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Comment faire venir plus de femmes dans les stades ?

Dans les enceintes sportives, la population est majoritairement composée d’hommes. Alors comment inciter davantage les femmes à rejoindre les tribunes des stades ?

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Dans les stades et événements sportifs, le public est très souvent composé de spectateurs masculins. Le public féminin ne représente encore qu’un trop faible pourcentage de l’audience en tribunes. Les organisateurs souhaitent convaincre ce public, alors observons dans cet article quelques pistes à étudier.

 

En ce jour du 8 mars, symbolique journée des droits des femmes, nous avons souhaité nous pencher sur un sujet qui devrait intéresser un grand nombre d’entre vous : Comment convaincre plus de femmes de venir au stade ?
Pour la rédaction de cet article, nous avons échangé avec plusieurs femmes du monde du sport, telles que Rachel Jung, chargée de missions sponsoring aux Girondins de Bordeaux, Sylvie Nguyen, fondatrice du compte Twitter Festive Sport & Esport et Laure Gruffat, membre inconditionnelle de l’équipe Fanstriker depuis ses débuts.

L’image de la femme dans le sport

“Le sport c’est pour les hommes, les vrais”, “une fille qui aime le foot, c’est bizarre”, ce type de phrases était monnaie courante il y a encore quelques dizaines d’années. Aujourd’hui encore, la femme est parfois réduite à une simple figure de représentation. Pour preuve, après la dernière coupe du monde de football en 2018, la banque de photos Getty Image publiait une sélection de photos intitulée “the hottest fans at the World Cup” (les plus belles filles de la coupe du monde). Depuis, cette sélection a été retirée après avoir été largement critiquée sur les réseaux sociaux. Trouve-t-on le même concept pour les spectateurs hommes ? Il ne semble pas.

Ciaran Varley, un journaliste pour la BBC indiquait à juste titre dans l’un de ses articles “What it’s like being a modern-day female football fan“, que lorsque nous recherchons “femmes football fan” dans le moteur de recherche de google, une grande majorité des photos nous montre des femmes avec un large décolleté ou en tenue légère dans les tribunes.

Cette représentation de la femme dans les stades est également très présente dans les retransmissions télévisées des événements sportifs. Régulièrement, le cameraman réalise un plan serré sur une fille très jolie parfois peu vêtue présente en tribune.

La connaissance des règles du jeu par les femmes est aussi souvent remise en question. Il ne s’agit pas ici de faire de généralités, mais il est commun qu’un homme ressente la sensation de devoir expliquer les règles à une femme qui l’accompagne sous prétexte qu’elle n’est pas censée connaitre ce sport.
Au même titre qu’il est commun pour beaucoup d’hommes de penser que la principale motivation des femmes à assister à un événement sportif masculin serait le physique des athlètes.

Pour contrer ces stéréotypes, deux anglaises Amy Drucquer and Laura Blake, ont lancé This Fan Girl, un projet qui valorise les femmes dans le sport à travers plusieurs contenus photos, articles, vidéos.

“Je suis convaincue que le travail est à faire en profondeur, à la racine, dans l’éducation et la relation des filles au sport et dès le plus jeune âge. Quand ça ne sera plus « bizarre » ou « garçon manqué » d’être une nana supportrice de son club de rugby, de basket ou de foot, on aura résolu une grande partie du problème.”

Laure Gruffat, membre Fanstriker

Comment faire venir plus de femmes au stade est une vaste question. Avec 52% de femmes dans la population française, il est plus que temps que les organisations sportives s’attèlent à trouver une solution.

Pour changer ces clichés et a priori, Laure est convaincue que le travail est à faire en profondeur, à la racine, dans l’éducation et la relation des filles au sport et dès le plus jeune âge. Que lorsque cela ne sera plus « bizarre » ou « garçon manqué » d’être une fille supportrice de son club de rugby, de basket ou de foot, nous aurons résolu une grande partie du problème. Heureusement, de nombreux clubs essaient à leur échelle de faire bouger les lignes, et tant mieux.

En complément de cet article, nous vous conseillons de lire cet article que nous avions publié l’année dernière sur le sujet de l’expérience fan au féminin.

Pourquoi féminiser le public ?

