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Le Stade de Reims ferme ses réseaux sociaux / REPOST

Avant le Derby face à l’ESTAC, le Stade de Reims a annoncé fermer ses réseaux sociaux de manière temporaire. Une initiative assez décalée.

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Hier, le Stade de Reims a annoncé fermer ses réseaux sociaux de manière temporaire. Une initiative décalée à quelques jours d’accueillir l’ESTAC lundi pour l’affiche de Ligue 2 qui opposera le troisième au second du classement.

« Nous sommes plus de 360 000 sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram), mais combien serons-nous lundi à Delaune ? Parce qu’un derby ça ne se suit pas, ça se vit, les réseaux sociaux du Stade de Reims seront fermés jusqu’au coup de sifflet final de SDR-ESTAC. Une seule adresse pour exprimer votre ferveur : celle de Delaune lundi soir ! ». C’est par ces mots que le club mobilise ses fans autour du match de lundi en les incitant à venir au stade. Une prise de parole qui peut surprendre à l’heure où le stade connecté est l’expérience 2.0 du Fan sont « glorifiés ».

LE DIGITAL VIDE-T-IL LES STADES ?

« Si c’est une action de communication, elle émane d’une réflexion récurrente au sein du club avec en premier lieu notre responsable du développement qui s’intéresse aux stades connectés et déconnectés dont on parle moins » nous précise Benjamin Parrot, Responsable Communication et Médias du club. « Nous développons beaucoup le digital, à travers un nouveau site et un large déploiement sur les réseaux sociaux, avec une progression de 100% en un an sur nos réseaux où nous comptons plus de 360 000 suiveurs en cumulé, très majoritairement issus de la région. En parallèle, on constate une érosion de l’affluence au stade, pour différents facteurs. Si ces deux phénomènes sont individuels et propres à beaucoup de clubs -communauté en hausse, affluence en baisse- ils révèlent peut-être de manière sous-jacente un déplacement de la manière de vivre un événement. »

LE STADE, L’ESSENCE MÊME DU SPECTACLE SPORTIF ET DE L’EXPÉRIENCE FAN

« Dans une société ultra digitalisée où le virtuel prend de plus en plus le pas sur le réel, nous avons voulu, à travers cette campagne qui intervient avant le derby contre Troyes, interpeller d’une part et d’autre part replacer l’essence même du football, se rendre au stade, assister à un match, au centre de tout. » ajoute Benjamin Parrot. « Delaune est un splendide écrin, avec une équipe troisième au classement, la pelouse la mieux notée de la division, des écrans géants neufs et si notre rôle est de raconter l’histoire sur les réseaux, elle se joue avant-tout ici ! Cette non-communication est une communication engagée qui provient d’un club historique, né en 1931. Elle ne remet absolument pas en cause notre investissement à l’avenir sur les réseaux, qui nous permettent d’entretenir un lien direct et privilégié avec nos fans, juste elle pose la question à l’orée d’un match à enjeux : « qu’est-ce que vivre le football finalement ? ».

En se coupant des réseaux sociaux, que va bien pouvoir faire la personne en charge d’animer les  différents comptes du club ? « Humer la pelouse et la vie au sein du groupe pro, avec le téléphone dans la poche ! Si nous sommes temporairement inactifs sur les réseaux, nous continuerons à alimenter notre site officiel, à répondre aux messages privés, et à plancher sur des publications engageantes pendant les fêtes. Il y a de la matière ! » nous précise le Responsable Communication et Médias.  « La billetterie table actuellement sur une jauge à 11 000 spectateurs, ce qui constituerait déjà notre plus grosse affluence de la saison. Bien sûr cette opération ne nous fera pas basculer vers un « guichets fermés », mais il pourrait y avoir des petits effets en match-day, d’autant que cette action n’est pas isolée, et s’inscrit dans un plan d’actions plus global autour du match de Noël »


Avec cette initiative, le club soulève un véritable problème de fond global. Le digital et la connectivité à tout prix, partout tout le temps… Si il est difficile de mesurer l’impact de l’évolution des modes de consommation 2.0 sur les affluences dans les stades, l’utilisation du digital à l’intérieur même des enceintes est de plus en plus remise en cause par les supporters eux mêmes. Si certaines offres de services 2.0, comme la commande et livraison de son repas à sa place, sont utiles, d’autres semblent venir polluer l’expérience même du spectateur. Le stade 2.0 est-il mort née ?

psv-eindhoven-fuck-wifiCrédit : facecacheedusport.com

facecacheedusport.com Manifestations hostiles au Wifi des fans du PSV Eindhoven

 

Passionné de foot, puis passionné des sports avec un S, je suis devenu petit à petit un fan des gens qui vont au stade tous les weekends avec écharpe et maillot sur les épaules. J'admire leur investissement et je pense vraiment que les clubs doivent encore leur donner tant. Pour finir cette présentation, on a ajouté des phrases motivantes parce que nous sommes des personnes motivées, voici la mienne : "Ceux qui essaient d'éviter l'échec, évitent le succès."

