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Interview de Danny Lee, Head of Ticketing à Swindon Town FC Interview de Danny Lee, Head of Ticketing à Swindon Town FC

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INTERVIEW : Danny Lee (Swindon FC) : “Les jeunes sont le futur de notre club”

Responsable de la Billetterie au Swindon Town FC, Danny met en oeuvre de nombreuses actions pour satisfaire l’ensemble de ses fans.

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Fanstriker suit Danny depuis un bon moment maintenant, puisque c’est un acteur clé sur le sujet de la fan expérience, souvent à l’origine de contenu très pertinent sur LinkedIn. Lui et son équipe au sein du Swindon Town FC sont toujours en train de proposer de nouvelles activations intéressantes à leurs fans.

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Le Swindon Town FC est un club de football professionnel anglais fondé en 1879. L’équipe joue en League Two, la 4e division de la ligue de football anglaise. Le club joue à domicile au County Ground, un stade de 15 700 places.

Bonjour Danny, peux-tu te présenter plus en détail pour nos lecteurs français et nous expliquer un peu ton rôle au sein du club ?

Je suis le Responsable billetterie au sein du Swindon Town FC (STFC), ce qui veut dire que je suis responsable de la vente des billets pour tous les matchs à domicile et à l’extérieur mais également en charge de toute l’expérience jour de match et de l’engagement des fans. C’est très lié donc au remplissage du stade et à l’intérêt général des fans pour le club. Mon rôle est d’améliorer et de développer notre stratégie billetterie et notre service client pour tous les spectateurs.

Combien d’employés sont dédiés à la fan expérience au sein du club ?

Nous avons vraiment une petite équipe ici. Et souvent nos missions sont assez transversales et on s’aide les uns les autres. À l’approche du jour de match, je travaille avec le Responsable Médias (ndlr: Ben Hooke) et l’équipe créative pour tout mettre en place niveau marketing et activations pour les fans comme par exemple les animations de maquillage. En jour de match, j’ai vraiment à cœur d’accueillir et de souhaiter la bienvenue aux fans. Je m’assure que notre promesse de leur offrir une expérience inédite est bien tenue. On a également du personnel spécifique en jour de match mais ce sont principalement des bénévoles qui nous aident. Tous sont plutôt des habitués, une fois encore pour assurer la qualité de notre offre à tout moment.

"My First Match", le diplôme offert aux enfants dont c'est le premier match au stade@DannyLee

“My First Match”, le diplôme offert aux enfants dont c’est le premier match au stade

Un enfant et son papa fans de Swindon avec le diplôme@DannyLee

Un enfant et son papa fans de Swindon avec le diplôme

Il y a deux mois vous avez lancé une initiative géniale appelée “Mon premier Match”. Un diplôme remis aux enfants venant pour la première fois au stade. Nous l’avions partagé sur les réseaux sociaux de Fanstriker, et cela avait suscité beaucoup de réactions positives.
Peux-tu nous en dire plus sur cette action ?

C’est vrai que c’est une super initiative et les retours que nous avons eu sont très positifs, tant pour les fans du club que pour les fans des équipes visiteurs. L’idée nous est venue avec un collègue lors d’un séminaire de la ligue de football en Avril dernier. On y avait évoqué des nouvelles idées pour améliorer l’expérience jour de match des fans. J’ai été particulièrement attentif aux actions proposées pour les enfants et comment faire de ce premier match un moment unique avec un petit quelque chose en plus. Je pense que cela les incite à revenir, peu importe le résultat sportif. C’est dans cette voie que nous souhaitons développer nos activations.

En effet, on remarque que la plupart de vos actions sont menées pour le jeune public (enfants et ados). Pourquoi en faire votre cible privilégiée ?

Les jeunes sont le futur de notre club et sont donc très importants pour nous. Ce sont les futurs abonnés et nous sommes vraiment fiers d’avoir cette culture familiale au sein du club. J’ai l’impression que les enfants sont moins intéressés par le score final que les adultes lorsqu’ils décident d’aller voir un match. Donc si on fait des choses pour les jeunes, leurs parents seront également plus enclins à venir.

