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Des supportrices dans un stade à Toronto Des supportrices dans un stade à Toronto

Fan expérience dans le monde

Comment faire venir plus de femmes dans les stades ?

Dans les enceintes sportives, la population est majoritairement composée d’hommes. Alors comment inciter davantage les femmes à rejoindre les tribunes des stades ?

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Dans les stades et événements sportifs, le public est très souvent composé de spectateurs masculins. Le public féminin ne représente encore qu’un trop faible pourcentage de l’audience en tribunes. Les organisateurs souhaitent convaincre ce public, alors observons dans cet article quelques pistes à étudier.

 

En ce jour du 8 mars, symbolique journée des droits des femmes, nous avons souhaité nous pencher sur un sujet qui devrait intéresser un grand nombre d’entre vous : Comment convaincre plus de femmes de venir au stade ?
Pour la rédaction de cet article, nous avons échangé avec plusieurs femmes du monde du sport, telles que Rachel Jung, chargée de missions sponsoring aux Girondins de Bordeaux, Sylvie Nguyen, fondatrice du compte Twitter Festive Sport & Esport et Laure Gruffat, membre inconditionnelle de l’équipe Fanstriker depuis ses débuts.

L’image de la femme dans le sport

“Le sport c’est pour les hommes, les vrais”, “une fille qui aime le foot, c’est bizarre”, ce type de phrases était monnaie courante il y a encore quelques dizaines d’années. Aujourd’hui encore, la femme est parfois réduite à une simple figure de représentation. Pour preuve, après la dernière coupe du monde de football en 2018, la banque de photos Getty Image publiait une sélection de photos intitulée “the hottest fans at the World Cup” (les plus belles filles de la coupe du monde). Depuis, cette sélection a été retirée après avoir été largement critiquée sur les réseaux sociaux. Trouve-t-on le même concept pour les spectateurs hommes ? Il ne semble pas.

Ciaran Varley, un journaliste pour la BBC indiquait à juste titre dans l’un de ses articles “What it’s like being a modern-day female football fan“, que lorsque nous recherchons “femmes football fan” dans le moteur de recherche de google, une grande majorité des photos nous montre des femmes avec un large décolleté ou en tenue légère dans les tribunes.

Cette représentation de la femme dans les stades est également très présente dans les retransmissions télévisées des événements sportifs. Régulièrement, le cameraman réalise un plan serré sur une fille très jolie parfois peu vêtue présente en tribune.

La connaissance des règles du jeu par les femmes est aussi souvent remise en question. Il ne s’agit pas ici de faire de généralités, mais il est commun qu’un homme ressente la sensation de devoir expliquer les règles à une femme qui l’accompagne sous prétexte qu’elle n’est pas censée connaitre ce sport.
Au même titre qu’il est commun pour beaucoup d’hommes de penser que la principale motivation des femmes à assister à un événement sportif masculin serait le physique des athlètes.

Pour contrer ces stéréotypes, deux anglaises Amy Drucquer and Laura Blake, ont lancé This Fan Girl, un projet qui valorise les femmes dans le sport à travers plusieurs contenus photos, articles, vidéos.

“Je suis convaincue que le travail est à faire en profondeur, à la racine, dans l’éducation et la relation des filles au sport et dès le plus jeune âge. Quand ça ne sera plus « bizarre » ou « garçon manqué » d’être une nana supportrice de son club de rugby, de basket ou de foot, on aura résolu une grande partie du problème.”

Laure Gruffat, membre Fanstriker

Comment faire venir plus de femmes au stade est une vaste question. Avec 52% de femmes dans la population française, il est plus que temps que les organisations sportives s’attèlent à trouver une solution.

Pour changer ces clichés et a priori, Laure est convaincue que le travail est à faire en profondeur, à la racine, dans l’éducation et la relation des filles au sport et dès le plus jeune âge. Que lorsque cela ne sera plus « bizarre » ou « garçon manqué » d’être une fille supportrice de son club de rugby, de basket ou de foot, nous aurons résolu une grande partie du problème. Heureusement, de nombreux clubs essaient à leur échelle de faire bouger les lignes, et tant mieux.

En complément de cet article, nous vous conseillons de lire cet article que nous avions publié l’année dernière sur le sujet de l’expérience fan au féminin.

