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INTERVIEW : Michaël Michée, le community manager des Chamois Niortais

Nous avons rencontré le community manager des Chamois Niortais. Il nous raconte comment il a fait pour réaliser ses nombreux buzz sur la toile.

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Cette semaine, vous avez pu découvrir une analyse des clubs professionnels sur le réseau social Facebook. À cette occasion, nous avons voulu interroger l’acteur qui est au centre de toute cette animation sur le digital, le community manager. Alors qui est-il ? Que fait-il au quotidien pour animer ses fans ?

 

Bonjour Michaël (à droite sur la photo à côté d’Andoni Zubizarreta le directeur sportif de l’OM), tu es community manager d’un club professionnel, peux-tu te présenter et nous en dire un peu plus sur tes missions ? 

M.M : Bonjour, je m’appelle Michaël Michée, j’ai 33 ans et je suis, entre autres, le CM des Chamois Niortais. J’occupe ce poste depuis l’été 2016. Auparavant, j’occupais le poste de Responsable Communication pour le club vendéen de Luçon, en National pendant une saison et demie. Cette année, j’étais en charge, notamment, de l’infographie et de la partie Community Management. À partir de cette intersaison, mon rôle va évoluer avec la prise en charge de l’ensemble de la communication du club. Mais j’occuperai toujours également le poste de Community Manager.

Nous savons qu’un club a tout intérêt à être présent sur plusieurs réseaux. Sur quels réseaux sociaux communiques-tu à Niort ? 

Au sein du club, nous communiquons sur Facebook, Twitter  et Instagram. Si je ne dis pas de bêtises, il me semble que nous sommes le seul club à avoir plus de followers (Twitter) que de j’aime (Facebook) (NDLR : Niort partage cette particularité avec le Tououse FC qui évolue en Ligue 1). Nous espérons développer notre compte Instagram au cours de la prochaine saison. Notamment en y liant le contenu de notre compte Flickr (NDLR : un réseau social de partage d’images et de vidéos).

Nous nous sommes posés la question de lancer un compte Snapchat mais, pour le moment, nous ne souhaitons pas encore le faire car nous n’avons pas les moyens humains pour y proposer du contenu régulier. Le but n’est pas de multiplier les moyens de communication si la qualité n’est pas au rendez-vous.

Snapchat n’est donc pas en projet chez les Chamois.
Chaque réseau possède son propre langage, quelles stratégies adoptes-tu pour chacun d’entre eux ? 

Pour Facebook et Twitter, le contenu partagé est essentiellement le même. La chose qui va parfois changer entre les deux, c’est la manière dont le message est adressé à notre communauté. Ce n’est pas exactement le même public, ni les mêmes codes, donc il faut adapter en fonction des normes de chaque réseau. Chez nous, le ton utilisé sur Twitter sera généralement plus décalé et demandera plus de créativité. Pour Facebook, c’est un peu plus policé et plus neutre.

Selon nos observations, nous avons remarqué que les clubs utilisent moins Instagram que les autres réseaux, est-ce un choix selon toi et est-ce le cas pour Niort ?

Pour les autres clubs, je ne peux pas te répondre, mais je sais que pour nous, ce n’est pas un choix. Le club manque juste de moyens au niveau de la photographie. Comme je te disais tout à l’heure, on souhaite développer ce réseau car c’est un public différent de Facebook et Twitter. Cependant, nous avons déjà un compte Flickr, où le club partage du contenu des matches à domicile via un photographe prestataire.
Découvrez les photos du club niortais

 

“En France, j’aime beaucoup le travail de l’AS Monaco. Leurs contenus, que je trouve très originaux et très réussis graphiquement, me plaisent énormément.”

 

En tant que CM, tu dois surement avoir des idées pour améliorer la relation avec les fans, peux-tu en partager quelques-unes avec nous ? 