Il est important que l’on explique le sens du terme que nous employons. “Féminiser son public” veut dire pour nous inciter plus de femmes à franchir le pas pour aller voir un match au stade. Augmenter le pourcentage de femmes dans les tribunes.

Alors pourquoi vouloir donc féminiser son public ? C’est une bonne question. Est-ce parce que les femmes dépenseraient plus que les hommes ? Non, ceci est une fausse idée.
Selon une étude réalisée par Odoxa pour RTL, les femmes ne dépensent pas plus que les hommes, cela est une idée reçue. Au contraire, les hommes dépenseraient 20% de plus que les femmes. Cette différence représente l’écart actuel de rémunération à compétences égales observé entre les deux sexes. Et c’est encore plus fort sur la question des loisirs, puisque les hommes dépensent 44% de plus de que les femmes.

Si elles ne dépensent pas plus que les hommes, les femmes sont par contre plus actives sur les réseaux sociaux. D’après l’étude Statista European Football Benchmark 2018, elles sont 75% a les utiliser lorsqu’elles s’intéressent à un sport comme le football contre 65% pour les hommes.
Nous pouvons penser que les clubs pourraient obtenir davantage d’UGC (contenus générés directement par les utilisateurs eux-mêmes) avec plus de femmes dans les stades, à condition que le réseau internet fonctionne correctement.

Si cela n’est pas dans un intérêt directement lié au business, féminiser son public est plus dans l’objectif de toucher un nouveau public pour remplir son stade mais aussi de valoriser la pratique du sport féminin. La place de la femme dans le sport (entre autre) est actuellement en plein bouleversement. De cette façon, les clubs peuvent prendre un rôle important en se positionnant comme de réels acteurs de ce changement.

La subtilité de l’égalité Homme/Femme

L’égalité Homme/Femme est quelque chose de très subtil et délicat. Les diverses polémiques nous le montrent, le combat contre le cliché du bleu pour les garçons et du rose pour les filles en est un des nombreux exemples. C’est pour cette raison que chaque action entreprise par les clubs doit être très clairement évaluée et anticipée, au risque d’être confronté à un bad buzz.

Pour Sylvie Nguyen, “comment attirer plus de femmes dans les stades est une question qui paraît simple mais qui n’est au fond pas si évidente car l’enjeu est de ne pas renforcer le clivage Homme/Femme.” Il faut donc pouvoir parler à cette cible sans entrer dans les clichés que nous connaissons tous.

Une vision que partage également Laure Gruffat : “Je ne suis en revanche par forcément pour la communication utlra genrée pour attirer les filles : faire des affiches roses, offrir des fleurs aux filles qui viennent et organiser des matchs ou des tribunes justes pour les femmes. Pour moi, ceci ne fait qu’alimenter les clichés. Les filles fans de sport sont des FANS avant tout et souhaitent être traitées comme tel finalement.

Pas facile donc de surfer entre les attentes de chaque type de femmes. Nous l’avons clairement vu pendant la rédaction de cette article, les femmes interrogées ne partageaient pas toujours le même point de vue.
Nous avons donc creusé davantage le sujet pour accompagner les clubs dans leur recherche d’un nouveau public plus féminin.

Segmenter, bonne ou mauvaise idée ?

La segmentation est assurément un élément important de l’offre billetterie, cependant peut-être que tout n’est pas à séparer. Observez un instant tous les comptes sociaux (Twitter, Instagram, etc.) des clubs, quelle analyse peut-on en faire ? Il existe des comptes différents pour chacune des équipes professionnelles masculines et féminines.
Par conséquent, une ou un fan d’un club ne suivra probablement que les comptes pour l’équipe dont il/elle est supporter/trice. Ce sont les comptes des équipes féminines qui payent le prix, puisqu’ils sont moins suivis que ceux des équipes masculines. Cependant, certains clubs développent des idées intéressantes.

Ainsi, les comptes Twitter des équipes masculines et féminines du club de football anglais de Manchester City présentent la même photo de couverture où apparaissent les garçons et les filles mélangés.
Il s’agit d’une stratégie de communication développée par le club anglais autour d’un slogan “Same City, Same Passion” (en français : Même ville, même passion). Cette stratégie a pour but de valoriser la pratique féminine en mélangeant des contenus issus des deux équipes, comme par exemple la vidéo diffusée ci-dessous.

