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FAN STORY : Guillaume, membre des Irrésistibles Français

L’équipe de France de football possède elle aussi son groupe de supporter. Guillaume fait partie des Irrésistibles Français.

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L’équipe de France de football possède aussi ses groupes de supporters. Rencontre avec Guillaume membre des Irrésistibles Français qui nous partage sa Fan Story de fan de l’équipe nationale.

Partage ton expérience de fan

Bonjour Guillaume, avant de partager ton histoire de fan, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Guillaume, j’ai 20 ans et je suis en 2ème année de Bachelor à AMOS, une école de commerce spécialisée dans le sport. Je suis fan de sport (évidemment), de football plus particulièrement. Je supporte l’Équipe de France depuis tout petit, et depuis quelques années je commence vraiment à m’investir pour suivre un maximum cette belle équipe.

Tu es donc membre des Irrésistibles Français, l’un des groupes de supporters de l’Equipe de France. Faisons un retour sur l’année précédente, comment s’est passée ton année de supporters ?

L’année dernière fut, pour moi, vraiment spéciale. En effet, après un Euro 2016 magnifique mais qui s’est tristement fini, nous n’avons eu que très peu de matchs fin 2016. En 2017, nous savions que nous aurions une année “sans saveur” car ni Coupe du monde ni Euro ne viendrait pimenter notre été. Mais il nous fallait quand même décrocher notre qualification pour la Coupe du monde 2018 en Russie. Chose faite.

“Et la ou cette année a été spéciale pour moi, c’est parce que j’ai assisté à ces 10 matchs, aux 4 coins de la France et de l’Europe.”

Pour y arriver, on a du passer par 10 matchs cette année. Certains amicaux, d’autres qualificatifs pour la Coupe du Monde 2018. Et la ou cette année a été spéciale pour moi, c’est parce que j’ai assisté à ces 10 matchs, aux 4 coins de la France et de l’Europe. On appelle ça le “Grand Chelem”. C’est mon premier.

@Guillaume

Suède – France

Est-ce différent de supporter une équipe nationale plutôt qu’un club ?

Oui il y a quand même quelques changements. On ne peut se retrouver que lors d’une dizaine de match par an, dont presque la moitié à l’étranger. Et ceux qui sont en France ne sont pas tous au Stade de France. On a donc pas vraiment de stade “à domicile”, même si le but dans le futur est de faire ce même Stade de France la maison de l’Equipe de France. Aussi, nous avons peu de chants propre à notre équipe. On essaye d’en créer. Certains marchent, d’autres moins. Mais souvent, ceux qui marchent le mieux, c’est ceux qu’on recycle des autres équipes. On a aucune honte à ça, au contraire. Mais il faudrait que dans les années à venir, on se trouve un vrai chant à nous.

Pourquoi es tu devenu un membre des Irrésistibles Français ?

Je suis fan depuis tout petit, mais mon adhésion aux Irrésistibles Français date de 2013, juste après le magnifique France-Ukraine.
J’allais au stade avec des amis avant d’intégrer l’association. On étaient toujours en virage nord, mais jamais assez près de ce petit groupe d’actifs. Le soir de France-Ukraine, on a décidé de les rejoindre parce qu’on pensait vraiment qu’il pourrait se passer quelque chose de dingue ce soir la. L’ambiance était indescriptible. Pleurer en tribune c’est pas commun. Je me souviens sur le but de Benzema (souvenirs) la petite larme est partie toute seule. Et il n’y avait que 2-0, mais à ce moment la j’ai compris que c’était fait. Et depuis ce jour là, cette émotion là, j’ai décidé de rejoindre l’association.

Quels sont tes relations avec les autres fans ? Avez vous des évènements partagés ?

Les relations sont excellentes. C’est, comme beaucoup aiment à l’appeler, une vraie famille. Beaucoup d’entre nous sommes dans l’association depuis plusieurs années. Avec le temps, des liens se forment. Ce qui rapproche le plus, ce sont les déplacements à l’étranger. Les nuits en auberge, les visites dans les différentes villes, les 3ème mi-temps aussi. Mais on accueille aussi bien tous les nouveaux dans l’association. À partir du moment où tu es investi, tu auras forcément des liens forts avec les autres membres.

En dehors des périodes de matchs, on se retrouve parfois au restaurant, on va faire des Five ensemble. On essaye au maximum d’élargir la vie de groupe, parce que mine de rien, on a peu de moments ensemble dans l’année.