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«Fan Relationship Manager» et «Sponsorship Activation Manager», deux métiers d’avenir dans le sport business / REPOST

Le concept de fan a donné naissance à deux nouveaux types de métiers d’avenir, au sein des Ligues nord-américaines, puis peu à peu en Europe et en France.

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Le concept de fan a donné naissance à deux nouveaux types de métiers, d’abord au sein des Ligues nord-américaines, puis peu à peu en Europe et en France.

REPOST ARTICLE DE FRANCEFOOTBALL|Par Lionel MALTESSE|23 février 2017

La naissance ou la rénovation des stades permet aux clubs de développer des revenus les jours de match mais ce serait une erreur de croire que ces revenus sont uniquement liés à l’augmentation du prix des places. Cela reviendrait à penser que le pouvoir d’achat n’appartient qu’aux fans de football… Que cela permette de diversifier les offres de billetterie et surtout les services périphériques (accessibilité, transports, restauration, souvenirs…), est une évidence. Mais cette nouvelle ressource économique ne sera effective que si les clubs connaissent leur base de fans tant sur le plan socio-économique que sur leurs motivations à venir au stade.

La connaissance, l’analyse des profils de fans, la création d’offres personnalisées, l’adaptation de l’offre à la demande du moment (ou autrement dit le «yield management»), l’optimisation de l’expérience et surtout de l’engagement des fans a donné lieu à un nouveau métier : le «Fan Relationship Manager». Ce dernier se doit de maîtriser les techniques du marketing relationnel et donc du CRM (Customer Relationship Management) en étant capable de les transposer à l’écosystème expérientiel et émotionnel d’un spectacle sportif. Sa polyvalence est essentielle car la base de fans peut devenir une ressource clé à l’origine de la création et du développement d’une économie circulaire pour un club.

Deux métiers émergeants en France

Une meilleure connaissance des fans intéresse au plus haut point les partenaires qui cherchent à se différencier et à entrer en contact avec des cibles «activables». C’est là que se développe un second métier en devenir dans le milieu du sport business. Les anglo-saxons utilisent le terme de «Sponsorship activation manager», celui qui connecte les fans aux marques partenaires qu’elles soient publiques ou privées. Sa collaboration avec le «Fan Relationship Manager» est donc essentielle. Il doit avoir la capacité de personnaliser une offre de parrainage en anticipant les besoins du parrain et en lui mettant à disposition des programmes d’activations singuliers et différenciateurs.

En France, ces deux métiers sont encore émergeants pour plusieurs raisons. D’abord parce que les stades des clubs de Ligue 1 se sont modernisés tardivement, voire sont en cours d’évolution technologique. Ensuite parce que la création de valeur économique des clubs français repose essentiellement sur les revenus issus des droits TV ou les profits générés sur le marché des transferts, à l’exemple de Monaco. La recherche d’un meilleur équilibre en termes de sources de revenus durables doit pousser les clubs à revoir leur portefeuille de compétences. C’est le cas de l’OL avec son nouveau stade même si l’investissement est très risqué. Le PSG et désormais l’OM ont fait évoluer leurs compétences «stratégiques» pour le développement de leur marque respective.

Manchester City est l’un des clubs les plus avancés en Europe
Ces deux métiers d’avenir ont plusieurs points communs dont celui de maîtriser l’outil marketing digital. Les marques de clubs verront évoluer leur valorisation économique en fonction de leur capacité à développer leur «fan base» et à l’activer à des fins commerciales sur le plan domestique ou international. Manchester City est l’un des clubs les plus avancés en Europe. De même que, de l’autre côté de l’Atlantique, les Canadiens de Montréal et son fameux club 1909 devrait donner de nombreuses idées aux futurs «Fan Relationship Managers» et «Sponsorship Activation Managers».

Lionel Maltese

Maître de Conférences Aix Marseille Université
Professeur Associé Kedge Business School
 
 

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