fbpx
Suis-nous

Interviews

INTERVIEW : Pascal Biojout (All Star Game) : “16 éditions à guichets fermés”

Organisateur du LNB All Star Game depuis 2002, Pascal Biojout nous explique comment cet événement est devenu un moment fort de d’année du basketball français.

Publié

le

Organisateur du LNB All Star Game depuis 2002, Pascal Biojout nous partage les recettes de la réussite d’un événement majeur du basketball français de fin d’année comme celui-ci. 

Chaque fin d’année depuis 33 ans maintenant est rythmée par l’événement phare du basket français : le LNB All Star Game (ASG). Un événement auquel nous avons assisté dans le but d’analyser l’expérience que peut offrir un événement qui fait salle comble depuis 16 éditions consécutives. 

Pascal Biojout, le directeur de l’agence de conseil Sport Plus Conseil qui est organisateur de ce ASG nous partage sa vision et l’histoire de cet événement.
Retrouvez cette interview ci-dessous en version rédigée ou en version vidéo un peu plus bas. 

Concours de Dunk Jeep au All Star Game LNB©LNB IS BELLENGER

L’entrée des candidats ASG pour participer au concours de dunk

Bonjour Pascal Biojout, pouvez-vous présenter l’agence Sport Plus Conseil dont vous êtes le directeur ?

Sport Plus Conseil est une agence qui existe depuis plus de 20 ans dont le coeur de métier est l’organisation événementiel avec une forte présence depuis longtemps dans le basketball mais pas uniquement. 

Quel est votre rôle dans l’organisation du LNB All Star Game exactement ? 

Nous sommes à l’origine de la création du All Star Game “new look” dont la première édition à eu lieu à Bercy en 2002. À cette époque là, j’étais déjà présent, Nike était le producteur de l’événement et nous étions les producteurs exécutifs. Avec Nike dont j’étais proche, nous nous étions dit “nous voudrions faire le All Star Game dont on rêve” et donc voilà d’où est partie cette histoire. 

Aujourd’hui l’AccorHotels Arena affiche guichets fermés. Comment expliquez-vous cet engouement pour ce événement ? 

Je reviens dans l’histoire en 2002 lorsque l’on s’était dit que nous souhaitions faire l’événement dont on rêve sans faire de compromis. C’est à dire en faisant de la qualité, ne pas transiger sur la qualité des lumières, du son etc. Pour que le public réalise ça et ensuite que l’on avance sur un cercle vertueux de remplissage de la salle.

En 2002, il y avait 11 000 spectateurs dont 5 000 invitations, on a beaucoup galéré. Et à partir de 2003, l’événement était à guichets fermés et depuis c’est 16 éditions à guichets fermés dont cette édition en 2018 avec 15 988 spectateurs.

Les facteurs sont donc multiples, je crois qu’il faut avoir de l’authenticité. Cela dépend de la cible à laquelle on s’adresse. Nous on sait que l’on a une cible familiale qui vient dans un esprit festif. Lorsque l’on choisit des ingrédients dans un événement sportif, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde, tout le temps. En revanche, on essaye qu’à au moins un moment de la soirée, chacune des personnes présentes puisse avoir un moment qu’elle apprécie particulièrement et puisse le raconter en bouche à oreille le lendemain ou surlendemain pour le soir du réveillon par exemple. C’est ça qui guide notre conduite enfaite. 

Pour vous, la fan expérience est donc de sans cesse proposer un petit moment au public pour qu’il se souvienne de cet événement et du moment qu’il vient de passer ? 

Oui, je crois qu’un événement réussi est un événement dont nous avons envie de parler en bien quand on en sort. Je pense modestement que c’est un peu le cas du All Star Game, puisque cela fait 16 ans que ça dure et nous n’avons pas une communication nationale très importante. On sait que c’est le bouche à oreille qui nous porte en réalité.
Mais pour cela, il faut beaucoup se remettre en question, il faut travailler sur l’inédit, l’exigence des personnes doit être toujours plus importante et il ne faut pas transiger sur la qualité. 

Votre objectif est-il de se rapprocher d’un All Star Game à l’américaine ou au contraire de faire de cet événement un événement très franco-français ? 

