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INTERVIEW : bFAN, l’appli mobile qui anime les communautés de fans dans les clubs

À l’heure où le digital est partout et presque indispensable pour les clubs, nous avons discuté avec Nicolas Mencière, co-fondateur de bFAN.

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A l’heure où le digital est partout et presque indispensable pour les clubs, nous avons discuté avec Nicolas Mencière, co-fondateur de bFAN, une startup qui aide les clubs à animer leur relation avec leurs fans. Découvrez leur concept.

 

Salut Nicolas, peux-tu nous présenter bFAN et en quelques mots ? 

bFAN permet aux ligues et aux clubs professionnels d’offrir et de faire vivre à leurs fans des expériences inoubliables.

Plus concrètement, c’est une application mobile pour le club, gratuite pour les fans, sur laquelle le club peut poster grâce à notre plateforme de “fan engagement” du contenu varié dans le but de transformer  l’expérience de ses fans. Cette application offre aux clubs un nouveau moyen de communiquer, de fidéliser leurs fans, mais aussi de mettre en avant leurs sponsors en offrant de nouveaux espaces digitaux.  

Quelle est la cible exactement pour bFAN ?

Nous ciblons spécifiquement les clubs professionnels par équipe où la notion de communauté de fans est particulièrement importante  mais aussi les évènements ponctuels ou récurrents qui auraient la nécessité d’une appli mobile. Nous leur fournissons une appli clé en main en vraie marque blanche (NDLR : la marque bFAN n’apparaît nulle part) aux couleurs du club.

S’il y avait un gros avantage à l’utilisation de bFAN par les clubs à mettre en avant, lequel serait-il ?

bFAN offre beaucoup d’avantages pour les clubs, le premier étant que le club va disposer d’une application mobile professionnelle similaire à celles de gros clubs (PSG, Monaco) mais à une fraction du coût. De plus, le club obtient automatiquement les dernières fonctionnalités, mises à jours et bug fix. Une application de test est délivrée en quelques jours et une fois le contrat signé, elle est disponible en quelques semaines dans les Google et Apple stores. Il n’y a donc aucun risque ou surprise pour les clubs.

Ensuite, le club peut grâce à l’application faire participer les fans aux matchs grâce à un système innovant de gamification et de fidélisation.

C’est aussi un outil qui permet au club de créer de “l’User Generated Content” (du contenu généré par les fans eux-mêmes) et d’ensuite le réutiliser sur les réseaux sociaux.

Pour finir, et ce point est particulièrement important pour les clubs, leurs partenaires peuvent être mis en avant au sein de l’appli aux travers de divers espaces digitaux.
L’appli n’est donc plus un coût, mais une source de revenus pour eux. Un aspect tout particulièrement intéressant pour des budgets souvent limités.

L'application mobile bFANbFAN

L’application mobile bFAN

Quel est l’avantage de bFAN pour les fans ?

Avec bFAN, le fan est le grand gagnant. Il a la télécommande du match entre les mains. Il est en contact avec l’équipe en permanence. Il  obtient des informations en live, reçoit des push notifications et participe aux décisions et à la vie du club.
Par exemple, le club peut demander aux fans de prédire le score à la mi-temps ou encore de répondre à des sondages. Et plus le fan s’investit avec le club, plus le club peut directement reconnaître sa fidélité en lui faisant vivre des expériences uniques comme rencontrer des joueurs ou gagner des cadeaux uniques comme le maillot autographié par l’équipe.

Comment vous est venue l’idée de concevoir une application mobile pour aider les clubs à animer leur communauté de fans ?

Nous avons commencé à réfléchir avec mon partenaire Jean de Boysson à un concept dans le sport il y a quelques années. Au fur et à mesure du temps l’idée a évoluée jusqu’en 2014/2015 où nous avons réalisé que très peu de choses étaient faites pour les fans. Nous avons alors décidé de lancer bFAN.

Au contact des clubs, nous nous sommes rendus compte qu’il y a également un besoin fort chez les clubs d’avoir leur propre application mobile pour interagir avec leurs fans mais leurs budgets sont limités. C’est ce qui a fini par solidifier notre offre : un produit haut de gamme mais clé en main et accessible par tous les clubs.   