Quelle est l’action mise en place pour vos fans dont tu es le plus fier ?

Je suis vraiment fier du diplôme “Mon premier match” dont nous parlions plus haut. Mais je dirais que notre journée portes ouvertes aux jeunes “Junior takeover” a été la plus réussie jusqu’à présent. Nous avons eu plus de 700 nouveaux enfants au stade, nous avons distribué des billets gratuits dans les quartiers, des joueurs sont allés donner des cours de sport dans les écoles et nous avons offert des visites gratuites du stades à des groupes scolaires. C’était fantastique et je suis vraiment fier de voir autant de nouvelles têtes au stade. Il y a eu aussi le lancement de la nouvelle fan zone famille, également un grand moment dont je suis fier.

Junior-takeover-Swindon-Town-Danny-Lee@DannyLee

Journée portes ouvertes pour les enfants à Swindon Town FC

La thématique de la fan expérience c’est plutôt un hobby, une passion ou juste une partie de ton travail ?

Tout d’abord, avant d’en faire mon métier, j’étais (et je suis toujours) un très grand fan de football. Du coup, j’imagine avant tout ce que j’aimerais vivre en tant que fan lors d’un match, et j’essaie ensuite de l’intégrer à ce que nous proposons à Swindon.

“Un samedi après-midi en tant que papa, j’ai le choix d’emmener mes enfants au match et dépenser peut-être 50£, ou d’aller au zoo pour le même prix et y passer toute la journée. Il faut donc que l’on propose une valeur ajoutée à ces 90 minutes de jeu.”

Que penses-tu du lien entre la billetterie et la fan expérience ?

Le lien entre billetterie et fan expérience est énorme. Aujourd’hui, il n’est plus uniquement question de football, tout particulièrement pour les familles, où toutes recherchent le meilleur rapport qualité prix. Par exemple, un samedi après-midi en tant que papa, j’ai le choix d’emmener mes enfants au match et dépenser peut-être 50£, ou d’aller au zoo pour le même prix et y passer toute la journée. Il faut donc que l’on propose une valeur ajoutée à ces 90 minutes de jeu. C’est pour cela que mon but premier est d’engager nos fans, mais pas forcément uniquement autour du football. Je cherche à mettre en place des idées uniques pour faire cette différence. On propose des stands maquillage, des selfies bords, des activités, des visites de joueurs dans les zones familles qui permettent d’ajouter ce petit plus et améliorer de manière globale l’expérience au stade, au-delà des 90 minutes de match.

Quelle est ta motivation dans ce que tu fais ?

Je suis vraiment animé par l’envie de voir le County Ground aussi plein que possible avec une super atmosphère à chaque match. La réussite sur le terrain aide beaucoup à cela c’est sûr, mais je suis vraiment passionné par mon job et le fait de pouvoir rendre cela possible à chaque match.

Photo-Swindon-Town-FC-Danny-Lee@DannyLee

La photo homme du match, l’une des nombreuses activations pour les enfants à Swindon

Quelle différence y a-t-il selon toi entre fan expérience et fan engagement ?

Je pense que les deux sont indispensables lorsque l’on va voir un match. Une expérience fan réussie ce n’est pas seulement créer cette connexion entre le fan et son club, cela englobe aussi les personnes avec qui le fan décide de venir et de partager ce moment. L’engagement d’un fan contribue pleinement à l’expérience d’un autre fan et c’est ce qui rend le football ou le sport unique. Dans un match de football, votre propre expérience est dix fois plus dépendante de l’expérience des autres que dans n’importe quelle autre industrie. Et c’est notre job en tant que club de foot de faciliter cela.

En général, penses-tu que les clubs sont assez créatifs en matière de fan expérience pour permettre aux fans d’être plus heureux ?

De plus en plus de clubs doivent l’être, tout particulièrement à notre niveau ou comme je l’ai dit chacun cherche à rentabiliser au mieux ses dépenses. Certains clubs le sont plus que d’autres mais cela dépend des individus, de leur créativité et de leur intérêt pour le sujet.