Pourquoi féminiser le public ?

Il est important que l’on explique le sens du terme que nous employons. “Féminiser son public” veut dire pour nous inciter plus de femmes à franchir le pas pour aller voir un match au stade. Augmenter le pourcentage de femmes dans les tribunes.

Alors pourquoi vouloir donc féminiser son public ? C’est une bonne question. Est-ce parce que les femmes dépenseraient plus que les hommes ? Non, ceci est une fausse idée.
Selon une étude réalisée par Odoxa pour RTL, les femmes ne dépensent pas plus que les hommes, cela est une idée reçue. Au contraire, les hommes dépenseraient 20% de plus que les femmes. Cette différence représente l’écart actuel de rémunération à compétences égales observé entre les deux sexes. Et c’est encore plus fort sur la question des loisirs, puisque les hommes dépensent 44% de plus de que les femmes.

Si elles ne dépensent pas plus que les hommes, les femmes sont par contre plus actives sur les réseaux sociaux. D’après l’étude Statista European Football Benchmark 2018, elles sont 75% a les utiliser lorsqu’elles s’intéressent à un sport comme le football contre 65% pour les hommes.
Nous pouvons penser que les clubs pourraient obtenir davantage d’UGC (contenus générés directement par les utilisateurs eux-mêmes) avec plus de femmes dans les stades, à condition que le réseau internet fonctionne correctement.

Si cela n’est pas dans un intérêt directement lié au business, féminiser son public est plus dans l’objectif de toucher un nouveau public pour remplir son stade mais aussi de valoriser la pratique du sport féminin. La place de la femme dans le sport (entre autre) est actuellement en plein bouleversement. De cette façon, les clubs peuvent prendre un rôle important en se positionnant comme de réels acteurs de ce changement.

La subtilité de l’égalité Homme/Femme

L’égalité Homme/Femme est quelque chose de très subtil et délicat. Les diverses polémiques nous le montrent, le combat contre le cliché du bleu pour les garçons et du rose pour les filles en est un des nombreux exemples. C’est pour cette raison que chaque action entreprise par les clubs doit être très clairement évaluée et anticipée, au risque d’être confronté à un bad buzz.

Pour Sylvie Nguyen, “comment attirer plus de femmes dans les stades est une question qui paraît simple mais qui n’est au fond pas si évidente car l’enjeu est de ne pas renforcer le clivage Homme/Femme.” Il faut donc pouvoir parler à cette cible sans entrer dans les clichés que nous connaissons tous.

Une vision que partage également Laure Gruffat : “Je ne suis en revanche par forcément pour la communication utlra genrée pour attirer les filles : faire des affiches roses, offrir des fleurs aux filles qui viennent et organiser des matchs ou des tribunes justes pour les femmes. Pour moi, ceci ne fait qu’alimenter les clichés. Les filles fans de sport sont des FANS avant tout et souhaitent être traitées comme tel finalement.

Pas facile donc de surfer entre les attentes de chaque type de femmes. Nous l’avons clairement vu pendant la rédaction de cette article, les femmes interrogées ne partageaient pas toujours le même point de vue.
Nous avons donc creusé davantage le sujet pour accompagner les clubs dans leur recherche d’un nouveau public plus féminin.

Segmenter, bonne ou mauvaise idée ?

La segmentation est assurément un élément important de l’offre billetterie, cependant peut-être que tout n’est pas à séparer. Observez un instant tous les comptes sociaux (Twitter, Instagram, etc.) des clubs, quelle analyse peut-on en faire ? Il existe des comptes différents pour chacune des équipes professionnelles masculines et féminines.
Par conséquent, une ou un fan d’un club ne suivra probablement que les comptes pour l’équipe dont il/elle est supporter/trice. Ce sont les comptes des équipes féminines qui payent le prix, puisqu’ils sont moins suivis que ceux des équipes masculines. Cependant, certains clubs développent des idées intéressantes.

Ainsi, les comptes Twitter des équipes masculines et féminines du club de football anglais de Manchester City présentent la même photo de couverture où apparaissent les garçons et les filles mélangés.
Il s’agit d’une stratégie de communication développée par le club anglais autour d’un slogan “Same City, Same Passion” (en français : Même ville, même passion). Cette stratégie a pour but de valoriser la pratique féminine en mélangeant des contenus issus des deux équipes, comme par exemple la vidéo diffusée ci-dessous.

https://twitter.com/ManCity/status/1099965956590395392

L’exposition médiatique va clairement participer à la notoriété du sport féminin certes, mais les équipes masculines ont également leur rôle à jouer auprès de leur audience en servant de relais de croissance aux équipes féminines.

