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Guy Pichard - United Colors Of Football Guy Pichard - United Colors Of Football

INTERVIEW

INTERVIEW : Guy Pichard prend les fans de foot en photo pour United Colors of Football

Guy est un photographe professionnel, il prend les fans de foot en photo pour United Colors of Football.

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Nous avons échangé avec Guy Pichard, un photographe indépendant qui mène le projet United Colors of Football sur Facebook et Instagram.

Un jour, lors de notre veille quotidienne sur les réseaux sociaux, nous avons pu observer une photo d’un fan de foot avec un maillot de Dunfermline AFC, un club de seconde division écossaise. Une photo de plus parmi tant d’autres me diriez-vous ? Oui pas faux, mais en cliquant sur celle-ci, ce fut la découverte de nombreuses autres photos de fans du monde entier par United Colors of Football. Un compte Instagram et Facebook consacré uniquement à la photo des fans de foot partout dans le monde et géré par Guy Pichard.
Des maillots légendaires de Rennes ou du Stade Lavallois à l’époque de Lotto se mélangent à côté des maillots des plus grands clubs comme le Bayern Munich ou encore la Roma. Nous avions définitivement l’envie d’en savoir plus sur ce projet.
Rencontre donc dans Fanstriker avec Guy Pichard, le photographe qui prend les fans de foot en photo à travers le monde.

Bonjour Guy, peux-tu te présenter ?

Je suis journaliste et photographe freelance, en ce moment, je voyage entre la France et Brésil.

Guy Pichard - United Colors Of Football

Photo : @MariaMorgado
Guy Pichard – United Colors Of Football

Nous t’avons repéré sur Instagram puis Facebook avec ton compte United Colors of Football où tu publies régulièrement des photos de fans de football. Peux-tu nous raconter l’histoire de ce projet ?

Après quelques semaines passées au Brésil, j’ai constaté que tout le monde y abhorre un maillot de foot. Quand je dis tout le monde, cela va du travailleur dans la rue en maillot du Panathinaikos d’Athènes à l’avocat aux couleurs de Chelsea. Si le foot est une religion au Brésil, cela m’intriguait de savoir d’où venait le maillot, pourquoi porter une tenue venue d’Ecosse sous 40 degrés à Sao Paulo ? On m’a alors montré la galerie de portraits Humans of New York, qui présente un individu par cliché et la ville américaine dans sa diversité.
J’adore l’idée de ce mélange de cultures, de sexe, de milieux sociaux… plus mes sujets seront variés, meilleur sera mon projet !

Quand as-tu démarré ce projet United Colors of Football justement ?

Il y a seulement quelques mois, mais j’ai attendu de cumuler 50 portraits avant de lancer la page Facebook. Cette dernière est le principal support du projet, Instagram ne fait office que de doublon. Je ne pense pas que l’on prenne le temps de lire les légendes sur Instagram. Facebook est selon moi plus adapté pour ça.

Jusqu’ici, combien de pays et de stades as-tu pu visiter ?

C’est assez difficile à dire, une trentaine de pays et peut-être 70 ou 80 stades. J’ai pu exposer à ce sujet dans des bars. J’ai une page dédiée à mes photos de stades en Corée, en Russie, en Irlande, en Espagne, au Peru, en Argentine ou encore au Brésil sur mon site personnel de photos guypichard-bzh.fr.

@GuyPichard
City Ground, Nottingham – Angleterre. Le stade de Nottingham Forest

Combien de fans de foot sont-ils passés sous ton objectif ?

Je suis à près de 80 personnes photographiées.

Quelques portraits de fans réalisés par Guy pour United Colors of Football.

Nous sommes curieux de savoir comment t’organises-tu pour prendre ces fans en photo ? Où les rencontres-tu ?

La grande majorité sont rencontrés au hasard, c’est toute la force de cette démarche. Au Brésil c’est facile, en Europe un peu moins. Selon le maillot, le moment et surtout le lieu, j’aborde la personne. Je suis parfois aidé, cela facilite le contact. Quelques amis ont posé également mais je commence à recevoir des demandes ! Si je suis disponible et que l’histoire liée au maillot est intéressante, c’est tout bon.

Qu’est ce qui te passionne dans le fait de prendre un instant figé d’un supporter et de son maillot, de plus, souvent en dehors du stade ?

C’est toujours un parti pris de porter un maillot, une revendication. Cela peut être esthétique, sentimental, politique voire même religieux… si en plus le maillot est porté dans un lieu insolite, c’est parfait.

