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Interview de Pauline Peyraud Magnin, gardienne de but d'Arsenal FC féminines Interview de Pauline Peyraud Magnin, gardienne de but d'Arsenal FC féminines

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INTERVIEW : Pauline Peyraud-Magnin (Arsenal FC) : “Plus de gens se déplacent au stade en Angleterre”

Nous avons discuté expérience fan avec Pauline Peyraud-Magnin, gardienne de but d’Arsenal Women FC et membre de l’équipe de France de football féminin.

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Que pense une joueuse professionnelle de l’expérience fan ? Un sujet intéressant que nous avons proposé à la gardienne d’Arsenal Women FC, Pauline Peyraud-Magnin lors d’une rapide interview. 

 

La grande majorité de nos précédentes interviews des professionnels du sport ont été réalisées auprès de spécialistes du marketing sportif, de directeurs généraux et autres membres de clubs professionnels ou encore de fédérations, mais finalement que très peu auprès d’acteurs sur le terrain, les joueurs(es) eux(elles)-mêmes. 

Lorsque nous avons eu l’opportunité de réaliser une interview avec Pauline Peyraud-Magnin par l’intermédiaire de l’école AMOS Londres, nous avons sauté sur l’occasion pour lui poser quelques questions sur l’expérience fan vision joueuse. 

Pauline Peyraud-Magnin avec le public

Pauline Peyraud-Magnin avec le public

Une vision de terrain 

Pauline est actuellement la gardienne de but du club londonien Arsenal Women FC. Agée de 26 ans, elle a évolué précédemment à l’Olympique Lyonnais, Issy-les-Moulineaux, l’AS Saint-Etienne ou encore l’Olympique de Marseille. Elle a remporté une Ligue des Champions et trois Championnats de France, entre 2013 et 2018 avec l’OL.
Pauline qui est une fan du personnage Hulk est également depuis le début de sa carrière professionnelle régulièrement sélectionnée avec les équipes de France féminines.

Bonjour Pauline, après une carrière jusqu’ici en France, tu as rejoint Londres et Arsenal Women FC l’été dernier.
Peux-tu constater une différence d’ambiance entre le public français et le public anglais ?

L’Angleterre est une terre de football, donc partant de là, les gens sont passionnés, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes d’ailleurs. En termes de supporters, plus de gens se déplacent au stade pour venir nous voir jouer en Angleterre qu’en France.

Sur le plan de l’ambiance, je pense que l’Angleterre est aussi légèrement au-dessus, que ce soit à domicile pour supporter Arsenal où même lors des déplacements.

Toi, personnellement, de qui es-tu une fan ?

Étant gardienne de but, j’admire beaucoup mon homologue masculin de la Mannschaft (l’équipe nationale d’Allemagne), Manuel Neuer pour son talent en général. Que ce soit pour son jeu au pied ou pour la sérénité qu’il dégage. Quand j’étais plus jeune j’aimais bien regarder jouer Eric Cantona, et j’appréciais sa hargne et sa rage de vaincre.  

Quel événement rêverais-tu de vivre comme fan et comme joueuse professionnelle ? 

Je pense que je ne peux rêver mieux que de disputer la Coupe du Monde en France l’année prochaine en 2019 devant mes amis et ma famille. Cela est plus qu’un objectif. C’est pour participer à des compétitions comme celle-ci que nous nous entrainons chaque jour et qui nous poussent à aller plus loin et plus haut.

Pendant les matchs, es-tu réceptive “aux messages” que le public peut diffuser dans un stade (banderoles, chants, etc.) ?

Quand je suis sur le terrain je suis d’abord concentrée sur mon match, j’entends du bruit mais sans spécialement faire attention à ce qu’il se dit. Sur le terrain, on est vraiment dans notre bulle.
Après, quand on joue à domicile, on sait que c’est en général positif et que les fans sont là pour nous pousser et nous soutenir.

 

“N’étant pas très présente sur les réseaux jusqu’à aujourd’hui, j’ai plus d’échanges avec eux dans la vie, lorsque je les rencontre.”

