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FAN STORY : Romain, animateur radio et fan du Stade Rennais

Fan Story c’est l’interview qui donne la parole aux fans, de tous les horizons, de tous les clubs.

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La Fan Story du mois est consacrée à notre Inside Club réalisé avec le Stade Rennais le week end dernier. Découvrons dans cette interview, Romain un jeune animateur d’une web Radio locale qui suit régulièrement l’équipe Bretonne.

Partage ton expérience de fan

Bonjour Romain, avant de partager ta vision de supporter, peux-tu te présenter ?

Salut ! Je m’appelle Romain, j’ai 17 ans et je suis actuellement en Terminale ES à Rennes. Passionné de sport depuis des années, je suis depuis août 2016 animateur et gérant de l’équipe sur Radio Roazhon, une webradio bretillienne où l’on parle uniquement de sports. J’anime donc tous les dimanches soirs “Le débrief”, l’émission où nous parlons uniquement du Stade Rennais. C’est un réel plaisir en tant que supporter avant tout de réunir environ 2 000 personnes chaque dimanche…

Tu es donc un fan du Stade Rennais, depuis combien de saisons suis-tu l’equipe ?

Auparavant, je suivais le Stade Rennais de loin, mais depuis 4 saisons, je le suis vraiment à fond.

@Romain

Romain avec Benoit Costil, ex gardien du club Breton

Quel genre de supporter es-tu ? ultra ? abonné ? régulier ? occasionnel ?

Au départ j’allais dans la même tribune que le kop, mais en haut. J’écoutais avec attention leurs chants, puis je me suis mis à les chanter, presque seul dans mon rang. Pour les 25 ans du RCK, en février dernier, j’ai osé pour la première fois descendre dans le kop. Cette date qui restera gravée m’aura converti à la mouvance ultra. Depuis, à chacun des matchs où je vais, c’est avec eux. Je ne suis cependant pas abonné.  

En tant que fan, as-tu un souvenir que tu souhaiterais partager ?

J’en ai même deux. Le premier c’était le 5 octobre 2008. Nous accueillions le grand Lyon de Lloris, Benzema ou Juninho. La crainte se faisait évidemment sentir parmi les 28 000 spectateurs. A la surprise générale, devant un olympique amorphe, nous gagnions 3-0 suite à un triplé magistral de M.Pagis, d’où vient le “pagistral”. Je m’en souviens, j’ai enlacé mon voisin de droite que je ne connaissais absolument pas, c’était magique.

Mon deuxième est beaucoup plus récent. Nous sommes le 6 mars 2016. Nous recevons le FC Nantes pour le derby de L’Ouest. Accompagné d’un ami (supporter rennais) et de mon parrain (inconditionnel supporter nantais), nous attendions ce match avec impatience. Arrivés au Stade, à peine le temps de se poser, Ousmane Dembélé, à la suite d’un coup franc à la première minute embrase le Roazhon Park. 45 minutes plus tard, Rennes menait 4-0. Le stade vibrait comme jamais, mon cousin (complètement dépité) avait peur que la tribune s’effondre, tellement elle vibrait. Tout le stade chantait à l’unisson, c’était magnifique.

Animation chronométrée

Comme tu le sais, nous étions aussi au Roazhon Park ce week end, c’est donc pour nous le moyen de tester ton sens de l’observation. Peux-tu nous citer au moins 3 animations que tu as pu observer lors du match Stade Rennais vs Nantes ?

A titre personnel, j’ai participé au cortège organisé par le RCK afin d’être dans l’ambiance dès le début de l’après-midi. En arrivant au stade, j’ai pu voir comme d’habitude le village animation avec ses nombreux ateliers tournant autour du foot. Ce village, présent quelques heures avant le début du match permet à de nombreux supporters comme moi d’échanger autour d’une galette saucisse (même si là c’était dans l’après-midi). Enfin, je salue J.Gamard, l’un des deux speakers qui conditionne le public (avec l’aide d’Erminig notre mascotte) avant l’arrivée des joueurs. Ainsi, dès l’arrivée du car, de nombreux supporters tapent sur les barrières et agitent des drapeaux. Je suis persuadé que dans la tête des joueurs, c’est très important de se sentir soutenu avant un match. Le craquage du RCK aide aussi.