L’exposition médiatique va clairement participer à la notoriété du sport féminin certes, mais les équipes masculines ont également leur rôle à jouer auprès de leur audience en servant de relais de croissance aux équipes féminines.

Les deux hypothèses peuvent être confrontées : créer des comptes sociaux communs pour le club ou segmenter selon les équipes avec un relais sur le compte de l’équipe phare.

Proposer une offre plus large que seulement celle du match

Pour attirer un nouveau public, il faut développer de nouvelles offres. Des offres qui correspondent aux attentes et besoins des publiques cibles. Avec des activités annexes au match, avant, pendant ou après la rencontre.
Imaginez par exemple pouvoir prendre un cours de Yoga tranquillement au stade juste avant un match ou bénéficier d’un massage dans un espace dédié pendant la mi-temps.

“On pourrait inviter ou créer des partenariats avec les réseaux de femmes au stade par exemple. Accueillir des événements professionnels (conférences, séminaires) sur des métiers plus féminins par exemple.”

Sylvie Nguyen, @Festive Sport & Esport

Des activités shopping, salon de thé/café, soins et beautés, conférences, sont toutes des idées potentielles pour élargir l’offre auprès du public féminin.
C’est ce qu’à proposé le club de Dijon FCO avec une offre limitée “Ladies Night” à 40€ pour 100 femmes, incluant la place pour le match et un accès exclusif dans un salon 100% filles avec maquillage, coiffure, massage, etc.

Sylvie Nguyen se questionne sur “l’idée de proposer un pack spécial “femmes” incluant des billets moins chers comme l’a proposé le Lou Rugby il y a quelques jours ou encore Clermont Foot aujourd’hui.” Selon elle, “l’initiative vient d’une bonne intention mais pas top lorsqu’on défend l’égalité Homme/Femme.

Pour Pierre Lebot, il faut demander aux femmes présentes dans le public ce qu’elles veulent, car elles ne sont pas ou peu consultées. Il faut également puiser son inspiration dans les festivals qui regorgent d’idées.
Lorsqu’il a travaillé pour le 24H du Mans, Pierre se souvient avoir réalisé un salon de la femme (ndlr : Le Pavillon des Femmes depuis 2015) qui avait été un vrai succès. Un lieu où les femmes pouvaient profiter de plusieurs espaces : beauté, détente, exposition avec un jardin d’extérieur et une offre de restauration sur place.

@Studio Photo JM2

Le Pavillon des femmes pendant les 24H du Mans 2017

@Studio Photo JM2

Un lieu où les femmes pouvaient prendre du temps pour elles pendant les 24H du Mans 2017

Outre les espaces privilèges, Laure propose plusieurs idées telles qu’offrir à un spectateur (homme ou femme), la possibilité d’inviter une fille lors du prochain achat de sa place. Quoi de mieux pour une première au stade qu’un « Je t’invite voir mon équipe favorite le weekend prochain ? Promis ça va être sympa ». Ensuite, la balle est dans le camp du club pour savoir fidéliser ces nouvelles venues avec un CRM pertinent.
Ou encore réaliser l’élection du supporter et de la supportrice du match en récompensant les femmes qui viennent au stade et en les encourageant à être de vraies “die hard fans”.

Une femme, pour parler aux femmes

C’est assez intéressant de faire l’analyse des communicants dans les clubs professionnels pour s’apercevoir que la majorité des acteurs qui s’expriment sont des hommes.
Prenons un exemple politique, lorsque Barack Obama était à la tête du gouvernement américain, Michelle, sa femme prenait elle aussi régulièrement la parole pour soutenir la cause féminine. Elle s’engageait et engageait par conséquent l’ensemble des femmes.

Ce qui manque aujourd’hui dans certains clubs, est sans doute une femme qui parle aux femmes. À travers qui elles peuvent s’identifier. Rares sont les speakers féminines, et ce même pour les équipes féminines.
Chez Fanstriker, nous avons une croyance très forte dans la réussite d’un duo de speakers pour un événement sportif. Au lieu d’avoir une seule personne en bord de pelouse, nous pourrions en avoir deux, dont une du côté des tribunes et des coursives auprès du public. Ce duo pourrait être mixte comme ce qui se fait depuis des années en télévision par exemple.