On peut dire que c’est une bonne idée, alors concrètement, comment l’application est-elle accueillie par les clubs ?

Nous avons de très bons retours par les clubs à qui nous avons présenté bFAN. C’est pratiquement 100% de retours positifs. Les clubs ont compris qu’il y a une réelle utilité, un vrai besoin de la part de leurs fans de bénéficier d’une solution digitale comme la nôtre. Ils ont aussi des  contraintes de modernisation qui sont imposées par leurs ligues et un besoin d’attirer un public toujours plus jeune.

La plateforme de gestion bFANbFAN

La plateforme de gestion pour le club, similaire à l’univers WordPress

Par contre, le cycle de vente dans un club est un peu long, cela s’explique car les décisionnaires sont parfois différents et difficilement accessibles. Mais l’intérêt d’un nouveau moyen de diffuser du contenu et ainsi de le monétiser en ciblant le public suscite un réel intérêt.
C’est aussi une solution envisageable pour augmenter son taux de remplissage, le nombre de partenaires et les revenus en matchday et hors matchday.

Comme beaucoup de projets dans le sport, je sais que bFAN est un véritable projet d’équipe. Peux-tu nous en dire plus à propos des personnes qui mènent ce projet ?

Comme je l’ai dit plus haut, nous sommes deux co-fondateurs : moi-même (Nicolas Mencière) et Jean de Boysson. Nous avons tous les deux une formation technique d’ingénieur informaticien. Jean a fait l’INSEAD et EPITA, une formation plus business tandis que j’ai fait EPITECH et un Master aux USA plus technique de chef de projet.
Nous nous sommes rencontré à New York, où nous avons travaillé dans la même entreprise : Morgan Stanley, une grande banque d’investissement.

Nous sommes aujourd’hui une équipe de 8 membres principalement tech mais nous sommes en train de développer l’aspect commercial.

Nicolas et Jean, les deux co-fondateurs de bFANbFAN

Nicolas et Jean, les deux co-fondateurs de bFAN

Concernant l’aspect financier, avez-vous reçu des soutiens ou des aides particulières lors du lancement de votre start-up  ?

Non, aucunes, car nous sommes encore très jeunes. Nous n’avons participé à rien aujourd’hui, mais peut-être prochainement.

Comme pour YPPA, c’est peut-être encore un peu tôt, mais avez-vous obtenu des prix ou des récompenses particulières pour ce projet ?

Pas encore mais on espère bientôt 🙂 Cependant nous avons été mentionnés dans le magazine SportTechie aux Etats-Unis en juin dernier. L’article est à lire ici.

Actuellement, vous êtes présent au Tremplin, l’incubateur de startup du sport numéro 1 à Paris, mais quelles sont vos ambitions à court et plus long terme ? Comment vois-tu bFAN dans 5 ans ?

Le Tremplin nous permet aujourd’hui de bénéficier d’un accompagnement exceptionnel et d’une forte émulsion entre startups du secteur. À terme, il est très probable que nous irons nous implanter ailleurs pour des raisons d’espace avant tout. A 5 ans, nous visons une internationalisation assez rapide vers l’EMEA (Europe, Moyen Orient, Afrique) qui nous permettra de développer une expérience globale et de devenir un leader de l’expérience fan.

L’EXPÉRIENCE FAN DE MANIÈRE GÉNÉRALE – POINT DE VUE
En tant que spécialiste, acteur du sport mais aussi fan, que penses-tu de l’expérience spectateur dans les stades aujourd’hui ?

Pour moi, il y a de gros progrès à faire. Beaucoup de choses sont à construire, c’est certain. Il faut certainement s’adapter au cas par cas et prendre les meilleures décisions.

“Je pense que l’expérience actuelle du supporter est supérieure devant sa TV que lorsqu’il est au stade et nous voulons changer ça.
En France, le match reste l’élément numéro 1. L’événement ne doit pas être centré uniquement sur l’opposition des deux équipes. Qui dit spectateur dit spectacle. Il faut donc du show.
Nous savons que la population est vieillissante, il faut donc une vraie stratégie pour attirer les plus jeunes et s’adapter à eux et à leurs exigences. Le prochain virage à négocier est celui du recrutement de la nouvelle génération.”