@Guillaume

Guillaume avec les Irrésistibles Français lors de l’Eurofanz

Parlons de toi, quel genre de supporter es-tu ? ultra ? abonné ? régulier ? occasionnel ?

Personnellement, je suis de plus en plus régulier. En témoigne cette année ou je n’ai manqué aucun match de l’Equipe de France, et j’espère poursuivre dans cette voie ! Après, on est pas aussi ultra que certains supporters de club, mais l’ambiance au Stade de France est en train de changer radicalement et c’est en majeure partie grâce à l’association. On commence à se faire connaître un peu, on commence à parler de nous, et ça nous fait toujours plaisir.

En tant que fan, as-tu un souvenir majeur que tu souhaiterais partager ?

J’ai vécu plusieurs matchs de l’Equipe de France assez incroyable. Il y a eu le France-Ukraine en 2013 qui était extraordinaire, vraiment. Mais plus récemment, le match qui me reste en tête et qui me fait aussi frissonner à chaque fois que je revois les images, c’est la demi-finale de l’Euro 2016 à Marseille. L’ambiance ce soir la… je ne saurais la décrire. C’était extraordinaire. À chaque but, c’était un tremblement de terre, des larmes, des cris, comme rarement. À Marseille en plus, c’est toujours une atmosphère particulière. Cette soirée était vraiment formidable.

À l’inverse totale de ce bon moment, le 13 novembre 2015 est aussi un souvenir particulier. Les 2 explosions, les téléphones qui commencent à vibrer… Plus personne ne regardait le match. À la fin de la rencontre, c’était le chaos. Tout le monde a couru sur la pelouse suite à un mouvement de panique. C’était un moment assez difficile. Mais grâce aux services de sécurité du Stade de France, on est tous sorti physiquement sains et saufs de cette soirée.

Peux-tu nous raconter ton année à suivre les bleus vers le mondial ?

On va attaquer l’année coupe du monde en mars avec 2 matchs amicaux, et l’un des 2 se déroule en Russie. Ça nous fera un entraînement.
Il y aura aussi 3 matchs de préparation avant le mondial, à Nice, Lyon et au Stade de France. Au delà de ça, il y a toute la logistique à mettre en place. L’obtention des tickets pour les matchs de la coupe du monde, l’hébergement, la gestion budget, les vols etc… C’est une sacrée organisation à mettre en place.

Iras-tu toi aussi jusqu’en Russie cet été ?

Si tout se passe bien, oui. C’est un rêve de vivre une coupe du monde. Cela serait ma première. Donc je vais tout faire pour réaliser ce rêve.

Est-ce que la Fédération Française de Football vous vient en aide ?

Ils nous viennent en aide dans le sens où ils financent souvent une partie ou la totalité de nos animations en tribune (tifo, bâche…). Mais on leur vient aussi beaucoup en aide en redorant l’image du supporter français. C’est une entente cordiale, et ça a toujours été donnant-donnant. On pourrait toujours demander plus, mais on a appris à faire sans aussi.

De façon générale, que penses-tu de la façon dont la FFF anime sa relation avec les fans de foot ?

Depuis quelques années, les choses ont bien évoluées. Mais cela partait de tellement loin. Ils ont créé le Club des Supporters qui compte plus de 120 000 adhérents, ça à l’air de fonctionner. On sent qu’ils essayent de s’investir de plus en plus, de mieux en mieux, mais ils se cherchent encore selon moi. Mais les progrès sont là, et c’est une bonne chose ! Les réseaux sociaux y sont pour beaucoup. Ils ont compris l’importance d’alimenter en permanence les fans de nouveaux contenus, et ils le font plutôt bien. Les entraînements sont ouverts au public et sont souvent complets, ils organisent des événements VIP où tu as la possibilité d’être plus proche des joueurs, ils n’oublient pas l’équipe féminine non plus. Vraiment, ça va dans le bon sens.

@Guillaume

France – Pays Bas

Parlons de tes habitudes de consommation de fan. Pour quelles raisons vas-tu au stade au lieu de vivre le match dans un bar avec tes amis ou chez toi ?

