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INTERVIEW : Benjamin Roumegoux, (Chamois) : “Le samedi, le public est différent”

Première partie de notre trilogie sur l’expérience fan chez les Chamois avec l’ITW de Benjamin Roumegoux, le responsable commercial du club niortais.

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Les Chamois Niortais (Domino’s Ligue 2) nous ont ouverts la porte de leur expérience fan lors de la réception du Stade Brestois, le 14 avril 2017. Pour cette occasion, nous diviserons ce dossier spécial en trois parties. Aujourd’hui, nous commençons avec l’interview de Benjamin Roumegoux, le responsable commercial du club.

 

Bonjour Benjamin, pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos passionnés d’expérience fan ?

Bonjour Fanstriker, je m’appelle Benjamin Roumegoux, j’ai 30 ans et je suis le responsable commercial du club des Chamois Niortais depuis deux ans. Je suis diplômé d’un Bachelor de Kedge Bordeaux puis d’un Master spécialisé dans le sport à Kedge Marseille.
Avant d’arriver à Niort, j’ai eu plusieurs expériences dans le sport, aux Girondins de Bordeaux (Ligue 1) chez Puma ou encore chez Airness.

Pouvez-vous nous présenter le club des Chamois Niortais ?

Les Chamois Niortais est un club qui fête, cette année, ses 91 ans et qui évolue en Domino’s Ligue 2 de football pour la 30ème saison au total. Nous sommes un club de Ligue 2 par excellence puisque nous n’avons évolué en Ligue 1 qu’une seule saison il y a 30 ans tout juste, en 1987-1988.

Comment le club est-il organisé pour compléter l’offre et l’expérience du spectateur ? Y a t-il un service dédié ?

Le club est encore assez novice en la matière. Il n’y a pas une personne en particulier en charge de l’expérience fan, elle implique tous les services du club : la communication, le marketing  ou encore le commercial.

Nous allons interviewer une fan du club prochainement, mais si l’on devait faire un profil type du supporter niortais, quel serait-il ?

Je dirais qu’il y a deux typologies de fans au stade. D’un côté le grand public, qui vient d’un milieu modeste, populaire et qui représente les valeurs du club. De l’autre, nous avons un public lié aux partenaires car nous avons un tissu économique local assez important.
La particularité de Niort est qu’elle est la 3ème place financière française derrière Paris et Lyon. Ce n’est pas rien pour une ville d’à peine 60 000 habitants. Finalement, si je devais définir le profil type du supporter niortais, ce serait un homme de 50-60 ans. 

Autour de la ville de Niort, les grandes villes de sport que sont Bordeaux et Nantes sont assez éloignées (1h30 à 2h de route). Plus proche de vous, il y a Poitiers qui possède un club en Pro B de basket et La Rochelle et son équipe de TOP 14 de rugby, qui ne sont qu’à une petite heure. Est-ce que cela a un impact sur l’affluence à René Gaillard ?

Honnêtement, non. D’ailleurs, nous travaillons beaucoup avec le Stade Rochelais et le Poitiers Basket 86 sur des événements que nous organisons depuis deux saisons. Nous échangeons entre nous car il est intéressant de voir ce que font les autres sports. Bien sûr, le Stade Rochelais (qui a multiplié les sold-out cette saison) est un exemple parce qu’il ne faut pas oublier que le club, il y a une dizaine d’années, c’était 2 000 spectateurs dans un stade un peu vieillot. Nous nous reconnaissons dans ce club et nous aimerions beaucoup lui ressembler aujourd’hui. Dans le Niortais, il n’y a pas de grande concurrence, nous avons une équipe de handball féminin qui est en Division 1 (Celles-sur-Belle) et un club de rugby en Fédérale 2 (Stade Niortais Rugby). Au niveau du produit football, vous avez cité les Girondins de Bordeaux et le FC Nantes qui sont éloignés, il n’y a donc pas vraiment de concurrence à proprement parler sur ce terrain. Ni même avec le Stade Rochelais et le Poitiers Basket 86 puisque nous avons la chance de ne pas jouer les mêmes jours.

Stade René Gaillard - Niort@coraliedenoues (Twitter)

Stade René Gaillard – Niort

Le stade René Gaillard peut accueillir jusqu’à 11 352 personnes. Cette saison, quelle est l’affluence moyenne ?