Même si le modèle américain n’est pas forcément adapté au modèle français, il y a des best practices à suivre et ainsi s’inspirer. Notamment les animations avant pendant et après le match. Faire du match un événement dans un événement et ainsi faire venir les gens 1 heure avant le coup d’envoi et les faire repartir 1 heure après. Tout cela dans le but d’améliorer l’expérience stade et d’augmenter les revenus.

Selon toi, les clubs sont-ils suffisamment actifs pour remplir leurs stades et séduire un public plus large ?

Clairement, je pense que non. Dans l’hexagone, l’accent est trop porté sur les joueurs et le résultat sportif, ceci comme unique clé de succès et de croissance.  

Les efforts des clubs ne se concentrent pas suffisamment sur faire grandir la fan base préférant investir sur le recrutement des meilleurs joueurs et meilleurs coachs. Ils n’ont souvent pas une vision de l’expérience fan comme axe de profit mais à l’inverse une visibilité à court terme. Alors que plus il y a de fans, plus le club rayonne et obtient des revenus.

Selon moi, les clubs ont de réels efforts à fournir : remettre le fan au centre de l’événement, car c’est le grand acteur du club, il en est membre, il parle, véhicule l’image et donne un intérêt à la venue de partenaires.

Notre application répond à deux de ces aspects : la communication et la création de liens forts entre le club et ses fans, ce qui augmente la notoriété du club.

Tous les vendredis, nous proposons une nouvelle idée expérience fan dans notre rubrique #FridayIdea. Aujourd’hui, c’est à ton tour d’être sollicité. Quelles idées pourrais-tu proposer pour dynamiser l’expérience du spectateur dans le sport ?

J’aimerais le rendre actif et moins passif notamment sur l’avant, pendant, et après match. Comme ce que l’appli bFAN propose ou encore via un concept novateur comme celui des Screaming Eagles que l’on découvrira en détail prochainement dans un grand dossier sur Fanstriker (les fans sont décisionnaires des choix, donnent leur avis, partagent des idées et vivent une expérience augmentée).
Remettre le fan au cœur du spectacle en lui donnant de la visibilité, et en lui offrant une expérience inoubliable.

Les fans se plaignent de leur faible pouvoir de décision, pour preuve, la dernière Fan Story de Charlotte, une fan du RC Lens qui le dit très bien. Il serait peut-être bon d’augmenter leur capacité de décision pour leur équipe. Ou en partie pour le recrutement par exemple.

Enfin, pour conclure, nous avons l’habitude de demander à chaque personne que nous rencontrons de nous donner une idée pour la prochaine interview des acteurs du sport ? Quel point de vue souhaiterais tu connaître sur le sujet de l’expérience fan ?

J’aimerais connaître la vision des community managers des clubs, ils sont vraiment au contact des fans. J’aimerais avoir la vision de ces personnes, dans plusieurs sports différents. Comment s’organisent-ils, existe-t-il des différences entre les pays, ou alors existe-il des problématiques similaires.

Et deuxième axe intéressant à étudier, du côté des partenaires des clubs. Pourquoi s’engagent-ils dans un club et qu’attendent-ils en contrepartie. Aimeraient-ils avoir des choses en plus.

Vous avez peut-être déjà pu utiliser cette application en marque blanche sans le savoir à l’occasion du Hand Star Game, ou vous aurez certainement l’occasion de le retrouver prochainement dans certains clubs. 
Merci Nicolas pour cette interview des acteurs du sport.
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Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

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INTERVIEW : Corentin Duluc (OL) : “Les clubs et stades français auraient intérêt à collaborer”

Responsable adjoint des Grands Événements au Groupama Stadium, le stade de l’OL, Corentin revient avec nous sur ses visites dans plusieurs stades européens.

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Cette semaine nous échangeons avec Corentin, responsable adjoint des Grands Événements au Groupama Stadium qui vient de terminer une série de plusieurs séjours et visites dans des stades en Europe. 