Les deux hypothèses peuvent être confrontées : créer des comptes sociaux communs pour le club ou segmenter selon les équipes avec un relais sur le compte de l’équipe phare.

Proposer une offre plus large que seulement celle du match

Pour attirer un nouveau public, il faut développer de nouvelles offres. Des offres qui correspondent aux attentes et besoins des publiques cibles. Avec des activités annexes au match, avant, pendant ou après la rencontre.
Imaginez par exemple pouvoir prendre un cours de Yoga tranquillement au stade juste avant un match ou bénéficier d’un massage dans un espace dédié pendant la mi-temps.

“On pourrait inviter ou créer des partenariats avec les réseaux de femmes au stade par exemple. Accueillir des événements professionnels (conférences, séminaires) sur des métiers plus féminins par exemple.”

Sylvie Nguyen, @Festive Sport & Esport

Des activités shopping, salon de thé/café, soins et beautés, conférences, sont toutes des idées potentielles pour élargir l’offre auprès du public féminin.
C’est ce qu’à proposé le club de Dijon FCO avec une offre limitée “Ladies Night” à 40€ pour 100 femmes, incluant la place pour le match et un accès exclusif dans un salon 100% filles avec maquillage, coiffure, massage, etc.

Sylvie Nguyen se questionne sur “l’idée de proposer un pack spécial “femmes” incluant des billets moins chers comme l’a proposé le Lou Rugby il y a quelques jours ou encore Clermont Foot aujourd’hui.” Selon elle, “l’initiative vient d’une bonne intention mais pas top lorsqu’on défend l’égalité Homme/Femme.

https://twitter.com/Incit_finance/status/1101025494429065216

https://twitter.com/ClermontFoot/status/1104043246387449856

Pour Pierre Lebot, il faut demander aux femmes présentes dans le public ce qu’elles veulent, car elles ne sont pas ou peu consultées. Il faut également puiser son inspiration dans les festivals qui regorgent d’idées.
Lorsqu’il a travaillé pour le 24H du Mans, Pierre se souvient avoir réalisé un salon de la femme (ndlr : Le Pavillon des Femmes depuis 2015) qui avait été un vrai succès. Un lieu où les femmes pouvaient profiter de plusieurs espaces : beauté, détente, exposition avec un jardin d’extérieur et une offre de restauration sur place.

@Studio Photo JM2

Le Pavillon des femmes pendant les 24H du Mans 2017

@Studio Photo JM2

Un lieu où les femmes pouvaient prendre du temps pour elles pendant les 24H du Mans 2017

Outre les espaces privilèges, Laure propose plusieurs idées telles qu’offrir à un spectateur (homme ou femme), la possibilité d’inviter une fille lors du prochain achat de sa place. Quoi de mieux pour une première au stade qu’un « Je t’invite voir mon équipe favorite le weekend prochain ? Promis ça va être sympa ». Ensuite, la balle est dans le camp du club pour savoir fidéliser ces nouvelles venues avec un CRM pertinent.
Ou encore réaliser l’élection du supporter et de la supportrice du match en récompensant les femmes qui viennent au stade et en les encourageant à être de vraies “die hard fans”.

Une femme, pour parler aux femmes

C’est assez intéressant de faire l’analyse des communicants dans les clubs professionnels pour s’apercevoir que la majorité des acteurs qui s’expriment sont des hommes.
Prenons un exemple politique, lorsque Barack Obama était à la tête du gouvernement américain, Michelle, sa femme prenait elle aussi régulièrement la parole pour soutenir la cause féminine. Elle s’engageait et engageait par conséquent l’ensemble des femmes.

Ce qui manque aujourd’hui dans certains clubs, est sans doute une femme qui parle aux femmes. À travers qui elles peuvent s’identifier. Rares sont les speakers féminines, et ce même pour les équipes féminines.
Chez Fanstriker, nous avons une croyance très forte dans la réussite d’un duo de speakers pour un événement sportif. Au lieu d’avoir une seule personne en bord de pelouse, nous pourrions en avoir deux, dont une du côté des tribunes et des coursives auprès du public. Ce duo pourrait être mixte comme ce qui se fait depuis des années en télévision par exemple.