Pour quelles raisons vas-tu au stade au lieu de vivre le match dans un bar avec tes amis ou chez toi ?

Premièrement pour l’ambiance. Même si j’aime aussi aller voir des matchs dans des bars avec mes amis (notamment les matchs de l’équipe de France), le stade reste pour moi la meilleure expérience. Ensuite, nous allons souvent à la rencontre des joueurs, notamment pour interviewer les joueurs en fin de match pour la radio.

Quel moyen de transport utilises-tu pour aller au stade et pourquoi ? Est-ce facile selon toi de te rendre au Roazhon Park ?

Ca dépend, souvent en bus, ou en voiture si quelqu’un peut me déposer car je n’ai pas encore le permis de conduire. Parfois j’arrive à m’arranger avec des amis. Puisque je n’habite pas tout à fait à Rennes mais dans un village à côté, c’est très difficile de rentrer en bus les soirs de match à 20h même si en soi le stade est facile d’accès. Les bus de stade sont une très bonne chose mais j’ai quand-même hâte d’avoir le permis.

De façon générale, que penses-tu de la façon dont le Stade Rennais anime sa relation avec ses fans ?

Comme je l’ai dis au dessus, le village par exemple est un très bonne initiative. En interne, le Stade Rennais travaille très bien. Je suis plutôt bien placé pour en parler, que ce soit le service communication ou autre ils sont très ouverts aux sollicitations. La communication du club s’est nettement améliorée. Il y a quelques semaines, un point sur l’infirmerie a été effectué par le club. C’est une très bonne chose qui serait à réitérer. Par cette approche de proximité, le club donne une bonne image et ça colle bien avec le “projet breton”.

“En jouant sur la proximité avec les bretilliens, le club, notamment par le biais de M.Possel entretient une relation donnant-donnant avec les supporters.

Que penses-tu de l’ambiance au Roazhon Park ?

L’ambiance est très bonne. C’est mieux de saisons en saisons je trouve. Le RCK réunit de plus en plus d’adeptes et c’est très positif. Dans la tribune en face, l’ambiance est un peu moins festive malgré les quelques chants. Un kop ambitieux avait tenté d’éclore il y a 2 saisons, le RBR, malheureusement ça a échoué… C’est dommage mais j’espère que de plus en plus de personnes chanteront au Roazhon Park. Nous avons la chance d’avoir un stade à l’anglaise que beaucoup nous envient. La proximité avec le terrain est une force, il faut s’en servir pour pousser l’équipe au maximum.

@Fanstriker

Le public au Roazhon Park

Le Stade Rennais est l’un des rares clubs en France à posséder un intermédiaire privilégié entre le club et les supporters en la personne de Fréderic Possel, en quoi ceci est un avantage ?

Je l’ai sous-entendu au dessus, Frédéric fait un travail passionnant dans les relations avec les fans. Avec le service de communication, ils nous ont reçu à deux reprises dans le cadre de la webradio et un nouveau rendez-vous est à programmer. C’est évidemment un plus pour notre club. En jouant sur la proximité avec les bretilliens, le club, notamment par le biais de M.Possel entretient une relation donnant-donnant avec les supporters. Un grande partie de son travail s’effectue sur les réseaux où il lutte contre l’auto-bashing nocif. L’image d’un club se joue en partie sur les réseaux donc c’est un gros plus.

Raconte nous ton parcours avant le match mais aussi ce que tu fais pendant la mi-temps et en fin de match ?

En général on se réunit avec l’équipe de la Radio et on mange ensemble. Ensuite, une heure avant le match, on se poste devant la porte 4, pour rejoindre le RCK. Pendant tout le match on donne de la voix pour porter notre équipe. À la mi temps, on reste à nos places, elles sont tellement précieuses dans cette tribune. Après le match, passage obligé à côté du salon VIP où certains joueurs sortent. Je suis posté avec mon micro pour les interviewer. Un grand plaisir de les approcher. Même si cette année, ils ont changé la sortie on garde espoir de les ré-interviewer.

@Fanstriker

Quelques produits dans la boutique du stade Roazhon Park

Est-ce que tu achètes régulièrement au stade, sur internet ou dans la boutique du stade ? Si non, pourquoi ?