 

Corentin fait partie de nos fidèles qui suivent l’actualité Fanstriker depuis nos débuts il y a un peu plus de deux ans maintenant. Il vient d’achever une succession de voyages qui lui ont permis de visiter plusieurs stades en Europe. Il nous partage ses découvertes.

Bonjour Corentin, avant de revenir sur ton aventure dans plusieurs stades en Europe, peux-tu nous en dire plus sur toi ?

Passionné de sport depuis le plus jeune âge, j’ai d’abord été sur les terrains en tant que joueur, arbitre puis éducateur. Le sport s’est donc logiquement inscrit comme une évidence au moment de faire un choix professionnel.
Durant mes 6 années d’études, j’ai eu l’occasion de réaliser des expériences aux Chamois Niortais en Ligue 2, à l’Impact de Montréal en MLS, aux Girondins de Bordeaux en Ligue 1 où j’ai par ailleurs participé à l’inauguration du nouveau stade et finalement à l’Olympique Lyonnais toujours en Ligue 1 où j’évolue depuis 2015.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1112980242061197318

Tu es donc le responsable adjoint des Grands Évènements à l’Olympique Lyonnais depuis maintenant 3 années. Quel est ton périmètre de travail exactement ?

Mon périmètre d’activité concerne tous les événements sportifs et spectacles hors Ligue 1 ; cela peut donc aller du match de Coupe de France à la Coupe du Monde Féminine 2019, en passant par la Coupe d’Europe, les concerts, ou encore le Monster Jam, les demi-finales de Top 14, la Finale Europa League comme ce fut le cas en 2018.

J’ai un rôle de coordination administrative, technique et opérationnel de toutes les activités en lien avec ces événements. Cela peut aller de la rédaction d’un cahier des charges technique, à la mise en place d’un plan de communication, à de la projection budgétaire… en passant par la mise en place d’offres billetterie par exemple.
Dans le service des Grands Événements nous avons pour habitude de dire que nous sommes des spécialistes de “rien du tout” mais que nous allons chercher les compétences là où elles se trouvent et que notre objectif est de coordonner les différents acteurs qui vont nous épauler. C’est de la gestion de projet pure et dure.

Je conseille d’ailleurs souvent à des étudiants de ne pas hésiter à faire leurs premiers stages dans des clubs de Ligue 2 voire National, car on touche à beaucoup plus de choses…

Auparavant, tu as connu d’autres expériences, respectivement, aux Chamois Niortais, à Montréal au Canada et chez les Girondins de Bordeaux. Quelles inspirations retiens-tu de ces différents passages ?

J’ai eu la chance de mettre un pied très jeune dans le milieu du football professionnel, ce qui a facilité mon parcours. De commencer dans un club comme les Chamois Niortais m’a permis de m’exprimer plus facilement par la suite dans des clubs plus huppés.
Je conseille d’ailleurs souvent à des étudiants de ne pas hésiter à faire leurs premiers stages dans des clubs de Ligue 2 voire National, car on touche à beaucoup plus de choses… et c’est important d’avoir une vue d’ensemble du milieu dans lequel on évolue. Commencer aux Chamois est peut-être la plus grande chance que j’ai eue jusqu’ici dans mon parcours.

Je retiens également que le milieu du sport, plus que n’importe quel autre secteur, est hyper connecté. J’ai retrouvé des collègues, des prestataires, où encore quelqu’un avec qui j’ai pu travailler par le passé dans mes différentes aventures dans d’autres clubs. Le monde du sport et plus particulièrement du football professionnel est en réalité un tout petit monde.

Enfin, de mes différentes expériences, je retiens que si tu n’es pas passionné et prêt à t’investir, non pas à 200% mais plutôt à 300% ou 400%, cela est difficile de se faire sa place. La particularité du football, avec des matchs toutes les semaines, la répétition des événements… implique un grand investissement personnel et professionnel.

Tu as donc goûté au parfum de la MLS pendant ton expérience de quelques mois au sein de l’Impact de Montréal, quel souvenir gardes-tu ?

Un monde si proche du nôtre, mais à la fois très loin des codes du football européen. Un mixte entre les standards US (drafts, conférences, etc.) et le football tel qu’on le connaît. Là-bas, le football se consomme plus qu’il ne se pratique. Mais pour suivre régulièrement l’actualité du club et du soccer au Québec notamment, les mentalités changent à une vitesse impressionnante.