Geovani - Seleção Colombiana de Futebol (Colombia)

@GuyPichard
Geovani – Seleção Colombiana de Futebol (Colombia)

Au delà du photographe que tu es, quel fan de sport es-tu ? ultra ? abonné ? régulier ? occasionnel ?

Je suis surtout fan de football, supporter-actionnaire de l’En Avant Guingamp et gros consommateur de football britannique (Anglais et Ecossais). Je suis curieux du foot, les matchs exotiques m’intriguent. Je suis aussi le rugby et parfois de la NBA, mais modestement.

En tant que fan, as-tu un souvenir majeur que tu souhaiterais partager ?

Il y a quelques années j’ai vu l’Ecosse subir sa plus grosse défaite à domicile en rugby à Murrayfield. La minute de silence avant le match était prenante, 68 000 personnes qui la respectent parfaitement, on entendait les mouettes au-dessus la pelouse. Ensuite le match, l’Ecosse humiliée et pourtant, les Kiwis ont fait le tour de la pelouse après le match, les Ecossais étaient debout pour les applaudir. Quelle leçon de fair-play.
En fait un stade reflète assez bien une société, un pays. Un match de football en Corée-du-Sud, au Tatarstan ou au Brésil montre des choses sur nos sociétés.

“Il faut trouver un bon équilibre entre le parc d’attraction optimisé pour dégager de nouveaux revenus et le stade brut, avec un portique métallique.”

Guy Pichard

De façon générale, que penses-tu de la façon dont les clubs animent leur relation avec les fans de foot ? Finalement, on pourrait très bien imaginer qu’il y ait une personne comme toi dans chaque club pour valoriser les fans.

Par exemple oui, en allant un peu plus loin qu’un photo call. À Manchester City ou au Hertha Berlin on trouve des tables de jardin, de quoi manger et boire, écouter de la musique sur de larges espaces autour du stade avant un match, l’idée est très conviviale.
Il faut trouver un bon équilibre entre le parc d’attraction optimisé pour dégager de nouveaux revenus et le stade brut, avec un portique métallique. Le Royaume-Uni est en avance à ce sujet, personne n’y est en cage pour regarder un match et les affluences sont au rendez-vous.

Celtic Park, Glasgow – Ecosse.

Si tu étais en charge de l’expérience fan à la ligue ou la fédération ou encore dans les clubs, quelles idées pourrais-tu proposer ?

Déjà, il faut proposer systématiquement des produits locaux pour se restaurer ou se désaltérer. Ce n’est pas normal de si mal manger (et boire n’en parlons pas…) au stade, de n’avoir accès qu’à un sandwich industriel très fade. Les mentalités de consommation évoluent, mais pas encore dans les stades. Sans doute les sponsors-partenaires y sont pour beaucoup.
Pourquoi ne pas démarcher les touristes visitant une ville pour remplir les stades, comme à Barcelone ou Madrid par exemple ? Assister à une rencontre est un événement culturel en soi !

Que penses-tu de l’expérience proposée aux spectateurs, aux fans dans le sport en général ? As-tu une référence ou un exemple à suivre ?

L’expérience est très variée en fonction des pays. Aux USA on surconsomme au stade, l’ambiance s’en ressent du coup largement. Personnellement je privilégie les stades et équipes de second plan, l’ambiance et les rapports humains y sont toujours meilleurs. Un après-midi dans un stade de D3 en Angleterre est bien souvent plus fou que de la Premier League. L’Allemagne est un exemple à suivre, on y boit de la bière (alcoolisée) et trouve des Bretzels en tribunes avec convivialité et sérénité.

Enfin, si tu pouvais vivre un évènement sportif, lequel serait-il et pourquoi ?

La Coupe du Monde de foot en Russie, pour y continuer mon projet et jauger l’ambiance, qui sera évidemment particulière !

Guy est donc un photographe qui valorise le fan de football du monde avec une photo mais il met aussi en avant l’histoire propre à chaque fan qu’il rencontre.
Merci à Guy pour cette interview enrichissante et l’immersion dans ce projet tout aussi intéressant. Vous pouvez suivre son travail sur son site internet et sur les réseaux sociaux via Facebook et Instagram.

Passionné de foot, puis passionné des sports avec un S, je suis devenu petit à petit un fan des gens qui vont au stade tous les weekends avec écharpe et maillot sur les épaules. J'admire leur investissement et je pense vraiment que les clubs doivent encore leur donner tant. Pour finir cette présentation, on a ajouté des phrases motivantes parce que nous sommes des personnes motivées, voici la mienne : "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

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INSIDE CLUB EXPERIENCE

INTERVIEW : Thibault Mouline, responsable boutique officielle du FCGB

Thibault anime la boutique officielle du FCGB au stade Matmut Atlantique. Un lieu de vie qui participe pleinement à l’expérience du fan.

