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Jorge, l'aficionado Colombien du football Jorge, l'aficionado Colombien du football

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FAN STORY : Jorge, l’aficionado Colombien du football

Jorge partage avec nous sa vision du football dans un pays où ce sport fait partie intégrante de la culture nationale.

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L’intérêt de Fanstriker pour les fans de sport s’étend bien au delà de nos frontières. Cap vers le berceau de Falcao, James Rodríguez et Valderrama pour découvrir un pays où football et culture sont profondément liés. Jorge, un fan de foot colombien nous raconte sa fan story.

 

Salut Jorge, peux-tu te présenter à nos fans ?

Holà ! Je m’appelle Jorge Cuadros. Je suis Colombien, étudiant, et un grand fan de football ! J’aime le football, mais bien au-delà du jeu, ce que j’aime particulièrement c’est rechercher comment on peut appliquer les valeurs du foot à d’autres situations comme au travail ou même dans nos relations avec les autres.

Quel genre de fan es-tu ? 

Jorge, fan colombien du Real MadridLaure GRUFFAT | Fanstriker

Jorge, fan colombien du Real Madrid

Je dirais que je suis un fan “intelligent” qui respecte les autres supporters, même lorsqu’ils sont pour l’équipe adverse. Cela ne veut pas dire que je ne vis pas le football avec passion. Non, je suis un dingue de foot, en particulier de la sélection Colombienne ! Je suis également du genre à tout savoir sur les équipes que j’aime : le Real Madrid, l’Atlético Nacional et l’équipe de Colombie. Je prête une attention particulière à nos talents colombiens qui jouent à l’étranger. J’adore suivre l’actu sur ces joueurs parce qu’ils sont ambassadeurs de notre pays. Je connais tout sur eux, leurs placement, leur palmarès et leurs expériences, les équipes pour lesquelles ils ont joué, leur meilleure frappe, etc. 

Tu supportes une équipe en particulier ?

En Colombie, je suis fan de l’Atlético Nacional, une équipe de Medellín qui est connue dans toute l’Amérique Latine. Elle n’a pas l’historique des grandes équipes d’Argentine ou du Brésil, mais en Colombie c’est l’équipe la plus connue. Sinon, l’équipe nationale est bien sûr incontournable et la plus soutenue ici. Même si elle n’a pas remporté beaucoup de titres (juste une fois la Copa América en 2001), cette équipe me fait vibrer et me procure des émotions super fortes. Je dois avouer que j’ai déjà pleuré lors de défaites de mon équipe.

Pour les équipes internationales, je suis un fervent supporter du Real Madrid. Je suis cette équipe depuis que je suis tout petit, j’ai souvenir d’avoir toujours eu un maillot du Real chez moi. Je connais leur histoire, je m’intéresse à leur stade et au rayonnement de l’équipe à l’international. Je pourrais te citer tous les joueurs qui sont passés par le Real ces 15 dernières années.

Match du Real MadridJorge Cuadros

Match du Real Madrid

En tant que fan de sport, quel est ton meilleur souvenir ?

Quand la Colombie s’est qualifiée à la Coupe du Monde au Brésil ! Il faut dire que la dernière fois que nous étions qualifiés c’était pour la Coupe du Monde 98 en France. Du coup, cela me rappelle mon anniversaire cette même année, pile au même moment que la compétition: mes parents avaient tout décoré aux couleurs de la coupe du monde, avec la mascotte et des ballons partout. C’était un anniversaire très Français pour un tout jeune fan de foot !

On aimerait en savoir un peu plus sur tes habitudes en tant que fan et spectateur en Colombie. Tu préfères suivre un match à la TV ou te rendre au stade ? Avec qui as-tu l’habitude de voir les matchs ?

Je vis à Bogotá, la capitale de la Colombie. Puisque l’Atlético Nacional joue à Medellin, que l’équipe nationale joue à Barranquilla et que le Real joue en Espagne, c’est un peu compliqué et assez cher pour moi de me rendre au stade pour suivre mes équipes préférées. Et puis, quand l’Atlético Nacional vient jouer à Bogota, je préfère ne pas aller au stade, ni même porter le maillot dans la rue. Il y a certains groupes de supporters très radicaux qui peuvent s’en prendre à toi si tu as le malheur de porter les couleurs de l’équipe adverse… Donc plutôt à la télé, avec mes amis et ma famille, très souvent dans un bar.