Penses-tu que comme le dit le commissionner Don Garber, “la MLS est en marche pour rejoindre le 5 majeur des grands championnats du football mondial” ?

La MLS ne peut que gagner en attractivité dans les années à venir. La construction de nouvelles enceintes modernes, le nombre grandissant de franchises, le retour sur investissement des efforts entrepris sur la formation des jeunes et autres vont lui permettre d’élever son niveau et son attractivité.

Cependant, je pense que pour se rapprocher des grands championnats européens, il faudra s’émanciper d’un certains nombre de standards américains.

Venons-en au sujet principal de notre interview.
Tu viens de conclure un périple de plusieurs voyages sur 1 an qui t’a conduit dans 8 villes européennes dans lesquelles tu as pu visiter 12 stades. C’était comment ?

Ce n’était pas du tout prévu au départ, du moins pas comme ça. Mais j’ai eu la chance entre mi-novembre et fin mars de pouvoir profiter de plusieurs week-ends prolongés (généralement entre 2 et 5 jours) et ainsi, de pouvoir visiter Bruxelles, Madrid, Londres, Varsovie, Berlin, Leipzig, Munich et enfin Porto où j’ai mêlé mes deux passions : les stades/arenas et la bière (car je suis un passionné de Craft beer).
J’ai donc eu la chance de découvrir entre autres le Wanda Metropolitano et Bernabeu à Madrid en Espagne, l’Emirates Stadium, Wembley et Stamford Bridge à Londres en Angleterre, le PGE Narodowy à Varsovie en Pologne ou encore l’Allianz Arena à Munich en Allemagne. 

Tu as partagé plusieurs tweets intéressants avec une patinoire en hors match, des chauffages dans les tribunes, les espaces VIP, quelle expérience t’a semblé la plus complète ou intéressante ?

Plusieurs expériences m’ont marqué : l’affluence que pouvait connaître le PGE Narodowy à Varsovie un dimanche soir de janvier avec la mise en place d’une patinoire, d’une piste de luge et d’autres activités, m’a particulièrement surpris. En effet, il devait y avoir plus de 500 personnes au stade ce soir-là alors qu’il était près de 19 heures.

Les espaces VIP d’Anderlecht m’ont également impressionnés avec une qualité et une diversité d’offres en décalage avec l’ancienneté du stade. Cela prouve que même dans un stade ancien, en y mettant les moyens et avec de la volonté, les clubs peuvent entreprendre de belles choses.

Dans leur globalité, l’Allianz Arena à Munich et le Wanda Metropolitano à Madrid sont les enceintes qui m’ont fait la plus forte impression. Tous les aménagements sont de qualité, et pensés pour l’expérience du spectateur.

Enfin, mon coup de coeur ? Les petites terrasses en synthétique des loges du Legia Varsovie.

As-tu remarqué des concepts innovants déployables en France ?

De nombreuses solutions de branding, du simple plan à de la décoration club ou sponsor (barrières brandées et facilement cleanables, logo du club sur le synthétique en sortie joueurs…), ont pu retenir mon attention. De nombreux aménagements pour faciliter la restauration des spectateurs (solutions techniques pour installer des manges-debout, packaging, menu board…) pourraient être transposables à l’échelle de chaque club.

Lors de ta présence à l’Olympiastadion à Berlin le 6 février dernier, tu as tweeté une photo d’un Fan truck du FC Bayern Munich, alors que ce stade est la maison du… Herta Berlin.

En effet, il est régulier de voir des fans shop sous format de truck des équipes visiteuses en Allemagne, comme ce fut le cas ce soir de match de coupe d’Allemagne à Berlin.
L’ensemble des spectateurs, fans du Herta, du Bayern, ou neutres, peuvent profiter des produits de chaque équipe.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1093249317836652561

Du coup, ça nous a fait penser à une idée pas si bête.
Imagine si lors de chaque match à l’extérieur, les clubs envoient un Fan Truck sur place pour que les fans qui habitent autour du stade de l’adversaire du jour puissent aussi s’équiper d’un maillot, d’une écharpe, etc. Qu’en penses-tu ?