La capacité totale est bien de 11 352 mais nous bâchons les virages du stade, ce qui fait que la capacité commerciale est à 6 600 spectateurs. Depuis que la “Licence club” n’impose plus d’être à 10 000 places minimum nous ne proposons plus les places en virages à la vente pour avoir une affluence plus importante. Aujourd’hui, nous sommes aux alentours de 4 000 spectateurs de moyenne sachant que nous avons trois matchs important à venir avec ce soir Brest puis Reims et Strasbourg. Cela devrait nous placer parmi les dix premières affluences de Domino’s Ligue 2.

Le jour et l’horaire de programmation de la rencontre ont-ils un impact sur l’affluence ?

Très clairement, oui. Quand nous jouons le samedi après-midi, nous voyons que le public est différent, nous arrivons à attirer plus de familles par exemple. Par contre, il y a beaucoup moins de partenaires présents. Pour le côté commercial, le vendredi soir est plus adapté. Nous avons plus de 1 000  business seats, ce qui est notre cible principale puisque cela représente 80% de notre chiffre d’affaires.

Le stade René Gaillard possède une particularité qu’il partage uniquement avec le Stade de France et le Stade Louis II de Monaco dans le football professionnel français : sa piste d’athlétisme. Est-ce qu’il s’agit d’un inconvénient important dans le cadre de l’expérience spectateur ?

C’est très clairement un point négatif du stade, si ce n’est LE point négatif. Nous souffrons du fait que ce ne soit pas un stade de football, mais un stade omnisports. Le spectateur est à près de 30 mètres du spectacle. De plus, nous devons cohabiter avec le club d’athlétisme. Pour la petite histoire, hier (NDLR : jeudi 13 avril, veille du match), il y avait un entrainement au lancer de javelot sur le terrain du stade René Gaillard, la veille d’un match de Domino’s Ligue 2. C’est difficile à croire à un tel niveau et c’est un vrai souci aujourd’hui. C’est notamment ce qui a motivé l’activation d’un projet de nouveau stade.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus au sujet de ce projet de nouveau stade ?

L’idée du nouveau stade est d’avoir un outil fonctionnel qui nous permette de l’exploiter au quotidien, 365 jours par an et d’attirer un public nouveau. En termes de capacité totale, l’idée serait de le porter à 8 500 places.

Un “petit” stade mais un stade plein, modulable jusqu’à 12 000 places en cas d’accession à la Ligue 1. Il y aurait trois tribunes fonctionnelles pour les spectateurs et une tribune-bâtiment qui nous permettrait d’accueillir, pourquoi pas, une brasserie, un five, une garderie… Nous hésitons entre une rénovation et un nouveau stade à côté du stade existant. Nous aurons des réponses à ce sujet d’ici le mois de juin et l’étude de faisabilité sur le site de René Gaillard. 

Pour revenir sur le jour de match, existe-t-il des animations mises en place avant et après la rencontre ?

Ponctuellement, oui. Je ne l’ai pas encore précisé mais nous travaillons avec le consortium G2 Strategic. Étant un petit club, nous nous sommes accordés sur le fait qu’il était plus important pour nous de mettre en avant trois ou quatre matchs de gala plutôt que de s’efforcer à faire des animations lors de chaque rencontre. 19 matchs, pour nous, c’est impossible à tenir en termes budgétaire et de ressources humaines.

Comme type d’activation, nous mettons en place la Terrasse, qui rejoint la discussion concernant la piste d’athlétisme. Il s’agit d’une prestation qui exploite la piste d’athlétisme, ce qui nous permet d’être à 3 mètres du poteau de corner. Ce type de prestation, que nous délivrons sur une dizaine de matchs, nous permet de toucher un public différent qui ne vient pas pour voir le côté tactique du match mais plutôt pour passer un moment convivial. Nous faisons d’autres actions plus classiques comme des villages d’animations pour les enfants, des opérations autour du match de Noël. Nous avons quelques idées à développer pour la saison prochaine pour attirer le public féminin et étudiant puisque nous travaillons avec l’IAE de Niort depuis cette saison. L’idée générale est d’aller chercher le public féminin, familial et étudiant. 

Quelles actions à destination des supporters mettez-vous en place durant la rencontre ?

Assez peu d’actions pour cette saison. Nous mettons en place des animations liées à un partenaire puisque nous avons la particularité d’avoir un partenaire match quasiment à chaque rencontre. Sinon nous avons des animations assez classiques. Nous faisons venir des groupes qui animent et mettent l’ambiance dans le stade, ce sera d’ailleurs le cas pour la réception de Strasbourg. Nous avons également un groupe de hip-hop qui anime l’avant-match et la mi-temps mais nous réfléchissons à un challenge à la mi-temps avec une grande marque pour faire une activation assez sympa et décalée, qui n’a pas encore été faite.