Atlético NacionalLaure GRUFFAT | Fanstriker

Atlético Nacional

Tu nous en diras plus au sujet de la sécurité. Mais du coup, tu vas très rarement au stade ? 

Je me déplace quand même jusqu’à Barranquilla au moins une fois par an pour voir jouer mon équipe. C’est à 2 heures en avion. A Bogotá, je ne vais jamais au stade non. La dernière fois que j’y suis allé, c’était pour un match amical entre l’Atlético de Madrid et Millonarios, une équipe d’ici.

Au stade, as-tu l’habitude de consommer ou d’acheter des souvenirs par exemple ? 

En Colombie, les clubs ne sont pas très bons pour mettre en avant leur marque et vendre des souvenirs. En général, il n’existe pas grand chose en merchandising. Je n’ai rien chez moi aux couleurs de l’Atlético Nacional, à part le maillot bien sûr, alors que je suis hyper fan. En revanche, j’ai ramené plein de souvenirs de ma visite au stade Santiago Bernabéu, quand je suis allé à Madrid. 

Lors de mon séjour en Colombie, j’ai été très surprise de voir l’ampleur de l’engouement, non seulement des fans mais de toute la population, pour les matchs de “la Seleccion”. Tout le monde porte le maillot ce jour là. C’est incroyable ! On n’est pas habitué à voir ça en France.
Comment peux-tu expliquer que le football ait une place si grande dans votre culture ? Pourquoi y-a-t-il une telle différence avec les pays européens dans la relation entre le football et les fans ?

Tu sais, la Colombie a traversé des périodes très difficiles. Beaucoup trop par rapport à d’autres pays. On a longtemps vécu dans un climat de guerre, de narcotrafic et de crimes, très dangereux, très triste. Vivre au milieu de ce chaos nous a poussé à rechercher la joie et l’espérance à travers de petites choses. Et l’une d’elles a été le football. Ce sport est devenu la seule chose qui nous permette de nous unir et d’oublier, du moins pour de courts instants, toutes les horreurs et la violence que nous avons subies durant longtemps. En plus, je trouve que l’équipe nationale reflète bien les valeurs des colombiens : les joueurs sont sympathiques et bosseurs, ils portent fièrement nos couleurs et représentent la Colombie dans le monde entier. C’est pour cela qu’il y a un véritable amour du pays pour cette équipe, et que leurs matchs sont des rendez-vous que personne de manque !

Equipe nationale de Colombie Laure GRUFFAT | Fanstriker

Equipe nationale de Colombie

Explique-nous comment se déroule un match en Colombie ?

L’ambiance est super bonne ! En jour de match de l’équipe nationale, la moitié des personnes qui sortent dans la rue porte le maillot jaune et tout le monde est de bonne humeur. Il suffit que la Colombie joue contre le Brésil ou la Bolivie et c’est le pays tout entier qui est à l’arrêt. Tout le monde veut voir le match, tout le monde veut aller à Barranquilla pour soutenir l’équipe. Les restaurants et les bars sont remplis de fans. Les administrations tournent au ralenti, et personne ne va en cours, pas même les profs ! C’est un véritable rassemblement social, toutes les générations se retrouvent pour suivre le match, discutent, se rencontrent. C’est quasiment le seul sujet de conversation de la journée et les médias ne parlent que de football. Si la Colombie gagne, c’est tout le pays qui est en fête. Si nous perdons, tout le monde est déprimé. C’est très spécial, unique même.

Les colombiens sont de grands fans de football. Y-a-t-il d’autres sports tout aussi populaires ?

Autant que le foot non ! Mais le second sport le plus suivi et le plus pratiqué c’est le cyclisme. Beaucoup de personnes prennent leurs vélos pour sillonner les routes et on suit de très près El Giro, le Tour de France et la Vuelta. 