Penses-tu que le sport récompense à sa juste valeur la loyauté et la passion de ses fans ?

Je dirais que chaque club est différent. Nous à Swindon, on a vraiment besoin de récompenser nos fans les plus fidèles car ils ont été à nos côtés dans les bons comme les mauvais moments et il est important de récompenser les abonnés, et ne pas faire uniquement des choses pour les nouveaux fans. C’est pourquoi pour chaque promotion sur la billetterie par exemple, on s’assure que nos abonnés puissent également en profiter ou à défaut obtenir quelque chose à la place.
À Manchester United par exemple, ils ont une liste d’attente de 30 000 personnes pour les abonnements, donc peut être que pour eux récompenser la loyauté des fans n’est pas la même priorité que pour nous.

Mascot-Swindon-Town-FC-Danny-Lee@DannyLee

La mascotte Rockin’ Robin sur un événement pour les étudiants

Dirais-tu que la fan expérience a une dimension culturelle ? Les fans anglais sont ils différents des autres fans dans le monde ?

Je suis à 100% d’accord avec cela. J’ai beaucoup voyagé et assisté à de nombreux matchs de foot dans des pays différents. L’Angleterre est toujours un peu old school, avec beaucoup de ségrégation.  Les autorités sont un peu frileuses et préfèrent éviter que les fans se mélangent, mais cela est dû à des problèmes plus anciens. Mais c’est tout de même très culturel : j’ai vécu en Espagne, et même au-delà du sport, ils ont un esprit de communauté, l’habitude de se mélanger et se socialiser qui est beaucoup plus forte, et cela fait une grande différence.
La mise en place de fan zones comme pour la Coupe du Monde ou les finales de Champions League aide petit à petit à créer cet esprit plus communautaire en Angleterre.

As-tu déjà assisté à un match en France ?

Pas encore, mais je suis toujours intéressé par découvrir d’autres clubs et d’autres cultures ainsi que leurs manières de faire. Je suis un fan de Manchester United donc pourquoi pas venir à Paris pour un match de Champions League contre le PSG l’année prochaine !

En France, beaucoup d’acteurs du monde du sport pensent que le modèle américain du “sport spectacle” n’est pas réalisable dans un pays comme le nôtre. Qu’en penses-tu ? Est-ce un exemple que tu essaies d’appliquer à Swindon ?

Je suis un grand partisan du modèle américain. Comme je l’ai dit, j’essaie d’offrir bien plus qu’un simple match de 90 minutes. Les américains s’en sortent très bien, mais c’est culturel. Ici les fans sont très traditionnels, ils ont leur petite routine chaque jour : se lever, aller au pub et ensuite au stade à 14h45 juste avant le coup d’envoi. Mais on peut arriver à les faire changer, et c’est là où cibler les enfants est important. Leur proposer des activités en amont du match les incite à venir au stade bien plus tôt et à générer cette atmosphère géniale d’avant match.

Tout le monde parle de la transformation digitale dans le sport avec les stades connectés, les applications, la réalité virtuelle, etc. Quels sont les risques et les opportunités d’utiliser des outils digitaux pour la fan expérience ? Et quel impact attendre pour le club et les fans ?

C’est vraiment très important puisque tout le monde est sur son téléphone, et c’est un fabuleux outil d’engagement. Actuellement, nos tourniquets d’entrée au stade fonctionnent grâce aux téléphones : les fans peuvent scanner directement leur billet dématérialisé pour entrer. On a aussi une application pour les fans qui envoie des offres pushs, du contenu spécial, la possibilité de voter pour l’homme du match pour encore plus engager nos supporters. Tout l’objectif est qu’ils partagent sur les réseaux sociaux leurs expériences, ce qui inévitablement se transforme en de nouvelles opportunités pour le club, à plein de niveaux différents.