La mentalité française ne permettrait pas ce genre d’échange. Le nombre d’interdiction de déplacement, d’arrêtés préfectoraux, démontrent que le chemin est long à parcourir avant de voir apparaître des fans shop d’une équipe visiteuse sur les parvis des stades français.
Alors oui, cela serait certainement possible sur certaines rencontres sans animosité ou avec une entente entre les supporters des clubs, mais de façon générale il y a d’abord un gros changement de mentalité à faire avant de mettre en place ce genre de pratique.

Tu nous parlais tout à l’heure de l’idée du stade national de Varsovie, le PGE Narodowy, qui a installé une patinoire géante éphémère en hiver, ouverte au public. C’est important selon toi de faire venir les gens au stade pour autre chose qu’un match ? Et plus largement de faire vivre le stade avec des revenus générés en dehors des rencontres sportives ?

Tout à fait.
Les jours de compétitions représentent entre 20 et 30 jours maximum pour chaque stade. Il est donc important de valoriser les plus de 300 jours restants. Visites, musées, attractions (comme cela est le cas à Varsovie), séminaires, etc., doivent venir compléter l’offre. Au delà de générer des revenus supplémentaires, cela permet également d’attirer un public qui ne viendrait pas forcément pour le sport de prédilection que le stade propose.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1084495910271369216

À l’image du PGE Narodowy, comment les stades peuvent-ils vivre et s’animer en dehors des horaires des matchs ?

Le Groupama Stadium à Lyon en est certainement le parfait exemple français. Cela peut aller de la simple visite de stade, au musée, à une offre de street art sur les murs de l’enceinte, comme nous le proposons à l’OL avec Offside Gallery. Cela peut également être des attractions liées à des dates spécifiques (Halloween, Pâques) ou plus régulières (Escape Game, Cirque, etc.). Le développement des alentours du stade est également important pour attirer du public hors jour de match, les stades se trouvant de plus en plus éloignés des centres-villes.

Malheureusement, dans nos nombreux modèles économiques d’enceintes françaises, la triple partie (collectivités, exploitant, club) ne permet pas de proposer des offres de qualité. Quand je vois que certains stades proposent des visites sans les panneaux de sponsors et d’interviews du club résident, cela enlève une grande partie du charme pour le client.

Justement, que penses-tu de l’avenir des visites de stades. C’est quelque chose qui n’est peut-être pas assez mis en avant par les clubs non ? La demande existe t-elle vraiment selon-toi ?

Les visites de stade représentent un énorme vecteur de fidélisation et d’attractivité des fans en plus de l’intérêt économique pour les clubs. Malheureusement, dans nos nombreux modèles économiques d’enceintes françaises, la triple partie (collectivités, exploitant, club) ne permet pas de proposer des offres de qualité. Quand je vois que certains stades proposent des visites sans les panneaux de sponsors et d’interviews du club résident, cela enlève une grande partie du charme pour le client.

D’après ce que tu as pu voir pendant tes récents voyages ou ta propre expérience dans les différentes structures, un club pourrait être nommé comme LA référence en matière d’expérience des fans ?

Comme évoqué précédemment, je pense sincèrement que l’Allianz Arena à Munich était en avance sur son temps en 2004 lors de sa construction, et a su évoluer et s’adapter aux évolutions des 15 dernières années pour rester au top de l’expérience sur le sol européen. Tout semble fluide, facile, accessible…
Le Wanda Metropolitano à Madrid semble prendre la même voie. Enfin, les stades anglais de Wembley et de l’Emirates Stadium peuvent être cités comme référence. Le nouveau stade de Tottenham devrait venir compléter cette liste.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1099637480389775361

Petite parenthèse. Tu as été diplômé en 2018 d’un Bac+5 en sport international et management des événements au sein de Kedge Business School.
Lors d’une précédente interview que nous avons réalisé avec Antony Thiodet, celui-ci partageait son inquiétude quant à la multiplication des écoles liées au sport business. Des écoles qui promettent parfois d’atteindre un rêve qui n’est en réalité pas si facile à obtenir et qui ne forment pas forcément selon les besoins du secteur du sport business.
En tant que professionnel du sport business issu d’une de ces écoles, qu’en penses-tu ?

