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INTERVIEW : Bizon, le site de rencontre pour les fans de sports

Fanstriker a rencontré Achille Dulac, l’un des co-fondateurs de Bizon. Une toute jeune Start-Up française qui propose aux fans de sport un concept nouveau.

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Nous sommes allés à la rencontre d’une Start-up française, qui a créé le premier “meetic” dédié aux fans de sport. L’un des 4 fondateurs, Achille Dulac nous a reçu pour nous parler de leur projet.

Retrouvez ci-dessous, l’interview vidéo d’Achille Dulac, l’un des co-fondateurs de Bizon.

                                

 

Les 4 fondateurs de BIZON

Emile Didier

Jacques Bizot

Achille Dulac

Elie Duteil

 

 

Parle nous de ta Start-up, combien êtes vous à participer au projet, d’où venez vous et qu’est ce qui vous a fait vous intéresser au sport ?

Je m’appelle Achille Dulac, j’ai 23 ans et je suis actuellement à l’école MBA ESG en management du sport. J’ai été passionné par le sport et le foot notamment depuis que je suis tout petit. j’ai joué plus de 10 ans en club et même si je joue moins maintenant, je suis ce sport encore énormément avec minimum 2 matchs par semaine. J’aime vraiment le sport et je me suis tourné vers des études sportives pour travailler dans ce monde là. L’année dernière, lors d’un projet autour de l’Euro 2016 on devait réfléchir sur plusieurs problématiques. Ce projet est née de là, pour trouver des solutions nouvelles et de nouvelles expériences pour les fans de foot, rugby, handball. Et d’autres sports à l’avenir sur notre site BIZONSPORTS. On est 4 fondateur: moi-même, mes 2 cousins Jacques Bizot et Emilie Didier, et un dernier fondateur qui s’appelle Elie Duteil, qui nous a rejoint en tant que développeur.

 

BIZON, qu’est ce que c’est exactement et pourquoi ce nom ?

BIZON, c’est un site qui facilite l’organisation de son salon avec ses amis ou pour rencontrer des fans autour d’un événement sportif. Exemple: je suis fan de l’AS Monaco, je vais pouvoir aller sur le site, ouvrir mon salon autour du match Monaco/Nantes ou Monaco/PSG, et j’invite des personnes à venir me rejoindre. Que ce soit mes amis où d’autres personnes comme des fans que je connais pas forcément. Moi je suis un grand fan de Chelsea et j’ai toujours eu du mal à trouver des amis pour regarder les matchs de cette équipe. J’habite en proche banlieue donc j’ai pas forcément beaucoup de bar autour de moi, et l’expérience bar c’est vraiment autre chose. L’idée vient donc de là. Pour ce qui est du nom, on a beaucoup cherché tous les 4 et on trouvais rien de très intéressant lié au sport. On s’est dit qu’on allait trouver quelque chose qui venait de notre enfance quand on passait nos vacances ensemble. On jouait énormément avec les pétards bison donc c’est venu de là, en plus on s’est rendu compte que le nom de famille qu’on avait en commun c’était Bizot, donc on a gardé ce nom qui est notre identité aujourd’hui.

 

Comment vous est venu l’idée de construire cette plateforme ?

Alors comme je l’ai dit, tout à commencé lors d’un groupe projet autour de l’Euro 2016, on s’est demandé “comment trouver une nouvelle expérience pour les fans, qu’ils se rencontrent et surtout qu’ils rencontrent le bon fan. Ne pas tomber dans un bar un peu neutre avec des gens pas vraiment fan, ou encore avec des gens qui sont là que pour boire ou manger. L’idée était aussi de trouver des fans absolu de certains clubs. A l’époque de l’Euro c’était pour des nations pas forcément connus où il n’y a pas forcément un groupe et ça arrive qu’on soit un peu seul à soutenir une équipe. On s’est aussi dit qu’il y aurait beaucoup d’étrangers et que ça serait une bonne occasion pour eux de vivre les matchs autrement, en allant chez l’habitant. Malheureusement avec les aléas de l’année dernière, on n’a pas pu être prêts pour l’Euro 2016 mais l’idée est restée. Le but étant de faire durer l’idée sur d’autres événements.

 

Est ce que tu n’as pas peur qu’il y ait une réticence de la part des utilisateurs à ouvrir leurs salons à des inconnus ?