Il y a certaines idées que je ne peux pas encore partager car ce sont des surprises pour nos supporters. Une petite info quand même, c’est que l’on va mettre en place un sondage pour élire, chaque mois, le plus beau but des Chamois. Nous l’avons testé en fin de saison et nous avons vu que ça avait plu à nos fans.

Pour le reste, on essaiera d’innover afin de faire découvrir les coulisses du club et de proposer des contenus exclusifs à nos supporters. Les réseaux servent à élargir notre public mais, la priorité, c’est déjà de réussir à fidéliser nos propres supporters, qui sont là au quotidien avec nous.

Fidéliser ses fans déjà acquis c’est une priorité c’est vrai.
En France ou à l’étranger, y-a-t-il un club ou un sport que tu as remarqué pour l’originalité du travail et des pratiques appliquées sur le digital ?
 

En France, j’aime beaucoup le travail de l’AS Monaco. Leurs contenus, que je trouve très originaux et très réussis graphiquement, me plaisent énormément.

Mais en terme de relationnel fans, je pense que les Américains ont une longue d’avance sur nous. J’aime beaucoup le travail fait par les clubs de sports US, que cela soit en MLS, NBA ou NHL. J’apprécie également ce qui est mis en place en Angleterre. C’est différent de ce que l’on peut voir en France, où on tire encore un peu le frein, et je trouve ça très réussi.

Si l’on analyse la saison de Niort cette saison sur les réseaux, vous avez été présent en grande pompe sur Twitter. Notamment avec cette histoire d’amour avec Virginie et Jordan, respectivement CM de Guingamp et de Nîmes. Peux-tu nous en dire plus sur cette love story ? 

Au départ, c’est surtout une histoire entre Guingamp et Nîmes. Moi, je me suis juste parfois glissé dans leurs discussions sur Twitter car j’apprécie leur travail à tous les deux. Ça permet aussi d’améliorer la communication de notre club, avec une visibilité plus large. L’objectif était également de s’amuser, de partager de la bonne humeur en postant des tweets décalés. Le foot reste un jeu. Surtout sur les réseaux sociaux.

 

“Parmi les buzz dont je suis le plus fier, il y a l’exemple de la proposition de contrat à Zlatan Ibrahimovic dernièrement. Cela a même été relayé dans les médias suédois et j’ai pu avoir un échange sympa sur Twitter avec le Hertha Berlin, également sur le coup. Maintenant, on attend la réponse de Zlatan.”

 

Pour exister hors du terrain, les clubs n’ont parfois que besoin de sortir la bonne vanne au bon moment. Quel l’action ou le buzz dont tu es le plus fier cette saison ? 

En terme de médiatisation, je dirais sans hésiter, le match de Coupe de France contre le Paris Saint Germain. Le travail que j’ai effectué était pourtant quasi-semblable à celui de d’habitude, mais il a été beaucoup plus mis en avant. Cet évènement à permis de mettre en avant le club, ainsi que nos réseaux sociaux, et de faire parler des Chamois. C’est le plus important finalement.

J’avais fait monter la sauce avec le tweet de la photo de Marco Verratti, qui a été relayé de très nombreuses fois et qui a été très apprécié. Les échanges que j’ai pu avoir avec Thomas Meunier ont également permis de faire de ce match quelque chose de différent des autres au niveau de la visibilité et de la notoriété du club.

Dernièrement, il y a également une publication qui fait couler beaucoup d’encre : celle de la proposition de contrat à Zlatan Ibrahimovic. Cela a même été relayé dans les médias suédois et j’ai pu avoir un échange sympa sur Twitter avec le Hertha Berlin, également sur le coup. Maintenant, on attend la réponse de Zlatan !

On voit que tu n’as pas peur d’amuser tes fans au plus grand bonheur des amoureux de football.
Avant de conclure cette sympathique interview en ta compagnie, nous te proposons une rapide interview dans l’interview que nous avons appelé la Fastriker. 