Ca dépend, pour les places, même si nous aspirons à avoir des places avec le club pour la radio, nous achetons aujourd’hui nos places. C’est donc sur la billetterie en ligne que cela se passe. Sinon pour acheter un maillot ou le floquer, tout se passe en boutique. J’ai d’ailleurs très récemment fait floquer mon maillot, au nom de la radio. Enfin, la barquette de frite est également obligatoire après un passage au local RCK.

Au stade, que penses-tu des prix pratiqués et de l’offre proposée ? Est-ce suffisamment varié selon toi ?

Les prix pour les places sont raisonnables, pour ce qui est des abonnements, c’est justement le prix qui m’a fait hésiter les deux dernières années. Je n’avais pas la certitude en début de saison de rentabiliser les entrées. Et pourtant, aujourd’hui je suis largement perdant avec les billets achetés à l’unité. La saison dernière, j’ai été voir un peu plus de 10 matchs à domicile… Pour ce qui est des maillots, je les trouve un peu cher mais ce sont les prix du marché, et ce dans pratiquement tous les clubs…

Est-ce que tu suis régulièrement les actualités du Stade Rennais sur les réseaux sociaux ou sur le site ?

Évidemment, à chaque intercours je suis sur les réseaux. Pour nous, il est très important d’être au courant de toutes les actualités. Une bonne part de notre contenu se base sur les actualités. Faire des articles entre autres nous force à rester informer, c’est essentiel…

Fan story Fanstriker

Nous aimerions également avoir ton ressenti sur la situation générale de l’expérience des fans.
Selon toi, les clubs sont-ils suffisamment actifs pour remplir leurs stades et séduire un public plus large ?

Les clubs sont très actifs sur les réseaux et en ville sur les différents événements. En revanche, ils offrent beaucoup de places aux clubs affiliés. Sans ces places, le stade serait un peu moins remplis. Le Stade Rennais a pour objectif de rassembler les bretons, depuis quelques années, de plus en plus de personnes s’intéressent au club, je suis persuadé que ça va continuer.

Si tu étais en charge de l’expérience fan au Stade Rennais, quelles idées pourrais-tu proposer ?

Je pousserais au maximum le dialogue avec les supporters (ex : Conférence de presse en live Facebook ou point infirmerie hebdomadaire) ce sont des choses simples mais très importantes aujourd’hui, nous recevons beaucoup de messages à ce sujet. Je continuerais également les entraînements délocalisés, c’est une très bonne idée du club, il faut que ça continue.

@Fanstriker

Un espace détente au Village

Que penses-tu de l’expérience proposée aux spectateurs, aux fans dans le sport en général ?

Les supporters prennent de plus en plus d’importance dans le monde du sport. À travers les différents avis, le sport évolue et se modernise, c’est très positif.

Enfin, si tu pouvais vivre un évènement sportif, lequel serait-il et pourquoi ?

J’en ai plusieurs. Premièrement je rêve de supporter le Stade Rennais en Ligue des Champions. Ensuite je rêve de voir une finale de Coupe de France SRFC – FCN.
Pour finir, j’aimerais assister à une finale de Coupe du Monde avec la France.

Merci Romain, si vous voulez suivre Romain sur sa web radio bretonne voici les infos : Facebook | Twitter | WebRadio

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Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

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FAN STORY : Loïc (Perfettu) : “Cela m’a mené dans 56 stades différents”

Supporter du club corse de l’ACA, Loïc parcourt la France dans sa 106 pour suivre les matchs de son équipe préférée. Une passion qu’il place au centre de sa vie.

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Loïc est un fan du club de football de l’AC Ajaccio qui joue actuellement en Ligue 2. Il est sur les routes de France une grande partie de l’année pour suivre l’ACA en déplacement. Il nous raconte son aventure de supporter. 

 

Dans le cadre de nos interviews #FanStory, nous aimons donner la parole aux supporters, aux fans, aux personnes qui ont un peu moins souvent l’opportunité de s’exprimer, à ceux à qui les clubs et les partenaires souhaitent parler à travers les diverses opérations.
Aujourd’hui, nous allons parcourir la France entière avec Loïc qui utilise comme surnom Perfettu, un fan de football qui suit son club chaque weekend ou presque et qui partage ses aventures sur les réseaux sociaux.

Bonjour Loïc, avant de partager ta folle histoire de fan, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Loïc Durand, j’ai 27 ans, je suis journaliste pigiste. J’habite à Montluçon, dans l’Allier et accessoirement, je suis fan de l’AC Ajaccio !