Bien sûr c’est une de nos préoccupation, on cherche à avoir des profils très complets d’utilisateur pour rassurer au maximum chacun qui utiliserait la plateforme. Un hôte qui va ouvrir son salon a le choix d’accepter ou de refuser qui il veut, il peut supprimer son événement à tout moment, son adresse est également cachée. C’est à dire qu’on va montrer le quartier entouré sur une map mais tant que l’hôte n’a pas accepté l’invité, l’adresse n’est pas visible. On essaie de rassembler les échanges et d’avoir des profils connectés. En s’inscrivant par Facebook et Google ça renforce l’authenticité de leur identité. On a également d’autres possibilités pour renforcer cette sécurité à l’avenir avec des assurances salons et d’autres démarches de ce type, toujours pour offrir le maximum de sécurité sur notre site.

Bizon

Des utilisateurs, chez Victoria, qui a prêtée son salon pour le 1/4 de finale du mondial de Handball

 

Quels soutiens financiers avez vous reçus pour vous lancer dans ce projet ?

Aujourd’hui le projet est lancé depuis un petit mois et c’est simplement notre temps et un peu de notre argent qui a été investi. On a pas démarché d’investisseur ou de business angel. On souhaite faire à l’avenir des partenariats très ciblés, on veut éviter les bannières pubs et détruire l’expérience qu’on souhaite créer avec nos utilisateur. Simplement avoir un ajout de certains sponsors qui puissent être intelligent et qui renforcent l’expérience qu’on peut avoir sur le site. Ensuite essayer d’être autonome via notre business modèle qui arrivera par la suite.

 

Que penses-tu de l’expérience téléspectateur d’aujourd’hui pour un fan de sport ?

Aujourd’hui je trouve que l’expérience téléspectateur est bien sûr bien meilleure qu’avant avec la qualité d’image et les directs etc, mais l’offre de sport est totalement diluée sur plusieurs diffuseurs, ce qui la rend déjà un peu trouble à comprendre, il faut parfois passer par plusieurs site pour comprendre où le match va être diffusé, parce qu’il a été changé il est plus sur Bein il est passé sur canal… Ensuite ce phénomène crée des abonnements très chers, c’est très compliqué d’avoir tout l’offre de sport sur sa télé. Après au niveau de l’expérience, il y a aussi cette tendance à regarder des streamings illégaux qu’on cherche à combattre, pour nous c’est important de respecter la légitimité des droits et des compétitions. Aujourd’hui pour moi il y a 2 modèles: aller dans un bar et le vivre chez soi.

 

Comment vois-tu Bizon dans 3 ans ?

Dans 3 ans on espère que BIZON sera la première plateforme de rencontre autour du sport, et ensuite être disponible dans différents pays parce qu’on est convaincus que notre modèle et notre plateforme peuvent avoir un impact dans des pays qui ont un attrait énorme pour des sports très télévisuels.

 

En dehors du combo pizza + bière, as-tu d’autres idées pour dynamiser l’expérience du téléspectateur devant son match ?

Il faut savoir qu’aujourd’hui notre site est complet à 10%, le nombre de fonctionnalités a uptader est conséquent et on en a encore plein en magasin. Egalement une vrai mise à jour va être faite dans les prochains mois, à savoir la cagnotte. Exemple: je vais ouvrir mon salon pour un match et je vais décider du prix d’entrée, qui sera le frais de participation, pour 4 euros, en invitant 3 personnes, j’ai la possibilité de me faire payer 12 euros sur cette soirée. Je choisis ce prix en fonction de ce que j’offre à mes invités au niveau de l’hospitalité. Ensuite avec cette cagnotte, soit je la récupère sur mon compte en banque, soit je la débourse chez les (futurs) partenaires. Pour la petite histoire, la première soirée BIZON où je suis allé, c’était soirée raclette vin blanc. Comme quoi les gens peuvent vraiment être créatifs pour leur salon. Je suis sûr qu’avec cette cagnotte qui va les faire rentrer dans leur frais, il seront encore plus créatifs.

 

Pour conclure, s’il y avait un point de vue que tu souhaiterais connaitre sur le sujet de l’expérience fan ?

Etant donné le fait que nous avons crée un site à 4, je serais évidemment très intéressé d’avoir le point de vue des fondateurs et des dirigeants de MPG (Mon Petit Gazon) parce qu’ils ont crée une plateforme qui a mis du temps à avoir un vrai business modèle, 4 ans avant de déclencher des sponsoring, et certains leviers pour avoir un peu d’argent via leur site. Mais je suis très intéressé parce qu’ils ont crée un vrai jeu qui réside sur l’idée et non pas sur la rentabilité.