L’agence Visul3 qui répondait à l’une de nos stories Instagram sur le sujet, indique qu’il est nécessaire d’intégrer l’image de la femme dans les campagnes de communication pour montrer qu’elle a sa place dans les stades. Une idée reprise par Laure et Sylvie qui insistent sur le fait de mettre en avant l’ambiance et l’atmosphère cool du stade. Montrer que la sortie au stade peut être une alternative à une sortie au ciné, au bar, à une après-midi entre potes. Les filles peuvent peut-être craindre l’atmosphère un peu hostile ou violente de certaines tribunes. L’exemple des “tribunes étudiantes” de Paris La Défense Arena vont totalement dans ce sens.

“Les filles peuvent peut-être craindre l’atmosphère un peu hostile ou violente de certaines tribunes. C’est pour ça que je trouve intéressant l’exemple des “tribunes étudiantes” de Paris La Défense Arena qui vont dans ce sens.”

Laure Gruffat, Membre Fanstriker

Toujours selon Laure, “diffuser plus d’images de fans féminins va également permettre de montrer à tous que les filles fans de sport sont assez loin des clichés de midinette habillée en pom-pom girl, ces filles que l’on retrouve sur google image”.

Enfin, d’après Rachel Jung, “tant que les clubs n’investiront pas dans une ou plusieurs personnalités féminines emblématiques qui s’exprimeront auprès des femmes, cela ne les aidera peut-être pas à s’identifier au club”.

Aller chercher les femmes là où elles se trouvent

Dans la continuité de ce que nous partageons précédemment, l’acquisition d’un nouveau public n’est pas quelque chose de facile c’est une évidence. Cependant, il est important de connaitre les habitudes du profil de personne concerné. Et si demain, le Stade Rochelais Rugby réalisait une campagne de communication dans le magazine Femmes Actuelles, Gala ou toutes autres presses locales féminines ? Qu’en penseriez-vous ?
Il n’y a pas de meilleur moyen de toucher un public précis qu’en allant le chercher là où il se trouve. Un club pourrait réaliser un partenariat avec une marque 100% féminine puis créer une carte de membre pour pouvoir bénéficier de réductions lors des achats dans les boutiques de la marque tout en cumulant des points lorsque la personne se rend au stade.
Une place pour le match des hommes pourrait permettre d’obtenir un pourcentage de réduction pour l’équipe féminine. Les idées ne manquent pas.

Enfin, l’expérience stade ne doit pas être décevante car il ne faut surtout pas oublier que “le bouche à oreille est le meilleur média qui existe,” nous rappelle Sylvie.

Une offre merchandising plus mode et plus proche des femmes

Le club brésilien de Flamengo ou encore le club italien de la Juventus de Turin ont tous deux développé une gamme complète de vêtements pour la femme. Robes, débardeurs, t-shirts, leggings et sous-vêtements avec le logo du club peuvent être achetés sur la boutique en ligne et en boutique physique.

@Juventus

La Juventus a développé une large offre textile pour les femmes

Ces offres merchandising ne se cantonnent pas qu’au maillot de l’équipe, elle semblent adaptées aux besoins des femmes avec une multitude de styles, de formes et de tailles pour leur permettre de revêtir les couleurs du club au stade tout en gardant leur féminité et leur style.

Nous l’avons vu en France avec le partenariat Jordan x PSG, la mode et le sport n’ont jamais été aussi proche l’un de l’autre. Les maillots du PSG avaient même défilés à New-York avec le label parisien Koché qui avait découpé des morceaux pour en faire un véritable élément de mode.

Rassembler ces deux univers peut permettre de garnir les stades de plus de femmes car nous nous approchons d’un domaine qu’elles apprécient en général.

La solidarité des femmes envers les femmes

Rachel et Laure mettent l’accent sur la solidarité entre femmes sur la question des rencontres des équipes féminines. “Pourquoi les femmes ne sont-elles pas assez solidaires entre elles en allant voir du sport féminin” se questionne Rachel. Sans doute une question de médiatisation et de communication.