Le 24 décembre 2018, l’un de nos abonnés nous tag sur Twitter pour nous partager un tweet. Il s’agissait de ton tweet bilan de l’année 2018. Tu peux nous en dire plus sur ton personnage, ces histoires autour de ta passion ?
Encore merci à Fabrice Rolland pour ce partage au passage.

Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis un personnage, mais j’ai une histoire particulière. Depuis huit ans maintenant, je parcours la France pour suivre l’AC Ajaccio. Aujourd’hui, j’en suis à 133 déplacements, de Lille à Anglet, en passant par Strasbourg, Brest et Marseille. Cela m’a mené dans 56 stades différents en France. J’approche même les 100 000 km rien que pour suivre l’ACA. Etant très actif sur les réseaux sociaux, je fais vivre mes péripéties sur Twitter, dans des compte-rendus écrits et maintenant sur Youtube et les gens semblent apprécier. Mais ce qui fait que je sors du lot par rapport aux nombreux autres supporters qui suivent leur équipe partout, c’est que je fais tout dans ma vieille 106 de 1993, qui est devenue connue un peu partout.

Tu habites à Montluçon sur le continent, alors pourquoi suivre l’AC Ajaccio sur l’île Corse ?

C’est une question que l’on me pose très souvent. Et c’est le genre de question que l’on ne pose pas à un habitant de Lille qui supporte l’OM, par exemple. La proximité géographique n’est pas, selon moi, un critère dans le supportérisme. J’ai toujours eu l’habitude d’aller à Ajaccio, depuis tout jeune, et cela a été un coup de foudre lorsque je suis allé pour la première fois au stade François-Coty, quand j’avais une dizaine d’années. Depuis, cette passion pour l’ACA ne m’a pas lâché.

Tu es également président de l’association “I Sanguinari”, qu’est-ce que c’est exactement ? Un groupe de supporters ?

L’association a été créée en 2002 par la diaspora corse sur Paris. En fait, I Sanguinari est l’association qui regroupe les supporters de l’AC Ajaccio qui vivent sur le continent. Le nom d’I Sanguinari vient des “îles Sanguinaires”, qui se situent au large d’Ajaccio. Et j’en suis devenu le président à la fin de la saison 2013/2014, si mes souvenirs sont bons.

Tu n’en es pas à ta première interview, on peut dire que tu n’es pas un novice des médias puisque tu as été nommé parmi les 30 qui font le foot français en 2018 par L’Équipe, c’est fou quand même. Tu peux nous raconter cette histoire géniale ?

C’était complètement fou et inattendu. À la fin de l’année 2017, L’Équipe me contacte pour m’annoncer qu’ils veulent faire un portrait de moi et que je serais dans le classement des 30 qui font le foot français. Donc forcément, j’ai été très surpris mais j’ai accepté. J’ai eu droit à un vrai shooting de pro, à plus d’une heure d’interview. En fait, ce n’est pas seulement moi que L’Equipe voulait mettre en avant mais plutôt ce que je représentais, ces supporters prêts à tout pour suivre leur équipe. La parution de mon portrait dans L’Equipe a déclenché une véritable vague. De nombreux médias m’ont ensuite contacté pour faire des reportages sur moi, comme La Montagne, France Info et France 3.

Tu es passé ensuite sur France 3 et Tout le sport qui te suivait le temps d’un déplacement au Paris FC. Comment s’est fait ce coup de projecteur et quels ont été les retours du club et des autres supporters ?

Tout a été déclenché par le portrait dans L’Equipe vraiment, les médias semblent bien aimer raconter mon histoire, qui est peu banale au final. Encore aujourd’hui, dans tous les stades où je vais, il y a au moins une personne qui me dit “Ah, c’est toi, je t’ai vu à la télé, respect pour tout ce que tu fais !”. Que ce soit au club ou à l’extérieur, je n’ai eu que des réactions bienveillantes, qui font chaud au coeur, c’est une forme de récompense pour moi.

Récemment, dans un de tes tweets, tu disais avoir connu les pires chiottes de Ligue 2. Tu peux nous raconter cette histoire ?