 

Le mot de la fin ?

Merci beaucoup à Fanstriker pour cette interview, j’espère encore en voir beaucoup sur ce site vraiment très innovant !

 

 

Merci Achille, on sent que vous êtes pleinement dédié aux fans et que vous innovez dans l’expérience proposée. On espère que vous nous réservez encore beaucoup de surprises sur la plateforme. On ne manquera pas de suivre vos mise à jour avec grand intérêt 😉

 

Pour retrouver Bizon c’est par ici :

 

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Passionné de sponsoring sportif, je pense que les marques favorisent l'expérience des fans en réalisant des animations toujours plus originales avec les clubs. Ma définition : Entre possible et impossible : 2 lettres et un état d’esprit.

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INTERVIEW : Corentin Duluc (OL) : “Les clubs et stades français auraient intérêt à collaborer”

Responsable adjoint des Grands Événements au Groupama Stadium, le stade de l’OL, Corentin revient avec nous sur ses visites dans plusieurs stades européens.

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Cette semaine nous échangeons avec Corentin, responsable adjoint des Grands Événements au Groupama Stadium qui vient de terminer une série de plusieurs séjours et visites dans des stades en Europe. 

 

Corentin fait partie de nos fidèles qui suivent l’actualité Fanstriker depuis nos débuts il y a un peu plus de deux ans maintenant. Il vient d’achever une succession de voyages qui lui ont permis de visiter plusieurs stades en Europe. Il nous partage ses découvertes.

Bonjour Corentin, avant de revenir sur ton aventure dans plusieurs stades en Europe, peux-tu nous en dire plus sur toi ?

Passionné de sport depuis le plus jeune âge, j’ai d’abord été sur les terrains en tant que joueur, arbitre puis éducateur. Le sport s’est donc logiquement inscrit comme une évidence au moment de faire un choix professionnel.
Durant mes 6 années d’études, j’ai eu l’occasion de réaliser des expériences aux Chamois Niortais en Ligue 2, à l’Impact de Montréal en MLS, aux Girondins de Bordeaux en Ligue 1 où j’ai par ailleurs participé à l’inauguration du nouveau stade et finalement à l’Olympique Lyonnais toujours en Ligue 1 où j’évolue depuis 2015.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1112980242061197318

Tu es donc le responsable adjoint des Grands Évènements à l’Olympique Lyonnais depuis maintenant 3 années. Quel est ton périmètre de travail exactement ?

Mon périmètre d’activité concerne tous les événements sportifs et spectacles hors Ligue 1 ; cela peut donc aller du match de Coupe de France à la Coupe du Monde Féminine 2019, en passant par la Coupe d’Europe, les concerts, ou encore le Monster Jam, les demi-finales de Top 14, la Finale Europa League comme ce fut le cas en 2018.

J’ai un rôle de coordination administrative, technique et opérationnel de toutes les activités en lien avec ces événements. Cela peut aller de la rédaction d’un cahier des charges technique, à la mise en place d’un plan de communication, à de la projection budgétaire… en passant par la mise en place d’offres billetterie par exemple.
Dans le service des Grands Événements nous avons pour habitude de dire que nous sommes des spécialistes de “rien du tout” mais que nous allons chercher les compétences là où elles se trouvent et que notre objectif est de coordonner les différents acteurs qui vont nous épauler. C’est de la gestion de projet pure et dure.

Je conseille d’ailleurs souvent à des étudiants de ne pas hésiter à faire leurs premiers stages dans des clubs de Ligue 2 voire National, car on touche à beaucoup plus de choses…

Auparavant, tu as connu d’autres expériences, respectivement, aux Chamois Niortais, à Montréal au Canada et chez les Girondins de Bordeaux. Quelles inspirations retiens-tu de ces différents passages ?

J’ai eu la chance de mettre un pied très jeune dans le milieu du football professionnel, ce qui a facilité mon parcours. De commencer dans un club comme les Chamois Niortais m’a permis de m’exprimer plus facilement par la suite dans des clubs plus huppés.
Je conseille d’ailleurs souvent à des étudiants de ne pas hésiter à faire leurs premiers stages dans des clubs de Ligue 2 voire National, car on touche à beaucoup plus de choses… et c’est important d’avoir une vue d’ensemble du milieu dans lequel on évolue. Commencer aux Chamois est peut-être la plus grande chance que j’ai eue jusqu’ici dans mon parcours.