Évidemment, on s’inspire de ce que fait la NBA, sinon ce serait stupide parce que c’est la première ligue de basket au monde mais je pense aussi qu’elle est la première ligue de sport mondiale en termes de marketing et d’organisation événementiel.
En revanche, on a une culture française et même si l’on s’inspire de la NBA et de ses ingrédients, nous cherchons toujours à avoir une authenticité. Non pas pour se démarquer mais pour avoir notre propre identité finalement. Et je pense que les gens le ressentent aussi.

Pour finir avec une question qui n’est pas facile, quelle est votre définition de l’expérience fan ? 

À chaud, c’est toujours difficile de répondre à cette question mais l’expérience fan c’est de dire voilà, je viens en famille et je passe un moment de plaisir. Pour moi l’expérience fan est associée à plaisir tout simplement. Ce sont des choses finalement très simples mais si évidentes à mettre en musique.

Par exemple, je crois qu’aujourd’hui nous avons des ingrédients dans un show, qui pour moi sont des ingrédients pour que cela marche mais rien n’est acquis, il peut y avoir des problèmes qui se posent où des choses qui ne prennent pas ou que sais-je. Nous ne sommes pas à l’abri des aléas du direct non plus. Il faut être très modeste lorsque l’on fait ce genre de chose.
Mais en tout cas la démarche qui nous guide est vraiment celle du plaisir du spectateur car il est notre client au final.

 

Le LNB All Star Game est un événement qui séduit au delà même des fans de basketball en France. Il attire également les fans puristes du basket américain (la NBA) qui ne suivent pas forcément ce sport en France. 
C’est un bon cas d’école pour valoriser un sport, en s’inspirant des meilleures pratiques qu’offre ce sport au niveau mondial.

Was this post helpful?

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

Interviews

Interview : Olivier Poulin (CFL) “La Game Day experience au Canada”

La Ligue Canadienne de Football propose une expérience similaire à celle de son voisin américain. Olivier Poulin (CFL) nous en parle.

Publié

le

La Ligue Canadienne de Football (CFL en anglais) organisait le vendredi 17 janvier dernier les Global CFL Combine à Paris. Une occasion pour nous de discuter avec acteur d’une ligue professionnelle nord américaine. 

 

Le Global CFL Combine se déroulait le 17 janvier dernier dans les locaux du Stade Charléty à Paris. Durant une journée, les meilleurs joueurs français de football américain se sont donné rendez-vous ici dans l’espoir d’être sélectionnés aux CFL Global Combine à Toronto en mars prochain, la dernière étape pour être drafté en CFL et ainsi jouer au football américain au Canada.
À l’occasion de cet événement organisé avec la FFFA, nous avons rencontré Olivier Poulin, le Directeur de la Communication et des Affaires Publiques de la Ligue Canadienne de Football. Olivier nous a présenté la CFL, son développement et l’expérience fan qui était proposée au Canada.

Bonjour Olivier, pouvez-vous vous présenter et nous dire ce que vous faites à Paris aujourd’hui ?

Je suis Olivier Poulin, Directeur Communication et Affaires Publiques à la Ligue Canadienne de Football. Nous répondons présents aujourd’hui à l’invitation de la FFFA (la Fédération Française de Football Américain) pour ce CFL Combine. Nous venons également présenter notre sport et le développement que l’on souhaite entreprendre avec la Fédération Française.

Pouvez-vous nous parler de ce développement vers la France et les autres pays ?

Au niveau international on est encore au balbutiement de tout ça. Je n’aurai jamais pensé il y a quelques mois que je serai en France pour les affaires, cette stratégie là en est encore au début. Le Mexique fût le premier pays à s’intégrer au projet puis d’autres l’ont rejoins par la suite. Nous sommes encore en train de comprendre ce qui est porteur. Nous allons essayer différentes choses mais on n’a pas encore la recette pour trouver ce qui va fonctionner. Par contre ce qu’on essaie de faire c’est de se fier aux partenaires locaux. Un exemple concret concerne la Fédération Française, avec laquelle on a essayé de lancer le hashtag “CFL French Squad” sur les réseaux. Il y a une forte utilisation des réseaux sociaux.
En plus de cela, on travaille avec la Fédération qui souhaite parler aux joueurs français afin de réaliser des entrevues. Nous passons donc à travers les équipes multimédias de chacune des équipes pour utiliser les images pour nos propres besoins et ensuite les envoyer aux partenaires localement dans les pays pour faire la promotion de leurs joueurs.