J’ai commencé par noter les buvettes de Ligue 2. Et depuis cette saison, j’ai décidé de faire la même chose avec les toilettes des stades de Ligue 2. Et c’est vrai que dans certains stades, on voit des choses pas très reluisantes. On va passer sur les détails mais entre deux stades de Ligue 2, on peut passer du pire au meilleur !

“En fait, ce n’est pas seulement moi que L’Equipe voulait mettre en avant mais plutôt ce que je représentais, ces supporters prêts à tout pour suivre leur équipe.”

Avec les nombreux stades que tu as pu visiter, ne penses-tu pas que tu pourrais donner des conseils ou offrir une veille intéressante aux clubs ? D’ailleurs, quels sont tes souvenirs marquants dans les stades ou lors de tes déplacements ?

Sans que cela ne soit présomptueux, je commence à avoir une petite expérience des stades qui pourrait être utile aux clubs pour faciliter et surtout améliorer l’accueil des supporters visiteurs dans les stades. Dans les stades, je retiens surtout l’accueil. Il avait été parfait à Quimperlé, lors d’un déplacement en Coupe de France. Il faisait froid, il pleuvait et les locaux nous avaient offert à boire et à manger. On nous avait même proposé de rester dormir sur place. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs. J’apprécie tout particulièrement la proximité avec la pelouse et avec les gens rencontrés.

On a été faire un tour sur ton compte Instagram. Il n’y a que des contenus sur l’ACA. Cela représente vraiment toute ta vie aujourd’hui ?

L’ACA représente 90% de ma vie, on va dire. Tout ce que je fais actuellement est dicté par le calendrier de l’ACA et je fais tout en fonction des matchs et des déplacements. J’ai choisi un travail qui fait que je peux bosser quand je veux et d’où je veux pour pouvoir continuer mes activités de supporters. Je mets également souvent de côté les amis, la famille et ma copine pour pouvoir vivre ma passion à fond. Ce ne sont pas des sacrifices puisque c’est moi qui les choisit et c’est ce qui me fait vibrer, mais il est vrai que c’est une véritable organisation.

Il semble que tu sois aussi un gros collectionneur, tu peux nous en dire plus ?

Si les matchs de l’ACA me prennent du temps, tout ce qu’il y a autour m’en prend également beaucoup. J’ai 90 maillots portés de l’ACA dans ma collection, des shorts, des vêtements d’entraînement, des magazines, des journaux, des coupures de journaux, des billets de match, des programmes de match, des photos des matchs… Pour archiver tout ça, il faut du temps. Et pour acheter tout ça, il faut de l’argent !

Quelles sont tes pièces de collection dont tu es le plus fier ?

Je tiens à mes maillots comme à la prunelle de mes yeux, c’est ce que j’ai de plus précieux. Forcément, les maillots de Memo Ochoa (ndlr : ex gardien de but mexicain de l’ACA) ont une saveur toute particulière, tellement il était une idole chez nous.

Tu pourrais carrément faire une exposition de tout ce que tu as pu récupérer ou encore écrire un livre de tes expérience.

Ecrire un livre sur mes pérégrinations, sur mes péripéties et sur mes expériences vis-à-vis de l’ACA est un rêve, qui deviendra certainement réalité un jour. Mais pas tout de suite, j’attends d’avoir un peu plus de matière pour l’écrire ! Mais promis, ça viendra un jour !

Tu roules sur les départementales françaises avec ta Peugeot 106 dans laquelle tu as cumulé plus de 21 023 km en 2018. Combien a-t-elle de kilomètres au compteur maintenant ?

Elle a plus de 320 000 km au compteur et au total, j’approche les 100 000 km parcourus en voiture juste pour l’ACA. D’ailleurs, si un jour je crée une exposition ou un musée autour de l’ACA, la 106 sera la pièce maîtresse, il est hors de question qu’elle termine à la casse !

On a aussi appris dans l’une de tes vidéos sur YouTube que Red Bull t’avait envoyé non pas des ailes pour te déplacer mais 52 kilos de canettes de boissons. Encore une folle histoire non ?!  

Tout est parti de l’article dans L’Equipe encore une fois. Le journaliste m’avait demandé comment je faisais pour tenir sur la route du retour et j’ai répondu que j’avais toujours une canette de Red Bull avec moi. Red Bull a lu ce portrait, m’a contacté et m’a dit “on va t’envoyer un petit quelque chose”. Et un matin je me suis réveillé avec un camion devant chez moi, avec une palette de 52kg de Red Bull à l’intérieur !