Animer le stade est un vrai enjeu pour nous parce qu’aujourd’hui, puisqu’il n’y a pas d’animation d’avant-match, les supporters arrivent très tard au stade. Nous aimerions donc rajouter de l’animation avant le match et à la mi-temps pour que la vie du fan soit différente et plus rythmée.

Quelles actions mettez-vous en place pour rester au contact de vos supporters au quotidien ?

Notre parti pris est d’avoir une communication décalée. Nous avons un community manager qui est en charge de la communication depuis le mois de septembre et qui est pleinement au club, ce qui est une nouveauté puisque la personne qui s’en occupait jusque-là était extérieure au club. Nous en avons profité notamment lors du match contre le PSG pour faire parler de nous et nous placer comme un trublion du football. Pour nous, c’est le seul moyen d’exister aux côtés des gros clubs français et de pouvoir se placer comme un club sexy et sympa. C’est comme cela que l’on arrive à attirer les gens et à les engager par des jeux-concours. Mais, de plus en plus, nous essayons de faire gagner des moments “money can’t buy”, des expériences de vie du club et du groupe professionnel. C’est quelque chose que l’on souhaite davantage développer la saison prochaine. Par exemple, cette semaine nous avons organisé un tournoi Fifa avec les étudiants de l’IAE de Niort, car l’eSport est quelque chose que l’on suit aussi pour les saisons à venir. Le duo vainqueur va être intégré dans la vie du groupe professionnel lors de la reprise en début de saison prochaine, va participer à la photo officielle ou encore aux déplacements de l’équipe. 

Ces actions sont aussi des moyens de récupérer des informations sur vos supporters. Utilisez-vous d’autres moyens pour y parvenir ?

Le jeu-concours reste le moyen le plus simple et le plus rapide pour récolter des données. Nous avons la chance aujourd’hui de “connaitre” le public qui vient au stade, notre soucis est d’aller chercher les autres. Le public qui vient au stade nous suit sur Facebook, Twitter ou Instagram, il consomme du Chamois Niortais. Le public que l’on ne connait pas, nous arrivons à le toucher via les tournois Fifa pour les étudiants, via notre rapprochement avec une société qui nous permettrait de rentrer en contact avec une cible plus familiale, via des boutiques ou des grands magasins qui nous permettraient de toucher un public féminin. Aujourd’hui, récupérer les données ce n’est pas forcément une nécessité chez nous puisque nous connaissons déjà notre public, maintenant le plus dur est d’aller chercher les personnes n’étant pas étiquetées “Chamois Niortais”.

Pour prendre un peu de hauteur, est-ce que la Ligue de Football Professionnel sensibilise les clubs à l’expérience fan ?

Oui, la LFP met en place des séminaires liées à la communication, l’expérience fan, l’accueil dans les stades. Notre directeur général fait d’ailleurs partie d’une commission liée à cette dernière problématique. Améliorer l’accueil est vraiment un point important chez nous car notre outil stade n’est pas forcément très accueillant. Nous faisons donc tout pour que les services, les prestations et les interlocuteurs avec le public le soient. On s’attache vraiment à être un club familial et de proximité.

Domino’s Pizza est devenue partenaire-titre du championnat de Ligue 2 cette saison. Des actions sont-elles mises en place entre la marque et le club ?

Non bizarrement la marque n’active que de la visibilité avec la LFP. Nous n’avons rien qui nous impose d’être lié à Domino’s Pizza et, en l’occurrence, nous sommes assez proches d’une autre marque de pizzas.

Quelle est la plus grande source de revenus du club ? Que représentent les recettes match day ?

Aujourd’hui, le budget du club est de 9 millions €. Comme pour les autres clubs de Ligue 1 et de Domino’s Ligue 2, la part la plus importante est liée aux droits TV avec plus de 4 millions d’euros €. Les partenariats représentent un peu moins de 2 millions €. Chez nous la partie matchday n’est pas très développée notamment parce que la structure ne nous permet pas de travailler là-dessus. Le merchandising n’est pas un point que l’on travaille beaucoup car embaucher quelqu’un sur cette mission serait bien plus coûteux qu’intéressant. Nous sous-traitons la partie restauration pour essayer de diversifier l’offre de nourriture et nous allons intensifier cela.