 

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Que penses-tu de l’expérience fan dans les stades en Colombie ? Quels sont les aspects qui pourraient être améliorés ? Tu évoquais déjà la sécurité…

Pour être franc, il y a très peu de choses mises en place pour permettre une bonne expérience au stade. Le seul point positif c’est de pouvoir voir les joueurs en vrai, mais sinon dès que tu ne supportes pas l’équipe locale, cela peut vite être dangereux. Pas extrêmement dangereux, mais simplement pas vraiment agréable, tu n’es jamais tranquille, tu te fais toujours insulter par les locaux. Les seuls matchs où il n’y a pas d’insécurité ce sont les matchs de l’équipe nationale puisque tout le monde porte le même maillot.

D’après toi, les clubs se préoccupent-ils de l’avis de leurs fans ?

Très peu. En Colombie, il y a un programme à la radio très connu qui s’appelle “El pulso del futbol”. Ce programme permet aux fans de s’exprimer sur leurs clubs et de leur faire passer des messages. Mais c’est tout, les clubs ne prennent pas ce type d’initiatives et communiquent peu avec leurs fans, même sur les réseaux sociaux. C’est pour l’instant plus du relai d’information que de l’échange. 

Si tu étais en charge de l’expérience des spectateurs au sein d’un club en Colombie, quelles idées pourrais-tu apporter pour que les moments passés au stade soient uniques et inoubliables?

La première chose que je ferais, serait un travail sur la sécurité. Aller au stade serait une expérience totalement différente si l’on se sentait réellement en sécurité. Je pense que je mettrais en place le même modèle qu’en Angleterre où ils ont réussi à expulser tous les Hooligans des stades. 

Et pour conclure, dans quel stade pourra-t’on te croiser prochainement ?

J’irai voir Colombie – Brésil en septembre. Cela promet d’être un grand match ! Nous allons probablement perdre, mais ce sera un très beau match. J’espère un jour avoir la chance de venir voir un match en France. Le stade de France, le Parc des Princes ou le Vélodrome sont mes stades favoris, ils sont vraiment spectaculaires. Je suis pas mal le football français. C’était d’ailleurs mon équipe favorite lorsque j’étais gamin. Je me souviens de grands joueurs comme Barthez, Desailly, Thuram, Lizarazu, Petit, Vieira, Trezeguet, Henry, et j’en passe ! Très peu de Colombiens s’intéressent aux joueurs d’autres pays, et d’autant moins aux joueurs des générations précédentes…

Merci beaucoup Jorge pour ton immersion dans la vie sportive colombienne. On espère aussi que tu pourras nous rendre visite prochainement pour aller partager un match ensemble !

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Passionnée, supportrice et grande curieuse, j'ai à cœur de partager ma vision des événements. Convaincue du rôle central que les fans ont à jouer dans le développement du sport, je suis ravie de pouvoir mettre en lumière les bonnes pratiques qui peuvent servir d'exemple et d'inspiration à tous grâce à Fanstriker. Passionate, curious by nature, and a true fan, I like to share my vision about sport events. I am convinced that fans have a considerable part to play to develop the sport economy. Through Fanstriker I aim at bringing to light the best practices that can serve as an example or an inspiration.

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FAN STORY : Loïc (Perfettu) : “Cela m’a mené dans 56 stades différents”

Supporter du club corse de l’ACA, Loïc parcourt la France dans sa 106 pour suivre les matchs de son équipe préférée. Une passion qu’il place au centre de sa vie.

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Loïc est un fan du club de football de l’AC Ajaccio qui joue actuellement en Ligue 2. Il est sur les routes de France une grande partie de l’année pour suivre l’ACA en déplacement. Il nous raconte son aventure de supporter. 

 

Dans le cadre de nos interviews #FanStory, nous aimons donner la parole aux supporters, aux fans, aux personnes qui ont un peu moins souvent l’opportunité de s’exprimer, à ceux à qui les clubs et les partenaires souhaitent parler à travers les diverses opérations.
Aujourd’hui, nous allons parcourir la France entière avec Loïc qui utilise comme surnom Perfettu, un fan de football qui suit son club chaque weekend ou presque et qui partage ses aventures sur les réseaux sociaux.

Bonjour Loïc, avant de partager ta folle histoire de fan, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Loïc Durand, j’ai 27 ans, je suis journaliste pigiste. J’habite à Montluçon, dans l’Allier et accessoirement, je suis fan de l’AC Ajaccio !