Il y a dans un stade une chose que tu ne trouveras nul part ailleurs : cette atmosphère particulière, cette ambiance. On est libre, on est comme des fous en tribune, on crie, on danse, on chante, on fait beaucoup de chose que tu ne pourrais pas faire dans un bar ou chez un pote. Pour beaucoup d’autres matchs, de club souvent, je suis au bar, chez un pote ou dans mon canapé. Mais là, l’équipe de France, le Stade de France, tout ça c’est spécial.

Quel moyen de transport utilises-tu pour aller au stade ?

J’y vais soit en transport soit en voiture. Dans tous les cas c’est un enfer parce qu’en voiture c’est bouché de partout et en RER c’est toujours bondé. C’est parfois impossible de rentrer dans la rame. Du coup, je pars plus tôt, j’arrive plus tôt au stade et j’en profite pour installer certaines choses en tribune, aider à la billetterie.

Que penses-tu de l’ambiance au Stade de France ?

Une cathédrale, un lieu plus silencieux que jamais. Il y a quelques années, c’était la façon dont tous décrivaient le Stade de France. Aujourd’hui, partout dans les médias, l’ambiance est saluée. Cela a pris une sacrée tournure depuis le match de mars 2016 contre la Russie et notre tifo sur tout le virage nord. Mais ça fait déjà quelques années que le stade n’est plus aussi silencieux que l’on pourrait le penser. Que ceux qui ne sont pas convaincus viennent nous voir un soir de match, ils verront que les choses ont changé.

Quel est ton comportement en matchday ? Avant, pendant et après la rencontre.

Ça change un peu à chaque fois. Avant le match, on peut aller à la Casa Bleue, une autre initiative de la FFF. C’est une salle dédiée aux membres du club des supporters qui est dans l’enceinte du Stade de France maintenant. Il y a nourriture, boissons et animations. C’est assez sympa de s’y retrouver avant les matchs. Sinon je vais aider les membres de l’association à installer le matériel en tribune ou je vais au guichet billetterie pour donner un coup de main. Il y a aussi les soirs où on est un peu en retard et où on fonce en tribune. Enfin, il y a les jours où on passe la journée dans le stade pour installer les tifos. On l’a fait 3 fois déjà, et à chaque fois le rendu est top. On en est super fier.
À la mi temps c’est simple, je m’assois. On est tellement à fond que c’est aussi une vraie pause pour nous.
Pour les fin de matchs, on range tout le matériel qu’on avait disposé en tribune, et quand c’est fait on se retrouve tous dans la brasserie en face du stade pour dîner ensemble.

Est-ce que tu achètes régulièrement au stade, sur internet ou dans la boutique sur place ?

Je n’achète presque jamais rien au stade. J’ai déjà mon écharpe et mon maillot. Après, quand je n’ai pas eu le temps de manger avant, je passe par la buvette. Mais les prix sont quand même assez élevés pour un jambon beurre et une bouteille d’eau. Sur internet, je commande parfois des maillots de l’équipe de France, des anciens. J’ai récupéré un maillot blanc de Zidane de 2003-2004 récemment. Une pièce de plus à ma collection.

Les supporters français lors de l’Euro 2016

Au stade, que penses-tu des prix pratiqués et de l’offre proposée ? Est-ce suffisamment varié selon toi ?

Les prix au stade sont assez élevés, mais c’est normal. J’achète peu la bas, à la rigueur une bouteille d’eau mais rien de plus. Ça ne vaut pas le coup, mieux vaut bien manger avant ou après. Pour ceux qui veulent, l’offre n’est pas si mauvaise, ce n’est pas du 3 étoiles, mais ils font du classique, hotdog, burgers et compagnie. Je pense que dans un stade, on a pas vraiment besoin de plus.

Est-ce que tu suis régulièrement les actualités de l’équipe de France sur les réseaux sociaux ou sur internet ?

Je suis les comptes Facebook, Twitter et Instagram de l’Équipe de France. C’est toujours sympa d’avoir des photos et vidéos « inside » et ça nous permet de nous tenir au courant de manière officielle.

Selon toi, les clubs et instances du sport sont-ils suffisamment actifs pour remplir leurs stades et séduire un public plus large ?

On sent une réelle envie de changer certaines choses, les animations se diversifient.
À contrario, on voit aussi que depuis plusieurs années les restrictions pleuvent, les supporters sont vraiment moins libre qu’avant. Interdictions de déplacements par ici, amendes et huit-clos par là, ça en devient pesant. Les clubs devraient parfois se rappeler que les supporters sont l’essence même de ce sport, que sans ces supporters ils ne seraient pas là où ils sont aujourd’hui. Les supporters sont les seuls acteurs majeurs du football qui ne sont pas payés, mais qui en plus payent pour pouvoir tenir leur rôle.

