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INTERVIEW : YPPA, la startup qui donne le pouvoir de la lumière aux fans

Nous avons rencontré la startup YPPA, à l’origine du show lumineux lors de la cérémonie d’ouverture de la finale de la Coupe de la Ligue à Lyon il y a quelques semaines.

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Nous avons rencontré la startup YPPA qui est à l’origine de la cérémonie d’ouverture de la finale de la Coupe de la Ligue à Lyon samedi dernier. Découvrez cette startup française innovante spécialisée dans les shows lumineux.

 

Salut Jonathan, peux-tu nous présenter YPPA en quelques mots ? Et aussi nous expliquer si les initiales YPPA ont une signification précise ?

Nous sommes une jeune start-up de cinq personnes créée depuis bientôt un an et incubée au Tremplin à Paris (l’incubateur principal des startup du sport en France).
Nous proposons aux organisateurs d’événements sportifs et culturels de réaliser des animations lumineuses (tifos, olas, etc.) en utilisant directement les smartphones des spectateurs comme des pixels.
Au-delà de la création d’animations innovantes et très jolies visuellement, nous avons pour ambition de replacer le spectateur au centre du spectacle. En effet, c’est lui (via son smartphone) qui est à la base de l’animation et qui par conséquent devient acteur du show.

Pour le nom YPPA, les initiales n’ont aucune véritable signification si ce n’est que ce nom évoque l’enthousiasme et le divertissement. De plus, à l’envers on obtient le mot happy. (Pas bête l’équipe YPPA).

Comment vous est venue cette idée de lancer une startup spécialisée dans les shows lumineux ?

François, l’un des cofondateurs a longtemps travaillé dans l’événementiel (sportif plus particulièrement) et au fil du temps, il a constaté que les animations proposées aux spectateurs étaient clairement insuffisantes (notamment lors des nombreux temps morts). Sans doute car proposer des animations à l’échelle d’une grande enceinte coûte cher sans avoir la certitude de contenter l’ensemble des spectateurs (à titre d’exemple chaque drapeau posé dans un stade coûte environ un euro unitaire à l’organisateur).

Il a donc eu l’idée d’utiliser un objet de tous les jours (le smartphone) pour impliquer les spectateurs et les rendre acteurs lors des événements.
C’est donc une solution qui répond à l’équation suivante : proposer des animations à moindre coût qui puissent toucher l’ensemble du public.

Tu ne le sais peut-être pas mais nous aimons les belles histoires et les belles rencontres chez Fanstriker. Alors y a t-il une grosse équipe derrière ce projet ? Qui sont les hommes aux manettes de YPPA et comment la collaboration entre vous est-elle née ?

Nous sommes cinq cofondateurs, 3 jeunes ingénieurs et 2 séniors : issus du secteur de l’événementiel et un qui a longtemps travaillé pour les banques et assurances. Entre nous, nous aimons parler d’hybridation des compétences.

Les deux seniors ont quitté leur travail en 2015 et sont à la source de ce projet. L’un des deux est le père d’un des trois ingénieurs. Lorsqu’il a demandé à son fils une étude pour savoir si le projet était possible techniquement, celui-ci a consulté des amis ingénieurs et c’est comme ça que la version beta est née… une presque histoire de famille peut-on dire. 

Team YPPAYPPA

Jonathan (à gauche) et François (à droite), deux des co-fondateurs de YPPA

L’un des grands point d’orgue du concept de l’utilisation du mobile dans le stade est celui de la durabilité des batteries des téléphones. Ne serait-il pas judicieux pour vous de faire un partenariat avec une entreprise comme CharLi Charger par exemple ?

Nos animations ne durent pour le moment pas plus de 3 ou 4 minutes donc nous avons pas eu ce genre de problème. Mais pour le futur, il faudra qu’on y pense en effet.

Vous avez eu l’occasion d’assurer un show fabuleux récemment dans une compétition de football majeure mais nous y reviendront plus tard.
Pour l’heure, nous aimerions savoir qui sont les clients ou futurs clients de votre offre ? Les clubs, les ligues, les fédérations… ?

On a déjà travaillé avec des clubs de basket, de hockey, ou encore de rugby, ainsi que pour des événements ponctuels : le Hand Star Game, et la finale de la Coupe de la Ligue.
Nos clients potentiels sont donc les clubs, les ligues et fédérations respectives comme tu l’as dit. Mais aussi les différents sponsors ou annonceurs et les organisateurs d’événements comme les championnats internationaux.