Résultat de recherche d'images pour "cfl joueurs francais"

4 joueurs français évoluant en CFL

C’est donc une relation gagnant-gagnant pour faire découvrir au public français les joueurs qui jouent au Canada via la télévision. Cela permet également d’accumuler de l’expérience pour voir ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins. On essaie de faire comprendre aux canadiens également qu’il y a du football américain ailleurs qu’en Amérique du Nord.

“Le niveau du football ici (ndlr en France) est bon et de nombreux athlètes sont prêts pour jouer en CFL.”

On essaie de voir ce qui va marcher en fonction des pays. Tous les pays n’en sont pas au même état d’avancement. Le niveau de connaissance, d’audience ne sont pas les mêmes en fonction des pays. Il y a beaucoup de français qui ont été repêché l’année dernière, le niveau du football ici (ndlr : en France) est bon et de nombreux athlètes sont prêts pour jouer en CFL. Cela dénote que la base et le développement français sont probablement en avance sur d’autres pays. Il faut donc essayer de trouver ce qui fonctionne au mieux, la stratégie n’est pas encore définie mais tout va se faire via le joueur et son histoire. Il faut voir comment on peut intégrer ça dans nos opérations sur une base quotidienne.

Tout le monde est surpris par l’ampleur que ça a pris très rapidement avec les partenaires, avec tout le monde qui s’entend sur une vision commune. Au niveau du football, ils ont déjà progressé rapidement, ils ont compris comment ça marchait. Il faut qu’on travaille encore sur l’expérience, les contenus, comment suivre derrière la locomotive. Il n’y a pas encore de stratégie ou de market branding. On pourra ensuite réfléchir à ce qui peut se passer au niveau événementiel et peut-être proposer un match ici à Paris, ça pourrait donner beaucoup de visibilité pour faire connaître ce qu’on fait au Canada.

Justement, un match à Paris pourrait peut-être être une bonne opportunité de développement, où est-ce que cela en est aujourd’hui ?

Oui c’est en cours de discussion. Il y a des aspects logistiques qu’il faut voir, il y a encore un an, on ne se connaissait pas donc il faut prendre le temps de bien faire les choses, ça ne s’improvise pas. On n’arrive pas comme ça en deux jours pour créer un événement où tout doit bien se passer, tu reçois 20 000 personnes qui ont payé des billets qui ont des attentes en matière d’expérience, en matière de concessions alimentaires. Il faut également penser à l’intégration d’une fête d’avant-match, qui est ancrée dans l’univers du football américain. Il faut comprendre aussi qu’il existe des traditions pré-existantes en France. Est-ce qu’il y a déjà des formules qui ont été appliquées sur des évènements externes mais auxquels les Français sont habitués et qui pourraient marcher pour du football américain.

“Ce qu’on veut faire, c’est créer une expérience 100 % canadienne de la Coupe Grey. On se demande alors comment on peut faire pour l’amener ici et d’une certaine façon essayer de donner l’expérience la plus authentique possible.”

Ce qu’on veut faire, c’est créer une expérience 100% canadienne de la Coupe Grey. On se demande alors comment on peut faire pour l’amener ici et d’une certaine façon essayer de donner l’expérience la plus authentique possible même si on est conscient qu’on est pas capable d’atteindre 100%. Nous ne sommes pas dans nos stades et ceux ici ne sont pas forcément conçus pour recevoir du football américain. Du point de vue de l’amateur de foot c’est mieux d’être dans un stade qui est fait sur mesure pour un sport comme ça. Nous ne pouvons pas promettre que ce sera intégralement l’expérience canadienne parce que ce n’est pas possible mais le but c’est de se rapprocher à 97% et satisfaire tout le monde. On pourra également mettre en place différents programmes pour les amateurs de football américain français. Si on est capable de prendre plus souvent des bonnes décisions que des mauvaises décisions on va y arriver et on réussira à créer un événement de qualité.

Dans les stade de la Ligue Canadienne de Football, quelles sont les affluences obtenues ?

Ça varie beaucoup en fonction des stades. Il y a 50 000 places au BC Place de Vancouver, à Edmonton nous sommes à 60 000 places. On a déjà fait plus de 65 000 spectateurs à Montréal au Stade Olympique. Lors de la saison régulière, la plupart des stades vont accueillir entre 24 000 et 32 000 spectateurs.
À Montréal la saison passée, l’affluence moyenne se situait plutôt autour de 18 000 personnes à cause des mauvais résultats récents.