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Si tu étais en charge de l’expérience fan à la ligue ou la fédération, quelles idées pourrais-tu proposer ?

D’un point de vue personnel, je pense que plus de dialogues avec les différents représentants des supporters est réellement important. Il faut trouver des compromis pour que tout le monde puisse s’y retrouver. Que les ultras puissent exprimer leur ferveur sans restrictions mais que la famille qui aime aller au stade puisse le faire sans crainte. C’est une priorité.
Donc je ferais en sorte de donner les moyens aux groupes de supporters de mettre en place leurs animations dans les meilleures conditions, car c’est souvent mémorable.

Pour les supporters plus « famille », j’essayerais d’impliquer un maximum les personnes en tribune. Sélectionner des spectateurs de manière aléatoire avant le match pour différentes animations : profiter d’une expérience VIP gratuite, pour aller sur la pelouse à la mi-temps afin de leur proposer de participer à un jeu, offrir l’abonnement pour la saison prochaine à un supporter, plusieurs petits détails qui donnent envie au spectateur de venir au stade.

Que penses-tu de l’expérience proposée aux spectateurs, aux fans dans le sport en général ? As-tu une référence ou un exemple à suivre ?

On a toujours en tête les images des shows à l’américaine. Quand on voit les mi-temps où même les animations dans les breaks en NFL, ou encore le divertissement proposé par certaines mascottes en NBA (Benny the Bull des Chicago Bulls est extraordinaire, ses vidéos sur YouTube sont géniales), on ne peut qu’être admiratif. C’est un spectacle extraordinaire. C’est évidemment un modèle, mais qui ne peut pas être retranscrit dans tous les sports aussi facilement.

Quelque chose de différent, mais il y a quelques jours j’ai visité l’Etihad Stadium (stade de Manchester City en Angleterre), et j’ai été frappé par quelque chose d’assez particulier. Les salons VIP les plus importants sont disposés de part et d’autres du tunnel d’entrée (et de sortie) des joueurs. À chaque avant-match, les VIP sont donc juste à quelques centimètres des joueurs, et simplement séparés par une vitre transparente. Aussi, le bar se trouve en dessous du vestiaire de City, on y devine la forme. Bref, de petits détails, mais ça fait partie des raisons pour lesquelles Manchester City a réussi à devenir une référence en la matière.

Le tunnel à l’Etihad Stadium, stade de Manchester city

Enfin, si tu pouvais vivre un évènement sportif, lequel serait-il et pourquoi ?

Honnêtement, j’ai 20 ans et j’ai déjà vécu de superbes choses. Une finale de championnat d’Europe à domicile par exemple, c’est magique. Si on peut me souhaiter une chose, ce serait de voir la France s’imposer en juillet prochain en finale de la Coupe du Monde en Russie.
Autrement, je pense que le top du top, c’est d’assister à la finale du SuperBowl. Si tout se passe comme je l’espère, je serais aux États-Unis l’an prochain… So why not ?

Merci à toi Guillaume pour cette Fan Story. On espère te voir en Russie derrière les bleus jusqu’à la finale. 

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Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

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FAN STORY : Loïc (Perfettu) : “Cela m’a mené dans 56 stades différents”

Supporter du club corse de l’ACA, Loïc parcourt la France dans sa 106 pour suivre les matchs de son équipe préférée. Une passion qu’il place au centre de sa vie.

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Loïc est un fan du club de football de l’AC Ajaccio qui joue actuellement en Ligue 2. Il est sur les routes de France une grande partie de l’année pour suivre l’ACA en déplacement. Il nous raconte son aventure de supporter. 

 

Dans le cadre de nos interviews #FanStory, nous aimons donner la parole aux supporters, aux fans, aux personnes qui ont un peu moins souvent l’opportunité de s’exprimer, à ceux à qui les clubs et les partenaires souhaitent parler à travers les diverses opérations.
Aujourd’hui, nous allons parcourir la France entière avec Loïc qui utilise comme surnom Perfettu, un fan de football qui suit son club chaque weekend ou presque et qui partage ses aventures sur les réseaux sociaux.