Le Netball est le sport féminin n°1 en Nouvelle Zélande

Laure avait publié un article il y a quelques semaines au sujet du Netball en Nouvelle Zélande, un sport majeur dans ce pays dont les tribunes sont en très grande majorité remplies par des femmes et dont l’ambiance est intense. Cela prouve que les filles aiment le sport et qu’elles savent créer une ambiance de feu.

Pour Rachel, la solidarité doit s’exprimer entre les femmes mais aussi entre le club et ses partenaires. Chacun peut avoir une action pour améliorer le système et l’expérience de chaque spectateur. Pour la journée des droits des femmes, le club des Girondins de Bordeaux avait organisé un tournoi où se sont rencontrées les abonnées, les partenaires et collaboratrices, les joueuses, les femmes des joueurs et les salariés du club sous un slogan “Toutes ensemble”.

https://twitter.com/RachL_jung/status/1104018621796438017

La création de lieux instagramables dans les stades, des espaces spécifiques, des équipes esport féminines… Les idées évoquées pendant nos échanges ont été nombreuses. Cependant, le sujet de féminisation du public dans les stades reste très subtil mais se doit d’être abordé au sein des clubs.
La Coupe du Monde Féminine en juin prochain en France va pouvoir nous donner quelques réponses sur l’investissement et la solidarité des femmes pour soutenir le sport féminin.

Merci à Laure, Rachel et Sylvie pour leur investissement dans cet article. Vous pouvez les retrouver sur Twitter et LinkedIn. 

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Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

Fan expérience dans le monde

2010 – 2019 : dix années qui ont révolutionné la fan expérience

Smartphones, VR, big data, relation avec les fans. Retour sur 10 années qui ont révolutionné la fan expérience dans le sport.

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2010 – 2019 : dix années qui ont révolutionné la fan expérience

Alors que l’on entre dans une nouvelle décennie qui s’annonce prometteuse pour la fan expérience, rappelons nous que les années 2010 l’ont révolutionnée.

En 10 ans, on a observé une prise de conscience massive sur l’importance de l’expérience fan. Les nouvelles technologies ont permises aux acteurs de l’industrie de l’entertainment sportif de mettre en place des dispositifs qui ont augmenté le niveau de confort et de divertissement des supporters. Revenons ensemble sur les innovations et activations qui ont marqué la décennie 2010.

Des innovations auxquelles on ne pense même plus tellement elles sont devenues des “basiques”

Les années 2010 ont été marquées par de grands bouleversements technologiques qui se sont installés dans nos habitudes de consommation et de vie très rapidement. Après la révolution d’internet dans les années 2000, l’essor de l’utilisation des smartphones (de 295 millions de smartphones vendus dans le monde en 2010 à 1,5 milliards en 2018 selon Statista) a entraîné le foisonnement d’applications pour faciliter la venue au stade des spectateurs et organiser leur divertissement. Ces dernières sont maintenant monnaie courante.

Les enceintes sportives sont devenues connectées pour créer plus d’interactions mais surtout proposer aux fans plus de divertissement et plus de confort. Un simple smartphone peut maintenant vous donner accès au stade, vous permettre de payer dans les boutiques du stade, vous offrir des angles de vues et de ralentis et de vous faire livrer votre commande à votre place en tribune (avec par exemple Digifood). 

Avec l’avènement des réseaux sociaux, la stratégie d’engagement avec les supporters a été repensée. Tout d’abord les supporters ont accès à beaucoup plus de contenus sur les clubs, les événements et les sportifs, grâce aux réseaux sociaux. C’est une manière pour les différents acteurs de l’industrie du sport de créer un lien plus fort avec les fans. Ils peuvent aussi accéder à du contenu exclusif à l’instar des supporters de l’OL qui ont rejoint la Social Room mise en place par l’OL dans le cadre de son partenariat avec Hyundai. Pour le club, c’est aussi une manière de faire rayonner l’événement et les sponsors plus largement que l’enceinte même du stade.

Les franchises américaines l’ont bien compris et adaptent maintenant leur expérience pour lui donner une dimension social media. La popularisation des social walls est la conséquence directe de cette volonté. Grâce aux social walls les spectateurs peuvent diffuser leurs messages de soutien ou faire passer des messages personnels dans un espace dédié aux fans. 

