Suis-nous

Fan expérience dans LE MONDE

La mascotte, une animation négligée ?

La mascotte, cet emblème humain ou animal qui représente un club ou un évènement. Pour ou contre, elle ne fait malgré tout pas l’unanimité dans le monde du sport.

Publié

le

La mascotte, cet emblème humain ou animal qui représente un club ou un évènement. Pour ou contre, elle ne fait malgré tout pas l’unanimité dans le monde du sport. Est ce réellement un outil qui participe à l’expérience d’un spectateur ou d’un fan ?

Par définition, la mascotte est le plus souvent représentée sous une forme d’animal servant de symbole, d’emblème ou de porte-bonheur à un groupe de personnes, une institution ou une entreprise. Les clubs en France ou ailleurs ont parfois recours à ce type d’animation mais ne la mettent pas en valeur, la dévalorisent involontairement parfois. Ceci, sans doute par manque d’idée, d’imagination, ou ne mesurant pas le potentiel que celle-ci peut avoir pour réveiller, animer et faire vivre un événement.

La petite histoire mignonne des mascottes

L’origine de la mascotte provient d’un opéra intitulé “La mascotte” en 1867. Autrefois synonyme de sorcellerie, la mascotte est devenue aujourd’hui un réel symbole “porte bonheur”.
Poursuivons chronologiquement l’évolution de ce phénomène : en 1932 lors des Jeux Olympiques de Los Angeles, apparut Smoky, un chien, en chair et en os. Smoky fut la première mascotte officielle pour un événement sportif. C’est seulement dans les années 60 que se répandirent les mascottes « en peluche » telles que nous les connaissons. Celles-ci ont d’abord été visibles aux Etats Unis, qui aujourd’hui excellent dans ce type d’animation, et plus tard en Europe.

Les premières grandes apparitions marquantes des mascottes furent lors d’événements sportifs tels que la Coupe du Monde de Football en 1966 avec Willy et ensuite Waldi, un chien multicolore lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972. N’est-elle pas mignonne cette mascotte ?

Waldi, la première mascotte officielle des Jeux olympiques pour Munich en 1972.

Symbole d’un club ou d’un événement sportif

Régulièrement associées à des animaux, les mascottes incarnent l’histoire, les valeurs et l’esprit d’un club ou la culture d’un pays. C’est pour cette raison qu’il est important que cet axe de communication et d’animation soit travaillé minutieusement en prenant en compte la taille, les formes, les couleurs, les messages véhiculés et bien sur le prénom de celle-ci. Une mascotte est le porte-parole d’une équipe mais plus encore d’un groupe de supporters, d’un public, d’un stade, d’un événement. C’est un élément proche des fans, elle a un côté amical, convivial, comique même. Par conséquent, une bonne mascotte se doit d’être identifiable et attachante de par sa personnalité et ses traits de caractères.

En 2006, comprenant l’enjeu qu’un tel symbole peut avoir sur l’expérience spectateur, le Milan AC a même investi auprès de designers de chez Warner Bros, pour créer leur mascotte Milanello.

Milanello le petit diablotin, mascotte du Milan AC

La mascotte au cœur des animations match day

Aujourd’hui en France, les clubs ne profitent pas réellement du potentiel d’une mascotte. Elle est trop souvent cantonnée à faire des  photos avec les supporters, à distribuer des goodies ou encore à saluer le public. Elle ne joue pas un rôle majeur. Une mascotte se fait une réputation, qui évolue avec le temps, qui lui permettra de se faire connaître et de faire parler d’elle.

@Youtube

Benny the Bull, la mascotte des Chicago Bulls

Aux Etats Unis, la mascotte est placée au centre d’une mise en scène. Un show est créé autour d’elle afin de la rendre plus vivante qu’elle ne l’est déjà. Elle devient la star de l’événement (après les joueurs), l’élément incontournable d’une animation réussie. Elle se doit d’amuser et d’animer un public avant le match, pendant les temps morts et les mi-temps. C’est pour cette raison que la personne qui porte ce costume doit être un réel animateur, comédien et même sportif à l’image de ces fameuses mascottes de NBA qui réalisent des Dunks et se mesurent parfois aux athlètes à  l’image de Benny the Bull, la célèbre mascotte des Chicago Bulls.

Selon nous, chaque événement peut être enrichi grâce à une mascotte. La façon dont elle est présentée et jouée peut être une réelle valeur ajoutée. Pourquoi ne pas proposer lors des événements des animations innovantes telles que : des défis en 1 contre 1 face au but avec les mascottes des deux équipes ou bien contre des supporters à la mi-temps. Benny the Bull, la mascotte légendaire des Chicago Bulls, ne manque pas d’imagination et se renouvelle à chaque match. Entre glissades dans les gradins, jets de popcorns, danses improvisées, son humour parfois spontané, il affole tant les foules de l’Arena que les réseaux sociaux.