Bonjour Loïc, avant de partager ta folle histoire de fan, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Loïc Durand, j’ai 27 ans, je suis journaliste pigiste. J’habite à Montluçon, dans l’Allier et accessoirement, je suis fan de l’AC Ajaccio !

Le 24 décembre 2018, l’un de nos abonnés nous tag sur Twitter pour nous partager un tweet. Il s’agissait de ton tweet bilan de l’année 2018. Tu peux nous en dire plus sur ton personnage, ces histoires autour de ta passion ?
Encore merci à Fabrice Rolland pour ce partage au passage.

Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis un personnage, mais j’ai une histoire particulière. Depuis huit ans maintenant, je parcours la France pour suivre l’AC Ajaccio. Aujourd’hui, j’en suis à 133 déplacements, de Lille à Anglet, en passant par Strasbourg, Brest et Marseille. Cela m’a mené dans 56 stades différents en France. J’approche même les 100 000 km rien que pour suivre l’ACA. Etant très actif sur les réseaux sociaux, je fais vivre mes péripéties sur Twitter, dans des compte-rendus écrits et maintenant sur Youtube et les gens semblent apprécier. Mais ce qui fait que je sors du lot par rapport aux nombreux autres supporters qui suivent leur équipe partout, c’est que je fais tout dans ma vieille 106 de 1993, qui est devenue connue un peu partout.

Tu habites à Montluçon sur le continent, alors pourquoi suivre l’AC Ajaccio sur l’île Corse ?

C’est une question que l’on me pose très souvent. Et c’est le genre de question que l’on ne pose pas à un habitant de Lille qui supporte l’OM, par exemple. La proximité géographique n’est pas, selon moi, un critère dans le supportérisme. J’ai toujours eu l’habitude d’aller à Ajaccio, depuis tout jeune, et cela a été un coup de foudre lorsque je suis allé pour la première fois au stade François-Coty, quand j’avais une dizaine d’années. Depuis, cette passion pour l’ACA ne m’a pas lâché.

Tu es également président de l’association “I Sanguinari”, qu’est-ce que c’est exactement ? Un groupe de supporters ?

L’association a été créée en 2002 par la diaspora corse sur Paris. En fait, I Sanguinari est l’association qui regroupe les supporters de l’AC Ajaccio qui vivent sur le continent. Le nom d’I Sanguinari vient des “îles Sanguinaires”, qui se situent au large d’Ajaccio. Et j’en suis devenu le président à la fin de la saison 2013/2014, si mes souvenirs sont bons.

Tu n’en es pas à ta première interview, on peut dire que tu n’es pas un novice des médias puisque tu as été nommé parmi les 30 qui font le foot français en 2018 par L’Équipe, c’est fou quand même. Tu peux nous raconter cette histoire géniale ?

C’était complètement fou et inattendu. À la fin de l’année 2017, L’Équipe me contacte pour m’annoncer qu’ils veulent faire un portrait de moi et que je serais dans le classement des 30 qui font le foot français. Donc forcément, j’ai été très surpris mais j’ai accepté. J’ai eu droit à un vrai shooting de pro, à plus d’une heure d’interview. En fait, ce n’est pas seulement moi que L’Equipe voulait mettre en avant mais plutôt ce que je représentais, ces supporters prêts à tout pour suivre leur équipe. La parution de mon portrait dans L’Equipe a déclenché une véritable vague. De nombreux médias m’ont ensuite contacté pour faire des reportages sur moi, comme La Montagne, France Info et France 3.

Tu es passé ensuite sur France 3 et Tout le sport qui te suivait le temps d’un déplacement au Paris FC. Comment s’est fait ce coup de projecteur et quels ont été les retours du club et des autres supporters ?

Tout a été déclenché par le portrait dans L’Equipe vraiment, les médias semblent bien aimer raconter mon histoire, qui est peu banale au final. Encore aujourd’hui, dans tous les stades où je vais, il y a au moins une personne qui me dit “Ah, c’est toi, je t’ai vu à la télé, respect pour tout ce que tu fais !”. Que ce soit au club ou à l’extérieur, je n’ai eu que des réactions bienveillantes, qui font chaud au coeur, c’est une forme de récompense pour moi.

Récemment, dans un de tes tweets, tu disais avoir connu les pires chiottes de Ligue 2. Tu peux nous raconter cette histoire ?