Quel est le rôle des sponsors dans la fan expérience ? Peuvent-ils réellement contribuer à améliorer l’expérience des spectateurs ou y a-t-il toujours un frein dû à leur finalité de vendre ou de gagner en notoriété ?

Leur rôle est très important car ils cherchent à améliorer leurs interactions avec nos supporters. Par exemple, un de nos sponsors, Relish, voulait faire une activation à la mi-temps. Je leur ai proposé l’idée d’un challenge où 3 supporters sont sélectionnés pour participer et essayer de marquer un but contre la mascotte du club, et cela devant tous les fans. Le premier à réussir gagne 2 tickets hospitalités pour un prochain match. Pour moi, il était vraiment important que ce ne soit pas seulement les participants qui profitent de l’expérience, mais l’ensemble des spectateurs.

Et pour toi, quelle est la meilleure fan expérience que tu aies vécue ?

Un match de NFL à Twickenham. L’avant match était incroyablement bien réalisé, c’était génial et l’atmosphère était tout simplement géniale et il y avait des animations partout et pour tout le monde.

Nous arrivons au terme de cette interview, mais avant de conclure, quels sont tes prochains projets, à plus ou moins long terme ?

Mon ambition est de continuer à grandir et me développer ici à Swindon Town, je veux vraiment faire la différence et si possible voir le club passer dans les divisions supérieures. Il y a beaucoup d’opportunités avec peut-être l’investissement dans un nouveau stade et terrain d’entrainement, qui nous permettraient de continuer à grandir dans les années à venir. J’aimerai aussi travailler à l’international plus tard, mais pour l’instant je veux plutôt continuer à faire ce que nous faisons et de voir où cela nous mène !

Merci beaucoup à Danny pour cette immersion dans la vie très active du club anglais de Swindon Town FC. Nous sommes ravis de voir tant de professionnalisme et d’importance accordée à la fan expérience, peu importe le classement sportif du club. Bravo à vous !

Pour suivre Danny sur les réseaux sociaux, jetez un oeil à sa page LinkedInOn vous encourage également à visiter le site internet du Swindon Town FC qui regorge de bonne pratiques pour les clubs. Nous avons particulièrement aimé une action dont nous n’avons pas parlé dans cette interview, le guide d’accueil pour les supporters visiteurs. Malin ! 

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Passionnée, supportrice et grande curieuse, j'ai à cœur de partager ma vision des événements. Convaincue du rôle central que les fans ont à jouer dans le développement du sport, je suis ravie de pouvoir mettre en lumière les bonnes pratiques qui peuvent servir d'exemple et d'inspiration à tous grâce à Fanstriker. Passionate, curious by nature, and a true fan, I like to share my vision about sport events. I am convinced that fans have a considerable part to play to develop the sport economy. Through Fanstriker I aim at bringing to light the best practices that can serve as an example or an inspiration.

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INTERVIEW : Corentin Duluc (OL) : “Les clubs et stades français auraient intérêt à collaborer”

Responsable adjoint des Grands Événements au Groupama Stadium, le stade de l’OL, Corentin revient avec nous sur ses visites dans plusieurs stades européens.

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Cette semaine nous échangeons avec Corentin, responsable adjoint des Grands Événements au Groupama Stadium qui vient de terminer une série de plusieurs séjours et visites dans des stades en Europe. 

 

Corentin fait partie de nos fidèles qui suivent l’actualité Fanstriker depuis nos débuts il y a un peu plus de deux ans maintenant. Il vient d’achever une succession de voyages qui lui ont permis de visiter plusieurs stades en Europe. Il nous partage ses découvertes.

Bonjour Corentin, avant de revenir sur ton aventure dans plusieurs stades en Europe, peux-tu nous en dire plus sur toi ?