Cependant nos marchés ne s’arrêtent pas uniquement au sport, nous commençons à nous intéresser aux concerts, festivals et aux événements plus corporate du type séminaires et conventions d’entreprises.
En résumé, nous nous intéressons à tout événement qui rassemble du monde.

L’aspect financier est très souvent délicat lors du lancement d’une entreprise, avez-vous reçu des soutiens lors du lancement de votre start-up, des aides particulières ?

Nous avons reçu une aide de la BPI et de la ville de Paris de 30 000 euros appelée le PIA (programme d’investissements d’avenir).

C’est peut-être encore un peu tôt, mais avez-vous obtenu des prix ou des récompenses particulières pour ce projet innovant ?

Nous n’avons reçu aucun prix pour le moment.
Mais en plus de notre incubation au Tremplin, nous avons eu la chance d’être sélectionné par la ville de Paris et le CNOSF l’été dernier pour tenir un stand à Rio au Club France lors des JO.
Nous avons donc été à RIO pour tenir ce stand. Il nous permettait de présenter notre start-up et avait pour but de promouvoir l’innovation dans le sport de Paris et de la France en général.

Actuellement, vous êtes présent au Tremplin, l’incubateur de startup du sport numéro 1 à Paris, mais quelles sont vos ambitions à court et plus long terme ? Si tu devais faire une projection de YPPA dans 5 ans ?

J’espère que dans 5 ans, nous serons devenus une référence sur l’animation des enceintes culturelles. Nous aurons diversifié notre activité et que nous aurons travaillé sur des concerts de grande envergure. J’espère aussi que l’on sera présent à l’étranger et sur de gros événements internationaux comme les cérémonies d’ouvertures des JO par exemple.

LA CÉRÉMONIE D’OUVERTURE DE LA COUPE DE LA LIGUE
Le samedi 1er avril, vous étiez à Lyon, au Parc OL pour assurer le show d’ouverture de la finale de la coupe de la ligue entre le PSG et l’AS Monaco. Une cérémonie qui a d’ailleurs été très bien perçue sur les réseaux sociaux. Comment s’est déroulé cette cérémonie ?

Nous étions en contact avec la LFP (Ligue de Football Professionnel) depuis quelques temps pour proposer éventuellement une animation lors de la finale.
Lorsqu’ils ont sélectionné l’agence qui allait organiser la mise en scène de l’arrivée de la coupe et qu’ils ont su que cela se ferait en “noir stade”, ils sont revenus vers nous.
Pour l’occasion, notre solution était intégrée à l’application du Parc OL. En cliquant sur un bandeau “show lumineux” visible sur la page principale de l’application, les spectateurs avaient la possibilité de participer au show.
A partir de 19h30, le speaker a plusieurs fois répété au public de télécharger l’application Parc OL pour participer à l’animation.
Vers 20h45, le stade a été plongé dans le noir et c’est la que les spectateurs ont pu tendre leur smartphone pour accompagner l’animation générale.

Le rendu était très joli donc le résultat est satisfaisant même si on aimerait toujours qu’il y ait encore plus de monde qui participe.

Hormis, la finale de la coupe de la Ligue, avez-vous déjà réalisé d’autres événements similaires auparavant ?

Oui, au Parc OL nous avions déjà réalisé une animation lors du Winter Game le 30 décembre 2016, mais là c’était la première fois qu’on participait à un événement d’une telle envergure. Notre grand bapteme.

Chez Fanstriker, nous pensons que les shows lumineux vont être un axe de développement majeur de l’expérience fan dans les 5 prochaines années. Nous avions réalisé un article sur le partenariat entre Phillips et la Juventus en Italie. Quelles sont les possibilités nouvelles qu’offrent les jeux de lumière dans les stades pour l’expérience du spectateur ?

L’article en question est accessible ici 

Les jeux de lumières sont un moyen d’animation qui ne nécessite pas d’apport de matériel et qui visuellement est souvent très réussi. Les possibilités d’animations sont infinies et vont à coup sûr enchanter les spectateurs.

En France malheureusement, il n’y a aucun stade équipé du même système que celui du stade de la Juventus. La plupart des stades ont besoin de plusieurs minutes pour pouvoir rallumer leurs lumières après un “noir stade”. Ce qui est problématique si on veut réaliser ce genre d’animations avant ou à la mi-temps d’un match par exemple.

YPPA! 2017 finale de la coupe de la ligue de football from Yppa on Vimeo.