Facebook ou Twitter ?
Plutôt Twitter, mais les deux sont indispensables pour le club.

Ordinateur ou smartphone ?
Smartphone. Il ne me quitte jamais.

Jour de match ou jour de semaine ?
Sans hésiter, jour de match.

Lendemain de victoire ou lendemain de défaite ?
Lendemain de victoire évidemment. Mais mon travail est presque plus important les lendemains de défaite.

Gifs ou punchlines ?
Choix très durs, mais je dirais plutôt les Gifs.

Ligue 1 ou championnat étranger ?
Plutôt étranger car en France on n’ose pas vraiment se lâcher sur notre communication digitale.

Guingamp ou Nimes ?
J’adore les deux, mais je dirais Guingamp, parce que le CM est une fille.
(NDLR : il veut pécho on dirait).

Ton CM préféré ?
Celui (qui est celle d’ailleurs) du RC Lens, avec qui je m’entends très bien.
(NDLR : ah mince, c’est pas Guingamp ? On dit ça, on dit rien).

Et enfin, le mercato est ouvert depuis quelques jours, si demain tu devais être transféré dans un club, lequel te tenterait le plus ?

Je ne l’ai jamais caché à ceux qui me suivent sur Twitter, je suis un fervent supporter de l’Olympique de Marseille. Mais comme je suis sous contrat avec les Chamois et que je me sens bien au club, je pense que l’indemnité de transfert serait trop élevée pour l’OM, malgré le Champions Project.

Un CM créatif qui n’est jamais à court d’humour mais peut-être à court d’amour. Alors si des comptes Twitter de clubs se sentent également seuls, vous savez où le trouver 🙂
Merci à toi Michaël d’avoir répondu à nos questions et de nous avoir présenter ton métier qui devrait faire naitre de nombreuses envies d’apprendre ce métier original. 

Vous pouvez suivre Michaël et les Chamois Niortais sur Twitter et réagir à cette interview avec nous via twitter 

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INTERVIEW : Pascal Biojout (All Star Game) : “16 éditions à guichets fermés”

Organisateur du LNB All Star Game depuis 2002, Pascal Biojout nous explique comment cet événement est devenu un moment fort de d’année du basketball français.

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Organisateur du LNB All Star Game depuis 2002, Pascal Biojout nous partage les recettes de la réussite d’un événement majeur du basketball français de fin d’année comme celui-ci. 

Chaque fin d’année depuis 33 ans maintenant est rythmée par l’événement phare du basket français : le LNB All Star Game (ASG). Un événement auquel nous avons assisté dans le but d’analyser l’expérience que peut offrir un événement qui fait salle comble depuis 16 éditions consécutives. 

Pascal Biojout, le directeur de l’agence de conseil Sport Plus Conseil qui est organisateur de ce ASG nous partage sa vision et l’histoire de cet événement.
Retrouvez cette interview ci-dessous en version rédigée ou en version vidéo un peu plus bas. 

Concours de Dunk Jeep au All Star Game LNB©LNB IS BELLENGER

L’entrée des candidats ASG pour participer au concours de dunk

Bonjour Pascal Biojout, pouvez-vous présenter l’agence Sport Plus Conseil dont vous êtes le directeur ?

Sport Plus Conseil est une agence qui existe depuis plus de 20 ans dont le coeur de métier est l’organisation événementiel avec une forte présence depuis longtemps dans le basketball mais pas uniquement. 

Quel est votre rôle dans l’organisation du LNB All Star Game exactement ? 

Nous sommes à l’origine de la création du All Star Game “new look” dont la première édition à eu lieu à Bercy en 2002. À cette époque là, j’étais déjà présent, Nike était le producteur de l’événement et nous étions les producteurs exécutifs. Avec Nike dont j’étais proche, nous nous étions dit “nous voudrions faire le All Star Game dont on rêve” et donc voilà d’où est partie cette histoire. 

