Suis-nous

Fan expérience en France

Une première en demi-teinte pour le rugby à la U Arena

Une soirée pleine de promesses pour ce premier match de rugby indoor à la U Arena. Petit aperçu de la fan expérience proposée, plutôt atypique…

Publié

le

« Ce soir, l’équipe de France va essayer de faire oublier ses 3 matchs très moyens depuis le début de cette tournée d’automne. Il est temps de convaincre et d’envoyer du jeu ! » nous promettaient les médias avant ce France – Japon, premier match de rugby de la U Arena, nouvelle enceinte située à Nanterre (92), au pied de la grande arche de la Défense.

 

Nous avons pour ainsi dire vécu une soirée étrange et inédite en matière d’expérience fan, pas vraiment celle à laquelle on s’attendait. Nous vous livrons notre retour d’expérience.

Une arrivée spectaculaire

En arrivant à Nanterre par le métro, nous sommes agréablement accueillis par un jeu de lumières bleu blanc rouge sur les murs extérieurs de la U Arena. Le décor est planté, pas de doute, nous sommes bien là pour vivre une soirée unique, le premier match de rugby indoor en France !

La U Arena de Nanterre pour France-Japon@Fanstriker

La U Arena de Nanterre pour France-Japon

Le labyrinthe qui mène à sa bière

Nous sommes tout de même un peu refroidis par les trois barrages de sécurité et la foule de supporter qui s’agglutine un peu perdue sur le parvis, avant de pouvoir entrer dans l’arène (dans le cas où l’on ne se trompe pas de porte bien sûr). S’en suit un dédale interminable de marches pour accéder aux coursives dans lequel nous trouvons des espaces restauration et bar.

Finalement, s’y trouve ici une des plus belles attractions de la U Arena, la distribution de bière. Celle-ci, très innovante, se fait par le bas du verre ce qui permet d’augmenter le débit du service, pour la plus grande joie des spectateur ébahis qui n’attendent pas trop pour leur petite mousse.

Fin prêts pour le show !

Bien installé dans l’arène et en t-shirt (avantage non négligeable de l’indoor), l’avant match annonçait un beau spectacle et le public répondait présent de la voix, l’acoustique de la salle étant propice à une foule en délire. La présentation des joueurs et leur sortie des vestiaires fût digne des plus grands concerts de rock (jeux de lumières, feux d’artifice, fumée, lance-flammes, …).

Après avoir assisté au concert des Rolling Stones à la U Arena quelques semaines auparavant, on s’attendait à du lourd lors de ce France – Japon. Principalement à cause des 3 écrans géants de la salle, rappelant la folie des grandeurs des arènes de sport américain et leurs fameux « Jumbotrons ».

Show d'avant match U Arena pour France Japon@Fanstriker

Show d’avant match U Arena pour France Japon

Hélas, bien grand fut notre désappointement. L’écran central de 1400m2 ne fut utilisé qu’à un quart de sa capacité, et seulement pour y afficher le score tout au long du match.
Les deux autres d’environ 100m2 chacun de chaque côté latéral du terrain ont diffusé le flux France 2 du match. Or, le halo sombre et gris dû à la projection sur ces écrans rendaient la visibilité très compliquée. Si bien que même l’arbitre, lors d’un appel à la vidéo sur une action litigieuse, a dû faire appel à son cinquième arbitre afin d’élucider l’action.

Nous avons également une pensée pour une bonne partie du public qui a choisi ses places entre l’en-but et la ligne des 22 (ligne délimitant les 22 mètres séparant les joueurs de la ligne d’en-but) car ceux-là ne pouvaient même pas voir ces écrans.

La fan expérience et la performance sportive sont fortement dépendantes l’une de l’autre

Après quelques minutes de jeu, la U Arena a été baptisée par des sifflets. Ceux des supporters français, frustrés et amers voyant la prestation indigne de ses joueurs. Ballons perdus, en-avant et fautes bêtes ont animé la première période côté Bleus. Tandis que les Japonais, accompagnés de quelques 300 spectateurs parsemés dans l’enceinte, ont montré de l’envie. Envie gratifiée par un premier essai, le premier dans cette U Arena.

À la mi-temps, le speaker nous annonce une « immense surprise » : fans aguerris et alléchés nous restons assis dans nos sièges (un peu serrés quand même il faut l’avouer). Nos espoirs sont vite allés boire une bonne bière lorsque Bernard Laporte (président de la FFR) accompagné de quelques personnalités du comité de candidature France 2023 sont arrivés sur la pelouse pour un petit discours. On a quand même pu apercevoir le trophée Webb-Ellis faire un aller-retour express, comme pour rappeler qu’avec une telle équipe, on n’est pas près de le soulever…

Un éclair allait pourtant faire vibrer le public français. Une diagonale au pied de François Trinh-Duc prenait enfin à revers la défense japonaise pour trouver Gabriel Lacroix qui inscrit son premier essai officiel en bleu à la 49ème minute.