Passionné de sport depuis le plus jeune âge, j’ai d’abord été sur les terrains en tant que joueur, arbitre puis éducateur. Le sport s’est donc logiquement inscrit comme une évidence au moment de faire un choix professionnel.
Durant mes 6 années d’études, j’ai eu l’occasion de réaliser des expériences aux Chamois Niortais en Ligue 2, à l’Impact de Montréal en MLS, aux Girondins de Bordeaux en Ligue 1 où j’ai par ailleurs participé à l’inauguration du nouveau stade et finalement à l’Olympique Lyonnais toujours en Ligue 1 où j’évolue depuis 2015.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1112980242061197318

Tu es donc le responsable adjoint des Grands Évènements à l’Olympique Lyonnais depuis maintenant 3 années. Quel est ton périmètre de travail exactement ?

Mon périmètre d’activité concerne tous les événements sportifs et spectacles hors Ligue 1 ; cela peut donc aller du match de Coupe de France à la Coupe du Monde Féminine 2019, en passant par la Coupe d’Europe, les concerts, ou encore le Monster Jam, les demi-finales de Top 14, la Finale Europa League comme ce fut le cas en 2018.

J’ai un rôle de coordination administrative, technique et opérationnel de toutes les activités en lien avec ces événements. Cela peut aller de la rédaction d’un cahier des charges technique, à la mise en place d’un plan de communication, à de la projection budgétaire… en passant par la mise en place d’offres billetterie par exemple.
Dans le service des Grands Événements nous avons pour habitude de dire que nous sommes des spécialistes de “rien du tout” mais que nous allons chercher les compétences là où elles se trouvent et que notre objectif est de coordonner les différents acteurs qui vont nous épauler. C’est de la gestion de projet pure et dure.

Je conseille d’ailleurs souvent à des étudiants de ne pas hésiter à faire leurs premiers stages dans des clubs de Ligue 2 voire National, car on touche à beaucoup plus de choses…

Auparavant, tu as connu d’autres expériences, respectivement, aux Chamois Niortais, à Montréal au Canada et chez les Girondins de Bordeaux. Quelles inspirations retiens-tu de ces différents passages ?

J’ai eu la chance de mettre un pied très jeune dans le milieu du football professionnel, ce qui a facilité mon parcours. De commencer dans un club comme les Chamois Niortais m’a permis de m’exprimer plus facilement par la suite dans des clubs plus huppés.
Je conseille d’ailleurs souvent à des étudiants de ne pas hésiter à faire leurs premiers stages dans des clubs de Ligue 2 voire National, car on touche à beaucoup plus de choses… et c’est important d’avoir une vue d’ensemble du milieu dans lequel on évolue. Commencer aux Chamois est peut-être la plus grande chance que j’ai eue jusqu’ici dans mon parcours.

Je retiens également que le milieu du sport, plus que n’importe quel autre secteur, est hyper connecté. J’ai retrouvé des collègues, des prestataires, où encore quelqu’un avec qui j’ai pu travailler par le passé dans mes différentes aventures dans d’autres clubs. Le monde du sport et plus particulièrement du football professionnel est en réalité un tout petit monde.

Enfin, de mes différentes expériences, je retiens que si tu n’es pas passionné et prêt à t’investir, non pas à 200% mais plutôt à 300% ou 400%, cela est difficile de se faire sa place. La particularité du football, avec des matchs toutes les semaines, la répétition des événements… implique un grand investissement personnel et professionnel.

Tu as donc goûté au parfum de la MLS pendant ton expérience de quelques mois au sein de l’Impact de Montréal, quel souvenir gardes-tu ?

Un monde si proche du nôtre, mais à la fois très loin des codes du football européen. Un mixte entre les standards US (drafts, conférences, etc.) et le football tel qu’on le connaît. Là-bas, le football se consomme plus qu’il ne se pratique. Mais pour suivre régulièrement l’actualité du club et du soccer au Québec notamment, les mentalités changent à une vitesse impressionnante.

Penses-tu que comme le dit le commissionner Don Garber, “la MLS est en marche pour rejoindre le 5 majeur des grands championnats du football mondial” ?

La MLS ne peut que gagner en attractivité dans les années à venir. La construction de nouvelles enceintes modernes, le nombre grandissant de franchises, le retour sur investissement des efforts entrepris sur la formation des jeunes et autres vont lui permettre d’élever son niveau et son attractivité.