Le sport français est pourtant bien capable d’être original, voir même spectaculaire dans ses animations : nous avons vu une piste d’athlétisme sur la Seine pour Paris 2024 ou encore une rampe de Roller depuis la Tour Eiffel. Il serait donc grand temps de redonner leur juste valeur à nos mascottes.

 

Un moyen d’impliquer le fan

Et le fan, dans tout ça, a t-il son mot à dire ? De plus en plus d’événements sportifs proposent aux fans de participer au choix de la mascotte. Par exemple, pour l’Euro 2016, le public français a pu choisir entre trois noms : Goalix, Super Victor et Driblou. Finalement, le nom retenu a été Super Victor.

En aout dernier, la Fédération Belge de Football a impliqué également les fans en proposant aux artistes en herbe de dessiner la nouvelle mascotte des Diables Rouges. Ainsi, 3000 créations ont été envoyées à la Fédération qui a ensuite demandé au public de voter selon trois propositions. Le vote a mobilisé plus de 20000 personnes. Un coup de com’ réussi pour la sélection belge.

Nantes, également innovant quand il s’agit de ses fans, a frôlé la catastrophe. Le club Jaune et Vert avait proposé le même principe à ses supporters avec “Pimp my Mascotte”. Cependant, le vainqueur initial avait plagié le canari d’un dessin animé. Heureusement, le club a découvert le plagiat. Un deuxième vainqueur a donc été élu.

Un merchandising et une communication valorisée

La mascotte est devenue une source de revenus non négligeable dans l’écosystème du sport business. Elle est à la base de nombreux produits dérivés : peluche, t-shirts,  casquettes, portes clefs, etc. Et la mascotte rapporte ; pour l’Euro 2016, les retombées en produits dérivés étaient estimées à 250 millions d’euros. De quoi se frotter les mains si une stratégie 360 autour de la mascotte est réfléchie.

Au-delà du profit, les mascottes peuvent participer aux actions sociétales des clubs par exemple auprès d’enfants hospitalisés, dans les écoles et les quartiers défavorisées et offrir ainsi une visibilité supplémentaire au club et participer à sa communication hors jour de match.

La communication autour de la mascotte n’est d’ailleurs pas à négliger. Une mascotte qui fait le buzz peut apporter beaucoup de visibilité à un club ou un événement. Prenons encore l’exemple de Benny the Bull : on peut trouver sur Youtube des compilations d’animations de cette mascotte qui dénombrent des millions de vues. Elle a des comptes Facebook, Twitter et Instagram. Ses vidéos sont vues et partagées sur les réseaux sociaux, ce qui permet au club d’avoir une publicité « gratuite » des animations jour de match. Un excellent moyen d’attirer les spectateurs. De plus, aux États-Unis, la meilleure mascotte du championnat  possède sa propre récompense. Ainsi, la meilleure mascotte de la saison apporte une certaine légitimité et visibilité aux animations du club, prouvant bien leur importance.

Mais ça marche aussi en France, Rucky, la mascotte du Stade Français Paris possède son propre compte Twitter par exemple. Un lieu où elle enchaine entre taquineries d’avant matchs, punchlines et autres originalités.

Encore un autre exemple qui fonctionne en France avec la mascotte du club de Handball de Chambéry, Alpy le Yéti qui a été pensée avec un vrai story telling.
Cette belle réussite est à retrouver dans notre article dédié sur le club il y a tout juste un an : Alpy le Yéti, la mascotte du Chambéry Savoie Handball

Alpy, le yéti du Chambéry Handball

 

Et qui aujourd’hui ne se souvient pas de Footix, la célèbre mascotte de la coupe du monde de football en 1998 ? Bon d’accord, aujourd’hui le terme Footix n’est pas réellement signe de valorisation d’un supporter mais elle a marqué les esprits.

@Topito

Footix, la mascotte de la coupe du monde de football 1998

 

 

Si vous aussi, vous êtes fans des mascottes, n’hésitez pas à nous partager les meilleurs exemples mais aussi les pires, on se fera un plaisir de les partager sur les réseaux sociaux. 

Passionné par le sport, je m'intéresse aux différents événements sportifs, à la façon dont le spectateur est pris en compte et aux nouvelles tendances. La petite citation qui me caractérise : « Il faut prendre le changement par la main avant qu’il ne vous prenne à la gorge ». Churchill

Continuer la lecture
Publicité
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Fan expérience dans LE MONDE

La finale, bien plus qu’un match de football, une ferveur nationale

Demain, ce sera l’ultime occasion de vivre l’un des moments les plus marquants d’une vie. La finale de la coupe du monde avec l’équipe de France de Football.

Publié

le

Le peuple français sur les Champs-Elysées pour fêter la victoire des bleus.

Mardi dernier, vous étiez surement comme nous, devant votre petit ou grand écran en train de vivre la demi-finale de l’équipe de France de Football avec famille ou amis. La France a gagné sa place pour jouer la victoire finale mais aussi beaucoup plus.