Résultat de recherche d'images pour "cfl stadium"

Vue d’ensemble du stade des Roughriders de la Saskatchewan

Ils sont plus aux alentours de 14 000 à Toronto, ils sont environ 25 000 personnes à Ottawa avec beaucoup de matchs à guichets fermés. À Winnipeg, c’est plutôt 33 000 personnes en moyenne alors qu’il y a autour de 35 000 fans à Hamilton.

Cela varie en fonction des marchés et des équipes qui s’affrontent. Par exemple, l’affluence grimpe lorsque ce sont des derbies comme la bataille de l’Alberta ou de l’Ontario qui sont de vrais affrontements. La plupart des clubs performent très bien d’une manière générale.

Comment décrieriez-vous la game day experience en CFL ?

Je dirais qu’elle est plutôt similaire à la NFL dans l’ensemble même si il y a certaines choses que l’on ne peut pas faire au Canada pour des raisons législatives. Je pense notamment aux tailgates party où les spectateurs viennent faire cuire des grillades sur les parkings en avant-match. Au Canada, les lois provinciales font que c’est interdit de réaliser ce type de manifestation à cause de la consommation d’alcool. Il faut que ce soit encadré avec des permis, les gens ne peuvent pas arriver et s’approprier le parking comme aux Etats-Unis. Cependant à Calgary, les forces locales le tolère mais tout le monde sait que si ça vire mal ce sera fini. Il n’y a toutefois jamais de problèmes et cela va sûrement continuer.

L’expérience jour de match va également dépendre du stade, chacun a sa personnalité, chacun a ses traditions donc il faut voir comment réussir à amener ça. À Calgary par exemple, il y a la vache la plus rapide du monde. C’est une animation avec un sprinter qui porte un costume de vache. Il y a quelqu’un qui est choisi au hasard dans le public et qui fait une course depuis la ligne de but. Il doit traverser tout le terrain et tenter de battre le record. C’est fait pour être drôle et cela représente tout de même une tradition ancrée à Calgary depuis des décennies.

Qu’il y a-t-il d’autres comme animations de ce type dans les stades canadiens ?

À Ottawa, il y a Monsieur Shoe Beer qui est un fan de longue date. Il retire sa chaussure et y verse une bière à l’intérieur pour ensuite la boire intégralement cul-sec. Ce n’est pas géré par le club, c’est juste une tradition des supporters. Il y a des animations comme ça qui peuvent paraître anodines et un peu débiles mais qui deviennent une vraie tradition.
À Ottawa par exemple, l’annonceur maison annonce lorsqu’il y a une pénalité sur le terrain. Il dit “flag on the play” qui devient en français “mouchoir sur le terrain”. Il y a un groupe de partisans anglophones qui se sont mis à répondre “MOU-CHOIR”. Ils se sont même fait des t-shirts “club des mouchoirs”. C’est devenu une tradition, dès qu’il y est une pénalité le public crie “Flag on the play; mouchoir sur le terrain; MOU-CHOIR”. C’est très organique et le football est propice à ça.
À Montréal, il y a beaucoup de holas qui sont organisées uniquement quand c’est leur équipe qui défend pour déstabiliser les adversaires. C’est désormais là aussi une vraie tradition.
À Saskatchewan, la mascotte de l’équipe est un chien de prairie et il se promène sur un camion qui fait énormément de bruit et qui a là aussi pour but direct de déranger l’autre équipe.
À Edmonton, ils ont deux mascottes : Punter qui est un ballon géant et Nanook qui est un chien de traineau. Ces deux-là sont constamment en train d’interagir entre eux. Ils utilisent même parfois des catcheurs gonflables qui portent l’uniforme de l’équipe adverse et vont faire plein de combats et prises pour faire réagir le public.

Résultat de recherche d'images pour "Saskatchewan roughriders mascot tractor"

La mascotte de la Saskatchewan sur son camion saluant le public

L’expérience fan jour de match est du coup un savant mélange entre les traditions mises en place par les supporters et ce que les clubs développent ?

Oui exactement, c’est un mélange entre ce que les fans mettent en place et deviennent une tradition et ce que les franchises instaurent comme animations. Le département marketing utilise beaucoup ce qui vient des fans pour officialiser ces pratiques.