Sur le matchday, à part les revenus liés aux partenaires présents nous pratiquons des prix inférieurs à nos concurrents de Ligue 2. Donc ce n’est malheureusement pas encore là où l’on développe nos revenus mais l’idée est d’avoir un nouvel outil pour le développer, bien entendu.

“Aujourd’hui, le football est en concurrence avec le cinéma, le bowling, les restaurants parce que nous sommes dans la catégorie des loisirs et le public peut hésiter entre ces différents divertissements.”

Pensez-vous que le développement de l’expérience fan puisse permettre aux revenus matchday de devenir la première source de revenu de votre club ?

La plus grande je ne sais pas parce que les droits TV et le sponsoring représentent une telle part que cela est difficile de l’envisager. Mais aujourd’hui on se rend compte que les gens sont demandeurs malgré tout. C’est plus par manque de moyens humains et financiers que nous avons des difficultés à développer la partie matchday. Mais nous avons remarqué des idées intéressantes dans ce sens comme l’application DigiFood qui permet de se faire livrer son repas à sa place. Nous allons d’ailleurs lancer notre application cet été. L’idée est d’avoir une relation au quotidien avec nos fans pour pouvoir développer nos revenus matchday. Nous allons également changer d’équipementier (NDLR : les Chamois ont depuis signé avec ERIMA), ce qui va nous permettre de développer la boutique car son développement va profiter au merchandising.

De manière plus globale, en tant qu’acteur investi mais aussi analyste, que pensez-vous de l’expérience fan en France ? 

Je pense que nous sommes encore en retard sur nos voisins même si, finalement, il reste beaucoup de pays où cette notion n’est pas développée. Alors bien sûr, il y a les Américains et leurs activations toutes les 5 minutes qui est un concept poussé à l’extrême. Je ne sais pas si le public français est prêt à ça mais c’est vrai que créer un spectacle dans le spectacle est quelque chose de très intéressant pour le fan et ceux qui viennent, justement, pour voir un show.

Aujourd’hui, nous sommes en concurrence avec le cinéma, le bowling, les restaurants parce que nous sommes dans la catégorie des loisirs et le public peut hésiter entre ces différents divertissements. Dans le football, la LFP essaye de faire plusieurs choses pour améliorer l’expérience fan, à l’image de la finale de la Coupe de la Ligue 2017 et le show d’ouverture, ils essayent de mettre en place un marketing expérientiel intéressant.

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Est-ce qu’il y a une idée fan expérience qui vous a marquée dans le monde du sport ?

Il y a en plein mais la Kiss Cam est une activation plutôt sympa. Je suis impressionné par le All Star Game et le fait qu’un match puisse attirer du monde pendant trois jours pour différents challenges de lancers, de dunk et autres. Et tout cela sponsorisé bien entendu. Egalement, quelque chose qui, je trouve, est vraiment porteur c’est la mascotte. Cela a beaucoup de sens pour moi et nous sommes, en France, encore un peu retard là-dessus. Il y a plein de choses à faire avec ces mascottes que l’on ne fait pas. Je pense notamment à la mascotte des Chicago Bulls qui fait des trucs de fou à tous les matchs. Encore une fois, je ne sais pas si le public français est prêt pour ce type d’action. Après, en football nous souffrons forcément du fait d’être à l’extérieur, cela ne nous permet pas d’activer autant de choses que les sports de salle. Toujours aux Etats-Unis, quand on voit qu’au Superbowl, en une mi-temps ils arrivent à installer une scène et à mettre en place un concert de Beyoncé ce sont des choses hallucinantes que l’on n’est même pas prêt à imaginer pouvoir faire en France.

Est-ce que vous pensez que les clubs ont la volonté d’investir du temps et de l’argent dans l’expérience fan ? Est-ce qu’ils auront besoin d’être accompagnés ?

Très clairement aujourd’hui ils ne sont pas disposés à le faire parce que les budgets communication et marketing sont les premiers que l’on coupe en cas de besoin. Ou en tout cas les premiers que l’on essaie de ne pas développer, puisque le modèle économique d’un club de football repose beaucoup sur la vente de joueurs. C’est vrai que développer des actions marketing peut être coûteux donc c’est compliqué à mettre en place. Mais oui, je pense que les clubs auraient besoin d’être accompagnés. Nous le sommes par exemple, par le biais de G2 Strategic qui a été mandaté par la LFP et avec qui nous travaillons de manière continue, au-delà de l’accord avec la LFP. Nous avons besoin de conseils et de personnes ayant le recul, l’expertise et l’expérience de G2 Strategic dans le sport américain notamment.