Essai de Gabriel Lacroix pour France Japon

Essai de Gabriel Lacroix pour France Japon

Malgré la Ola qui a fait quelques tours de stade en seconde mi-temps, ce sont plutôt les champs des supporters, médusés qui se sont fait entendre : « Remboursez, remboursez » « on se fait chi**, on se fait chi** ». Et c’est plutôt lorsque des avions en papiers lancés des tribunes arrivaient à se poser sur la pelouse que le public, enfin, applaudissait. Expérience fan plutôt inédite et rarement vécue, il faut l’avouer !

D’autres couacs côté organisation

Les journalistes n’ont, eux non plus, pas été en reste puisqu’apparemment l’accès et la visibilité ont fait défauts. Si bien que Jacky Lorenzetti, président du Racing et patron de la U Arena, s’est fendu d’un email d’excuses auprès de la presse:

“Je vous présente mes sincères excuses pour les problèmes que nous vous avons occasionnés et je vous garantis personnellement qu’ils seront réglés avant le 22 décembre pour le premier match du Racing 92 à la U Arena.” Jacky Lorenzetti

Telle une manifestation en plein cœur de Paris, il y a désaccord concernant l’affluence à la U Arena. Le chiffre de 12 000 spectateurs (dont 3 000 invitations) avancé par L’Equipe est la preuve du désaveu des français pour leur équipe nationale de rugby. La FFR a démenti en avançant une affluence de 23 000 spectateurs (dont 10 000 invitations). Finalement, c’est France 2 qui réalise une belle opération avec ses 4 171 000 téléspectateurs.

Bilan très mitigé mais de belles possibilités à venir

Dur de cacher notre déception sur l’expérience proposée lors ce match, même si on peut se rassurer se disant que l’ambiance atone était plutôt due à la contre-performance sportive. L’enceinte propose de beaux atouts et le Racing nous a promis une expérience incroyable pour le prochain match le 22 Décembre (Racing 92 – Toulouse). Nous y serons, espérant que les violons seront accordés cette fois !

Attention tout de même aux promesses en l’air : la déception du fan peut-être très difficile à récupérer…

 

Régulièrement, nous invitons des rédacteurs à rédiger ponctuellement des articles sur le sujet de l'expérience fan dans le monde du sport. Si vous souhaitez vous aussi partager votre expérience ou votre vision, contactez-nous sur les réseaux sociaux ou sur hello@fanstriker.com.

Fan expérience en France

Un policier référent dans les groupes de supporters en déplacement ?

Après un référent supporter dans les clubs, une expérimentation est en cours pour permettre la présence d’un policier référent dans les groupes de supporters visiteurs.

Publié

le

Lors du match de Ligue 1 Conforama entre le RC Strasbourg Alsace et l’Olympique Lyonnais le 9 mars dernier, plusieurs acteurs dont les instances du football français ont réalisé une expérimentation auprès des supporters. 

 

L’encadrement des supporters adverses est un sujet sensible, dans une époque où le nombre d’arrêtés préfectoraux se multiplie et ne choque presque plus personne. Cette semaine, le média l’Équipe rapporte que depuis le début de la saison, les préfets ont publié plus de 70 arrêtés limitant la liberté d’aller et venir des supporters de football français. Un chiffre (trop) important.

Des arrêtés abusifs ?

Les préfectures se posent-elles de moins en moins de questions lorsqu’il s’agit de l’organisation d’un match de football ? Au regard du nombre d’arrêtés publiés, la question est légitime.
L’Équipe a d’ailleurs publié cette semaine un article qui présente les motifs d’arrêtés préfectoraux les plus originaux (ou ridicules selon la position que l’on adopte). Un article que nous vous invitons à lire.

@Lequipe

Une banderole de mécontentement des supporters face aux tribunes vides

Alors, il est vrai que le pays connait une longue période d’instabilité et d’inquiétude, entre les précédentes attaques terroristes, les manifestations régulières devenues dorénavant quotidiennes sur tout le territoire. Cette situation mobilise donc les ressources humaines dédiées à la sécurité du public. Par conséquent, l’organisation des événements sportifs passe au second plan. La sécurité du public étant un élément essentiel d’une organisation, cela complexifie l’équation.

Les préfectures ne se cacheraient-elles pas derrière ces événements qui touchent le pays pour répondre avec trop de facilité en refusant à un groupe de supporters de se déplacer pour soutenir leur équipe ?
Cette attitude ne risque pas d’améliorer l’entente entre ces deux mondes (l’administration et le supporterisme). Ni même de bonifier l’image des supporters vis à vis du grand public.
La situation est donc pénible pour tous le monde. Les clubs ne remplissent pas leur stade, le public présent ne bénéficie pas d’une ambiance stade optimale, les supporters ne peuvent pas assouvir leur passion et la préfecture ne laisse pas les meilleurs souvenirs.

Mais, il existe des solutions. L’une d’elle est actuellement en phase de test dans nos championnats de football professionnel.