À Ottawa par exemple, il y a les tribunes nord et sud. Le côté nord est recouvert et le côté sud ne l’est pas donc les gens qui ont le plus d’argent achètent les billets côté nord alors qu’au sud c’est souvent les étudiants ou les gens avec moins d’argent. Une vraie compétition s’est mise en place entre les deux avec les chants : “North Side sucks” et “South Side sucks”.

“Il y a des façons de récupérer ses traditions et de générer des revenus. Les fans sont très créatifs et sont encouragés par le club.”

Le stade se répond et il y a désormais des fan clubs avec des t-shirts etc. Le club a récupéré ça pour créer un moment de compétition pendant les matchs entre les deux tribunes avec le speaker qui chauffe le public et les incite à chanter à chaque pause. Il va demander au public de chanter et à chaque fin de match, une tribune gagne des cadeaux divers. Ils utilisent souvent des sponsors pour faire gagner les différents lots. Par exemple la rangée des south side peut faire gagner une pizza gratuite pour tout le monde.

Il y a des façons de récupérer ces traditions et de générer des revenus. Les fans sont très créatifs et sont encouragés par le club tant que cela reste respectueux en sachant que c’est leur équipe, leur moment, leur stade.

Quelles sont les attentes des spectateurs qui se déplacent dans les stades de CFL ?

Des relations se créent entre tous les gens qui sont dans des sections avec des billets de saison. Il y a de nombreuses zones spécifiques dans les stades avec notamment des zones business, il y a également des zones pour manger en illimité, d’autres pour faire la fête, tout en gardant un certain équilibre.
Il y a des gens qui viennent au stade pour le football mais il y a aussi beaucoup de gens qui sont amateurs d’autres choses et qui viennent chercher une autre expérience que le match en lui-même. Ce n’est plus assez aujourd’hui, il faut aller plus loin que ça et c’est pourquoi chaque équipe développe des formules différentes en fonction des stades. Le football est un prétexte qui les a amené au stade mais maintenant qu’est-ce qu’on fait ?

“Quand on regarde certains stades à la télé, on a l’impression qu’ils sont à moitié vide alors que le stade est à guichet fermé. Cela s’explique par le fait que les gens ne sont pas à leur place, ils déambulent dans les coursives, vont chercher à manger et à boire.”

L’audience un peu plus jeune au Canada, une importante quantité de personnes viennent chercher une expérience sociale, ils viennent à un type d’événement. Par exemple à Hamilton il y a un bar qui fait 150 m de long, c’est le plus grand bar du Canada. Il y a des gens qui viennent voir les matchs de la Ligue mais qui ne regardent pas le match. Ils restent au bar pendant tout le match à rencontrer des gens. De temps en temps, ils vont regarder le match, voir où en est le score mais c’est comme si c’était un bar ou une boîte de nuit. Ils viennent pour sociabiliser, rencontrer des gens, montrer qu’ils sont à un événement cool et alimenter les réseaux sociaux.

“Contrairement à la génération d’il y a 20 à 30 ans, les gens ne se déplacent pas au stade uniquement pour voir le match.”

Contrairement à la génération d’il y a 20 à 30 ans, les gens ne se déplacent pas au stade uniquement pour voir le match. Il y a plusieurs stades où il y a des zones qui sont accessibles à tous. On ne s’attend plus maintenant à ce que les gens restent assis à leur siège pendant 3 heures, donc qu’est-ce qu’on fait pour leur en donner plus ?
Quand on regarde certains stades à la télé, on a l’impression qu’ils sont à moitié vide alors le stade est à guichet fermé. Cela s’explique par le fait que les gens ne sont pas à leur place, ils déambulent dans les coursives, vont chercher à manger et à boire. Ils viennent de voir qu’il y avait un ami qui était au stade avec un billet de l’autre côté, du coup ils doivent se rejoindre à un endroit où ils peuvent rester debout. Tout le monde peut communiquer dans le stade et c’est une vraie plus-value. Ils vont aller passer 2h dans la zone des buts là où ils peuvent se voir, prendre des nouvelles de la famille et le match devient une toile de fond au final.

À Vancouver, les Lions de la Colombie-Britannique ont développé un concept de Beach Party l’année dernière. Ils ont disposé du sable dans une des coursives en proposant un accès payant à cette zone. Il y a toutes sortes de formules qui sont testées pour essayer de répondre aux besoins divers des spectateurs.