Le NBA Social media wall

Le NBA Social media wall

L’innovation technologique et l’intérêt croissant pour l’amélioration de l’expérience fan a suscité un changement profond dans la manière dont les enceintes sont pensées. Les nouvelles arenas connectées sont pensées pour fournir aux spectateurs un niveau de confort et de divertissement augmenté afin qu’ils passent plus de temps sur le lieu du spectacle et notamment les espaces de consommation. Exemple au AT&T Center de San Antonio, qui propose maintenant aux fans de trouver tout type d’animations low et high tech dans les couloirs du stade, à l’image du photobooth “Pose with the Pros”.

Ces innovations dont nous apercevions tout juste les opportunités qu’elles représentaient il y a 10 ans sont désormais ancrées dans les habitudes des spectateurs. Les écrans digitaux, les animations technologiques et autres photobooth sont des basiques d’une expérience dans de nombreuses enceintes.  

Un spectacle prolongé, personnalisé et toujours plus impressionnant grâce au progrès technologique

Ces dix dernières années, le progrès technologique est omniprésent dans la transformation de la fan expérience. Les animations en AR/VR/MR connaissent actuellement un large essor. Elles offrent au spectacle une nouvelle dimension que ce soit pour les fans présents dans le stade ou pour les fans qui suivent l’événement de leur canapé via leur télévision. Parmi les utilisations de la mixed reality les plus impressionnantes, on retrouve le show proposé au M&T Bank Stadium à Baltimore lors de la rencontre entre les Ravens et les Jets en décembre 2019.

Le mapping sur le parquet des Cavaliers de Cleveland constitue un autre exemple d’utilisation des technologies d’affichages pour proposer un show toujours plus surprenant aux fans.

Enfin, l’utilisation de la data a ouvert de nouvelles portes pour les organisateurs d’événements sportifs. Collecter la data des spectateurs permet de mieux connaître son public de manière agrégée et individuelle. Ainsi, l’expérience fan peut désormais être améliorée pour mieux répondre aux attentes de l’ensemble des visiteurs.
La grande révolution est la personnalisation ! Avec la bonne exploitation de cette data, l’expérience peut maintenant être personnalisée pour améliorer la relation que chaque fan entretient avec ses événements sportifs préférés.

Si le progrès technologique a été un moteur de l’amélioration de la fan expérience, les animations low tech sont toujours aussi populaires et nécessaires

Les clubs n’ont pas toujours besoin de mettre en place des animations high tech pour renforcer leurs liens avec les fans. Parfois, les animations les plus simples ont été celles qui nous ont le plus touchées à l’image des opérations suivantes. Certaines ne nécessitent que très peu de moyens, du temps des différents acteurs ou encore juste de bonnes idées. 

En 2018, Zlatan Ibrahimovic alors joueur des Los Angeles Galaxy en MLS appelle les abonnés pour les remercier d’avoir renouvelé leur abonnement. Autant dire que lorsque Zlatan vous appelle au téléphone vous vous en souvenez pendant longtemps puis vous partagez l’histoire largement autour de vous. Simple et efficace. 

Les Kings de LA ont aménagé un engin technique pour embarquer des fans sur la patinoire à bord de la surfaceuse, pendant les temps morts.

Des YouTubeurs/freestylers londoniens ont mis au défi les passant de réaliser un saut aussi haut que Cristiano Ronaldo lorsqu’il s’élève pour faire une tête. Une animation qui pourrait avoir sa place dans un stade, au Juventus Stadium par exemple.

Lorsqu’un fan sollicite Erminig, la mascotte du Stade Rennais, l’occasion est trop belle pour ne pas en profiter et jouer le jeu des réseaux sociaux. C’est ce qu’a très bien fait la mascotte et rédigeant un justificatif d’absence pour un jeune fan pour pouvoir assister au match des rennais.

Si la décennie 2010 a été pleine de grands bouleversements qui ont permis une très large amélioration de l’expérience fan, la décennie 2020 s’annonce aussi très chargée. Pour la fan expérience, l’accélération du progrès technologique sera une opportunité d’augmenter la satisfaction des fans et de faire face aux challenges liés à la durabilité. Même si les activations les plus simples auront plus que jamais leur place dans les enceintes de sport et de spectacle. 

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