Cependant, je pense que pour se rapprocher des grands championnats européens, il faudra s’émanciper d’un certains nombre de standards américains.

Venons-en au sujet principal de notre interview.
Tu viens de conclure un périple de plusieurs voyages sur 1 an qui t’a conduit dans 8 villes européennes dans lesquelles tu as pu visiter 12 stades. C’était comment ?

Ce n’était pas du tout prévu au départ, du moins pas comme ça. Mais j’ai eu la chance entre mi-novembre et fin mars de pouvoir profiter de plusieurs week-ends prolongés (généralement entre 2 et 5 jours) et ainsi, de pouvoir visiter Bruxelles, Madrid, Londres, Varsovie, Berlin, Leipzig, Munich et enfin Porto où j’ai mêlé mes deux passions : les stades/arenas et la bière (car je suis un passionné de Craft beer).
J’ai donc eu la chance de découvrir entre autres le Wanda Metropolitano et Bernabeu à Madrid en Espagne, l’Emirates Stadium, Wembley et Stamford Bridge à Londres en Angleterre, le PGE Narodowy à Varsovie en Pologne ou encore l’Allianz Arena à Munich en Allemagne. 

Tu as partagé plusieurs tweets intéressants avec une patinoire en hors match, des chauffages dans les tribunes, les espaces VIP, quelle expérience t’a semblé la plus complète ou intéressante ?

Plusieurs expériences m’ont marqué : l’affluence que pouvait connaître le PGE Narodowy à Varsovie un dimanche soir de janvier avec la mise en place d’une patinoire, d’une piste de luge et d’autres activités, m’a particulièrement surpris. En effet, il devait y avoir plus de 500 personnes au stade ce soir-là alors qu’il était près de 19 heures.

Les espaces VIP d’Anderlecht m’ont également impressionnés avec une qualité et une diversité d’offres en décalage avec l’ancienneté du stade. Cela prouve que même dans un stade ancien, en y mettant les moyens et avec de la volonté, les clubs peuvent entreprendre de belles choses.

Dans leur globalité, l’Allianz Arena à Munich et le Wanda Metropolitano à Madrid sont les enceintes qui m’ont fait la plus forte impression. Tous les aménagements sont de qualité, et pensés pour l’expérience du spectateur.

Enfin, mon coup de coeur ? Les petites terrasses en synthétique des loges du Legia Varsovie.

As-tu remarqué des concepts innovants déployables en France ?

De nombreuses solutions de branding, du simple plan à de la décoration club ou sponsor (barrières brandées et facilement cleanables, logo du club sur le synthétique en sortie joueurs…), ont pu retenir mon attention. De nombreux aménagements pour faciliter la restauration des spectateurs (solutions techniques pour installer des manges-debout, packaging, menu board…) pourraient être transposables à l’échelle de chaque club.

Lors de ta présence à l’Olympiastadion à Berlin le 6 février dernier, tu as tweeté une photo d’un Fan truck du FC Bayern Munich, alors que ce stade est la maison du… Herta Berlin.

En effet, il est régulier de voir des fans shop sous format de truck des équipes visiteuses en Allemagne, comme ce fut le cas ce soir de match de coupe d’Allemagne à Berlin.
L’ensemble des spectateurs, fans du Herta, du Bayern, ou neutres, peuvent profiter des produits de chaque équipe.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1093249317836652561

Du coup, ça nous a fait penser à une idée pas si bête.
Imagine si lors de chaque match à l’extérieur, les clubs envoient un Fan Truck sur place pour que les fans qui habitent autour du stade de l’adversaire du jour puissent aussi s’équiper d’un maillot, d’une écharpe, etc. Qu’en penses-tu ?

La mentalité française ne permettrait pas ce genre d’échange. Le nombre d’interdiction de déplacement, d’arrêtés préfectoraux, démontrent que le chemin est long à parcourir avant de voir apparaître des fans shop d’une équipe visiteuse sur les parvis des stades français.
Alors oui, cela serait certainement possible sur certaines rencontres sans animosité ou avec une entente entre les supporters des clubs, mais de façon générale il y a d’abord un gros changement de mentalité à faire avant de mettre en place ce genre de pratique.