Résultat de recherche d'images pour "beach club vancouver lions"

Campagne de promotion des Beach parties des BC Lions

“Le produit s’est diversifié même au niveau des billets de saison, les gens ont de moins en moins de temps pendant l’année pour assister à 9 ou 11 matchs pendant la saison. Les billets de saison se vendent moins bien aujourd’hui mais les packs de 3 ou 5 billets marchent beaucoup mieux.”

C’est un phénomène qui n’est pas propre à la CFL mais qui touche tous les sports en Amérique du Nord. Il y avait au début des équipes récalcitrantes mais quand elles ont vu comment ça marchait, elles ont tout de suite adhéré. Les revenus de la billetterie sont un des piliers de chaque formation. En effet, c’est la source de revenus numéro une de l’ensemble des équipes devant la télévision donc la vente des billets demeure super importante. C’est ce qui explique la création de nouveaux produits afin de séduire différentes catégories de publics, c’est crucial.

Et la CFL, quelles actions met-elle en place pour satisfaire les fans ?

C’est difficile à dire, l’idée c’est qu’on essaie de prendre des bonnes idées à tout le monde, de se les approprier et ensuite de la proposer à notre public. Cependant, on voit une tendance de la Ligue à proposer une offre alimentaire éclatée en fonction des zones des stades. Certaines équipes proposent de la nourriture que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Il y a un burger, le Walby Burger composé d’innombrables steaks et tenders qui est proposé dans une zone du stade et attire de nombreux fans à venir tenter de le manger.

“Certaines personnes vont acheter un billet pour aller voir le match d’autres vont le faire pour tenter de manger ce hot-dog ou cet hamburger.”

À Vancouver, ils ont créé une offre alimentaire qui est très diversifié. Au lieu de proposer une offre classique, ils vont proposer de la cuisine indienne, nord-africaine ou asiatique que l’on ne voyait pas forcément avant dans les stades. Il y a des stands disposés partout autour du stade ainsi qu’à l’intérieur avec sur chaque espace une offre différente pour satisfaire tout le monde et proposer une diversité accrue.

À Saskatchewan, il y a un hot-dog immense qui fait office de produit d’appel pour des gens qui viennent chercher autre chose au stade. Certaines personnes vont acheter un billet pour aller voir le match d’autres vont le faire pour tenter de manger ce hot-dog ou cet hamburger. Ça fait parler et tout le monde veut essayer.

Résultat de recherche d'images pour "bc lions vancouver food & beverage"

Un des nombreux plats originaux proposés en CFL

Il y a également beaucoup de stands Food & Beverage qui sont proposés en partenariat avec des partenaires locaux et notamment les restaurants et les bars implantés dans la ville. C’est très canadien et cela permet d’ouvrir un panier de sponsors qui requiert un investissement moins élevé. C’est une bonne option pour qui veut s’associer à l’équipe et en retour donne beaucoup de visibilité. Cela semble très bien ancré dans la communauté. Le football est un sport très communautaire et si tu n’as pas le soutien de ta communauté, cela ne peut pas fonctionner.

À la CFL, avez-vous un droit de regard et êtes-vous force de proposition sur les animations qui sont proposés dans les stades ?

Chaque équipe est indépendante. Par contre, on est en train d’essayer de créer un bureau central pour mettre en commun toutes ces bonnes pratiques afin de les partager à travers l’ensemble des équipes, ce qui n’était pas fait avant. On essaie de pousser ça pour être capable d’apporter des réponses à l’un et à l’autre en utilisant notre expérience. La question est de savoir comment prendre un projet intéressant qui émerge par exemple de Calgary pour l’adapter à Montréal afin de lui donner une saveur particulière avec un processus relativement similaire mais adapté localement.
C’est ce qu’on tente de faire, à l’image de la NBA qui a un process un peu similaire. Nous souhaitons ensuite le faire avec le processus de nos équipes afin qu’on puisse collaborer ensemble, autrement on n’y arrivera pas.
Voici l’angle d’attaque que l’on prend pour l’avenir où on regarde toutes les bonnes pratiques que nos clubs instaurent. Nous voyons ensuite comment la foule réagit si c’est bon on garde ou sinon on oublie l’idée.

Merci à Olivier Poulin de nous avoir plongé dans l’expérience des stades de football au Canada.

 

Was this post helpful?

Continuer la lecture

Nouveautés