Aujourd’hui on a tous intérêt à s’inspirer des sports américains et d’intérieur car, même si nous avons des problématiques différentes, les meilleures activations ont lieu dans les salles.

Pour finir, quel point de vue sur l’expérience fan aimeriez-vous connaitre lors d’une prochaine interview d’acteurs du sport sur Fanstriker ?

J’aimerais bien voir ce qui peut se faire dans d’autres sports. J’ai par exemple eu la chance d’aller voir ce qui se fait du côté des Boxers de Bordeaux (Ligue Magnus) en hockey sur glace et j’ai adoré la gestion de l’écran géant, du speaker, de la présentation des joueurs. Ce sont des choses toutes simples que nous pourrions faire mais que nous ne faisons pas. J’ai aussi la chance d’aller voir assez souvent du handball et du basket qui ont un côté “show” que nous n’avons pas du tout et qui serait intéressant à importer dans le football.

 

Merci à Benjamin pour cette interview intéressante.
Nous souhaitons une bonne fin de saison aux Chamois et nous suivrons avec attention la sortie de votre application et l’avancée du projet nouveau stade !

Dès demain, vous retrouverez le reportage sur notre propre expérience fan à René Gaillard.
En attendant, vous pouvez toujours réagir et échanger avec nous via twitter Follow @fanstriker

Cet article était-il intéressant ?

Jeune manager du sport, je suis convaincu que le salut économique des clubs professionnels passe par le fan. "Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends."

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INSIDE CLUB : L’expérience fan au stade Pierre Mauroy avec le LOSC

Immersion en inside au stade Pierre Mauroy avec le LOSC, pour vivre l’expérience que le club propose à ses supporters à l’occasion de la réception du PSG.

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Inside au stade Pierre Mauroy avec le LOSC

À l’occasion de son match de gala face au Paris Saint-Germain ce dimanche 14 avril, le LOSC nous a ouvert ses portes pour nous faire découvrir l’expérience proposée à ses spectateurs. L’occasion pour nous de découvrir les coulisses de cette organisation, ainsi que les animations et activations mises en place avant et pendant la rencontre. Retour sur notre Inside club expérience.

 

Le plus souvent possible, nous réalisons des immersions au sein des clubs professionnels et événements sportifs. Des immersions que nous appelons “Inside Club expérience”. Des reportages en vidéo au contact des clubs mais également des fans, que nous partageons ensuite avec vous. Après une visite chez les Girondins de Bordeaux, le Stade Toulousain, le Paris Basketball, le Stade Rennais, l’OGC Nice et la finale de coupe Davis nous avons pris cette fois-ci le chemin du nord de la France pour nous rendre au Stade Pierre Mauroy, à Lille.

@Fanstriker

Nous étions au stade Pierre Mauroy avec le LOSC

Un match de gala pour cette soirée

Le LOSC a choisi un match de gala pour nous accueillir, la 32e journée de Ligue 1 Conforama qui offrait un choc de haut du tableau entre le PSG (actuel leader et futur champion) et le LOSC (son dauphin au classement). Le stade s’annonçait complet (49 712 spectateurs, un nouveau record pour le stade Pierre Mauroy), et le spectacle au rendez-vous. 

Pour cet Inside Club expérience en terre Lilloise, nous avons suivi Paul de Bel-Air, chef de projet Fan Expérience au LOSC. Vous pouvez découvrir son interview ci-dessous. 

Immersion dans les coulisses du LOSC et de son expérience fan

Il est 17h45, lorsque nous arrivons au stade Stade Pierre Mauroy. L’accès en voiture est relativement simple. Le fait que le stade soit au coeur d’une zone commerciale facilite grandement les opportunités de stationnement. Voilà la voiture bien garée, nous sommes au stade après une dizaine de minutes de marche. Le match ne commence qu’à 21h00 et les portes n’ouvrent qu’à 19h30, mais pourtant nous sommes surpris par la présence de plusieurs supporters sur le parvis et dans les différents bars/restaurants qui jalonnent le stade Lillois ainsi que dans la boutique du club. 
Nous rencontrons Paul qui nous a sympathiquement proposé il y a environ deux semaines de nous accueillir pour réaliser cet inside aujourd’hui pour cette soirée entre Lille et Paris. Notre soirée immersion débute donc par la réunion du comité éditorial où toute l’équipe (animatrices, cadreurs, scripteurs) se rassemble autour de Paul afin de peaufiner les derniers détails des événements de la soirée. 