L’agence Visul3 qui répondait à l’une de nos stories Instagram sur le sujet, indique qu’il est nécessaire d’intégrer l’image de la femme dans les campagnes de communication pour montrer qu’elle a sa place dans les stades. Une idée reprise par Laure et Sylvie qui insistent sur le fait de mettre en avant l’ambiance et l’atmosphère cool du stade. Montrer que la sortie au stade peut être une alternative à une sortie au ciné, au bar, à une après-midi entre potes. Les filles peuvent peut-être craindre l’atmosphère un peu hostile ou violente de certaines tribunes. L’exemple des “tribunes étudiantes” de Paris La Défense Arena vont totalement dans ce sens.

“Les filles peuvent peut-être craindre l’atmosphère un peu hostile ou violente de certaines tribunes. C’est pour ça que je trouve intéressant l’exemple des “tribunes étudiantes” de Paris La Défense Arena qui vont dans ce sens.”

Laure Gruffat, Membre Fanstriker

Toujours selon Laure, “diffuser plus d’images de fans féminins va également permettre de montrer à tous que les filles fans de sport sont assez loin des clichés de midinette habillée en pom-pom girl, ces filles que l’on retrouve sur google image”.

Enfin, d’après Rachel Jung, “tant que les clubs n’investiront pas dans une ou plusieurs personnalités féminines emblématiques qui s’exprimeront auprès des femmes, cela ne les aidera peut-être pas à s’identifier au club”.

Aller chercher les femmes là où elles se trouvent

Dans la continuité de ce que nous partageons précédemment, l’acquisition d’un nouveau public n’est pas quelque chose de facile c’est une évidence. Cependant, il est important de connaitre les habitudes du profil de personne concerné. Et si demain, le Stade Rochelais Rugby réalisait une campagne de communication dans le magazine Femmes Actuelles, Gala ou toutes autres presses locales féminines ? Qu’en penseriez-vous ?
Il n’y a pas de meilleur moyen de toucher un public précis qu’en allant le chercher là où il se trouve. Un club pourrait réaliser un partenariat avec une marque 100% féminine puis créer une carte de membre pour pouvoir bénéficier de réductions lors des achats dans les boutiques de la marque tout en cumulant des points lorsque la personne se rend au stade.
Une place pour le match des hommes pourrait permettre d’obtenir un pourcentage de réduction pour l’équipe féminine. Les idées ne manquent pas.

Enfin, l’expérience stade ne doit pas être décevante car il ne faut surtout pas oublier que “le bouche à oreille est le meilleur média qui existe,” nous rappelle Sylvie.

Une offre merchandising plus mode et plus proche des femmes

Le club brésilien de Flamengo ou encore le club italien de la Juventus de Turin ont tous deux développé une gamme complète de vêtements pour la femme. Robes, débardeurs, t-shirts, leggings et sous-vêtements avec le logo du club peuvent être achetés sur la boutique en ligne et en boutique physique.

@Juventus

La Juventus a développé une large offre textile pour les femmes

Ces offres merchandising ne se cantonnent pas qu’au maillot de l’équipe, elle semblent adaptées aux besoins des femmes avec une multitude de styles, de formes et de tailles pour leur permettre de revêtir les couleurs du club au stade tout en gardant leur féminité et leur style.

Nous l’avons vu en France avec le partenariat Jordan x PSG, la mode et le sport n’ont jamais été aussi proche l’un de l’autre. Les maillots du PSG avaient même défilés à New-York avec le label parisien Koché qui avait découpé des morceaux pour en faire un véritable élément de mode.

Rassembler ces deux univers peut permettre de garnir les stades de plus de femmes car nous nous approchons d’un domaine qu’elles apprécient en général.

La solidarité des femmes envers les femmes

Rachel et Laure mettent l’accent sur la solidarité entre femmes sur la question des rencontres des équipes féminines. “Pourquoi les femmes ne sont-elles pas assez solidaires entre elles en allant voir du sport féminin” se questionne Rachel. Sans doute une question de médiatisation et de communication.

Le Netball est le sport féminin n°1 en Nouvelle Zélande

Laure avait publié un article il y a quelques semaines au sujet du Netball en Nouvelle Zélande, un sport majeur dans ce pays dont les tribunes sont en très grande majorité remplies par des femmes et dont l’ambiance est intense. Cela prouve que les filles aiment le sport et qu’elles savent créer une ambiance de feu.