L’EXPÉRIENCE FAN DE MANIÈRE GÉNÉRALE – POINT DE VUE
En tant que spécialiste, acteur du sport mais aussi fan, que penses-tu de l’expérience spectateur dans les stades aujourd’hui ?

Selon moi, l’offre proposée aux spectateurs n’est pas assez poussée, si bien qu’aujourd’hui une personne “non fan” préférera rester chez elle pour regarder un match entre amis, confortablement installée avec une bière ou un soda plutôt que d’aller au stade. De plus elle aura accès à du contenu en plus via des applications, des analyses de consultants, les ralentis…

Nous pensons que la réponse à cette problématique se situe dans le fait de rendre les spectateurs acteurs du show, de les impliquer plus. Dans ce cas, ils trouveront un réel intérêt à se déplacer au stade. Ils vivront une expérience largement supérieure à ce qu’ils peuvent ressentir en regardant un match à la télé. C’est notre mission.

Selon toi, les clubs sont-ils suffisamment actifs pour remplir leurs stades et séduire un public plus large ?

Comme je l’ai déjà expliqué, proposer des animations qui contentent l’ensemble des spectateurs coûte très cher. On voit que certains clubs font des efforts pour essayer de rendre leurs rencontres plus attractives mais malheureusement par faute de moyens ou de volonté, la plupart du temps cela reste très insuffisant.

Tous les vendredis, nous proposons une nouvelle idée expérience fan dans notre rubrique #FridayIdea. Aujourd’hui, c’est à ton tour d’être sollicité. Quelles idées pourrais-tu proposer pour dynamiser l’expérience du spectateur dans le sport ?

On pourrait imaginer un tirage au sort à chaque match pour gagner la possibilité d’être assis sur le banc de son équipe à côté des joueurs pour chaque match à domicile.

Enfin, pour conclure, nous avons l’habitude de demander à chaque personne que nous rencontrons de nous proposer une orientation pour la prochaine interview des acteurs du sport ? Quel point de vue souhaiterais tu connaître sur le sujet de l’expérience fan ?

J’aimerais savoir si les clubs ont conscience qu’améliorer l’expérience fan est un sujet majeur pour leur développement et s’ils sont prêts à y investir du temps et de l’argent.

 

La lumière pour faire sortir de l’ombre tous les fans dans le stade, c’était pas si compliqué à trouver finalement, bien joué YPPA. 
Merci Jonathan pour cette belle interview des acteurs du sport.
Si vous souhaitez vous aussi suivre l’actualité de YPPA c’est par ici : @YPPA   

Cet article était-il intéressant ?

Au stade, je passe plus de temps à observer les animations, le comportement des fans et les actions du club que le match en lui même. J'aime le sport mais j'aime encore plus l'expérientiel. Qu'il soit dans le monde du commerce ou celui du sport business. | "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

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INTERVIEW : Ludovic Bordes (Arenametrix) : La Smart Data au service de l’expérience fan

La smart data, un élément essentiel pour les clubs afin de comprendre et répondre aux besoins de ses fans.

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Aujourd’hui nous échangeons avec Ludovic Bordes, co-fondateur d’Arenametrix, une Start-Up proposant une solution CRM exploitant les data pour aider les professionnels à mieux communiquer avec leurs publics et optimiser leurs revenus.

 

Les discussions sont nombreuses sur le sujet de l’exploitation des données. Le digital, lui, occupe désormais une place importante dans le sport-business. Il nous semblait donc intéressant de partir à la découverte d’une personnalité, d’une Start-Up qui met les données au service de l’expérience fan.

Bonjour Ludovic, tu es l’un des co-fondateurs de la Start-Up Arenametrix. Mais avant d’en parler plus en détail, pourrais-tu nous en dire un peu plus sur toi ?

Bonjour, moi c’est Ludovic Bordes, j’ai 28 ans. Je suis l’un des co-fondateurs d’Arenametrix, avec Kevin Vitoz. On a fait tous les deux l’ENSAE, l’école de statistiques, que l’on a conjugué avec le diplôme HEC Entrepreneurs. Dès notre sortie d’école, nous avons décidé de relever le défi de la valorisation des données marketing sur le marché de l’entertainment. C’est ainsi que notre société Arenametrix est née, en 2013.

Arenametrix propose donc un outil complet pouvant répondre à de nombreuses problématiques dans l’événementiel sportif. Peux-tu nous expliquer le concept ?