Le 24 décembre 2018, l’un de nos abonnés nous tag sur Twitter pour nous partager un tweet. Il s’agissait de ton tweet bilan de l’année 2018. Tu peux nous en dire plus sur ton personnage, ces histoires autour de ta passion ?
Encore merci à Fabrice Rolland pour ce partage au passage.

Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis un personnage, mais j’ai une histoire particulière. Depuis huit ans maintenant, je parcours la France pour suivre l’AC Ajaccio. Aujourd’hui, j’en suis à 133 déplacements, de Lille à Anglet, en passant par Strasbourg, Brest et Marseille. Cela m’a mené dans 56 stades différents en France. J’approche même les 100 000 km rien que pour suivre l’ACA. Etant très actif sur les réseaux sociaux, je fais vivre mes péripéties sur Twitter, dans des compte-rendus écrits et maintenant sur Youtube et les gens semblent apprécier. Mais ce qui fait que je sors du lot par rapport aux nombreux autres supporters qui suivent leur équipe partout, c’est que je fais tout dans ma vieille 106 de 1993, qui est devenue connue un peu partout.

Tu habites à Montluçon sur le continent, alors pourquoi suivre l’AC Ajaccio sur l’île Corse ?

C’est une question que l’on me pose très souvent. Et c’est le genre de question que l’on ne pose pas à un habitant de Lille qui supporte l’OM, par exemple. La proximité géographique n’est pas, selon moi, un critère dans le supportérisme. J’ai toujours eu l’habitude d’aller à Ajaccio, depuis tout jeune, et cela a été un coup de foudre lorsque je suis allé pour la première fois au stade François-Coty, quand j’avais une dizaine d’années. Depuis, cette passion pour l’ACA ne m’a pas lâché.

Tu es également président de l’association “I Sanguinari”, qu’est-ce que c’est exactement ? Un groupe de supporters ?

L’association a été créée en 2002 par la diaspora corse sur Paris. En fait, I Sanguinari est l’association qui regroupe les supporters de l’AC Ajaccio qui vivent sur le continent. Le nom d’I Sanguinari vient des “îles Sanguinaires”, qui se situent au large d’Ajaccio. Et j’en suis devenu le président à la fin de la saison 2013/2014, si mes souvenirs sont bons.

Tu n’en es pas à ta première interview, on peut dire que tu n’es pas un novice des médias puisque tu as été nommé parmi les 30 qui font le foot français en 2018 par L’Équipe, c’est fou quand même. Tu peux nous raconter cette histoire géniale ?

C’était complètement fou et inattendu. À la fin de l’année 2017, L’Équipe me contacte pour m’annoncer qu’ils veulent faire un portrait de moi et que je serais dans le classement des 30 qui font le foot français. Donc forcément, j’ai été très surpris mais j’ai accepté. J’ai eu droit à un vrai shooting de pro, à plus d’une heure d’interview. En fait, ce n’est pas seulement moi que L’Equipe voulait mettre en avant mais plutôt ce que je représentais, ces supporters prêts à tout pour suivre leur équipe. La parution de mon portrait dans L’Equipe a déclenché une véritable vague. De nombreux médias m’ont ensuite contacté pour faire des reportages sur moi, comme La Montagne, France Info et France 3.

Tu es passé ensuite sur France 3 et Tout le sport qui te suivait le temps d’un déplacement au Paris FC. Comment s’est fait ce coup de projecteur et quels ont été les retours du club et des autres supporters ?

Tout a été déclenché par le portrait dans L’Equipe vraiment, les médias semblent bien aimer raconter mon histoire, qui est peu banale au final. Encore aujourd’hui, dans tous les stades où je vais, il y a au moins une personne qui me dit “Ah, c’est toi, je t’ai vu à la télé, respect pour tout ce que tu fais !”. Que ce soit au club ou à l’extérieur, je n’ai eu que des réactions bienveillantes, qui font chaud au coeur, c’est une forme de récompense pour moi.

Récemment, dans un de tes tweets, tu disais avoir connu les pires chiottes de Ligue 2. Tu peux nous raconter cette histoire ?

J’ai commencé par noter les buvettes de Ligue 2. Et depuis cette saison, j’ai décidé de faire la même chose avec les toilettes des stades de Ligue 2. Et c’est vrai que dans certains stades, on voit des choses pas très reluisantes. On va passer sur les détails mais entre deux stades de Ligue 2, on peut passer du pire au meilleur !