 

Dans les appartements, maisons, bars, restaurants et autres lieux publics, il y avait des airs de fête nationale mardi dernier. Jusque tard dans la nuit, les festivités ont continué dans plusieurs villes de France et du monde.
Certains ont déjà connu cette ambiance festive qui donne l’impression que nous sommes tous unis derrière une seule et même passion, le football. Pour d’autres, c’est une première et c’est une sensation incroyable.

La génération 3 finales de Coupe du Monde

Je fais partie de cette jeune génération passionnée de football qui a la chance de dire : j’ai vécu 3 finales de Coupe du Monde en moins de 20 ans.

France 98 et la victoire au Stade de France pour la 1ere Coupe du Monde des bleusLe Parisien

France 98 et la victoire au Stade de France pour la 1ere Coupe du Monde des Bleus

En 1998, j’avais 8 ans. Un peu jeune pour tout comprendre à l’époque, mais je me souviens parfaitement de ce moment de la finale, du lieu où je me trouvais et des personnes qui m’accompagnaient. Vous aussi sans doute, c’est un exercice que beaucoup ont aimé raconter sur les réseaux sociaux le 12 juillet dernier pour les 20 ans de cette fabuleuse épopée. Et 1, et 2, et 3 zéro !

La malheureuse finale de 2006 face à l'Italie

La malheureuse finale de 2006 face à l’Italie

En 2006, l’épopée 1998 était encore dans les mémoires. D’autant plus que le retour de Zidane accompagné par Makelele, Thuram et les autres fut un clin d’oeil mémorable. Ce mondial fut beau, intense, avec des rencontres de folie, comme ce match incroyable face à l’Espagne ou encore face au Brésil et ce show de Zizou pour sa dernière compétition sous le maillot bleu, blanc, rouge.

Mais malheureusement, la fin ne sera pas aussi belle qu’une roulette de notre emblématique numéro 10. Il terminera sa carrière en bleu sur un coup de tête qui assommera plus d’un fan (dont moi même pendant plusieurs jours). Cette malheureuse fin pour l’équipe de France mais aussi et surtout pour le joueur et l’homme qu’est Zinedine Zidane restera pour beaucoup comme une période triste du football.
Après cette fameuse finale perdue du 09 juillet 2006, 2 bonnes semaines de troubles m’ont été nécessaires pour comprendre la situation. Mais comme dans toutes mauvaises histoires, nous nous relèverons.

AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON

L’équipe de France 2018

La relève, justement parlons en. En 2018, ces jeunes joueurs prometteurs évoluant tous dans les plus grands clubs européens nous offrent un récit, enfin plutôt leur récit, que nous suivons avec passion depuis le début. Mardi soir, nous avons vécu un moment fort après la victoire face à la Belgique. Un moment qui ressemblait à 1998, puis à 2006.
C’est étonnant de voir que l’engouement populaire prend vraiment à partir de la demi-finale. Les collectivités locales commencent à mettre en place des espaces pour voir le match, les pessimistes commencent à acheter leur maillot et les non-fans de football ou de sport rejoignent peu à peu les bars et autres lieux publics pour vivre ces moments.

Dimanche, ce sera bien plus qu’une finale

Hasard du calendrier, la finale de la Coupe du Monde tombe le lendemain de la fête nationale française. Mais il semble que celle-ci soit relayée au second plan pour cette année. Car demain dimanche, la vraie fête nationale aura lieu (enfin nous l’espérons). Les rues seront la propriété de la population, la joie sera le seul sentiment que l’on arborera. Croisons les doigts.

Je suis partagé entre l’impatience et la patience, je souhaite connaitre le dénouement mais je n’ai également pas envie que tout cela s’arrête. Les discussions à refaire le match à la machine à café, la passion partagée entre les générations, la joie, les sourires.

Mardi soir, je n’ai pas seulement vu une victoire des Bleus de l’équipe de France, j’ai vu bien plus que cela. Le seul fait de porter le maillot de l’équipe de France (peu importe son année, sa marque ou sa couleur) c’était défendre la même cause, c’était afficher fièrement son sentiment d’appartenance. Bien qu’en France le patriotisme ne soit pas légendaire, mardi dernier il était présent et c’était beau à voir.
J’ai vu un mélange des cultures et des générations, j’ai vu le partage d’une même fête, en chantant, dansant, s’enlaçant ou se félicitant.

Le football est une fête intergénérationnelle@SandozProd

Le football est une fête intergénérationnelle

Seul le football ou le sport de façon générale procurent ces émotions, même si cela retombera, dans quelques jours ou quelques mois, avant la prochaine grande animation sportive que le pays tout entier portera.
Alors profitons-en, que l’on soit en Russie comme Adrien, en France ou n’importe où dans le monde, dimanche ce sera la dernière occasion de profiter de ces moments. Choisissez bien les amis qui vous accompagnerons. Car les souvenirs que nous construirons demain resterons gravés pendant longtemps dans la victoire comme dans la défaite.

Après tout, certains diront que ce n’est que du football, mais en réalité c’est bien plus que ça.

Continuer la lecture

Nouveautés