Arenametrix, c’est une plateforme de marketing centrale dont la vocation est d’accompagner les organisations sportives dans le développement des publics et la croissances de leurs revenus. L’objectif est de centraliser toutes les données d’une organisation sportive – et il y en a beaucoup – pour ainsi mieux connaître ses fans et leur adresser le bon message, au bon moment et via le bon canal de communication. En jouant sur la relation passionnelle existante entre le fan et l’organisation sportive, Arenametrix apporte une solution clé-en-main et simple d’utilisation pour créer et activer des programmes marketing répondant aux attentes de chaque population. L’objectif est de susciter l’engagement de chacun autour de son sport ; et nous pensons que lorsque l’engagement est l’objectif, la croissance des revenus est le résultat !

“C’est en ayant une connaissance fine des publics que nous pouvons mieux répondre à leurs attentes, les engager et faire en sorte qu’ils deviennent nos meilleurs ambassadeurs.”

Quelles ont été les différentes étapes de votre réflexion pour en arriver jusqu’à la création de cette solution ?

Passionnés de sport, nous sommes partis du constat suivant : aujourd’hui, les ayant-droits du sport éprouvent des difficultés à récolter, analyser et exploiter les données qui gravitent autour de leur organisation. Les raisons sont multiples : vision marketing floue, manque de ressources humaines ou de compétences au sein de la structure, des outils qui ne sont pas en adéquation avec l’activité, etc.

Et pourtant, la maîtrise de la donnée est un enjeu d’actualité ; c’est en ayant une connaissance fine des publics que nous pouvons mieux répondre à leurs attentes, les engager et faire en sorte qu’ils deviennent nos meilleurs ambassadeurs.

Dans ce contexte, nous avons développé une solution pour aider les organisateurs à prendre le contrôle de leurs données et mieux communiquer auprès de leurs fans et adhérents.

Nous observons qu’il existe aujourd’hui de plus en plus de divertissements. Les offres se multiplient dans les domaines de la culture et du sport ou plus largement de l’entertainment. Ce qui fait qu’il n’est pas simple de se démarquer dans ces secteurs ultra-concurrentiels. Que penses-tu de la situation actuelle ?

Le secteur de l’entertainment est extrêmement large avec une palette d’offres très variée. Entre une soirée au théâtre, un ciné, un week-end dans un parc d’attractions ou le match du club de notre ville, nous n’avons que l’embarras du choix pour se divertir. Le sport ne déroge pas non plus à cette règle puisque chaque discipline a ses spécificités, son univers et ses aficionados. Ce marché est en très forte croissance car nous passons de plus en plus de temps à nous divertir. Mais il est vrai que ces activités peuvent être chacune des alternatives les unes aux autres ; il faut donc savoir se démarquer en appuyant sur sa proposition de valeur et la communication ciblée.

L’avantage du sport, c’est que rien n’est écrit. On vient au stade et on suit un scénario dont on ne connaît pas l’issue et qui se répète tous les 15 jours. Cela offre de superbes opportunités de storytelling auprès des fans et des publics à qui l’on veut faire découvrir de belles expériences.

“L’imagination est la seule limite pour créer de nouveau contenus, de nouveaux produits qui placent le fan au cœur de sa stratégie. Tout est question d’expérience et le digital aide à amplifier cette relation de proximité entre le fan et le sportif.”

De ta position de professionnel sur ce secteur, quelles sont tes sources d’inspirations en matière de bonnes pratiques dans l’entertainment sportif ?

Les médias spécialisés qui recensent les bonnes pratiques, les groupes de discussion avec les experts du marché, et surtout, le modèle américain qui reste une référence. Tout en intégrant le fait que notre culture européenne est très différente, on peut s’inspirer des expériences délivrées autour de leurs événements. L’imagination est la seule limite pour créer de nouveau contenus, de nouveaux produits qui placent le fan au cœur de sa stratégie. Tout est question d’expérience et le digital aide à amplifier cette relation de proximité entre le fan et le sportif. En NBA, les Bucks de Milwaukee parviennent à vendre des places pour l’accès seul à l’Arena – un accès aux coursives et aux centaines d’écrans qui permettent de vibrer comme si on était sur le parquet.

Revenons-en au domaine d’intervention d’Arenametrix. Pourrais-tu nous parler du Big Data, qui est un sujet primordial pour vous ?