Aujourd’hui l’AccorHotels Arena affiche guichets fermés. Comment expliquez-vous cet engouement pour ce événement ? 

Je reviens dans l’histoire en 2002 lorsque l’on s’était dit que nous souhaitions faire l’événement dont on rêve sans faire de compromis. C’est à dire en faisant de la qualité, ne pas transiger sur la qualité des lumières, du son etc. Pour que le public réalise ça et ensuite que l’on avance sur un cercle vertueux de remplissage de la salle.

En 2002, il y avait 11 000 spectateurs dont 5 000 invitations, on a beaucoup galéré. Et à partir de 2003, l’événement était à guichets fermés et depuis c’est 16 éditions à guichets fermés dont cette édition en 2018 avec 15 988 spectateurs.

Les facteurs sont donc multiples, je crois qu’il faut avoir de l’authenticité. Cela dépend de la cible à laquelle on s’adresse. Nous on sait que l’on a une cible familiale qui vient dans un esprit festif. Lorsque l’on choisit des ingrédients dans un événement sportif, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde, tout le temps. En revanche, on essaye qu’à au moins un moment de la soirée, chacune des personnes présentes puisse avoir un moment qu’elle apprécie particulièrement et puisse le raconter en bouche à oreille le lendemain ou surlendemain pour le soir du réveillon par exemple. C’est ça qui guide notre conduite enfaite. 

Pour vous, la fan expérience est donc de sans cesse proposer un petit moment au public pour qu’il se souvienne de cet événement et du moment qu’il vient de passer ? 

Oui, je crois qu’un événement réussi est un événement dont nous avons envie de parler en bien quand on en sort. Je pense modestement que c’est un peu le cas du All Star Game, puisque cela fait 16 ans que ça dure et nous n’avons pas une communication nationale très importante. On sait que c’est le bouche à oreille qui nous porte en réalité.
Mais pour cela, il faut beaucoup se remettre en question, il faut travailler sur l’inédit, l’exigence des personnes doit être toujours plus importante et il ne faut pas transiger sur la qualité. 

Votre objectif est-il de se rapprocher d’un All Star Game à l’américaine ou au contraire de faire de cet événement un événement très franco-français ? 

Évidemment, on s’inspire de ce que fait la NBA, sinon ce serait stupide parce que c’est la première ligue de basket au monde mais je pense aussi qu’elle est la première ligue de sport mondiale en termes de marketing et d’organisation événementiel.
En revanche, on a une culture française et même si l’on s’inspire de la NBA et de ses ingrédients, nous cherchons toujours à avoir une authenticité. Non pas pour se démarquer mais pour avoir notre propre identité finalement. Et je pense que les gens le ressentent aussi.

Pour finir avec une question qui n’est pas facile, quelle est votre définition de l’expérience fan ? 

À chaud, c’est toujours difficile de répondre à cette question mais l’expérience fan c’est de dire voilà, je viens en famille et je passe un moment de plaisir. Pour moi l’expérience fan est associée à plaisir tout simplement. Ce sont des choses finalement très simples mais si évidentes à mettre en musique.

Par exemple, je crois qu’aujourd’hui nous avons des ingrédients dans un show, qui pour moi sont des ingrédients pour que cela marche mais rien n’est acquis, il peut y avoir des problèmes qui se posent où des choses qui ne prennent pas ou que sais-je. Nous ne sommes pas à l’abri des aléas du direct non plus. Il faut être très modeste lorsque l’on fait ce genre de chose.
Mais en tout cas la démarche qui nous guide est vraiment celle du plaisir du spectateur car il est notre client au final.

 

Le LNB All Star Game est un événement qui séduit au delà même des fans de basketball en France. Il attire également les fans puristes du basket américain (la NBA) qui ne suivent pas forcément ce sport en France. 
C’est un bon cas d’école pour valoriser un sport, en s’inspirant des meilleures pratiques qu’offre ce sport au niveau mondial.

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