Un policier parmi les fans adverses

Le 9 mars, c’était donc la date choisie par les différents acteurs qui soutiennent cette démarche. Le match de Ligue 1 Strasbourg RC vs O.Lyon a marqué le début d’une expérimentation innovante en matière de prévention, d’anticipation et de dialogue avec les supporters.

Plusieurs organismes portent ce projet important : la Fondation Nivel, la préfecture, la DNLH (division nationale de lutte contre le hooliganisme), la FFF, la LFP et les clubs concernés par les tests. La Fondation Daniel Nivel, fondée en 2000 à l’initiative de la fédération allemande de football, a pour objet de soutenir des actions de prévention des incidents autour des matchs de football, particulièrement ceux opposant des supporters aux forces de l’ordre.

Pour ce premier test inédit, c’est le RC Strasbourg en tant que club accueillant qui a collaboré pour développer le concept avec les supporters visiteurs pour ce match face à Lyon.
Ainsi, le groupe de supporters visiteurs comptait dans ses rang un “policier référent” désigné pour suivre le foule dès leur arrivée dans le Bas-Rhin jusqu’à leur départ post-match. Ce référent a pour rôle de dialoguer avec les supporters visiteurs, de les informer des mesures de sécurité applicables au stade à l’occasion de leur déplacement, et de faire le lien avec le chef du dispositif d’ordre public de la DDSP.

Cette opération sera dans un second temps envisagée dans plusieurs autres stades de Ligue 1 et de Ligue 2. Une évaluation du dispositif sera réalisée en fin de saison et au cours de la saison 2019/2020.

Une première réussie selon les acteurs

La LFP précise que de l’avis de l’ensemble des acteurs concernés, la première rencontre expérimentale fut une réussite. L’anticipation et la bonne préparation de la rencontre entre les différents acteurs a permis au policier référent, en lien avec le référent supporters, de dialoguer sereinement avec les groupes de supporters lyonnais  au stade de la Meinau.

Cette expérimentation a vocation à se poursuivre à Strasbourg, avec le soutien de la préfecture du Bas-Rhin, de la DDSP 67, de la Division Nationale de Lutte contre le Hooliganisme, de la FFF, de la LFP, de l’ANS et du RC Strasbourg. Elle sera, dans un second temps, appliquée dans plusieurs autres stades de Ligue 1 Conforama et Domino’s Ligue 2. Une évaluation du dispositif sera effectuée en fin de saison et au cours de la saison 2019/2020.

Le travail est relativement conséquent car selon certains supporters les conditions d’accueil des supporters adverses laissent parfois à désirer dans nos clubs. C’est ce que nous partage Loïc dans une interview où il raconte ses diverses expériences lors de ses déplacements.

Un référent supporters obligatoire depuis 2016

Depuis la loi du 10 mai 2016, chaque club a l’obligation de définir un « référent supporters » dans ses effectifs dans le but de renforcer les interactions entre le club et ses supporters. La nomination d’un policier référent s’inscrit dans la lignée de la volonté d’étendre le modèle du référent supporters aux relations entre les supporters et les forces de l’ordre, au travers d’une expérimentation avec les supporters en déplacement. Le public visiteur ne dispose généralement que de peu de repères et d’interlocuteurs réguliers du côté des forces de l’ordre. Un dialogue clair et apaisé des supporters visiteurs avec les forces de l’ordre doit être favorisé.

La nomination d’un « policier référent » au sein des forces de l’ordre s’inscrit dans un objectif de bon déroulement des déplacements de supporters dans les sites pilotes. Ce policier fait alors office de point de contact unique et privilégié des référents supporters et des supporters en déplacement.

Éduquer les plus jeunes dans les stades

Apprendre à devenir un bon supporter, c’est une action qu’a réalisé l’UNSS dans la région lyonnaise. Soutenue par plusieurs personnalités sportives, cette bonne action a pour but d’éduquer le plus jeune public dans les écoles au supporterisme. 

Nous avions également proposé une idée lors de notre rendez-vous du vendredi sur Twitter : le #FridayIdea avec une idée similaire directement dans les stades. Avec la mise en place d’une tribune de mini ultras composée uniquement d’enfants accompagnés par un ou plusieurs animateurs pour leur apprendre les chants, les danses et autres bonnes pratiques d’un supporter dans un club. 

Cette étape d’éducation est également très importante pour le futur car c’est en agissant aujourd’hui avec le jeune public que les clubs en profiteront. 

L’amélioration de l’accueil de tous les supporters en déplacement est un vrai sujet que le football n’arrive pas à gérer aussi facilement que dans d’autres pratiques. La mise en place d’un lien fort entre le club, le service de sécurité et les supporters va normalement permettre cette proximité. 
La question qui se pose est comment les supporters vont-ils accueillir un membre des forces de l’ordre dans leur rang. Celui-ci devra peut-être épouser les codes pour s’intégrer totalement dans le groupe (avec le port d’un maillot par exemple).
Est-ce que ce premier test vous semble être une bonne idée ?

Continuer la lecture

Nouveautés