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Interview Thibault Mouline

Nous avons rencontré Thibault dans la boutique officielle FCGB du stade Matmut Atlantique. L’occasion de discuter de l’importance de l’animation d’une boutique pour l’expérience fan. Une interview que vous pouvez retrouver également en vidéo.

 

Une boutique est un lieu de vie du club. Elle participe pleinement à l’animation de la relation avec le fan. Thibault, le responsable de la boutique officielle du FCGB située dans le Matmut Atlantique à Bordeaux nous livre son expérience. 

Bonjour Thibault, peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Thibault Mouline, je suis responsable de la boutique officielle des Girondins de Bordeaux au Matmut Atlantique. Une boutique qui est ouverte 5 jours sur 7 et fermée le dimanche (sauf jour de match) et le lundi. 

N’est-il pas difficile d’animer une boutique de stade en hors matchday ?

Effectivement, notre problème est d’avoir un stade et une boutique un peu excentré par rapport au centre ville. 

La boutique est donc assez éloignée du centre de Bordeaux, alors comment arrivez vous à générer un flux de clients tout au long de la semaine dans la boutique du stade ? 

L’idée c’est d’essayer de créer de l’animation et de faire en sorte que les gens viennent quand même ici. Il y a plusieurs facteurs qui nous garantissent du monde dans la boutique. Une billetterie centrale est ouverte toute la semaine ce qui permet aux personnes qui achètent des billets de passer potentiellement par la boutique. Les propriétaires du stade travaillent avec l’office de Tourisme notamment pour les visites de stade pendant les vacances scolaires et périodes estivales. Il y a un point restauration ouvert toute la semaine qui génère également du traffic. Voilà l’idée c’est de créer de la vie, ici, autour du stade par des animations ou de l’événement pour générer de la vie sur le site. 

Le Maillot du titre en 1999 dans la boutique du Matmut

Le Maillot du titre en 1999 dans la boutique du Matmut

En ce qui concerne l’expérience proposée aux clients, peux-tu nous en dire un peu plus sur vos actions en boutique ?

Girondins TV est présent en live dans la boutique tous les soirs de match en avant et après match. Nous réalisons des animations pour les enfants, avec des stands de tir, des séances de dédicaces régulièrement. Récemment nous avons fait venir un freestyler qui faisait une démonstration au milieu des clients dans la boutique.
Cela fait partie des choses que l’on essaye de mettre en place pour quasiment tous les matchs de façon à créer de l’animation. 

Ne penses-tu pas que le fan d’aujourd’hui peut être lassé par l’offre de consommation business et qu’il s’intéresse à présent à l’expérience qu’il peut vivre au stade ou sur l’événement plutôt qu’au produit ?

De toute façon, on s’est rendu compte que lorsque les gens viennent voir un match, ils s’attendent à vivre une expérience, il ne viennent pas là pour le produit. Même nous, en boutique, on s’est rendu compte que proposer une offre commerciale ce n’était pas ça qui attirait les gens. Ils veulent vivre un moment unique, une expérience qui va les marquer. Donc nous on se sert de ça pour faire venir les gens dans la boutique, ensuite c’est à nous d’être force de vente. Mais ils s’attendent effectivement à vivre des expériences uniques. 

Selon Thibault Mouline, le fan devient donc de moins en moins intéressé par le produit en lui même. C’est alors l’expérience qu’on lui propose qui devient importante pour qu’il puisse passer à l’acte d’achat. 
Ce qui est intéressant dans cette interview avec Thibault, c’est que l’on se rend compte qu’une boutique de club présente les mêmes problématiques que les stades. Elle doit sans cesse attirer du monde, le plus régulièrement possible en adaptant ses offres commerciales. 
Certains clubs comme à Lorient où nous avons eu l’occasion de passer récemment, disposent d’une boutique de stade uniquement ouverte en match day (Lorient dispose aussi d’une seconde boutique de centre ville ouverte en semaine). C’est une stratégie qui peut paraitre compréhensible lorsque l’on comprend la difficulté que les stades ont à faire venir le public. 

La solution à ces difficultés se trouve sans doute une transformation plus fonctionnelle de nos stades notamment en hors match. Avec des commerces, des coiffeurs et autres points de vente ou de vie qui dynamiseraient l’environnement global de l’enceinte. 

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