https://twitter.com/fanstriker/status/1117470716230807552

Après cette réunion, nous rejoignons l’extérieur de l’enceinte pour suivre avec les fans l’arrivée du bus des joueurs prévue à 19h15 (soit 1h45 avant le coup d’envoi). Plusieurs minutes avant l’événement, les fans sont déjà nombreux. 
Si vous êtes un lecteur régulier, vous savez à quel point nous aimons les petits détails. Des détails qui ne semblent pas avoir été omis par le club lillois qui a théâtralisé ce moment d’arrivée des joueurs avec un tapis rouge (du classique jusqu’ici) ainsi qu’avec des pylônes aux couleurs du club et des panneaux leds pour l’éclairage.
Charlee, l’une des deux animatrices (speakerines) du LOSC fait monter la température en interagissant avec le public massé autour du passage.  

@Fanstriker

Charlee, l’une des deux animatrices qui enflamme le public avant l’arrivée des joueurs lillois

L’arrivée des joueurs se fait sous les encouragements des fans. Pour ce match au sommet, les ultras sont présents et ils se signalent avec plusieurs fumigènes qui donnent un effet encore plus fort à ce moment. 

Des animations sous le signe de la proximité avec les spectateurs

Paul de Bel-Air et l’ensemble du staff du LOSC mise avant tout sur la proximité pour fidéliser les spectateurs du stade Pierre Mauroy. C’est de cette façon que l’ensemble du plan d’animations a été imaginé. 

Le fan qui assiste a un match au stade Pierre Mauroy peut profiter de plusieurs animations en commençant par l’arrivée du bus des joueurs que nous avons détaillé plus haut. Instaurée depuis peu de temps, cette activation est une vraie volonté du club de permettre aux supporters de communier avec leur équipe, et pour les plus chanceux de récupérer un autographe ou un joli selfie. Opération plus que séduisante, puisque ce dimanche, plus de 1 000 supporters étaient présents 1h30 avant le match.

Une fois dans l’enceinte, les animations proposées sont orientées vers un public plutôt ciblé. Une tribune famille offre plusieurs animations et activités pour les enfants et les adultes en coursives (photobooth, tir au but avec cible, dessin…). 

En avant match, nous avons pu observer plusieurs animations intéressantes : 

  • Un magazine sportif “LOSC in the city” est distribué en avant match au public. Un magazine qui est renouvelé à chacune des rencontres à domicile et dans lequel nous retrouvons la vie du club, des interviews, des infos sur le match du jour ou encore des infos pour s’équiper et s’abonner au club. 

 

  • Le Trophée du Dogue du mois (remis à Nicolas Pépé ce soir là) est remis directement en main propre par un supporter (sélectionné sur les réseaux sociaux) à la fin de l’échauffement renforçant ainsi la notion de récompense liée au fan engagement. Pour le fan sélectionné, c’est une superbe expérience accompagnée d’une mémorable photo souvenir avec le joueur.

 

  • Dérivé de la Kiss Cam, la “Pepe Cam” est un bon exemple d’adaptabilité d’un concept qui fonctionne outre Atlantique mais qui peine dans l’hexagone. Sur le même principe que la Kiss Cam ou la Dance Cam, le LOSC a voulu innover en proposant sa propre spécialité. Celle-ci consiste tout simplement à reproduire la célébration de son attaquant vedette Nicolas Pépé lorsque l’on passe sur l’écran géant du stade.

 

  • L’invitation à faire du bruit pour faire péter le “LOSComètre“. Le principe de cette animation a pour but d’inciter des spectateurs choisis dans la foule par l’animatrice Charlee, à lâcher le plus de décibels possible, et à découvrir ensuite leur score sur les écrans géants du stade. Un petit concours entre supporters, histoire de se chauffer les cordes vocales avant le début de la rencontre. 

 

  • Match de gala oblige, un show DJ était à vivre pendant l’échauffement des équipes. Le DJ Masterbafunk était accompagné par un trompettiste et un percussionniste, le trio avait pour mission d’embarquer les spectateurs dans un mix musical atypique. 

 

  • En avant match, nous avons pu entendre Anne-Sophie fêter l’anniversaire de certains spectateurs ou encore partager quelques histoires au public. 