Je retiens également que le milieu du sport, plus que n’importe quel autre secteur, est hyper connecté. J’ai retrouvé des collègues, des prestataires, où encore quelqu’un avec qui j’ai pu travailler par le passé dans mes différentes aventures dans d’autres clubs. Le monde du sport et plus particulièrement du football professionnel est en réalité un tout petit monde.

Enfin, de mes différentes expériences, je retiens que si tu n’es pas passionné et prêt à t’investir, non pas à 200% mais plutôt à 300% ou 400%, cela est difficile de se faire sa place. La particularité du football, avec des matchs toutes les semaines, la répétition des événements… implique un grand investissement personnel et professionnel.

Tu as donc goûté au parfum de la MLS pendant ton expérience de quelques mois au sein de l’Impact de Montréal, quel souvenir gardes-tu ?

Un monde si proche du nôtre, mais à la fois très loin des codes du football européen. Un mixte entre les standards US (drafts, conférences, etc.) et le football tel qu’on le connaît. Là-bas, le football se consomme plus qu’il ne se pratique. Mais pour suivre régulièrement l’actualité du club et du soccer au Québec notamment, les mentalités changent à une vitesse impressionnante.

Penses-tu que comme le dit le commissionner Don Garber, “la MLS est en marche pour rejoindre le 5 majeur des grands championnats du football mondial” ?

La MLS ne peut que gagner en attractivité dans les années à venir. La construction de nouvelles enceintes modernes, le nombre grandissant de franchises, le retour sur investissement des efforts entrepris sur la formation des jeunes et autres vont lui permettre d’élever son niveau et son attractivité.

Cependant, je pense que pour se rapprocher des grands championnats européens, il faudra s’émanciper d’un certains nombre de standards américains.

Venons-en au sujet principal de notre interview.
Tu viens de conclure un périple de plusieurs voyages sur 1 an qui t’a conduit dans 8 villes européennes dans lesquelles tu as pu visiter 12 stades. C’était comment ?

Ce n’était pas du tout prévu au départ, du moins pas comme ça. Mais j’ai eu la chance entre mi-novembre et fin mars de pouvoir profiter de plusieurs week-ends prolongés (généralement entre 2 et 5 jours) et ainsi, de pouvoir visiter Bruxelles, Madrid, Londres, Varsovie, Berlin, Leipzig, Munich et enfin Porto où j’ai mêlé mes deux passions : les stades/arenas et la bière (car je suis un passionné de Craft beer).
J’ai donc eu la chance de découvrir entre autres le Wanda Metropolitano et Bernabeu à Madrid en Espagne, l’Emirates Stadium, Wembley et Stamford Bridge à Londres en Angleterre, le PGE Narodowy à Varsovie en Pologne ou encore l’Allianz Arena à Munich en Allemagne. 

Tu as partagé plusieurs tweets intéressants avec une patinoire en hors match, des chauffages dans les tribunes, les espaces VIP, quelle expérience t’a semblé la plus complète ou intéressante ?

Plusieurs expériences m’ont marqué : l’affluence que pouvait connaître le PGE Narodowy à Varsovie un dimanche soir de janvier avec la mise en place d’une patinoire, d’une piste de luge et d’autres activités, m’a particulièrement surpris. En effet, il devait y avoir plus de 500 personnes au stade ce soir-là alors qu’il était près de 19 heures.

Les espaces VIP d’Anderlecht m’ont également impressionnés avec une qualité et une diversité d’offres en décalage avec l’ancienneté du stade. Cela prouve que même dans un stade ancien, en y mettant les moyens et avec de la volonté, les clubs peuvent entreprendre de belles choses.

Dans leur globalité, l’Allianz Arena à Munich et le Wanda Metropolitano à Madrid sont les enceintes qui m’ont fait la plus forte impression. Tous les aménagements sont de qualité, et pensés pour l’expérience du spectateur.

Enfin, mon coup de coeur ? Les petites terrasses en synthétique des loges du Legia Varsovie.

As-tu remarqué des concepts innovants déployables en France ?

De nombreuses solutions de branding, du simple plan à de la décoration club ou sponsor (barrières brandées et facilement cleanables, logo du club sur le synthétique en sortie joueurs…), ont pu retenir mon attention. De nombreux aménagements pour faciliter la restauration des spectateurs (solutions techniques pour installer des manges-debout, packaging, menu board…) pourraient être transposables à l’échelle de chaque club.

Lors de ta présence à l’Olympiastadion à Berlin le 6 février dernier, tu as tweeté une photo d’un Fan truck du FC Bayern Munich, alors que ce stade est la maison du… Herta Berlin.