Le Big Data est un terme nébuleux, on préfère parler de Smart Data. Les organisateurs d’événements collectent aujourd’hui de nombreuses données relatives à leurs publics : sur les réseaux sociaux, via des jeux-concours ou inscriptions de newsletters, les données billetterie, cashless ou encore boutique en ligne. Celles-ci sont présentes sur un ensemble de systèmes technologiques : ERP, logiciels, fichiers Excel, outil de mailing, etc. Cette stratégie de collecte est aujourd’hui essentielle mais s’il est impossible de les rassembler, de les croiser, de les analyser et de les activer, elles n’ont aucune valeur en tant que telle.

Notre ambition chez Arenametrix est de mettre la data au service de nos clients. Après avoir centralisé toutes leurs données sur un référentiel unique, l’objectif est de les transformer en informations utiles au quotidien pour développer leurs activités.

“Un club qui a compris l’importance de ses données, la nécessité de la mobiliser, de la structurer et de parler à chacun de ses publics de manière unique et personnalisée, gagne de la valeur dans son positionnement en tant que marque forte sur son territoire.”

Pour assurer leur bon fonctionnement, les clubs se doivent être équipés d’outils efficaces, notamment pour le traitement, l’analyse et la valorisation des données qu’ils génèrent. À quel point ces données sont-elles importantes ? Quels sont les enjeux ? 

La donnée est aujourd’hui clé dans l’analyse des publics et la segmentation des expériences. Si vous voulez créer un programme marketing pour les jeunes de moins de 25 ans, il est de bon ton d’aller vérifier au préalable la taille de cette cible dans votre base, leurs habitudes de consommation et adapter l’offre en fonction.

Beaucoup de structures n’ont pas encore adopté ces notions de collecte, d’analyse et de segmentation qui sont aujourd’hui la base du marketing de l’offre. A contrario, un club qui a compris l’importance de ses données, la nécessité de la mobiliser, de la structurer et de parler à chacun de ses publics de manière unique et personnalisée, gagne de la valeur dans son positionnement en tant que marque forte sur leur territoire.

C’est une question que nous posons régulièrement dans nos interviews, que penses-tu de l’expérience que les clubs proposent à leur public dans le sport en général aujourd’hui en France ?

Cela évolue dans le bon sens ; on le voit notamment avec les tribunes familles qui fleurissent dans nos stades ce qui prouve que les clubs commencent à dessiner des parcours fans dans leur déploiement marketing. C’est une bonne chose mais on a encore beaucoup de retard sur ce qui se fait chez certains de nos voisins européens ou aux US. Là-bas, ils ont réussi à faire de l’événement sportif un lieu de communion sociale où on se retrouve 3 heures avant en famille ou entre amis, avec une offre d’expériences qui plaisent à chacun et qui font en sorte de les mettre dans les meilleures conditions pour consommer le spectacle sportif. Le digital permet d’accompagner ces logiques de fan expérience notamment grâce à la segmentation, la personnalisation du storytelling et l’amélioration du parcours fan en jour de match. Le juste dosage de tous ces facteurs est selon moi clé pour réussir à engager nos fans, leur faire vivre des émotions et leur donner envie de revenir.

Comment une meilleure appréhension des données viendrait-elle rendre service à ces clubs pour améliorer l’expérience fan ?

Aujourd’hui, l’expérience est le produit. Et pour délivrer le meilleur produit possible, il n’y a pas de meilleure recette que de collecter un maximum de données sur les fans, d’avoir cette vision 360 pour mieux comprendre leurs attentes, ce qu’ils recherchent en venant au match et adapter la communication et les parcours en conséquence. Les données et plus largement les outils digitaux se mettent au service des clubs entretenir des relations uniques avec les fans, c’est la clé de l’engagement donc autant s’en servir!

Par exemple, Nanterre 92, champion d’Europe 2017 de basket-ball, a envoyé un sms à la mi-temps à tous ses abonnés présents dans la salle en leur proposant de gagner une boisson gratuite s’ils donnaient le nom du dernier scoreur au moment de leur achat. Pour créer un lien de plus en plus fort avec leurs fans, les clubs doivent à l’avenir construire une communication permanente avec eux : avant, pendant et après les matchs.

Arenametrix a récemment déployé certaines de ces solutions auprès de clubs professionnels Français : Fos Provence Basket, l’OGC NICE et Paris Basketball. Pour que nous puissons mettre en situation les outils utilisés, voudrais-tu nous présenter brièvement le travail réalisé auprès de ces clubs ?