“En fait, ce n’est pas seulement moi que L’Equipe voulait mettre en avant mais plutôt ce que je représentais, ces supporters prêts à tout pour suivre leur équipe.”

Avec les nombreux stades que tu as pu visiter, ne penses-tu pas que tu pourrais donner des conseils ou offrir une veille intéressante aux clubs ? D’ailleurs, quels sont tes souvenirs marquants dans les stades ou lors de tes déplacements ?

Sans que cela ne soit présomptueux, je commence à avoir une petite expérience des stades qui pourrait être utile aux clubs pour faciliter et surtout améliorer l’accueil des supporters visiteurs dans les stades. Dans les stades, je retiens surtout l’accueil. Il avait été parfait à Quimperlé, lors d’un déplacement en Coupe de France. Il faisait froid, il pleuvait et les locaux nous avaient offert à boire et à manger. On nous avait même proposé de rester dormir sur place. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs. J’apprécie tout particulièrement la proximité avec la pelouse et avec les gens rencontrés.

On a été faire un tour sur ton compte Instagram. Il n’y a que des contenus sur l’ACA. Cela représente vraiment toute ta vie aujourd’hui ?

L’ACA représente 90% de ma vie, on va dire. Tout ce que je fais actuellement est dicté par le calendrier de l’ACA et je fais tout en fonction des matchs et des déplacements. J’ai choisi un travail qui fait que je peux bosser quand je veux et d’où je veux pour pouvoir continuer mes activités de supporters. Je mets également souvent de côté les amis, la famille et ma copine pour pouvoir vivre ma passion à fond. Ce ne sont pas des sacrifices puisque c’est moi qui les choisit et c’est ce qui me fait vibrer, mais il est vrai que c’est une véritable organisation.

Il semble que tu sois aussi un gros collectionneur, tu peux nous en dire plus ?

Si les matchs de l’ACA me prennent du temps, tout ce qu’il y a autour m’en prend également beaucoup. J’ai 90 maillots portés de l’ACA dans ma collection, des shorts, des vêtements d’entraînement, des magazines, des journaux, des coupures de journaux, des billets de match, des programmes de match, des photos des matchs… Pour archiver tout ça, il faut du temps. Et pour acheter tout ça, il faut de l’argent !

Quelles sont tes pièces de collection dont tu es le plus fier ?

Je tiens à mes maillots comme à la prunelle de mes yeux, c’est ce que j’ai de plus précieux. Forcément, les maillots de Memo Ochoa (ndlr : ex gardien de but mexicain de l’ACA) ont une saveur toute particulière, tellement il était une idole chez nous.

Tu pourrais carrément faire une exposition de tout ce que tu as pu récupérer ou encore écrire un livre de tes expérience.

Ecrire un livre sur mes pérégrinations, sur mes péripéties et sur mes expériences vis-à-vis de l’ACA est un rêve, qui deviendra certainement réalité un jour. Mais pas tout de suite, j’attends d’avoir un peu plus de matière pour l’écrire ! Mais promis, ça viendra un jour !

Tu roules sur les départementales françaises avec ta Peugeot 106 dans laquelle tu as cumulé plus de 21 023 km en 2018. Combien a-t-elle de kilomètres au compteur maintenant ?

Elle a plus de 320 000 km au compteur et au total, j’approche les 100 000 km parcourus en voiture juste pour l’ACA. D’ailleurs, si un jour je crée une exposition ou un musée autour de l’ACA, la 106 sera la pièce maîtresse, il est hors de question qu’elle termine à la casse !

On a aussi appris dans l’une de tes vidéos sur YouTube que Red Bull t’avait envoyé non pas des ailes pour te déplacer mais 52 kilos de canettes de boissons. Encore une folle histoire non ?!  

Tout est parti de l’article dans L’Equipe encore une fois. Le journaliste m’avait demandé comment je faisais pour tenir sur la route du retour et j’ai répondu que j’avais toujours une canette de Red Bull avec moi. Red Bull a lu ce portrait, m’a contacté et m’a dit “on va t’envoyer un petit quelque chose”. Et un matin je me suis réveillé avec un camion devant chez moi, avec une palette de 52kg de Red Bull à l’intérieur !

De façon générale, quels sont tes liens avec des marques, des sponsors potentiels ?   