Pauline Peyraud-Magnin, gardienne de but Arsenal Women FC

 

Pauline qui signe quelques autographes à des fans d'Arsenal FC@ArsenalWomen

Pauline qui signe quelques autographes à des fans d’Arsenal FC

Quelle relation entretiens-tu avec tes/les fans, dans la vraie vie comme sur les réseaux sociaux ?

Je pense avoir de bons rapports avec mes fans. N’étant pas très présente sur les réseaux jusqu’à aujourd’hui, j’ai plus d’échanges avec eux dans la vie, lorsque je les rencontre.
Cependant, bien qu’il est compliqué de répondre à tout le monde, je fais en sorte de toujours avoir un petit mot pour eux sur les réseaux.

As-tu une anecdote bonne ou mauvaise avec un fan ? 

J’en ai plusieurs, mais celle qui me vient en tête, c’est quand j’étais à l’Olympique de Marseille (en 2016-2017). Juste avant Noël, on venait de gagner contre Saint-Etienne, et les 3 seuls supporters qui nous avaient suivi sur la saison nous avaient offerts un petit nounours avec le logo du club.
C’était à la fois touchant et marquant, puisque c’était les 3 seuls à nous suivre dans toute la France sur toute la saison. Chapeau à eux. 

Comment imagines-tu la prochaine Coupe du Monde Féminine organisée en France l’été prochain ?   

Extraordinaire ! Je pense que ça va faire énormément de bien au football féminin en général mais surtout au football féminin en France. Cet évènement va sans doute permettre à certaines personnes de découvrir vraiment le football féminin et aussi de faire changer les mentalités à ce sujet, même si je sais qu’il y a déjà une évolution notamment grâce à la diffusion de la D1 Féminine sur des grandes chaines (NDLR : Canal +).
On espère s’offrir notre 1ère étoile, à domicile et surfer sur le succès des garçons en Coupe du Monde.

Merci à Pauline pour ces réponses. Vous pouvez la retrouver sur les terrains d’Angleterre avec Arsenal Women FC et avec l’équipe de France féminine prochainement. 

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

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INTERVIEW : Pascal Biojout (All Star Game) : “16 éditions à guichets fermés”

Organisateur du LNB All Star Game depuis 2002, Pascal Biojout nous explique comment cet événement est devenu un moment fort de d’année du basketball français.

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Organisateur du LNB All Star Game depuis 2002, Pascal Biojout nous partage les recettes de la réussite d’un événement majeur du basketball français de fin d’année comme celui-ci. 

Chaque fin d’année depuis 33 ans maintenant est rythmée par l’événement phare du basket français : le LNB All Star Game (ASG). Un événement auquel nous avons assisté dans le but d’analyser l’expérience que peut offrir un événement qui fait salle comble depuis 16 éditions consécutives. 

Pascal Biojout, le directeur de l’agence de conseil Sport Plus Conseil qui est organisateur de ce ASG nous partage sa vision et l’histoire de cet événement.
Retrouvez cette interview ci-dessous en version rédigée ou en version vidéo un peu plus bas. 

Concours de Dunk Jeep au All Star Game LNB©LNB IS BELLENGER

L’entrée des candidats ASG pour participer au concours de dunk

Bonjour Pascal Biojout, pouvez-vous présenter l’agence Sport Plus Conseil dont vous êtes le directeur ?

Sport Plus Conseil est une agence qui existe depuis plus de 20 ans dont le coeur de métier est l’organisation événementiel avec une forte présence depuis longtemps dans le basketball mais pas uniquement. 

Quel est votre rôle dans l’organisation du LNB All Star Game exactement ? 

Nous sommes à l’origine de la création du All Star Game “new look” dont la première édition à eu lieu à Bercy en 2002. À cette époque là, j’étais déjà présent, Nike était le producteur de l’événement et nous étions les producteurs exécutifs. Avec Nike dont j’étais proche, nous nous étions dit “nous voudrions faire le All Star Game dont on rêve” et donc voilà d’où est partie cette histoire. 