En effet, il est régulier de voir des fans shop sous format de truck des équipes visiteuses en Allemagne, comme ce fut le cas ce soir de match de coupe d’Allemagne à Berlin.
L’ensemble des spectateurs, fans du Herta, du Bayern, ou neutres, peuvent profiter des produits de chaque équipe.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1093249317836652561

Du coup, ça nous a fait penser à une idée pas si bête.
Imagine si lors de chaque match à l’extérieur, les clubs envoient un Fan Truck sur place pour que les fans qui habitent autour du stade de l’adversaire du jour puissent aussi s’équiper d’un maillot, d’une écharpe, etc. Qu’en penses-tu ?

La mentalité française ne permettrait pas ce genre d’échange. Le nombre d’interdiction de déplacement, d’arrêtés préfectoraux, démontrent que le chemin est long à parcourir avant de voir apparaître des fans shop d’une équipe visiteuse sur les parvis des stades français.
Alors oui, cela serait certainement possible sur certaines rencontres sans animosité ou avec une entente entre les supporters des clubs, mais de façon générale il y a d’abord un gros changement de mentalité à faire avant de mettre en place ce genre de pratique.

Tu nous parlais tout à l’heure de l’idée du stade national de Varsovie, le PGE Narodowy, qui a installé une patinoire géante éphémère en hiver, ouverte au public. C’est important selon toi de faire venir les gens au stade pour autre chose qu’un match ? Et plus largement de faire vivre le stade avec des revenus générés en dehors des rencontres sportives ?

Tout à fait.
Les jours de compétitions représentent entre 20 et 30 jours maximum pour chaque stade. Il est donc important de valoriser les plus de 300 jours restants. Visites, musées, attractions (comme cela est le cas à Varsovie), séminaires, etc., doivent venir compléter l’offre. Au delà de générer des revenus supplémentaires, cela permet également d’attirer un public qui ne viendrait pas forcément pour le sport de prédilection que le stade propose.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1084495910271369216

À l’image du PGE Narodowy, comment les stades peuvent-ils vivre et s’animer en dehors des horaires des matchs ?

Le Groupama Stadium à Lyon en est certainement le parfait exemple français. Cela peut aller de la simple visite de stade, au musée, à une offre de street art sur les murs de l’enceinte, comme nous le proposons à l’OL avec Offside Gallery. Cela peut également être des attractions liées à des dates spécifiques (Halloween, Pâques) ou plus régulières (Escape Game, Cirque, etc.). Le développement des alentours du stade est également important pour attirer du public hors jour de match, les stades se trouvant de plus en plus éloignés des centres-villes.

Malheureusement, dans nos nombreux modèles économiques d’enceintes françaises, la triple partie (collectivités, exploitant, club) ne permet pas de proposer des offres de qualité. Quand je vois que certains stades proposent des visites sans les panneaux de sponsors et d’interviews du club résident, cela enlève une grande partie du charme pour le client.

Justement, que penses-tu de l’avenir des visites de stades. C’est quelque chose qui n’est peut-être pas assez mis en avant par les clubs non ? La demande existe t-elle vraiment selon-toi ?

Les visites de stade représentent un énorme vecteur de fidélisation et d’attractivité des fans en plus de l’intérêt économique pour les clubs. Malheureusement, dans nos nombreux modèles économiques d’enceintes françaises, la triple partie (collectivités, exploitant, club) ne permet pas de proposer des offres de qualité. Quand je vois que certains stades proposent des visites sans les panneaux de sponsors et d’interviews du club résident, cela enlève une grande partie du charme pour le client.

D’après ce que tu as pu voir pendant tes récents voyages ou ta propre expérience dans les différentes structures, un club pourrait être nommé comme LA référence en matière d’expérience des fans ?

Comme évoqué précédemment, je pense sincèrement que l’Allianz Arena à Munich était en avance sur son temps en 2004 lors de sa construction, et a su évoluer et s’adapter aux évolutions des 15 dernières années pour rester au top de l’expérience sur le sol européen. Tout semble fluide, facile, accessible…
Le Wanda Metropolitano à Madrid semble prendre la même voie. Enfin, les stades anglais de Wembley et de l’Emirates Stadium peuvent être cités comme référence. Le nouveau stade de Tottenham devrait venir compléter cette liste.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1099637480389775361

Petite parenthèse. Tu as été diplômé en 2018 d’un Bac+5 en sport international et management des événements au sein de Kedge Business School.
Lors d’une précédente interview que nous avons réalisé avec Antony Thiodet, celui-ci partageait son inquiétude quant à la multiplication des écoles liées au sport business. Des écoles qui promettent parfois d’atteindre un rêve qui n’est en réalité pas si facile à obtenir et qui ne forment pas forcément selon les besoins du secteur du sport business.
En tant que professionnel du sport business issu d’une de ces écoles, qu’en penses-tu ?