Pour Rachel, la solidarité doit s’exprimer entre les femmes mais aussi entre le club et ses partenaires. Chacun peut avoir une action pour améliorer le système et l’expérience de chaque spectateur. Pour la journée des droits des femmes, le club des Girondins de Bordeaux avait organisé un tournoi où se sont rencontrées les abonnées, les partenaires et collaboratrices, les joueuses, les femmes des joueurs et les salariés du club sous un slogan “Toutes ensemble”.

https://twitter.com/RachL_jung/status/1104018621796438017

La création de lieux instagramables dans les stades, des espaces spécifiques, des équipes esport féminines… Les idées évoquées pendant nos échanges ont été nombreuses. Cependant, le sujet de féminisation du public dans les stades reste très subtil mais se doit d’être abordé au sein des clubs.
La Coupe du Monde Féminine en juin prochain en France va pouvoir nous donner quelques réponses sur l’investissement et la solidarité des femmes pour soutenir le sport féminin.

Merci à Laure, Rachel et Sylvie pour leur investissement dans cet article. Vous pouvez les retrouver sur Twitter et LinkedIn. 

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Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

Fan expérience dans le monde

Le sport doit s’inspirer d’Amazon Prime et de Netflix pour satisfaire les fans

Comme Amazon et Netflix, il semble nécessaire pour les organisations sportives aujourd’hui de proposer du contenu en streaming à la demande pour leurs fans.

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Le streaming dans le monde du sport aujourd'hui

Il y a quelques jours, le sérieux média SportTechie publiait un article sur la manière dont les organisations sportives doivent se comporter aujourd’hui avec le contenu vidéo. Pour eux la direction à suivre est claire, il faut s’inspirer des services à la demande comme Netflix ou Amazon Prime.

 

Faire de la technologie et du contenu vidéo un must

Lorsqu’un club a des millions de fans à travers le monde, il ne peut plus se comporter comme une simple équipe. Il se doit d’être attractif et de fournir des contenus et expériences personnalisés. On peut même aller plus loin en rebaptisant certains clubs comme le Real Madrid ou Manchester United en véritables médias et entreprises de divertissement. Le sport ne doit pas laisser passer le wagon de l’entertainment que Fortnite ou bien Netflix ont pu instaurer chez plusieurs générations.

L’article évoque en effet la notion de fan fluide. C’est-à-dire la capacité à s’adapter au changement des comportement, à introduire de nouvelles technologies et à exiger la personnalisation pour satisfaire un fan. Une adaptation que l’on retrouve notamment lorsqu’une organisation sportive se lance pleinement dans la production de contenus originaux destinés aux plateformes OTT (over-the-top). C’est par exemple le cas de la Formule 1 et de sa docu-série Drive To Survive diffusée en mars dernier sur Netflix. Un contenu immersif de 10 épisodes dans lesquels la F1 et ceux qui la composent se livrent totalement.
Une stratégie judicieuse pour à la fois moderniser une image et attirer de nouveaux fans envieux de ces contenus originaux qui racontent une histoire. Comme l’avaient fait par le passé la Juventus, toujours sur Netflix, ou bien Manchester City sur Amazon Prime.

Encore plus loin que la F1, on peut prendre l’exemple de la MLS. La ligue de football américaine a récemment lancé sa propre chaîne sur la plateforme de télévision en ligne Pluto TV. Un service américain qui comptabilise plus de 15 millions d’utilisateurs pour plus de 100 chaines. Sur Pluto TV, la Ligue va ainsi proposer un nouveau service vidéo à la demande qui va permettre aux fans d’accéder à des contenus 24 heures sur 24. Des replays, des résumés, des matchs historiques ou bien des documentaires y seront disponibles.
La MLS est la première ligue sportive à proposer une telle expérience digitale.

“Notre accord avec Pluto TV offre aux fans une nouvelle façon de voir la Ligue et d’interagir avec nos contenus de haute qualité,” déclare Chris Schlosser, Vice-President Média de la MLS. “Nous évaluons sans arrêt de nouvelles opportunités pour satisfaire nos jeunes fans qui sont très à l’aise avec les nouvelles technologies. La MLS est heureuse de proposer ce nouveau type de contenu.”