Aucun lien, je suis totalement indépendant. Mes followers et moi avons bien essayé de contacter Peugeot pour qu’ils me financent une nouvelle voiture mais je n’ai eu aucune réponse.

Tu viens tout juste de lancer ta chaine Youtube, tu es très actif sur les réseaux sociaux, quel est ton projet ?

Ma volonté est seulement de faire vivre un maximum ce que je fais aux internautes, qui sont nombreux à aimer et à suivre ce que je fais. Mais je veux surtout donner envie aux amoureux de foot de faire comme moi, les pousser à suivre leur club, leur montrer que c’est possible.

Dans l’interview que tu donnes à L’Équipe en 2018, tu fais référence à une embrouille avec le capitaine de l’ACA lors d’un déplacement à Orléans. Quelles sont tes relations avec les joueurs, le staff, le club de façon générale ?

C’est comme une histoire d’amour, il y a des hauts et des bas. Mais depuis plusieurs saisons, ce n’est que de l’amour. J’ai une très bonne relation avec le staff, les dirigeants et les joueurs, qui semblent tous abasourdis parce que je fais.

À ce sujet, le club fait-il des choses pour te remercier ou t’aider ?
Selon toi, les clubs ne devraient-ils pas avoir une action envers ces ultras fans qui bravent vents et marées pour suivre l’équipe ?  Tu as des idées ?

Ce n’est pas au club de m’aider. C’est une démarche personnelle que je fais, les clubs n’ont pas vocation à financer les déplacements de leurs supporters, surtout à notre niveau. Faciliter les déplacements en Coupe d’Europe, affréter des avions pour les clubs européens, ok, pour les autres, c’est une passion que l’on peut se financer seul. Après, il arrive que l’ACA nous offre les places de matchs ou des maillots.

Quels sont tes relations avec les autres fans ? Tu es une star/un exemple ou un fou pour eux ?

Un peu des deux sans doute, il faudrait leur demander ! En tout cas, j’ai une excellente relation avec tous les supporters de l’ACA et même ceux des autres clubs. J’essaie d’en motiver le plus possible à me suivre dans mes folies. Et ça semble marcher. De nombreux autres supporters de l’ACA tentent aujourd’hui de faire le plus de déplacements possibles. Et j’aime me dire que c’est un peu grâce à moi, c’est comme une petite fierté ahah.

Quels sont tes objectifs pour cette année 2019 ?

Continuer à faire tous les déplacements, ne pas en rater un seul, y compris les matchs amicaux. Dans un futur plus lointain, je voudrais réaliser un vrai grand chelem, c’est à dire voir tous les matchs à domicile et à l’extérieur dans une saison. Mais en habitant sur le continent, cela est un véritable défi logistique et financier.

En tant que fan, est-ce que tu as un souvenir particulier que tu souhaites partager ?

Je n’ai pas de mauvais souvenirs dans tous mes 133 déplacements, que des bons. Donc il est difficile de choisir. Une chose m’a marqué : mon retour d’Annecy, où j’étais allé voir ETG-ACA en plein hiver. La neige avait interrompu le match, qui a repris juste à temps avant qu’il ne soit définitivement arrêté et en plus, on l’avait gagné ! En revanche, le retour sur l’autoroute derrière la déneigeuse avait été long, très long.

Tu prends toujours ta voiture pour te déplacer, tu as un retour à faire sur l’accessibilité des stades que tu as visité ?

En général, les stades de Ligue 2 sont assez accessibles, même si je ne comprends pas que, dans certains stades, il n’existe pas de parkings dédiés aux supporters visiteurs. En parallèle, j’ai remarqué la détérioration de l’accueil des supporters visiteurs dans les stades de Ligue 2. Certains clubs ne font plus l’effort d’ouvrir le parcage visiteurs et nous ouvrent des contre-parcages pas très pratiques. Tout ça parce que les clubs ne veulent pas “s’emmerder” à ouvrir une tribune rien que pour nous. Alors que cela est normalement obligatoire et plus sécuritaire.

“J’ai remarqué la détérioration de l’accueil des supporters visiteurs dans les stades de Ligue 2.”

De façon générale, que penses-tu de l’ambiance et des animations dans les stades où tu as pu aller ?