En effet, je partage entièrement cet avis. La multiplication des formations et des écoles est en train de créer un déséquilibre sur le marché du sport business. Chaque année de plus en plus de juniors sortent des écoles alors que le nombre de postes ne croient pas à la même vitesse, obligeant de nombreux diplômés à se diriger vers d’autres secteurs. De plus, cette multitude d’écoles a, selon moi, fait baisser la qualité générale des formations qui aujourd’hui se battent davantage sur un plan commercial et marketing que sur du contenu de qualité pour leur formation.
Ce phénomène se rencontre également pour les stages où les offres ne sont plus suffisantes chaque année au vu du nombre croissant d’étudiants dans le sport business.

Que penses-tu de l’expérience que les clubs proposent à leurs fans dans le sport en général aujourd’hui, en France principalement mais également en dehors de nos frontières ?

Alors que de nombreux spécialistes évoquent des solutions disruptives ou innovantes, je pense qu’il serait important pour les clubs français de d’abord maîtriser et offrir des solutions de qualité en matière de services de base. L’accessibilité, la restauration, les toilettes, la visibilité, etc., sont des éléments de l’expérience qui doivent être maîtrisés avant de proposer des choses plus complexes.
Les stades Allemands et Anglais m’ont particulièrement impressionnés sur ces aspects là.

Selon toi, l’expérience fan est un effet de mode, ou il y a bien, au sein des structures une vraie prise de conscience qu’un changement doit s’opérer ?

Je préfère parler simplement “d’expérience” que de “fan expérience” car cela ne concerne pas forcément que les “fans” ou “supporter”, mais toute personne susceptible d’assister à une rencontre, à une visite, de venir à la boutique du stade. Mais en effet, avec l’arrivée des nouvelles générations et les changements de mentalités d’une façon plus globale, il apparaît important de proposer autre chose que la rencontre en elle-même.

D’ailleurs, comment définirais-tu l’expérience fan ?

D’après moi, l’expérience commence au moment de l’intention d’achat jusqu’à quelques jours après la rencontre, et englobe tous les aspects liés à la venue du spectateur (billetterie en ligne, transports pour venir, arrivée au stade, animations, restauration, départ du stade, interactions avec le club post match, etc.). C’est pour moi une multitude d’actions menées soit par le client lui-même soit proposées par le club, qui définissent une expérience globale. Il est important pour les clubs de faire en sorte que cette expérience prenne le dessus sur le résultat du match, qui lui ne peut être maîtrisé.

Si Jean-Michel Aulas (ou un autre président), te donnais les clés du club pour travailler sur les sujets liés à l’expérience du public, quelles actions pourrais-tu proposer aux fans pour leur garantir une plus grande expérience ?

Comme j’ai pu le dire précédemment, je m’efforcerais de travailler d’abord ce qu’on peut appeler les services de base (restauration, accessibilité, etc.) avant même d’entreprendre des actions plus développées. Puis, dans un deuxième temps, il m’apparaît important de proposer des expériences exclusives et personnalisées.

Pour conclure notre échange, souhaites-tu partager un message aux futurs acteurs du sport business, dans les clubs, les ligues, les fédérations ou autres marques au sujet de l’expérience du public ?

Il est important de partager avec les autres clubs, les autres sports mais également d’autres secteurs d’activités (aéroports, centre de loisirs, parcs d’attraction…) pour évoluer et s’améliorer au sujet de l’expérience proposée aux différents publics.
Les clubs français ou européens en général ont encore trop tendance à se croire concurrents.

J’ai eu la chance un jour de faire visiter le stade à une franchise de NHL (Tampa Bay) qui ne comprenait pas pourquoi je ne communiquais pas les chiffres exacts, que je ne partageais pas toutes mes données… car en effet, les franchises américaines partageant une partie de leurs revenus commerciaux, ont toutes intérêt à collaborer et à grandir ensemble. Les clubs et stades français en auraient également tout intérêt.

Merci à Corentin pour cette interview. Vous pouvez le retrouver sur LinkedIn ou encore Twitter. 

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