Avec Fos Provence Basket, nous avons travaillé sur les campagnes d’abonnement, autour de cette problématique : comment augmenter le nombre d’abonnés lors de l’intersaison ? Nous avons mené un travail d’analyse de la base de données des supporters en regardant les comportements d’achat et les habitudes des supporters, puis nous avons déployé une campagne d’abonnement ultra-ciblée, avec des relances personnalisées aux ouvreurs, non-ouvreurs, cliqueurs, etc.

Avec l’OGC Nice, nous avons travaillé sur le marketing automation dans le but d’améliorer l’expérience des membres du Club Mèfi, leur programme pour les jeunes supporters. Ils souhaitaient automatiser l’envoi des emails de bienvenue suite aux inscriptions des nouveaux membres et recherchaient un outil capable de créer des scénarios de marketing automation pour fidéliser les parents et leurs enfants.

Paris BasketBall, lui, souhaitait développer sa base de données de fans, améliorer la connaissance de ses supporters et optimiser ses revenus billetterie. Pour répondre à ces problématiques, le club a opté pour notre plateforme, recommandée par le réseau LNB. Nous avons mis en place le CRM en 48h, top chrono !

Chaque club a des enjeux différents et nous adaptons la solution et notre accompagnement pour y répondre le plus précisément en activant leurs données.

“À Manchester City… ils ont récemment lancé un bracelet connecté qui permet aux fans d’avoir en temps réel des informations sur leur club mais également de donner leur avis via des sondages.”

Y-a-t-il pour toi une structure sportive référente en matière d’utilisation des données de son public ?

Manchester City. L’innovation est au coeur de leur vision marketing et ils utilisent le digital pour la déployer. Ils ont récemment lancé un bracelet connecté qui permet aux fans d’avoir en temps réel des informations sur leur club mais également de donner leur avis via des sondages. Génial !

Le Puy du fou, le Parc Astérix, le Futuroscope, tous ces parcs de loisirs sont les grands concurrents des structures sportives aujourd’hui. Quels sont les avantages que ces acteurs possèdent ?

Ces acteurs font effectivement partie des concurrents, au même titre qu’une sortie cinéma ou qu’un resto en famille. Ils ont l’avantage d’être multi-âges, de plaire au plus grand nombre ce qui leur permet de ratisser un bassin beaucoup plus large que le club de football. Mais ce sont surtout des vendeurs de rêve, de spectacle ; la magie qu’ils promettent est leur principale préoccupation quand le club s’attardera davantage sur le sportif et la technique.

Cependant, les clubs ont sûrement de bonnes inspirations à prendre de ces concurrents ?

Et ils le font déjà. L’accueil des joueurs par les supporters avec les enfants au premier rang est le parfait exemple de ces instants magique que peut offrir un club. Il faut évidemment aller plus loin dans l’offre de valeur et les parcours clients en y intégrant l’accessibilité, la restauration, le branding, l’animation, etc.

Les clubs doivent prendre conscience de leurs formidables atouts en termes d’engagement des communautés et de storytelling ; en y adaptant certaines bonnes pratiques d’acteurs d’autres secteurs, il n’y pas de raison que cela ne fonctionne pas !

Avant même le RGPD, de nombreux débats ont lieu sur l’exploitation, la diffusion et la sécurisation des données personnelles. Cela peut présenter un frein pour certains acteurs qui ne se pensent pas prêts à une telle gestion. Quelle est ta position sur ce sujet ?

Le RGPD a été pensé pour donner plus de pouvoir aux utilisateurs dans la gestion de leurs données personnelles en ligne. Souvent présenté comme une nouvelle contrainte « anti-business », cette réglementation est en fait une source d’opportunité qui sécurise l’usage des données. Le RGPD est une excellente occasion de mettre au carré l’ensemble des process autour du traitement et de l’exploitation des données afin d’avancer dans un environnement de confiance avec les fans.

Si tu voulais partager un message aux futurs acteurs du sport business, dans les clubs, les ligues, fédérations ou autres marques sur le rôle actuel et à venir de la Smart Data dans l’expérience fan, que dirais-tu ?

La data valorise aujourd’hui l’activité des clubs sur beaucoup d’aspects : la billetterie, la communication, le sponsoring, la logistique, etc.

Si les acteurs du sport ont pour ambition de positionner les fans au centre de leur politique marketing, qu’ils soient digitaux ou qu’ils viennent au stade, alors ils trouveront dans la data tous les outils d’analyse et d’activation marketing pour les aider à créer et délivrer les expériences dont on se souvient et qui nous font revenir au stade.

Merci à Ludovic pour cet échange très intéressant. Nous vous invitons à suivre le travail d’Arenametrix sur les réseaux sociaux.

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