Peu avant l’entrée des équipes sur la pelouse, le clip du LOSC est diffusé sur les écrans géants et le stade chante l’hymne lillois. La composition de l’équipe est aussi théâtralisée avec des drapeaux à l’effigie de chaque joueur. 
L’arrivée des équipes se fait dans une belle ambiance, avec un très beau tifo déployé par les supporters locaux et des animations pyrotechniques XXL. 

  • Pendant la mi-temps, 3 duos de fans père/fils sont invités à participer au LOSC Challenge. Un jeu inspiré de la célèbre pétanque, mais avec un ballon de football. Les duos doivent s’affronter en plaçant la balle à une vingtaine de mètres avec une frappe maitrisée au plus près d’un “cochonnet” matérialisé par un drapeau. Après deux tentatives pour chaque duo, le plus proche de la zone remporte un maillot du LOSC.

 

  • Après l’animation football pétanque, Charlee et la LOSC Squad (dont nous parlerons un peu plus bas) distribuent des souvenirs dans les tribunes via des canons à t-shirt.

L’ensemble de ces animations sont relayées en direct live dans l’émission “LOSC Live Show” sur l’écran géant du stade par les deux animatrices. 

@Fanstriker

La foule impatiente d’accueillir les joueurs

La tribune famille du stade Pierre Mauroy

Dans les coursives de la tribune famille, il y a plusieurs animations

@Fanstriker

Photobooth ou photo en joueur lillois, font partie des animations proposées

@Fanstriker

La photo de famille des participants au LOSC challenge à la mi-temps

@Fanstriker

Le duo gagnant du challenge football pétanque de la mi-temps

@Fanstriker

Charlee et la LOSC squad distribue des t-shirts au public à la mi-temps

Un duo d’animatrices/speakerines et une émission en live

Nous en parlons régulièrement dans nos articles, le sujet des speakers (speakerines pour les femmes) est selon nous primordial. Dans un événement sportif, le speaker est l’animateur de la rencontre au même titre qu’un présentateur dans une émission TV ou qu’un commentateur radio lors d’une rencontre sportive. C’est souvent grâce à (ou à cause de) cette personne que nous apprécions ou non le spectacle.
Régulièrement dans nos visites dans les stades, nous sommes étonnés de voir que le speaker “grand public” est le même qui anime ensuite les espaces hospitalités. Alors que le public n’est pas le même. Nous ne nous adressons pas de la même façon à un public hétérogène dans les tribunes d’un stade et à un public de partenaires/professionnels et invités en réception. 

De son côté, le LOSC a opté pour la solution du duo d’animatrices. Ce sont deux speakerines et donc deux femmes qui animent l’avant, le pendant et l’après match au stade Pierre Mauroy. Anne-Sophie Roquette (30 ans d’expérience au LOSC) et Charlee Moss (8 années avec le micro lillois) se relayent selon les événements et infos à présenter. L’une est en bord de pelouse tandis que la seconde est au contact du public, en tribunes ou dans les coursives.  
Ces deux animatrices sont elles aussi de vraies stars, elles sont appelées par les fans dans les tribunes comme les joueurs. 

En avant match, Anne-Sophie et Charlee assurent la bonne diffusion et l’animation de l’émission du club, le “LOSC Live Show”. En effet, le LOSC a la particularité de posséder sa propose émission ! Elle est diffusée sur les deux écrans géants du stade, permettant aux 50 000 spectateurs d’apprécier l’ensemble du show d’avant match.
Pour le club, l’objectif est d’attirer les fans au stade en alliant proximité et exclusivité au coeur de l’expérience, puisque le LOSC live show est exclusivement disponible au stade. Cependant, les meilleurs moments sont postés ensuite sur les réseaux sociaux.

La LOSC Squad, une équipe d’animateurs de l’événement

C’est une nouveauté depuis cette saison, le LOSC a mis en place une équipe de 10 animateurs surnommés la “LOSC Squad”. Une équipe reconnaissable à leur veste rouge avec l’inscription “LOSC Squad” dans le dos qui réalise plusieurs tâches d’animations auprès du public.
Nous les voyons donc régulièrement pendant notre visite du stade. Ils peuvent ainsi accueillir les spectateurs et répondre à leurs questions en cas de besoin, assurer la distribution des programmes de match et des drapeaux (plus 1 000 drapeaux sont distribués), maquiller les supporters… Nous les retrouvons également en avant match sur la pelouse avec les drapeaux des joueurs à l’annonce de la composition de l’équipe titulaire et à la mi-temps pour les canons à T-shirts.