Tu nous parlais tout à l’heure de l’idée du stade national de Varsovie, le PGE Narodowy, qui a installé une patinoire géante éphémère en hiver, ouverte au public. C’est important selon toi de faire venir les gens au stade pour autre chose qu’un match ? Et plus largement de faire vivre le stade avec des revenus générés en dehors des rencontres sportives ?

Tout à fait.
Les jours de compétitions représentent entre 20 et 30 jours maximum pour chaque stade. Il est donc important de valoriser les plus de 300 jours restants. Visites, musées, attractions (comme cela est le cas à Varsovie), séminaires, etc., doivent venir compléter l’offre. Au delà de générer des revenus supplémentaires, cela permet également d’attirer un public qui ne viendrait pas forcément pour le sport de prédilection que le stade propose.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1084495910271369216

À l’image du PGE Narodowy, comment les stades peuvent-ils vivre et s’animer en dehors des horaires des matchs ?

Le Groupama Stadium à Lyon en est certainement le parfait exemple français. Cela peut aller de la simple visite de stade, au musée, à une offre de street art sur les murs de l’enceinte, comme nous le proposons à l’OL avec Offside Gallery. Cela peut également être des attractions liées à des dates spécifiques (Halloween, Pâques) ou plus régulières (Escape Game, Cirque, etc.). Le développement des alentours du stade est également important pour attirer du public hors jour de match, les stades se trouvant de plus en plus éloignés des centres-villes.

Malheureusement, dans nos nombreux modèles économiques d’enceintes françaises, la triple partie (collectivités, exploitant, club) ne permet pas de proposer des offres de qualité. Quand je vois que certains stades proposent des visites sans les panneaux de sponsors et d’interviews du club résident, cela enlève une grande partie du charme pour le client.

Justement, que penses-tu de l’avenir des visites de stades. C’est quelque chose qui n’est peut-être pas assez mis en avant par les clubs non ? La demande existe t-elle vraiment selon-toi ?

Les visites de stade représentent un énorme vecteur de fidélisation et d’attractivité des fans en plus de l’intérêt économique pour les clubs. Malheureusement, dans nos nombreux modèles économiques d’enceintes françaises, la triple partie (collectivités, exploitant, club) ne permet pas de proposer des offres de qualité. Quand je vois que certains stades proposent des visites sans les panneaux de sponsors et d’interviews du club résident, cela enlève une grande partie du charme pour le client.

D’après ce que tu as pu voir pendant tes récents voyages ou ta propre expérience dans les différentes structures, un club pourrait être nommé comme LA référence en matière d’expérience des fans ?

Comme évoqué précédemment, je pense sincèrement que l’Allianz Arena à Munich était en avance sur son temps en 2004 lors de sa construction, et a su évoluer et s’adapter aux évolutions des 15 dernières années pour rester au top de l’expérience sur le sol européen. Tout semble fluide, facile, accessible…
Le Wanda Metropolitano à Madrid semble prendre la même voie. Enfin, les stades anglais de Wembley et de l’Emirates Stadium peuvent être cités comme référence. Le nouveau stade de Tottenham devrait venir compléter cette liste.

https://twitter.com/DulucCorentin/status/1099637480389775361

Petite parenthèse. Tu as été diplômé en 2018 d’un Bac+5 en sport international et management des événements au sein de Kedge Business School.
Lors d’une précédente interview que nous avons réalisé avec Antony Thiodet, celui-ci partageait son inquiétude quant à la multiplication des écoles liées au sport business. Des écoles qui promettent parfois d’atteindre un rêve qui n’est en réalité pas si facile à obtenir et qui ne forment pas forcément selon les besoins du secteur du sport business.
En tant que professionnel du sport business issu d’une de ces écoles, qu’en penses-tu ?