Ces cas montrent que l’industrie du sport fait face à un challenge intéressant qui est celui du produit et du service à la demande. Cette chose à laquelle les fans ont accès en dehors du sport au quotidien auprès des géants de l’Internet notamment.
Membre du Comité International Olympique et Co-Fondateur du Sports Innovation Labs, Angela Ruggiero explique que les fans sont beaucoup plus imprévisibles que par le passé. “Les fans changent constamment. Si vous connaissez votre fan aujourd’hui, vous ne le connaîtrez pas forcément demain. Ils sont beaucoup plus exigeants et plus disposés à quitter le navire”, explique-t-elle.

“Les fans changent constamment. Si vous connaissez votre fan aujourd’hui, vous ne le connaîtrez pas forcément demain. Ils sont beaucoup plus exigeants et plus disposés à quitter le navire.”

Angela Ruggiero, membre du Comité International Olympique et Co-Fondateur du Sports Innovation Labs

En disant ceci, Angela Ruggiero met le doigt sur la nécessité pour les clubs et les ligues de s’adapter aux comportements des fans et de satisfaire leurs besoins. Et plus particulièrement leurs besoins en matière de contenu et de divertissement. Au risque de les “perdre” et voir une audience de moins en moins engagée.

Des fans tournés vers le digital et le streaming

Avec des fans toujours plus “numériques”, il est essentiel pour les organisations sportives d’être présentes là où les fans sont. Notamment auprès des jeunes générations. Nous avons en effet constaté il y a quelques semaines que 64% des jeunes fans de football, au Royaume-Uni, jugent les contenus sportifs plus attrayants sur les médias sociaux qu’à la télévision. Une manière massive de consommer l’information sur des canaux nouveaux qui doit inspirer les acteurs du sport. C’est-à-dire faire du mobile un enjeu majeur et proposer des contenus toujours plus exclusifs, interactifs et facilement accessibles.

On peut faire le même constat pour les plateformes de vidéos à la demande. Début 2019, Netflix était le 17ème site web le plus consulté au monde, le 14ème en France. La plateforme de streaming est même devenue la 5ème application la plus téléchargée par les Français en 2018 (source : Blog du Modérateur). Une tendance qui devrait continuer à s’accroître sur le marché du streaming avec l’arrivée très attendue de Disney+, la platforme des studios Disney, prévue début 2020.

Le sport n’est pas en reste avec le streaming. La plateforme spécialisée DAZN, lancée en 2015, a communiqué cette semaine le chiffres de 4 millions d’utilisateurs dans le monde. Disponible dans neuf pays dont les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Espagne au prix de 19.99$ par mois (99$ par an), la startup britannique est surnommée le “Netflix du sport”. En effet, elle propose en direct et à la demande plus 8 000 événements sportifs par an. DAZN détient aujourd’hui de nombreux droits streaming OTT comme ceux de la NFL ou de la Premier League au Canada. Au Japon, elle est même le diffuseur de la ligue de football japonaise avec la retransmission de tous les matchs de la saison de la première à la troisième division.

Nous entendrons certainement parler de DAZN en France dans les mois à venir. La société devrait arriver sur 20 nouveaux territoires d’ici 2020. Au début du mois, c’est au Brésil que la plateforme s’est implantée où elle propose en streaming plusieurs compétitions comme la MLS ou le WTA Tour.

https://twitter.com/daznglobal/status/1126470486664392710

Comme c’est devenu le cas aujourd’hui avec la musique ou les films et séries, on peut imaginer une consommation fréquente du sport en streaming. Soit en passant par une plateforme qui possède les droits nécessaires, soit en appréciant les contenus propres à un club, une ligue ou une compétitions mis à disposition sur une plateforme donnée. Une opération qui offrirait aux fans une expérience continue et à l’organisation une présence numérique qualitative.

Avec ces récents mouvements de la part de certaines acteurs comme la MLS et l’expansion constante des plateformes de streaming, la manière dont les fans veulent voir le sport demain (en live et à la demande) semble écrite. Il est désormais aux organismes sportifs d’être force de proposition en matière de contenus originaux et de se rendre encore plus accessibles, notamment sur des plateformes adaptées au mobile. Là où les jeunes fans sont.

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