En Ligue 2, l’ambiance est assez terne, sauf à Lens, Nîmes ou Strasbourg (à l’époque de la L2) en gros. Les autres stades sont la plupart du temps vides. Il faut dire que les horaires des matchs décidés par la LFP, les vendredis soir, n’arrangent personne. Il faudrait décaler les matchs à un horaire plus adéquat – comme cela va bientôt être le cas -, améliorer l’accueil et faire des tarifs plus avantageux. Quant aux animations, elles sont assez rares, mis à part les pom-pom girls à la mi-temps ou le challenge des enfants. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse dans le football, je ne suis pas un partisan du football-spectacle.

“En Ligue 2, l’ambiance est assez terne, les stades sont la plupart du temps vides.”

Tu fais quoi toi pendant la mi-temps d’un match ? Et à la fin ?

Je file à la buvette dès le coup de sifflet de la mi-temps, ou même un peu avant. Le sandwich du stade est une tradition immanquable pour moi à la pause. À la fin du match, on ne s’attarde pas : on salue les joueurs, on débâche et on file. En général, les stadiers nous poussent à sortir rapidement du stade pour des questions de sécurité.

Quand tu arrives au stade, sur place, tu consommes (achat de boissons, restauration, produits dérivés, etc.) ?

Les produits dérivés jamais mais pour le reste, oui. J’ai d’ailleurs remarqué que les clubs se gavent un peu trop sur le prix des boissons et des sandwichs : payer 12 euros pour 33cl d’une boisson et un sandwich généralement dégueulasse, c’est un peu trop. Là aussi, il y a des progrès à faire, sur la qualité des produits vendus. Et puis merde, on veut de la bière avec alcool dans les stades nous !

Les prix et les offres proposées sont suffisamment “locales” et variés selon toi ?

Pour les prix, en Ligue 2, nous avons de la chance : les ¾ des clubs vendent les places en parcage à 5 euros, ce qui est très accessible. Si le prix des mets est un peu trop élevé, on remarque quand même que certains clubs proposent de la nourriture locale : par exemple, à Valenciennes, on nous a proposé un sandwich au maroilles. Il faudrait plus de choses comme ça, locales et fraîches.

Tu suis régulièrement les actualités de ton club sur les réseaux sociaux ou sur le site du club j’imagine ?

Bien évidemment. Toute la journée ou presque je suis l’actualité de l’ACA sur le site officiel, sur les forums ou sur les réseaux sociaux. Etre supporter est presque un emploi à part entière !

On parle beaucoup du cas des femmes dans les stades de football (ou des autres sports). Toi tu as croisé beaucoup de femmes dans les stades ? Tu penses que le système est adapté pour leur donner envie de venir plus souvent ?

Je croise peu de femmes dans les parcages, ou alors ce sont les copines des supporters, que l’on a “forcé” à venir, comme je l’ai déjà fait avec ma copine. De son côté, l’ACA est un club très porté sur la cause féminine. Tous les ans, le club organise des événements pour que les femmes se déplacent plus au stade. Par exemple, cette saison, pour la journée de la femme, le club a vendu les places de match à 1 euro pour toutes les femmes et des roses ont été offertes. C’est avec ce genre de chose que les femmes peuvent venir au stade et surtout y revenir !

Si tu étais en charge de l’expérience des fans au Stade François-Coty, quelles idées pourrais-tu proposer au public ?

Malgré les apparences, l’ACA est un club à la pointe. L’abonnement à la saison est vraiment très accessible, l’accueil des supporters visiteurs est parfait selon les nombreux témoignages que j’ai eus, les buvettes utilisent un système de cashless très pratique donc il n’y a pas grand chose à changer. Mais si l’ACA veut quand même m’embaucher, je suis disponible !

Enfin, si tu pouvais vivre un événement sportif, lequel serait-il et pourquoi ?

Mon rêve serait que l’AC Ajaccio participe à une coupe d’Europe. Et mon rêve ultime serait de suivre l’équipe sur un déplacement européen, en Lituanie, ou dans un lointain pays. Et bien évidemment, je le vivrais dans le parcage visiteurs !

Merci à Loïc pour ce partage d’expérience. Vous pouvez le retrouver sur Twitter et sur YouTube où il raconte ses déplacements en images. 

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