J’ai commencé par noter les buvettes de Ligue 2. Et depuis cette saison, j’ai décidé de faire la même chose avec les toilettes des stades de Ligue 2. Et c’est vrai que dans certains stades, on voit des choses pas très reluisantes. On va passer sur les détails mais entre deux stades de Ligue 2, on peut passer du pire au meilleur !

“En fait, ce n’est pas seulement moi que L’Equipe voulait mettre en avant mais plutôt ce que je représentais, ces supporters prêts à tout pour suivre leur équipe.”

Avec les nombreux stades que tu as pu visiter, ne penses-tu pas que tu pourrais donner des conseils ou offrir une veille intéressante aux clubs ? D’ailleurs, quels sont tes souvenirs marquants dans les stades ou lors de tes déplacements ?

Sans que cela ne soit présomptueux, je commence à avoir une petite expérience des stades qui pourrait être utile aux clubs pour faciliter et surtout améliorer l’accueil des supporters visiteurs dans les stades. Dans les stades, je retiens surtout l’accueil. Il avait été parfait à Quimperlé, lors d’un déplacement en Coupe de France. Il faisait froid, il pleuvait et les locaux nous avaient offert à boire et à manger. On nous avait même proposé de rester dormir sur place. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs. J’apprécie tout particulièrement la proximité avec la pelouse et avec les gens rencontrés.

On a été faire un tour sur ton compte Instagram. Il n’y a que des contenus sur l’ACA. Cela représente vraiment toute ta vie aujourd’hui ?

L’ACA représente 90% de ma vie, on va dire. Tout ce que je fais actuellement est dicté par le calendrier de l’ACA et je fais tout en fonction des matchs et des déplacements. J’ai choisi un travail qui fait que je peux bosser quand je veux et d’où je veux pour pouvoir continuer mes activités de supporters. Je mets également souvent de côté les amis, la famille et ma copine pour pouvoir vivre ma passion à fond. Ce ne sont pas des sacrifices puisque c’est moi qui les choisit et c’est ce qui me fait vibrer, mais il est vrai que c’est une véritable organisation.

Il semble que tu sois aussi un gros collectionneur, tu peux nous en dire plus ?

Si les matchs de l’ACA me prennent du temps, tout ce qu’il y a autour m’en prend également beaucoup. J’ai 90 maillots portés de l’ACA dans ma collection, des shorts, des vêtements d’entraînement, des magazines, des journaux, des coupures de journaux, des billets de match, des programmes de match, des photos des matchs… Pour archiver tout ça, il faut du temps. Et pour acheter tout ça, il faut de l’argent !

Quelles sont tes pièces de collection dont tu es le plus fier ?

Je tiens à mes maillots comme à la prunelle de mes yeux, c’est ce que j’ai de plus précieux. Forcément, les maillots de Memo Ochoa (ndlr : ex gardien de but mexicain de l’ACA) ont une saveur toute particulière, tellement il était une idole chez nous.

Tu pourrais carrément faire une exposition de tout ce que tu as pu récupérer ou encore écrire un livre de tes expérience.

Ecrire un livre sur mes pérégrinations, sur mes péripéties et sur mes expériences vis-à-vis de l’ACA est un rêve, qui deviendra certainement réalité un jour. Mais pas tout de suite, j’attends d’avoir un peu plus de matière pour l’écrire ! Mais promis, ça viendra un jour !

Tu roules sur les départementales françaises avec ta Peugeot 106 dans laquelle tu as cumulé plus de 21 023 km en 2018. Combien a-t-elle de kilomètres au compteur maintenant ?

Elle a plus de 320 000 km au compteur et au total, j’approche les 100 000 km parcourus en voiture juste pour l’ACA. D’ailleurs, si un jour je crée une exposition ou un musée autour de l’ACA, la 106 sera la pièce maîtresse, il est hors de question qu’elle termine à la casse !

On a aussi appris dans l’une de tes vidéos sur YouTube que Red Bull t’avait envoyé non pas des ailes pour te déplacer mais 52 kilos de canettes de boissons. Encore une folle histoire non ?!  

Tout est parti de l’article dans L’Equipe encore une fois. Le journaliste m’avait demandé comment je faisais pour tenir sur la route du retour et j’ai répondu que j’avais toujours une canette de Red Bull avec moi. Red Bull a lu ce portrait, m’a contacté et m’a dit “on va t’envoyer un petit quelque chose”. Et un matin je me suis réveillé avec un camion devant chez moi, avec une palette de 52kg de Red Bull à l’intérieur !