De façon générale, quels sont tes liens avec des marques, des sponsors potentiels ?   

Aucun lien, je suis totalement indépendant. Mes followers et moi avons bien essayé de contacter Peugeot pour qu’ils me financent une nouvelle voiture mais je n’ai eu aucune réponse.

Tu viens tout juste de lancer ta chaine Youtube, tu es très actif sur les réseaux sociaux, quel est ton projet ?

Ma volonté est seulement de faire vivre un maximum ce que je fais aux internautes, qui sont nombreux à aimer et à suivre ce que je fais. Mais je veux surtout donner envie aux amoureux de foot de faire comme moi, les pousser à suivre leur club, leur montrer que c’est possible.

Dans l’interview que tu donnes à L’Équipe en 2018, tu fais référence à une embrouille avec le capitaine de l’ACA lors d’un déplacement à Orléans. Quelles sont tes relations avec les joueurs, le staff, le club de façon générale ?

C’est comme une histoire d’amour, il y a des hauts et des bas. Mais depuis plusieurs saisons, ce n’est que de l’amour. J’ai une très bonne relation avec le staff, les dirigeants et les joueurs, qui semblent tous abasourdis parce que je fais.

À ce sujet, le club fait-il des choses pour te remercier ou t’aider ?
Selon toi, les clubs ne devraient-ils pas avoir une action envers ces ultras fans qui bravent vents et marées pour suivre l’équipe ?  Tu as des idées ?

Ce n’est pas au club de m’aider. C’est une démarche personnelle que je fais, les clubs n’ont pas vocation à financer les déplacements de leurs supporters, surtout à notre niveau. Faciliter les déplacements en Coupe d’Europe, affréter des avions pour les clubs européens, ok, pour les autres, c’est une passion que l’on peut se financer seul. Après, il arrive que l’ACA nous offre les places de matchs ou des maillots.

Quels sont tes relations avec les autres fans ? Tu es une star/un exemple ou un fou pour eux ?

Un peu des deux sans doute, il faudrait leur demander ! En tout cas, j’ai une excellente relation avec tous les supporters de l’ACA et même ceux des autres clubs. J’essaie d’en motiver le plus possible à me suivre dans mes folies. Et ça semble marcher. De nombreux autres supporters de l’ACA tentent aujourd’hui de faire le plus de déplacements possibles. Et j’aime me dire que c’est un peu grâce à moi, c’est comme une petite fierté ahah.

Quels sont tes objectifs pour cette année 2019 ?

Continuer à faire tous les déplacements, ne pas en rater un seul, y compris les matchs amicaux. Dans un futur plus lointain, je voudrais réaliser un vrai grand chelem, c’est à dire voir tous les matchs à domicile et à l’extérieur dans une saison. Mais en habitant sur le continent, cela est un véritable défi logistique et financier.

En tant que fan, est-ce que tu as un souvenir particulier que tu souhaites partager ?

Je n’ai pas de mauvais souvenirs dans tous mes 133 déplacements, que des bons. Donc il est difficile de choisir. Une chose m’a marqué : mon retour d’Annecy, où j’étais allé voir ETG-ACA en plein hiver. La neige avait interrompu le match, qui a repris juste à temps avant qu’il ne soit définitivement arrêté et en plus, on l’avait gagné ! En revanche, le retour sur l’autoroute derrière la déneigeuse avait été long, très long.

Tu prends toujours ta voiture pour te déplacer, tu as un retour à faire sur l’accessibilité des stades que tu as visité ?

En général, les stades de Ligue 2 sont assez accessibles, même si je ne comprends pas que, dans certains stades, il n’existe pas de parkings dédiés aux supporters visiteurs. En parallèle, j’ai remarqué la détérioration de l’accueil des supporters visiteurs dans les stades de Ligue 2. Certains clubs ne font plus l’effort d’ouvrir le parcage visiteurs et nous ouvrent des contre-parcages pas très pratiques. Tout ça parce que les clubs ne veulent pas “s’emmerder” à ouvrir une tribune rien que pour nous. Alors que cela est normalement obligatoire et plus sécuritaire.

“J’ai remarqué la détérioration de l’accueil des supporters visiteurs dans les stades de Ligue 2.”