En effet, je partage entièrement cet avis. La multiplication des formations et des écoles est en train de créer un déséquilibre sur le marché du sport business. Chaque année de plus en plus de juniors sortent des écoles alors que le nombre de postes ne croient pas à la même vitesse, obligeant de nombreux diplômés à se diriger vers d’autres secteurs. De plus, cette multitude d’écoles a, selon moi, fait baisser la qualité générale des formations qui aujourd’hui se battent davantage sur un plan commercial et marketing que sur du contenu de qualité pour leur formation.
Ce phénomène se rencontre également pour les stages où les offres ne sont plus suffisantes chaque année au vu du nombre croissant d’étudiants dans le sport business.

Que penses-tu de l’expérience que les clubs proposent à leurs fans dans le sport en général aujourd’hui, en France principalement mais également en dehors de nos frontières ?

Alors que de nombreux spécialistes évoquent des solutions disruptives ou innovantes, je pense qu’il serait important pour les clubs français de d’abord maîtriser et offrir des solutions de qualité en matière de services de base. L’accessibilité, la restauration, les toilettes, la visibilité, etc., sont des éléments de l’expérience qui doivent être maîtrisés avant de proposer des choses plus complexes.
Les stades Allemands et Anglais m’ont particulièrement impressionnés sur ces aspects là.

Selon toi, l’expérience fan est un effet de mode, ou il y a bien, au sein des structures une vraie prise de conscience qu’un changement doit s’opérer ?

Je préfère parler simplement “d’expérience” que de “fan expérience” car cela ne concerne pas forcément que les “fans” ou “supporter”, mais toute personne susceptible d’assister à une rencontre, à une visite, de venir à la boutique du stade. Mais en effet, avec l’arrivée des nouvelles générations et les changements de mentalités d’une façon plus globale, il apparaît important de proposer autre chose que la rencontre en elle-même.

D’ailleurs, comment définirais-tu l’expérience fan ?

D’après moi, l’expérience commence au moment de l’intention d’achat jusqu’à quelques jours après la rencontre, et englobe tous les aspects liés à la venue du spectateur (billetterie en ligne, transports pour venir, arrivée au stade, animations, restauration, départ du stade, interactions avec le club post match, etc.). C’est pour moi une multitude d’actions menées soit par le client lui-même soit proposées par le club, qui définissent une expérience globale. Il est important pour les clubs de faire en sorte que cette expérience prenne le dessus sur le résultat du match, qui lui ne peut être maîtrisé.

Si Jean-Michel Aulas (ou un autre président), te donnais les clés du club pour travailler sur les sujets liés à l’expérience du public, quelles actions pourrais-tu proposer aux fans pour leur garantir une plus grande expérience ?

Comme j’ai pu le dire précédemment, je m’efforcerais de travailler d’abord ce qu’on peut appeler les services de base (restauration, accessibilité, etc.) avant même d’entreprendre des actions plus développées. Puis, dans un deuxième temps, il m’apparaît important de proposer des expériences exclusives et personnalisées.

Pour conclure notre échange, souhaites-tu partager un message aux futurs acteurs du sport business, dans les clubs, les ligues, les fédérations ou autres marques au sujet de l’expérience du public ?

Il est important de partager avec les autres clubs, les autres sports mais également d’autres secteurs d’activités (aéroports, centre de loisirs, parcs d’attraction…) pour évoluer et s’améliorer au sujet de l’expérience proposée aux différents publics.
Les clubs français ou européens en général ont encore trop tendance à se croire concurrents.

J’ai eu la chance un jour de faire visiter le stade à une franchise de NHL (Tampa Bay) qui ne comprenait pas pourquoi je ne communiquais pas les chiffres exacts, que je ne partageais pas toutes mes données… car en effet, les franchises américaines partageant une partie de leurs revenus commerciaux, ont toutes intérêt à collaborer et à grandir ensemble. Les clubs et stades français en auraient également tout intérêt.

Merci à Corentin pour cette interview. Vous pouvez le retrouver sur LinkedIn ou encore Twitter. 

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