De façon générale, quels sont tes liens avec des marques, des sponsors potentiels ?   

Aucun lien, je suis totalement indépendant. Mes followers et moi avons bien essayé de contacter Peugeot pour qu’ils me financent une nouvelle voiture mais je n’ai eu aucune réponse.

Tu viens tout juste de lancer ta chaine Youtube, tu es très actif sur les réseaux sociaux, quel est ton projet ?

Ma volonté est seulement de faire vivre un maximum ce que je fais aux internautes, qui sont nombreux à aimer et à suivre ce que je fais. Mais je veux surtout donner envie aux amoureux de foot de faire comme moi, les pousser à suivre leur club, leur montrer que c’est possible.

Dans l’interview que tu donnes à L’Équipe en 2018, tu fais référence à une embrouille avec le capitaine de l’ACA lors d’un déplacement à Orléans. Quelles sont tes relations avec les joueurs, le staff, le club de façon générale ?

C’est comme une histoire d’amour, il y a des hauts et des bas. Mais depuis plusieurs saisons, ce n’est que de l’amour. J’ai une très bonne relation avec le staff, les dirigeants et les joueurs, qui semblent tous abasourdis parce que je fais.

À ce sujet, le club fait-il des choses pour te remercier ou t’aider ?
Selon toi, les clubs ne devraient-ils pas avoir une action envers ces ultras fans qui bravent vents et marées pour suivre l’équipe ?  Tu as des idées ?

Ce n’est pas au club de m’aider. C’est une démarche personnelle que je fais, les clubs n’ont pas vocation à financer les déplacements de leurs supporters, surtout à notre niveau. Faciliter les déplacements en Coupe d’Europe, affréter des avions pour les clubs européens, ok, pour les autres, c’est une passion que l’on peut se financer seul. Après, il arrive que l’ACA nous offre les places de matchs ou des maillots.

Quels sont tes relations avec les autres fans ? Tu es une star/un exemple ou un fou pour eux ?

Un peu des deux sans doute, il faudrait leur demander ! En tout cas, j’ai une excellente relation avec tous les supporters de l’ACA et même ceux des autres clubs. J’essaie d’en motiver le plus possible à me suivre dans mes folies. Et ça semble marcher. De nombreux autres supporters de l’ACA tentent aujourd’hui de faire le plus de déplacements possibles. Et j’aime me dire que c’est un peu grâce à moi, c’est comme une petite fierté ahah.

Quels sont tes objectifs pour cette année 2019 ?

Continuer à faire tous les déplacements, ne pas en rater un seul, y compris les matchs amicaux. Dans un futur plus lointain, je voudrais réaliser un vrai grand chelem, c’est à dire voir tous les matchs à domicile et à l’extérieur dans une saison. Mais en habitant sur le continent, cela est un véritable défi logistique et financier.

En tant que fan, est-ce que tu as un souvenir particulier que tu souhaites partager ?

Je n’ai pas de mauvais souvenirs dans tous mes 133 déplacements, que des bons. Donc il est difficile de choisir. Une chose m’a marqué : mon retour d’Annecy, où j’étais allé voir ETG-ACA en plein hiver. La neige avait interrompu le match, qui a repris juste à temps avant qu’il ne soit définitivement arrêté et en plus, on l’avait gagné ! En revanche, le retour sur l’autoroute derrière la déneigeuse avait été long, très long.

Tu prends toujours ta voiture pour te déplacer, tu as un retour à faire sur l’accessibilité des stades que tu as visité ?

En général, les stades de Ligue 2 sont assez accessibles, même si je ne comprends pas que, dans certains stades, il n’existe pas de parkings dédiés aux supporters visiteurs. En parallèle, j’ai remarqué la détérioration de l’accueil des supporters visiteurs dans les stades de Ligue 2. Certains clubs ne font plus l’effort d’ouvrir le parcage visiteurs et nous ouvrent des contre-parcages pas très pratiques. Tout ça parce que les clubs ne veulent pas “s’emmerder” à ouvrir une tribune rien que pour nous. Alors que cela est normalement obligatoire et plus sécuritaire.

“J’ai remarqué la détérioration de l’accueil des supporters visiteurs dans les stades de Ligue 2.”