Une bonne idée de créer cette équipe d’animation multitâche qui permet au public de repérer facilement son interlocuteur en cas de besoin.  

Le LOSC, un club qui se veut à l’écoute de ses supporters

Le club veut instaurer une réelle proximité entre lui et les différents acteurs de son stade (ultras, supporters, spectateurs). Pour la réception du PSG, Paul et ses collaborateurs ont travaillé étroitement avec les DVE, le principal groupe de supporter du LOSC pour déployer un énorme tifo vertical dans le virage du stade Pierre Mauroy. Une première pour le club. 

@Fanstriker

Le tifo réalisé par le groupe de supporters lillois à l’entrée des joueurs

À l’instar d’autres clubs tels que l’Olympique Lyonnais, le Paris Saint Germain ou Manchester City, le LOSC a décidé de développer une catégorisation de ses tribunes, ainsi, une partie du stade Pierre Mauroy est réservée aux familles. Idéal pour les couples et leurs enfants, l’espace privatisé, est doté d’un espace de restauration dédié (animé ce jour là par un partenaire local : Les paniers de Léa), et propose plusieurs animations d’avant match tels que le “vélo smoothie” qui consiste à réaliser son propre smoothie à la force de ses jambes (un clin d’oeil à la célèbre course de cyclisme Paris-Roubaix qui se déroulait le même week-end). Ou des animations plus basiques comme des baby-foot, des tirs aux buts, du maquillage, du dessin et des messages à rédiger pour les joueurs.

D’autres “produits expériences”, un terme particulièrement apprécié par Paul, sont proposés au stade : tels que le carré OR, un accès privilégié à proximité du banc de touche et un espace de restauration dédié en coursive, ou encore le club LOSC avec son accès en bord de pelouse en avant match pour observer l’échauffement des équipes.

L’une des priorités du club est également de garantir aux fans une expérience agréable quelle que soit l’issue du match. En effet, comme nous l’a expliqué Paul de Bel-Air, le chef de projet fan expérience du LOSC, lui et son équipe ne peuvent en aucun cas tenir compte des résultats sportifs, et doivent faire en sorte que les spectateurs présents au stade repartent avec une expérience réussie. Pour cela, nous avons vu que le club a mis en place des animations principalement orientées sur la récompense du spectateur (LOSComètre, show mi-temps, LOSC quiz) ainsi qu’une équipe de 10 personnes en charge d’informer et animer le public : la “LOSC squad”. En charge de la distribution du “LOSC in the City” le magazine du club sur les parvis du stade en avant-match, de la distribution de tee-shirt dans les tribunes grâce à un canon, du maquillage sur les supporters, ils accompagnent les Lillois durant tout l’avant match.

Une évolution positive autant sportive qu’extra sportive

Sportivement, le LOSC réalise une excellente saison (seconde place derrière l’intouchable Paris SG dont il sort vainqueur par 5 buts à 1 ce soir là, une vraie performance), mais du côté de l’extra-sportif c’est tout aussi intéressant. Le club est très pro dans son approche. Sa communication est soignée, la théâtralisation et l’habillage de ses différents espaces ne sont pas laissés au hasard. Le logo est très présent et c’est important pour véhiculer l’identité et l’image du club. Les coursives du stade Pierre Mauroy sont peut-être un peu terne, mais cela s’explique par le fait que le LOSC n’est pas le propriétaire de son stade, comme à Bordeaux. 

L’offre de restauration semble tout à fait correcte, avec des produits locaux à des tarifs similaires aux autres stades.
Niveau ambiance, le spectateurs lillois sont régulièrement comparés à celui de Lens, mais le public que nous avons vu dimanche soir était très investi en tribune.
Le fonctionnement avec deux “voix”, deux animatrices y est sans doute pour quelque chose. Ceci est une vraie best practice, cela permet de ne pas se cantonner uniquement au bord de terrain, mais au contraire d’aller explorer les différents espaces et d’être directement auprès des spectateurs. Ce qui est finalement plus que logique pour concerner un maximum de personnes dans l’ambiance de l’événement.

Enfin, le stade dispose d’un large espace autour du stade qui est pour le moment inoccupé par le club, un espace qui pourrait permettre d’offrir des animations au public tel qu’un mini terrain de football par exemple pour intégrer un peu plus le LOSC “in the city” en jour de match et pas uniquement dans son stade.

Nous avons pu vivre une expérience enrichissante au sein du LOSC, merci à Paul pour l’invitation et à l’ensemble de l’équipe pour leur très bon accueil. 

 

 

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