Aujourd’hui l’AccorHotels Arena affiche guichets fermés. Comment expliquez-vous cet engouement pour ce événement ? 

Je reviens dans l’histoire en 2002 lorsque l’on s’était dit que nous souhaitions faire l’événement dont on rêve sans faire de compromis. C’est à dire en faisant de la qualité, ne pas transiger sur la qualité des lumières, du son etc. Pour que le public réalise ça et ensuite que l’on avance sur un cercle vertueux de remplissage de la salle.

En 2002, il y avait 11 000 spectateurs dont 5 000 invitations, on a beaucoup galéré. Et à partir de 2003, l’événement était à guichets fermés et depuis c’est 16 éditions à guichets fermés dont cette édition en 2018 avec 15 988 spectateurs.

Les facteurs sont donc multiples, je crois qu’il faut avoir de l’authenticité. Cela dépend de la cible à laquelle on s’adresse. Nous on sait que l’on a une cible familiale qui vient dans un esprit festif. Lorsque l’on choisit des ingrédients dans un événement sportif, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde, tout le temps. En revanche, on essaye qu’à au moins un moment de la soirée, chacune des personnes présentes puisse avoir un moment qu’elle apprécie particulièrement et puisse le raconter en bouche à oreille le lendemain ou surlendemain pour le soir du réveillon par exemple. C’est ça qui guide notre conduite enfaite. 

Pour vous, la fan expérience est donc de sans cesse proposer un petit moment au public pour qu’il se souvienne de cet événement et du moment qu’il vient de passer ? 

Oui, je crois qu’un événement réussi est un événement dont nous avons envie de parler en bien quand on en sort. Je pense modestement que c’est un peu le cas du All Star Game, puisque cela fait 16 ans que ça dure et nous n’avons pas une communication nationale très importante. On sait que c’est le bouche à oreille qui nous porte en réalité.
Mais pour cela, il faut beaucoup se remettre en question, il faut travailler sur l’inédit, l’exigence des personnes doit être toujours plus importante et il ne faut pas transiger sur la qualité. 

Votre objectif est-il de se rapprocher d’un All Star Game à l’américaine ou au contraire de faire de cet événement un événement très franco-français ? 

Évidemment, on s’inspire de ce que fait la NBA, sinon ce serait stupide parce que c’est la première ligue de basket au monde mais je pense aussi qu’elle est la première ligue de sport mondiale en termes de marketing et d’organisation événementiel.
En revanche, on a une culture française et même si l’on s’inspire de la NBA et de ses ingrédients, nous cherchons toujours à avoir une authenticité. Non pas pour se démarquer mais pour avoir notre propre identité finalement. Et je pense que les gens le ressentent aussi.

Pour finir avec une question qui n’est pas facile, quelle est votre définition de l’expérience fan ? 

À chaud, c’est toujours difficile de répondre à cette question mais l’expérience fan c’est de dire voilà, je viens en famille et je passe un moment de plaisir. Pour moi l’expérience fan est associée à plaisir tout simplement. Ce sont des choses finalement très simples mais si évidentes à mettre en musique.

Par exemple, je crois qu’aujourd’hui nous avons des ingrédients dans un show, qui pour moi sont des ingrédients pour que cela marche mais rien n’est acquis, il peut y avoir des problèmes qui se posent où des choses qui ne prennent pas ou que sais-je. Nous ne sommes pas à l’abri des aléas du direct non plus. Il faut être très modeste lorsque l’on fait ce genre de chose.
Mais en tout cas la démarche qui nous guide est vraiment celle du plaisir du spectateur car il est notre client au final.

 

Le LNB All Star Game est un événement qui séduit au delà même des fans de basketball en France. Il attire également les fans puristes du basket américain (la NBA) qui ne suivent pas forcément ce sport en France. 
C’est un bon cas d’école pour valoriser un sport, en s’inspirant des meilleures pratiques qu’offre ce sport au niveau mondial.

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