De façon générale, que penses-tu de l’ambiance et des animations dans les stades où tu as pu aller ?

En Ligue 2, l’ambiance est assez terne, sauf à Lens, Nîmes ou Strasbourg (à l’époque de la L2) en gros. Les autres stades sont la plupart du temps vides. Il faut dire que les horaires des matchs décidés par la LFP, les vendredis soir, n’arrangent personne. Il faudrait décaler les matchs à un horaire plus adéquat – comme cela va bientôt être le cas -, améliorer l’accueil et faire des tarifs plus avantageux. Quant aux animations, elles sont assez rares, mis à part les pom-pom girls à la mi-temps ou le challenge des enfants. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse dans le football, je ne suis pas un partisan du football-spectacle.

“En Ligue 2, l’ambiance est assez terne, les stades sont la plupart du temps vides.”

Tu fais quoi toi pendant la mi-temps d’un match ? Et à la fin ?

Je file à la buvette dès le coup de sifflet de la mi-temps, ou même un peu avant. Le sandwich du stade est une tradition immanquable pour moi à la pause. À la fin du match, on ne s’attarde pas : on salue les joueurs, on débâche et on file. En général, les stadiers nous poussent à sortir rapidement du stade pour des questions de sécurité.

Quand tu arrives au stade, sur place, tu consommes (achat de boissons, restauration, produits dérivés, etc.) ?

Les produits dérivés jamais mais pour le reste, oui. J’ai d’ailleurs remarqué que les clubs se gavent un peu trop sur le prix des boissons et des sandwichs : payer 12 euros pour 33cl d’une boisson et un sandwich généralement dégueulasse, c’est un peu trop. Là aussi, il y a des progrès à faire, sur la qualité des produits vendus. Et puis merde, on veut de la bière avec alcool dans les stades nous !

Les prix et les offres proposées sont suffisamment “locales” et variés selon toi ?

Pour les prix, en Ligue 2, nous avons de la chance : les ¾ des clubs vendent les places en parcage à 5 euros, ce qui est très accessible. Si le prix des mets est un peu trop élevé, on remarque quand même que certains clubs proposent de la nourriture locale : par exemple, à Valenciennes, on nous a proposé un sandwich au maroilles. Il faudrait plus de choses comme ça, locales et fraîches.

Tu suis régulièrement les actualités de ton club sur les réseaux sociaux ou sur le site du club j’imagine ?

Bien évidemment. Toute la journée ou presque je suis l’actualité de l’ACA sur le site officiel, sur les forums ou sur les réseaux sociaux. Etre supporter est presque un emploi à part entière !

On parle beaucoup du cas des femmes dans les stades de football (ou des autres sports). Toi tu as croisé beaucoup de femmes dans les stades ? Tu penses que le système est adapté pour leur donner envie de venir plus souvent ?

Je croise peu de femmes dans les parcages, ou alors ce sont les copines des supporters, que l’on a “forcé” à venir, comme je l’ai déjà fait avec ma copine. De son côté, l’ACA est un club très porté sur la cause féminine. Tous les ans, le club organise des événements pour que les femmes se déplacent plus au stade. Par exemple, cette saison, pour la journée de la femme, le club a vendu les places de match à 1 euro pour toutes les femmes et des roses ont été offertes. C’est avec ce genre de chose que les femmes peuvent venir au stade et surtout y revenir !

Si tu étais en charge de l’expérience des fans au Stade François-Coty, quelles idées pourrais-tu proposer au public ?

Malgré les apparences, l’ACA est un club à la pointe. L’abonnement à la saison est vraiment très accessible, l’accueil des supporters visiteurs est parfait selon les nombreux témoignages que j’ai eus, les buvettes utilisent un système de cashless très pratique donc il n’y a pas grand chose à changer. Mais si l’ACA veut quand même m’embaucher, je suis disponible !

Enfin, si tu pouvais vivre un événement sportif, lequel serait-il et pourquoi ?

Mon rêve serait que l’AC Ajaccio participe à une coupe d’Europe. Et mon rêve ultime serait de suivre l’équipe sur un déplacement européen, en Lituanie, ou dans un lointain pays. Et bien évidemment, je le vivrais dans le parcage visiteurs !

Merci à Loïc pour ce partage d’expérience. Vous pouvez le retrouver sur Twitter et sur YouTube où il raconte ses déplacements en images. 

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