020.

Une première réussie selon les acteurs

La LFP précise que de l’avis de l’ensemble des acteurs concernés, la première rencontre expérimentale fut une réussite. L’anticipation et la bonne préparation de la rencontre entre les différents acteurs a permis au policier référent, en lien avec le référent supporters, de dialoguer sereinement avec les groupes de supporters lyonnais  au stade de la Meinau.

Cette expérimentation a vocation à se poursuivre à Strasbourg, avec le soutien de la préfecture du Bas-Rhin, de la DDSP 67, de la Division Nationale de Lutte contre le Hooliganisme, de la FFF, de la LFP, de l’ANS et du RC Strasbourg. Elle sera, dans un second temps, appliquée dans plusieurs autres stades de Ligue 1 Conforama et Domino’s Ligue 2. Une évaluation du dispositif sera effectuée en fin de saison et au cours de la saison 2019/2020.

Le travail est relativement conséquent car selon certains supporters les conditions d’accueil des supporters adverses laissent parfois à désirer dans nos clubs. C’est ce que nous partage Loïc dans une interview où il raconte ses diverses expériences lors de ses déplacements.

Un référent supporters obligatoire depuis 2016

Depuis la loi du 10 mai 2016, chaque club a l’obligation de définir un « référent supporters » dans ses effectifs dans le but de renforcer les interactions entre le club et ses supporters. La nomination d’un policier référent s’inscrit dans la lignée de la volonté d’étendre le modèle du référent supporters aux relations entre les supporters et les forces de l’ordre, au travers d’une expérimentation avec les supporters en déplacement. Le public visiteur ne dispose généralement que de peu de repères et d’interlocuteurs réguliers du côté des forces de l’ordre. Un dialogue clair et apaisé des supporters visiteurs avec les forces de l’ordre doit être favorisé.

La nomination d’un « policier référent » au sein des forces de l’ordre s’inscrit dans un objectif de bon déroulement des déplacements de supporters dans les sites pilotes. Ce policier fait alors office de point de contact unique et privilégié des référents supporters et des supporters en déplacement.

Éduquer les plus jeunes dans les stades

Apprendre à devenir un bon supporter, c’est une action qu’a réalisé l’UNSS dans la région lyonnaise. Soutenue par plusieurs personnalités sportives, cette bonne action a pour but d’éduquer le plus jeune public dans les écoles au supporterisme. 

Nous avions également proposé une idée lors de notre rendez-vous du vendredi sur Twitter : le #FridayIdea avec une idée similaire directement dans les stades. Avec la mise en place d’une tribune de mini ultras composée uniquement d’enfants accompagnés par un ou plusieurs animateurs pour leur apprendre les chants, les danses et autres bonnes pratiques d’un supporter dans un club. 

Cette étape d’éducation est également très importante pour le futur car c’est en agissant aujourd’hui avec le jeune public que les clubs en profiteront. 

L’amélioration de l’accueil de tous les supporters en déplacement est un vrai sujet que le football n’arrive pas à gérer aussi facilement que dans d’autres pratiques. La mise en place d’un lien fort entre le club, le service de sécurité et les supporters va normalement permettre cette proximité. 
La question qui se pose est comment les supporters vont-ils accueillir un membre des forces de l’ordre dans leur rang. Celui-ci devra peut-être épouser les codes pour s’intégrer totalement dans le groupe (avec le port d’un maillot par exemple).
Est-ce que ce premier test vous semble être une bonne idée ?

Continuer la lecture

Nouveautés