En effet, je partage entièrement cet avis. La multiplication des formations et des écoles est en train de créer un déséquilibre sur le marché du sport business. Chaque année de plus en plus de juniors sortent des écoles alors que le nombre de postes ne croient pas à la même vitesse, obligeant de nombreux diplômés à se diriger vers d’autres secteurs. De plus, cette multitude d’écoles a, selon moi, fait baisser la qualité générale des formations qui aujourd’hui se battent davantage sur un plan commercial et marketing que sur du contenu de qualité pour leur formation.
Ce phénomène se rencontre également pour les stages où les offres ne sont plus suffisantes chaque année au vu du nombre croissant d’étudiants dans le sport business.

Que penses-tu de l’expérience que les clubs proposent à leurs fans dans le sport en général aujourd’hui, en France principalement mais également en dehors de nos frontières ?

Alors que de nombreux spécialistes évoquent des solutions disruptives ou innovantes, je pense qu’il serait important pour les clubs français de d’abord maîtriser et offrir des solutions de qualité en matière de services de base. L’accessibilité, la restauration, les toilettes, la visibilité, etc., sont des éléments de l’expérience qui doivent être maîtrisés avant de proposer des choses plus complexes.
Les stades Allemands et Anglais m’ont particulièrement impressionnés sur ces aspects là.

Selon toi, l’expérience fan est un effet de mode, ou il y a bien, au sein des structures une vraie prise de conscience qu’un changement doit s’opérer ?

Je préfère parler simplement “d’expérience” que de “fan expérience” car cela ne concerne pas forcément que les “fans” ou “supporter”, mais toute personne susceptible d’assister à une rencontre, à une visite, de venir à la boutique du stade. Mais en effet, avec l’arrivée des nouvelles générations et les changements de mentalités d’une façon plus globale, il apparaît important de proposer autre chose que la rencontre en elle-même.

D’ailleurs, comment définirais-tu l’expérience fan ?

D’après moi, l’expérience commence au moment de l’intention d’achat jusqu’à quelques jours après la rencontre, et englobe tous les aspects liés à la venue du spectateur (billetterie en ligne, transports pour venir, arrivée au stade, animations, restauration, départ du stade, interactions avec le club post match, etc.). C’est pour moi une multitude d’actions menées soit par le client lui-même soit proposées par le club, qui définissent une expérience globale. Il est important pour les clubs de faire en sorte que cette expérience prenne le dessus sur le résultat du match, qui lui ne peut être maîtrisé.

Si Jean-Michel Aulas (ou un autre président), te donnais les clés du club pour travailler sur les sujets liés à l’expérience du public, quelles actions pourrais-tu proposer aux fans pour leur garantir une plus grande expérience ?

Comme j’ai pu le dire précédemment, je m’efforcerais de travailler d’abord ce qu’on peut appeler les services de base (restauration, accessibilité, etc.) avant même d’entreprendre des actions plus développées. Puis, dans un deuxième temps, il m’apparaît important de proposer des expériences exclusives et personnalisées.

Pour conclure notre échange, souhaites-tu partager un message aux futurs acteurs du sport business, dans les clubs, les ligues, les fédérations ou autres marques au sujet de l’expérience du public ?

Il est important de partager avec les autres clubs, les autres sports mais également d’autres secteurs d’activités (aéroports, centre de loisirs, parcs d’attraction…) pour évoluer et s’améliorer au sujet de l’expérience proposée aux différents publics.
Les clubs français ou européens en général ont encore trop tendance à se croire concurrents.

J’ai eu la chance un jour de faire visiter le stade à une franchise de NHL (Tampa Bay) qui ne comprenait pas pourquoi je ne communiquais pas les chiffres exacts, que je ne partageais pas toutes mes données… car en effet, les franchises américaines partageant une partie de leurs revenus commerciaux, ont toutes intérêt à collaborer et à grandir ensemble. Les clubs et stades français en auraient également tout intérêt.

Merci à Corentin pour cette interview. Vous pouvez le retrouver sur LinkedIn ou encore Twitter. 

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