De façon générale, que penses-tu de l’ambiance et des animations dans les stades où tu as pu aller ?

En Ligue 2, l’ambiance est assez terne, sauf à Lens, Nîmes ou Strasbourg (à l’époque de la L2) en gros. Les autres stades sont la plupart du temps vides. Il faut dire que les horaires des matchs décidés par la LFP, les vendredis soir, n’arrangent personne. Il faudrait décaler les matchs à un horaire plus adéquat – comme cela va bientôt être le cas -, améliorer l’accueil et faire des tarifs plus avantageux. Quant aux animations, elles sont assez rares, mis à part les pom-pom girls à la mi-temps ou le challenge des enfants. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse dans le football, je ne suis pas un partisan du football-spectacle.

“En Ligue 2, l’ambiance est assez terne, les stades sont la plupart du temps vides.”

Tu fais quoi toi pendant la mi-temps d’un match ? Et à la fin ?

Je file à la buvette dès le coup de sifflet de la mi-temps, ou même un peu avant. Le sandwich du stade est une tradition immanquable pour moi à la pause. À la fin du match, on ne s’attarde pas : on salue les joueurs, on débâche et on file. En général, les stadiers nous poussent à sortir rapidement du stade pour des questions de sécurité.

Quand tu arrives au stade, sur place, tu consommes (achat de boissons, restauration, produits dérivés, etc.) ?

Les produits dérivés jamais mais pour le reste, oui. J’ai d’ailleurs remarqué que les clubs se gavent un peu trop sur le prix des boissons et des sandwichs : payer 12 euros pour 33cl d’une boisson et un sandwich généralement dégueulasse, c’est un peu trop. Là aussi, il y a des progrès à faire, sur la qualité des produits vendus. Et puis merde, on veut de la bière avec alcool dans les stades nous !

Les prix et les offres proposées sont suffisamment “locales” et variés selon toi ?

Pour les prix, en Ligue 2, nous avons de la chance : les ¾ des clubs vendent les places en parcage à 5 euros, ce qui est très accessible. Si le prix des mets est un peu trop élevé, on remarque quand même que certains clubs proposent de la nourriture locale : par exemple, à Valenciennes, on nous a proposé un sandwich au maroilles. Il faudrait plus de choses comme ça, locales et fraîches.

Tu suis régulièrement les actualités de ton club sur les réseaux sociaux ou sur le site du club j’imagine ?

Bien évidemment. Toute la journée ou presque je suis l’actualité de l’ACA sur le site officiel, sur les forums ou sur les réseaux sociaux. Etre supporter est presque un emploi à part entière !

On parle beaucoup du cas des femmes dans les stades de football (ou des autres sports). Toi tu as croisé beaucoup de femmes dans les stades ? Tu penses que le système est adapté pour leur donner envie de venir plus souvent ?

Je croise peu de femmes dans les parcages, ou alors ce sont les copines des supporters, que l’on a “forcé” à venir, comme je l’ai déjà fait avec ma copine. De son côté, l’ACA est un club très porté sur la cause féminine. Tous les ans, le club organise des événements pour que les femmes se déplacent plus au stade. Par exemple, cette saison, pour la journée de la femme, le club a vendu les places de match à 1 euro pour toutes les femmes et des roses ont été offertes. C’est avec ce genre de chose que les femmes peuvent venir au stade et surtout y revenir !

Si tu étais en charge de l’expérience des fans au Stade François-Coty, quelles idées pourrais-tu proposer au public ?

Malgré les apparences, l’ACA est un club à la pointe. L’abonnement à la saison est vraiment très accessible, l’accueil des supporters visiteurs est parfait selon les nombreux témoignages que j’ai eus, les buvettes utilisent un système de cashless très pratique donc il n’y a pas grand chose à changer. Mais si l’ACA veut quand même m’embaucher, je suis disponible !

Enfin, si tu pouvais vivre un événement sportif, lequel serait-il et pourquoi ?

Mon rêve serait que l’AC Ajaccio participe à une coupe d’Europe. Et mon rêve ultime serait de suivre l’équipe sur un déplacement européen, en Lituanie, ou dans un lointain pays. Et bien évidemment, je le vivrais dans le parcage visiteurs !

Merci à Loïc pour ce partage d’expérience. Vous pouvez le retrouver sur Twitter et sur YouTube où il raconte ses déplacements en images. 

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